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Mercredi 9 juillet 2008 3 09 /07 /Juil /2008 18:02

 Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de juillet-août 2008



Du 7 au 15 juin dernier s’est tenue la 11ème exposition organisée par I.S.M.E.K. (Istanbul Büyük Belediye Sanat et Meslek Eğitimi Kursları), autrement dit le centre de formation de l’art et de la formation professionnelle de la Ville d’Istanbul à la Feshane d’Eyüp au bord de la Corne d’Or.

 

Grâce au financement de l’Union Européenne, la mairie peut dispenser des cours gratuitement ; 197 000 personnes durant l’année 2007-2008 ont pu en profiter, 580 000 depuis sa création il y a 12 ans, ce qui montre le chemin parcouru durant ces années.

 

201 centres répartis dans 31 secteurs géographiques d’Istanbul, 106 branches d’activités représentées, pour donner une idée de l’ampleur de l’organisation. On peut tout y apprendre, de l’informatique aux langues, du sport à la musique, de l’art manuel à l’art islamique turc, de la formation professionnelle technique à l’enseignement social et culturel.

 

Madame Özleyiş Topbaş, épouse du maire d’Istanbul, était présente lors de ma visite et a témoigné d’un intérêt particulier pour l’exposition. Elle a fait de nombreux arrêts aux différents stands, s’entretenant avec les enseignants et les élèves sur l’originalité, la qualité et la beauté des œuvres présentées.



                    Avec madame Özleyiş Topbaş, épouse du maire d’Istanbul en foulard bleu



Dans le cadre de cette gigantesque exposition d’art manuel, la plus grande au monde, les élèves exposent les ouvrages réalisés durant la dernière année de formation. De la faïence à la calligraphie, du travail du cuir à la coiffure, de la reliure à la peinture, de la gravure au vitrail, de la céramique à la mosaïque, c’est un étalage à la Prévert de toute beauté que la foule a pu découvrir.



                                  

                                      Sur le chevalet, signature du sultan Abdul Meçit


C’est la mosaïque qui a particulièrement attiré mon intérêt grâce à la découverte de cet art vieux de 5000 ans par Meyçem Ezengin, jeune femme de 26 ans, seule enseignante de cet art à Istanbul.


                                                     Meyçem Ezengin

Après des études entamées dans le cinéma et la télévision, puis comme gardienne d’enfants, elle démarre finalement en 2003 deux années à l’Université de Thrace à Edirne où elle apprend les différentes techniques générales de l’art ainsi que son histoire. Après avoir réussi son examen, un an de stage lui permettra de faire de la mosaïque son credo. Elle réalisera d’ailleurs durant cette période une fresque dans la demeure d’un célèbre artiste turc.


   
 

Les cours qu’elle dispense couvrent 300 heures durant lesquelles les élèves apprennent d’abord l’histoire de la mosaïque, puis découvrent les matériaux, en particulier le verre qu’il faut apprivoiser pour le travailler sans peur de se blesser. La connaissance des instruments nécessaires, celle du dessin pour créer le modèle, les nuances des couleurs, sont autant de compétences à acquérir avant de pouvoir se lancer dans sa première œuvre.


   Table de marbre en mosaïque

 

La mosaïque utilise principalement le verre (de toutes les couleurs), les perles de verre (boncuk), le marbre, des espèces de pierre et de granit, la porcelaine, des écailles de moules aussi, le tout généralement collé sur des supports en bois, mais aussi sur du verre pour créer des lampes éclatantes.


  
                                   Fragments de verre utilisés pour la réalisation des mosaïques
 



Le verre utilisé vient d’Europe, de Chine ou d’Amérique contrairement au marbre et à la pierre qui sont des productions locales, souvent de Balıkhesir ou d’
Eskişehir. L’assemblage se fait à l’aide de silicones de types différents selon le support.

 

La pratique de la mosaïque est un vrai travail d’équipe ; pendant qu’une personne coupe les matériaux à la taille nécessaire, l’autre sépare par ton de couleur, qui nécessite un temps considérable, une autre trace le dessin soit sur le support directement, soit sur du papier qui sera ensuite agrandi selon les besoins.


   
                                                 Détail d'une oeuvre, toute en finesse ! 



La réalisation des œuvres représente des heures de travail, parfois des mois, comme ce visage du Christ, mosaïque recouverte d’une feuille d’or, reproduit d’après l’œuvre originale visible à Sainte-Sophie. 3 mois de travail à raison de 4 ou 5 h/jour, la tache étant épuisante pour les yeux et les mains mis à rude épreuve. De nombreux pièces sont des reproductions visibles dans le célèbre musée, témoignage de cet art combien difficile mais dont le résultat est à l’image de l’effort et du travail accompli.


