Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 11:16

Il y a quelques semaines, ma route croise celle d'Adem dans un bus longeant le Bosphore sur la rive asiatique d'Istanbul. 


De ma discussion durant le trajet avec ce jeune homme enjoué résulte le désir de partager quelques heures avec lui et d'en savoir plus sur la situation des handicapés moteurs à Istanbul. Rendez-vous est pris un samedi matin d'octobre à Rumeli Hisarı, tout près de là où il habite depuis 25 ans avec ses parents.

 

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                    Adem dans un jardin à thé qu'il fréquente avec plaisir


Après son service militaire, Adem, originaire de Kars, travaille comme couturier et assemble des manteaux de cuir. A l'âge de 22 ans, sa vie bascule le jour où, pris d'un malaise en aidant un vieil oncle, il tombe du haut d'une terrasse. La nuque brisée et la moelle épinière touchée, il se retrouve paralysé des membres inférieurs.


Il passe près de six mois dans l'hôpital spécialisé de Haydarpaşa puis une période équivalente dans un centre de réhabilitation. Il y a 10 ans encore, notre rencontre aurait été impensable, Adem étant alors quasiment coupé du monde, ne pouvant sortir de chez lui.

 

Depuis l'entrée en vigueur le 1er juillet 2005 d'un décret concernant la prise en charge des infirmes et de leurs familles, la vie quotidienne des handicapés s'est considérablement améliorée au fil des années, notamment à Istanbul, les pouvoirs publics ayant fait beaucoup d'efforts dans ce domaine.


La mairie procède au recensement des infirmes en faisant du porte à porte. Les chiffres sont éloquents, près de 500 000 personnes sont concernées, soit environ 3,5 % de la population istanbouliote...

 

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     Un fauteuil électrique permet à Adem de disposer d'une autonomie importante


Une vingtaine de centres offrant des services variés vont fleurir aux quatre coins de la ville. Il suffit de composer le 153 pour disposer d'une panoplie complète de services gratuits des plus divers dont la liste est sans fin.


Adem peut disposer d'un véhicule aménagé et d'un assistant pour lui permettre d'aller aussi bien à un rendez-vous à l'hôpital qu'au cinéma, à la mosquée ou ailleurs et d'être ramené à son domicile à l'heure convenue.


Médecins et infirmières assurant les soins nécessaires sont envoyés à domicile tout comme des artisans pour effectuer par exemple les réparations sanitaires, électriques... etc.


Les handicapés qui ne sont pas assurés sociaux disposent de la carte verte pour une prise en charge entière des prestations médicales allant de la fourniture des médicaments à l'opération en passant par la mise à disposition d'un fauteuil roulant, la thérapie... etc.

 

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                               Adem, toujours le sourire aux lèvres


L'Etat turc verse également une allocation tant au handicapé lui-même qu'à la personne qui s'occupe de lui, en l'occurrence dans le cas d'Adem, à sa mère. Le montant cumulé de ces deux prestations se monte à environ 1000 TL par mois, soit 400 €.


Les frais de scolarité directs et annexes des enfants handicapés ou de parents handicapés sont aussi pris en charge.


Un village de vacances a été spécialement conçu pour accueillir les handicapés et leurs familles à Florya, quartier d'Istanbul au bord de la mer de Marmara.


Pour ce qui est des transports en commun, qu'il s'agisse des bateaux, du métro, du tram, des nouveaux autobus, du métrobus, ils sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.

 

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                    A la sortie du bus, le jour de notre première rencontre


Si les handicapés ne payent pas un kuruş pour leurs déplacements avec les véhicules municipaux, les bus longue distance ou les trains, une réduction de 40 % est la règle pour les transports aériens. Les places de cinéma sont souvent gratuites, parfois à demi-tarif.

 

De nombreuses associations de handicapés travaillant en partenariat avec les municipalités existent à travers le pays, porte-paroles de cette population qui représente 8,5 millions de personnes en Turquie, mais aussi organisatrices d'activités culturelles et sportives, de rencontres, de sorties.


La législation actuelle en Turquie oblige les entreprises de plus de 100 salariés à embaucher 7 % de travailleurs handicapés dans le secteur public et 4 % dans le secteur privé.


D'après Adem, le regard que pose aujourd'hui sur lui son entourage, tant les voisins que les commerçants ou ceux qu'il croise régulièrement, est très différent de ce qu'il a connu par le passé. Il a fallu du temps pour se faire intégrer par la société.


Finalement, sa vie quotidienne ressemble à celle de monsieur tout le monde en Turquie et c'est tant mieux. Toujours actif et indépendant, constamment sur pieds par le passé, il vaque aujourd'hui à ses occupations, fait ses courses, fréquente le jardin à thé où nous nous sommes revus, va prier à la mosquée. Il apprécie qu'on le regarde comme un être humain, pas comme quelqu'un de différent...

