Portraits de Turcs

Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /Jan /2010 07:59

Tout près du Çelik hanı où vous avez fait connaissance hier avec un des nombreux marchands de tabac, se trouve le Kafaf hanı à l’ambiance très particulière.


En effet, depuis plus de trente ans, sont regroupés là environ 35 terzi, les tailleurs qui transforment, en quelques heures à peine, un morceau de tissu en un pantalon ou une chemise à votre goût. Auparavant, c’était les confectionneurs et vendeurs de chaussures qui occupaient les lieux.

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On devient souvent terzi de père en fils ou bien en apprenant le métier aux côtés d’un usta, un maître. Comme pour les repasseurs, c’est un métier bien masculin en Turquie et le travail ne manque pas.

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Cebrail beyi, la trentaine, originaire d’Urfa, a appris à manier la machine à coudre bien tôt, à l’âge de 5 ou 6 ans déjà, en rentrant de l’école.

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                                        Cebrail bey, tailleur du Kafaf hanı à Urfa          

Ce sont particulièrement pantalons, şalvar (ces pantalons bouffants typiques d’Anatolie) et  chemises que réalise Cebrail bey, bien qu’effectuant aussi toutes les réparations de vêtements.

Ses clients ramènent le tissu, passent commande et peuvent revenir au bout de trois ou quatre heures chercher, par exemple, le pantalon commandé.

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Le tissu nécessaire à la confection d'un pantalon coûte environ 30 TL (soit moins de 15 €)
et la réalisation 15 TL (environ 7 €). Pour un şalvar ou une chemise, il faut compter 10 TL (moins de 5 €) pour la confection.

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                             Un tailleur parmi d'autres au kafaf hanı d'Urfa

Sa clientèle se répartit de façon plutôt équitable entre la gente masculine et féminine.  De nombreux clients d’origine arabe, nombreux dans la région, viennent faire réaliser leurs vêtements chez lui.

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Les prix des minuscules locaux loués par les terzi au Kafaf hanı sont particulièrement élevés. Ils se louent 300 TL/mois (environ 143
€) lorsqu'ils sont situés tout autour de la place. Par contre, d’autres, relégués à l’étage, se négocient... seulement 1000 TL l’année (à peu près 475 €), mais les clients y sont nettement moins nombreux...

 

Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Turquie
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 08:35

A chacune de mes visites à Urfa, mes pas me ramènent au Çelik hanı, le han de l'acier, non pas pour y faire emplette d'une quelconque pièce de métal, mais pour plonger dans l'ambiance des tütüncü, les marchands de tabac qui y sont installés.

C'est là que je retrouve certains visages connus, dont celui d'İbrahim, natif d'Urfa, qui exerce ce métier depuis 25 ans.   


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                                         İbrahim, tütüncü d'Urfa

Il propose cinq qualités différentes de tabac à ses clients. Les prix de vente valeur mai 2009 varient de 15 à 30 TL/kg (environ 7 à 14 €/kg) et le bénéfice entre 2 et 3 TL/kg.

L'Etat, pour sa part, achète du tabac de piètre qualité (entre 5 et 10 TL/kg) destiné à la vente par les tekel bâyi, concessionnaires du monopole étatique...

 

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                            Un produit très précieux pour de nombreux turcs

C'est à la livre ou au kilo que s'effectuent les achats, après avoir glissé ses doigts pour inspecter le produit désiré. Plus la couleur est claire, meilleure sera la qualité !

 

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                                    Ce client a fait son choix...

Une cinquantaine de marchands sont installés au Çelik hanı et disposent d'autorisations municipales, parfois d'emplacements fixes comme İbrahim, parfois juste d'un petit chariot à roulettes au nom de la ville.

 

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           Quelques marchands de tabac font un brin de causette en attendant les clients. 

Ils écoulent chacun en moyenne 20 à 25 kg de tabac par jour... produit dans la région d'Adyaman, au nord d'Urfa et livré une fois par semaine dans des sacs d'une contenance de 6 kg.

Pour l'heure, İbrahim et un de ses amis se chargent de préparer un déjeuner simple mais délicieux, des pide tout chaud sortis du four et fourrés d'aubergines grillées et d'oignons, que nous partagerons tous ensemble...

 

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        İbrahim se charge de peler les aubergines pendant que son ami s'occupe des oignons

Un repas partagé en toute simplicité et avec beaucoup de convivialité !

 

 


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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 11:00

Dans la superbe ville d'Urfa, au sud-est de la Turquie, le bazar, dont une bonne partie date du milieu du XVIème siècle, sous le règne du sultan Soliman le Magnifique, recèle des trésors que nous découvrirons dans les prochains jours.

C'est à l'étage d'un ancien bâtiment ottoman, derrière une porte parmi tant d'autres, que Celal passe ses journées. Cela fait près de 16 ans qu'il y exerce la profession d'ütücü, à savoir de repasseur.


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                 Une porte derrière laquelle se trouve un petit atelier comme celui de Celal

Depuis qu'il est à son compte, ce kürt Urfalı çocuk - enfant kurde d'Urfa  - travaille au même endroit, où quatre - cinq autres collègues effectuent aussi ce métier dans des pièces alentours.

 

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                                              Celal en plein travail

Pantalons, chemises et vestes passent entre ses mains inlassablement, à raison de cinq minutes environ chacun. En mai 2009, les clients payaient 0,75 TL, - soit 0,35 € - pour le repassage d'une chemise et 1,25 TL - soit 0,60 € - pour celui d'un pantalon ou d'une veste.

 

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                         Le travail est minutieusement réalisé et avec le sourire...

L'hiver, le travail ne manque pas, environ 40 à 50 vêtements sont confiés à Celal tous les jours. Par contre, en été, lorsque le soleil plombe les ruelles étroites de la vieille ville, entre 10 et 15 pièces seulement prennent quotidiennement le chemin de son petit atelier. Certains ütücü, pour pouvoir faire vivre leur famille tout au long de l'année, se transforment par exemple en serveur de thé durant la belle saison...

Celal loue à l'année la petite pièce occupée pour la somme de 800 TL, un peu plus de 370 €. 

 

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Ce métier, typiquement masculin en Turquie, est encore très en vogue dans cette région. Aucune femme n'exerce de façon indépendante mais certaines repasseuses sont employées dans des usines de textile. 

 

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                                                 Celal, ütücü à Urfa

D'ailleurs, les femmes ne repassent pas chez elles, elles s'occupent du ménage, de la cuisine et des enfants, tout comme l'épouse de Celal, dont la journée est bien remplie avec leurs trois enfants de 2, 4 et 6 ans.

 


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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 07:38

Ces prochains jours, vous ferez connaissance avec quelques turcs de France rencontrés ces derniers jours.

                    
                  Reyhan Ropars, Présidente de l'association Cultures-Elles à Trélazé

Des hommes, des femmes, chacun avec leur histoire qui conjugue la Turquie et la France au passé et au présent...

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                            Ercan Üstündağ, au marché Lafayette d'Angers



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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 10:32

Après avoir rencontré Saim à Istanbul en 2008 à deux reprises, d'abord en août au Festival des Mains d'Or sur la place de Taksim et lors d'une autre exposition en décembre, je m'étais promis de lui rendre visite lors de mon passage à Kütahya.

                    
                                                  Saim Kolhan

Fascinée par ses créations aux détails particulièrement travaillés, minutieux, j'ai souhaité en savoir plus sur cet Artisan de la faïence avec un grand A !

Saim est né à Kütahya en 1962 et  débute sa vie professionnelle dans l'électricité, domaine dans lequel il a fait ses études. En 1984, il décide d'arrêter cette voie et passe quatre mois aux côtés d'un artisan-céramiste qui lui apprend les rudiments du métier. Il se marie la même année et commence à travailler à domicile, de façon indépendante.

                     
                             L'artisan-artiste à l'oeuvre.... dans son atelier

Un an plus tard, il ouvre son premier magasin "Elif Çini" avec son neveu, puis poursuit sa nouvelle route à nouveau seul. En 1987, il fonde avec quatre autres artistans-céramistes, Mehmet Gürsoy, Habib Bakilan, Atilla Kipergil, Abdülkadir Uçaroğlu l'atelier İznik Çini.