 

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Adem, qui caresse tous les matins l'espoir de pouvoir marcher à nouveau un jour, se donne les moyens d'améliorer ses capacités motrices. Il y a deux mois, il a subi une opération d'une jambe à l'hopital Sabanci de Baltalimanı. Ayant perdu une quantité de sang considérable, la seconde n'a pu être traitée en même temps mais cette intervention qu'il souhaite devrait intervenir dans les semaines à venir.


Sous peu, il devrait pouvoir commencer à faire construire à Beykoz une maison de plein-pied qui lui permettra d'être encore plus autonome et d'envisager de travailler soit à domicile, soit à l'extérieur, peut-être dans une centrale d'appels pour le service clientèle d'une banque comme cela lui a été proposé à plusieurs reprises.


Je ne suis pas sortie indemne de ces heures passées avec Adem. Je garde l'image de son sourire radieux, de son humour, de sa capacité à s'émerveiller des belles choses qui l'entourent, de sa curiosité et de son optimisme :  " La mission de chacun sur cette terre est de vivre tel qu'il est. La vie est belle, je suis libre et heureux... " me dit-il en substance.


Il est aussi gentleman assurément, pour preuve son aide proposée pour porter mon sac...

 


Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Istanbul
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Mercredi 12 octobre 2011 3 12 /10 /Oct /2011 07:07

Le regard porté par les Turcs sur le mariage continue visiblement de changer.  En effet, le nombre de mariages est en baisse sensible ces quatre dernières années alors que celui des divorces ne cesse d'augmenter.

 

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J'avais déjà consacré en juin 2008 un article sur le sujet, suite aux statistiques publiées à l'époque.


L'institut de statistiques turc TUİK vient d'annoncer les derniers chiffres en la matière.

 

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Si 636 121 couples se sont mariés en 2006, ils ne sont plus que 582 715 en 2010, soit une baisse de 8,4 %. Parallèlement, les divorces sont en hausse sensible, passant de 93 489 toujours en 2006 à 118 568 en 2010, soit près de 27 % de plus...


Au niveau national, la moyenne d'âge des hommes passant l'alliance au doigt se situe, toujours en 2010, à 26,5 ans tandis que la moyenne pour les femmes se situe à 23,2 ans, les deux étant en légère hausse ces dernières années.

               

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Par contre, selon les régions, cette moyenne change considérablement, la plus basse étant en Anatolie Centrale (24,9 pour les hommes et 21,5 pour les femmes) et la plus haute en Anatolie du Nord avec 4 ans de plus en général.


C'est entre 1 an et 5 ans après s'être unis officiellement que la majorité des couples turcs se séparent et le taux de divorces le plus important se situe en région égéenne. İzmir est assurément la province où l'on divorce le plus, suivie dans l'ordre par Yalova, Antalya, Istanbul et Ankara.

 

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Les premiers chiffres pour 2011 indiquent une hausse de 3,7 % des mariages par rapport à l'an passé, la tendance serait-elle en train de s'inverser à nouveau ?

 


Par Nat - Publié dans : Vie quotidienne en Turquie - Communauté : Turquie
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Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 06:57

Apprécier la douceur et la quiétude du jour qui se lève sur les bords du Bosphore, c'était mon envie ce matin.


Le temps de dévaler les escaliers, de traverser le boulevard encore bien calme à cette heure, mis à part le bruit du tram et des bus qui ont commencé leur va-et-vient, le détroit est à quelques pas.

 

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Quelques jeunes qui n'ont peut-être pas fermé l'oeil de la nuit, un homme seul sur un banc, une femme qui attend le bus, son cellulaire déjà accroché à l'oreille, voici l'ambiance d'un samedi matin d'octobre.

 

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Le pont du Bosphore enjolivé de ses couleurs nocturnes changeantes est encadré par un ciel de couleur mi-orangé, mi-violacé.

 

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Sur la berge, les employés des jardins à thé s'affairent, maniant le balai et le seau pour débarrasser fauteuils et tables des poussières de la veille.

 

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Quelques vagues viennent s'écraser en faisant grand bruit.

 

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Les gerbes d'eau créent un tableau harmonieux dans le viseur.

 

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Un vapur quitte l'embarcadère de Kabataş pour amener les premiers passagers sur la rive asiatique.

 

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Un autre revient du continent voisin et passe devant la pointe du sérail.

 

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Un immense cargo remonte doucement le Bosphore en direction de la Mer Noire.

 

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Un homme vient offrir du pain aux goélands et autres oiseaux, heureux de ce petit déjeuner improvisé.

 

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Sa belle vient le rejoindre et tous deux prennent plaisir à admirer, comme moi, le spectacle perpétuel qu'offre le ballet incessant des bateaux de toutes tailles...

 

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... avant de partir, main dans la main, pour quelques enjambées sur la rive, entourés de quelques volatiles.

 

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Par Nat - Publié dans : Vie quotidienne en Turquie - Communauté : Istanbul
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