 

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Après avoir été façonnée, chaque pièce sera cuite une première fois à 900 ou 1000° puis refroidie dans le four, la durée de ces deux opérations étant d'un jour et demie. Le dessin de chaque pièce est ensuite imprimé à l'aide d'un papier perforé sur lequel figure le motif préalablement dessiné.

Leur but n'est pas de reproduire des faïences d'Iznik mais d'utiliser certains principes pour la réalisation de créations qui leur sont propres. De nombreuses oeuvres d'art, dont certaines partent pour l'Italie, vont être créées durant les cinq années passées ensemble.

 

Après avoir formé de nombreux apprentis et été à la direction de cette entreprise lorsqu'Uçaroğlu ouvre son propre atelier, Saim décide de quitter İznik Çini en 1992.

                    
Deux "petits" vases en cours de réalisation ; la plupart des grandes pièces sont réalisées sur commande.

Durant les dix années qui suivent, c'est à la maison qu'il va travailler, seul, apportant  ses pièces dans un four voisin. Ce n'est guère durant cette période-là qu'il va gagner de l'argent mais vivre de sa passion lui est essentiel.

Il travaille notamment les miniatures turques ainsi que le tezhip, technique d'enluminure, guère utilisée auparavant sur la céramique.

 

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Les premières couleurs posées en général sont le bleu clair et le turquoise, ensuite le vert et les autres teintes. Le rouge, beaucoup plus épais et plus long à sécher, est la dernière couleur appliquée en principe.

En 2002, il finit par créer une société, loue un local composé d'une pièce de 4m2 où il installe sa table de travail...

 

Depuis ces quatre dernières années, il est associé avec deux personnes dont Selma, jeune femme passionnée et très douée également dans ce domaine.

 

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Selma, qui a appris les bases de son métier à l'Université de Kütahya, voue une passion incontestable à cet art dont elle devient également, aux côtés du Maître, une merveilleuse ambassadrice.

Quelles différences y a-t-il donc entre la céramiques d'İznik, plus connues du grand public et celle de Kütahya, dont la production est aujourd'hui bien plus importante ?

 

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A l'origine, la production d'İznik était essentiellement destinée à décorer palais et mosquées ottomanes, ce jusqu'au début du XVIIIème siècle où les derniers fours de la ville vont fermer.

 

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Une des pièces de l'atelier de Saim est occupée par les femmes qui réalisent carreaux et objets de petite taille.

Les céramiques de Kütahya, dont la composition en quartz longtemps bien  moindre que celle d'İznik, plus élaborées, étaient moins coûteuses et destinées au grand public. Mais, petit à petit, leur gamme de produits s'est étoffée.

 

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                Certaines couleurs sont appliquées en fines lignes ou couches, au pinceau...

Actuellement, les trois ateliers d'İznik, qui pérénisent à nouveau depuis plus d'une dizaine d'années le savoir-faire ancestral, font régulièrement façonner des pièces par des artisans de Kütahya en fonction de leur charge de travail...

 

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                      ... d'autres, en surépaisseur, à l'aide de pipettes

A Kütahya, il existe environ 150 ateliers, certains employant 2 à 3 personnes, la plupart entre 5 et 10, et 8 d'entre eux, comme celui de Saim, entre 15 et 20 artisans, en fonction des besoins.

 

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         L'atelier des hommes où sont réalisées, entre autres, les pièces les plus volumineuses

Dans cet atelier, comme dans la plupart sans doute, on perçoit l'attachement, l'amour même du travail réalisé. Comme me l'expliquait Selma, le maniement du pinceau est rythmé par l'état d'esprit de chaque artisan, donnant ainsi une touche toujours personnelle.  

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Il ne s'agit pas de compter les heures nécessaires pour la réalisation d'un seul objet, car ceux qui travaillent là aiment ce qu'ils font, plongés dans un univers où la beauté est le maître mot.

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Avant le deuxième passage au four, les pièces vont faire l'objet d'une glaçure qui permet, à la fois, l'imperméabilisation des couleurs et le rendu de leur éclat.

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Après le séchage de cette glaçure étalée au pinceau, 1 jour et demi seront encore nécessaires pour la seconde cuisson, toujours à la même température oscillant entre 900 e 1000° et le refroidissement.

Le commun des mortels reste toujours subjugué à la vue de cet art qui existe depuis des siècles et qui, heureusement, continue à être perpétué grâce à de tels artistes-artisans.

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Derrière une assiette ou un vase aux couleurs savamment déposées se cachent des mains d'hommes et de femmes unis par une même passion.

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Pouvoir à la fois l'assouvir au quotidien et en vivre, difficile de rêver meilleur compromis !

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                      J'aurais bien aimé voir ces oiseaux parés de leurs couleurs...

Saim, qui n'est pas à court d'idées, a réalisé, au bout de la 3ème tentative - les deux premiers ayant cassé - le plus grand vase en céramique au monde, de 2,20 m de haut. 

                    

Celui-ci attend patiemment derrière la vitre de son atelier d'être peint... et homologué par le Guinness World Records une fois que le dossier sera déposé !

Ce sera une bonne occasion pour moi de retourner avec plaisir voir ces mains d'or à Kütahya...


http://www.saimkolhan.com/anasayfa (en turc et en anglais)





Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Turquie
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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 09:40

J'ai rencontré Ramazan bey en août dernier, aiguisant un couteau sur un support revêtu d'huile d'olive. Il tenait un stand au Festival des mains d'Or sur la place de Taksim à Istanbul, rencontre annuelle qui permet de découvrir l'artisanat turc dans de nombreux domaines.

                      
                                         En pleine séance d'aiguisage

L'art de la coutellerie est encore bien présent en Turquie, notamment du côté de Karamanmaraş, dans le sud-est du pays.

                     
                       Le marteau et l'enclume font partie de la panoplie du coutelier

De même, j'ai vu, à plusieurs reprises déjà, des rémouleurs arpenter les rues d'Istanbul, menant leur charrette sur laquelle trône la petite meule qui permet d'aiguiser ciseaux et couteaux.

 

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Ramazan a appris le métier de coutelier à la sortie de l'école primaire, il y a une quarantaine d'années.  

                    
                                                 Ramazan bey

L'acier et le bois pour le manche (parfois même du plastique) sont  les deux matières premières nécessaires pour réaliser un couteau. Ces matériaux sont tous des produits purement turcs.

 
           
                         Certains couteaux portent même le nom de leur créateur

Le mûrier, l'oranger mais également le châtaignier ou le noyer vont fournir les bois les plus couramment utilisés.

Certains couteaux, de très belle qualité, peuvent disposer d'un manche en corne de mouton ou en bois de cerf.  

                     
                                    L'acier est travaillé au contact du feu
                      
Comme toutes les pratiques artisanales, doigté, minutie et patience sont nécessaires pour obtenir le meilleur résultat.

 

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Les outils nécessaires pour la pratique de la coutellerie ne sont pas très nombreux. Malgré le peu d'espace et de temps, Ramazan bey montre quelques facettes de son métier.

                   
                Percement de la lame où viendra se loger ensuite la vis d'assemblage

Pour approfondir le sujet et décortiquer la réalisation d'un couteau, il ne me reste plus qu'à faire un tour dans l'atelier de Ramazan bey le jour où j'irai à Kahramanmaraş...

En attendant, un de ses couteaux me sert tous les jours et j'en suis plus que satisfaite.

 

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                Couteaux, canifs ou autres accessoires tranchants, il y a l'embarras du choix
     

 

    

Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Turquie
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Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /Sep /2009 08:30


Pour lire le texte qui suit, je vous propose de le faire en musique en cliquant sur le lien suivant : http://www.photonumerique.org/yansimalar.wma



Il ne fait pas froid à Istanbul en ce lundi de septembre et pourtant je suis emmitouflé comme d'habitude.

Je ne connais pas beaucoup cette chaleur humaine qui, dit-on, caractérise tellement les miens ; ils ne me voient même pas. Mon bonnet bleu couvre mon chef en laissant apparaître les rides de mon front marqué par les années.

               

Ma longue barbe poivre et sel ainsi que mes bottes jaunes me donnent l'air d'un pêcheur.

                             

J'erre sur cette place d'Eminönü à Istanbul où des milliers de gens pressés vont et viennent tout au long de la journée, sans me voir...

Un pigeon s'approche de moi, je vais peut-être pouvoir parler enfin un peu. Je lui propose une miette de pain pour l'amadouer.


                        

Mais lui aussi, rapidement, me tourne le dos... Même les pigeons se désintéressent de moi...


                                

Mon triste baluchon de plastique à la main, je me retourne en direction de nulle part.

                                

Le dos courbé, je déchiffre ce qui est écrit devant moi "Gardons les abords propres !"

                       

J'hésite sur la direction à prendre, à gauche personne ne m'attend... à droite non plus !

                       

Je replonge dans mes pensées solitaires et mon dos se voûte encore un peu plus...

                       

Je repars vers l'inconnu d'une journée quelconque, qui n'a pas le goût craquant d'un simit, ni la couleur mordorée d'un thé...

           


En observant il y a quelques jours cet homme seul durant quelques minutes, j'ai lu un peu dans ses pensées, tant son visage que son attitude étaient parlants...

Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Istanbul
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 07:23

Si je vous dis que Mehmet amca, né il y a 76 ans de cela, en 1933, à Kilis près de Gaziantep dans le sud-est de la Turquie, exerce toujours la profession de yemenici, cela ne va pas vous dire grand chose.

Et pourtant, je suis certaine qu'un bon nombre d'entre vous ont déjà vu des yemeni, ces chaussures plates traditionnelles en cuir.

 

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                                                      Des yemeni
                    

J'ai rencontré Mehmet amca en août dernier au Festival des Mains d'Or à Taksim  . 


                               
                           
                                                  Mehmet amca en plein travail
 
Cet artisan plein d'entrain, au regard vif et malicieux, apprend le métier aux côtés d'un usta - maître - à l'âge de 14 ans, à la demande de sa mère,  après avoir terminé sa scolarité, pour contribuer aux besoins de la famille après le décès de son père. Dix ans plus tard, il devient usta à son tour.  

               


Sa route croise alors celle d'un autre maître, auprès de qui il va travailler durant près d’une trentaine d’années  avant que le fils de celui-ci, Orhan, ne prenne la relève. C'est ce dernier qui tenait un stand à Istanbul en août.


14 employés travaillent à l’heure actuelle pour Orhan, certains, comme Mehmet amca, à leur domicile, d'autres dans l’atelier du magasin.


                    
                                Les modèles sont variés et colorés

Ces chaussures sont constituées de différents cuirs locaux travaillés et traités dans la région de Gaziantep. La semelle est en camız (buffle) ou en öküz (boeuf), une partie intérieure est en cuir de buffle fin, le dessus en oğlak (chevreau) ou en dana (veau). La façade intérieure, quand à elle, est en koyun (mouton) et la fine bande du dessus en chevreau.

 
Les coutures sont réalisées à l'aide de fils de coton enduits de miel afin de ne plus bouger une fois serrés.

                    

Mehmet amca utilise plusieurs instruments spécifiques pour réaliser ses chaussures, tels le muşta, un poids très lourd en bronze qui permet d'aplatir le cuir. Le biz sert à percer les trous dans la semelle afin de passer simultanément de part et d'autre les deux aiguilles pour les coutures. 

  festival-suite-063-copy.jpg                   Quelques outils utilisés pour la confection des yemeni

Le keski permet de couper le cuir, l'ıhval et le kalıp, tous deux en bois de noyer (qui ne se font plus en bois de nos jours), vont servir à donner au cuir la forme désirée. Le peşkeş va tenir et écarteler le cuir.

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Depuis près de trois cents ans, la profession utilise des termes spécifiques correspondant aux différentes pointures : yarım metelik équivaut au 26, metelik au 28, küçük haspe au 30, büyük haspe au 32, vastane au 34, orta ayak au 36, zerden au 38-39, ges au 41, lorta au 43 et üzgar au 45. 

                            

Mehmet amca travaille 8 heures au quotidien et confectionne une paire de chaussures par jour qui va lui rapporter 10 TL (moins de 5 Euros) sur un prix de vente moyen de 60 TL.

                       

N'ayant jamais été assuré et n'ayant cotisé pour aucune caisse de retraite en tant que travailleur indépendant, ce n’est pas la maigre pension minimale de 275 TL  (environ 130 Euros) perçue trimestriellement de l’Etat qui peut lui suffire pour vivre. 

                        

Pour toutes ces raisons, il continue aujourd’hui à fabriquer des yemeni, avec une ardeur à la tâche je dois dire, impressionnante.

                        
            
J'espère bien revoir, au détour d'un chemin, cet artisan courageux et au verbe haut qui perpétue la tradition des yemeni.


http://www.yemenicihayriusta.com.tr


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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 07:15

 

 

Lors de mon récent séjour dans la région de Beyşehir, j’ai eu le plaisir de passer quelques heures avec une femme d’exception, le Professeur Docteur Rüçhan Arık, dans un endroit qui l’est tout autant et que vous découvrirez sous peu.

Après avoir terminé ses années de lycée à Istanbul où elle est née, elle achève ses études, en 1959, au sein du Département  d’Histoire de l’Art à l’Université d’Ankara. En 1960-61, grâce à l’octroi d’une bourse, elle part étudier l’art de la céramique et de la peinture européenne  à l’Université de Heidelberg en Allemagne.


En 1963, Rüçhan passe son Doctorat à l’Université d’Ankara et commence en 1967 à travailler à la Faculté de Lettres de cette même Université. Elle devient professeur associé en 1972 avant de passer titulaire en 1978.


                         
           Pr Dr Rüçhan Arık présente quelques céramiques découvertes au Palais de Kubad Abad

De 1976 à 1978, elle travaille à l’Ecole d’Etudes Orientales et Africaines de l’Université de Londres.


De 1984 à 1987, elle est nommée Directeur Général des Travaux de Protection des Héritages Culturels et Naturels pour la région d’Ankara et l’Anatolie.


Depuis 1980, elle dirige les fouilles archéologiques et le projet de restauration du palais seldjoukide de Kubad Abad, situé au bord du lac de Beyşehir, où j’ai fait sa connaissance.  


            
                    A l'intérieur du Grand Palais de Kubad Abad avec le Pr Dr Rüçhan Arık

Elle a également été chargée de mission pour le  Comité pour l'Evaluation de l'histoire, du tourisme et de l’archéologie dans la région des lacs par la Présidence de la République turc. Le résultat de ses recherches et des fouilles menées par ses soins a fait l’objet d’une publication.


Elle a donné de nombreuses conférences et fait part du résultat de ses recherches dans maints pays dont le Japon en 1985 et en 1988 sur invitation du Prince Mikasa et du Musée Idemitsu. Le Ministère de l'Education nationale chinois l’a également conviée, de même que des universités en Russie, en Albanie, en France, en Hollande, en Belgique, en Israël, en Azerbaïdjan, au Kazakhstan et en Italie.

                         



Le Professeur Rüçhan Arik a été membre du Comité d'Art turc International, de 1986 à 2003. Pour sa contribution aux relations scientifiques et culturelles entre la Turquie et l'Espagne, elle s’est d’ailleurs vu décerner le prix de "Comandador » par le Roi d’Espagne Juan Carlos.

 

En 1995-1996, elle a enseigné comme professeur invité à l’Université Cheng-Chi de Taïwan. Participant à d’innombrables congrès et symposiums en Turquie et à l'étranger, Prof Arik est toujours membre du Comité du Ministère turc de la Culture pour la Conservation et la Protection d'Héritage Culturelle et Historique et Directeur pour la région de Çanakkale. C’est à l’Université du 18 Mars de Çanakkale qu’elle enseigne encore à ce jour l’histoire de l’art.

Elle est l’auteur notamment de deux ouvrages, l’un, en tandem avec son mari Oluş, sur les faïences seldjoukides et de l’époque des beylicats, l’autre sur Kubad Abad, où elle œuvre depuis près de 30 ans.

                
               


Cette femme, au caractère bien trempé et à la fois on ne peut plus charmante, continue inlassablement d'œuvrer au service de l'histoire, en vivant de sa passion.


Visiter un endroit constitué au demeurant uniquement de ruines et de fouilles se transforme, en sa compagnie, en un lieu où l’histoire revit à travers ses explications, où les personnages qui y vont vécu retrouvent leur place...  

Merci Rüçhan hanım pour ce merveilleux moment partagé ensemble !


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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /Juil /2009 07:22
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