  
                                     Reproduction de la mosaïque du Christ de Sainte-Sophie 
 

La pratique de cet art est coûteuse, compte-tenu des matériaux nécessaires. Le prix du m2 de verre, par exemple, est d’environ 53 €.

 

Le premier musée de la mosaïque au Monde est celui de Ravène en Italie, suivi par celui d’Antioche en Turquie et celui du Bardo à Tunis. C’est là que les chefs d’œuvre les plus impressionnants sont visibles.

 

Les œuvres réalisées peuvent trouver acquéreurs auprès d’un public de connaisseurs mais est rarement vendu à sa juste valeur, tant la durée nécessaire pour sa création ne peut être facturée.


                
                                        Derviches tourneurs en mosaïque


Si cet art vous interpelle, vous pouvez prendre contact directement avec Meyçem Ezengin au 0533.573.11.20 ou par mail m_ezengin@hotmail.com.

 

En 2009 devrait se tenir la première exposition organisée par la jeune femme et ses élèves et qui sera spécifique à la mosaïque… Rendez-vous le moment venu !


           

                                     Tête de cheval en mosaïque de marbre
   

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
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Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 06:33

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de juillet-août 2008


 

Le chœur européen d’Istanbul a été créé en 1976 par des allemands expatriés à Istanbul. Il portait alors le nom de "Deutscher Singkreis" (Association Allemande de Chant) et 30 à 40 personnes en faisaient partie.

 

C’est en 1991 qu’il est devenu Chœur européen d’Istanbul suite à la venue d’un groupe de chanteurs français. Il est ouvert à des personnes de nationalités, de professions, d’âges, de langues et de religions différentes réunis par la passion de la musique et du chant.


 
 

Il comprend actuellement une centaine de membres âgés de 18 à 78 ans. Il y a 10 ans, la moitié était turque et l’autre étrangère, à présent, la tendance est plutôt de 30 % d’étrangers pour 70 % de turcs. De ce fait, le Chœur souhaite absolument augmenter la quantité d’étrangers pour ne pas perdre son titre de « Chœur Européen » - avis aux expatriés amateurs de chant et de musique !


 
 

Fonctionnant de façon absolument indépendante, comme une association mais sans en être une, ce Chœur élit tous les deux ans des responsables tant pour l’administration, la gestion de la trésorerie, la publicité, etc… La majorité de ses membres sont des amateurs mais il y a quelques professionnels et le résultat est de qualité professionnelle.


 
 

Tous les ans, au printemps et à Noël, est organisé un concert de deux représentations avec accompagnement au piano, l’un sur la rive européenne, l’autre sur la rive asiatique d’Istanbul. Le Chœur donne entre 6 et 12 concerts par an, certains à l’Atatürk Kültür Merkezi de Taksim avec l’orchestre public symphonique d’Istanbul.


  

 

Le traditionnel concert de printemps, dont le programme était  la « Messa di Gloria » de Puccini, a eu lieu vendredi 7 juin dans la cathédrale Saint-Esprit à Harbiye et samedi 8 juin en l’église de l’Assomption à Moda.




 




Au piano Sergei Gavrilov, d’origine russe, diplômé d’un doctorat de Direction d’Orchestre et Pianiste de l’Université de Moscou, a 13 ans d’activité au sein du Chœur. Il exerce comme pianiste et co-répétiteur à l’Orchestre public symphonique et au ballet.


  

 

Le chef de Chœur est la pétillante Gökçen Koray, chef professionnel depuis 35 ans et depuis 5 ans à diriger ce petit monde avec son énergie et sa passion. C’est cette même passion, cet amour commun de la musique et du chant qui l’a amenée à accepter cette fonction au sein du Chœur. Elle a côtoyé la musique à partir de 6 ans en apprenant le piano. Diplômée du Conservatoire National de Sofia section Théorie Musicale, Composition et Direction de Chœur et d’Orchestre en 1972, elle dirige depuis 1977 le Chœur de l’Opéra et Ballets Nationaux d’Istanbul.


                 
 

Une salle comble et enchantée  a apprécié la haute qualité de la prestation.

 

                 

Si vous désirez rejoindre le Chœur, prenez contact avec Ferhan BARAN, président de l’association (francophone et anglophone) au 0532.216.19.19 ou par mail 
ferhanbaran@superonline.com.

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
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Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /Juin /2008 07:27

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de juin 2008


Dans le cadre du projet GAP (
programme Anatolie du Sud-Est), un barrage a été construit en 2000 à Birecik, dans le sud-est de la Turquie.

 

La petite ville d’Halfeti, située à une quarantaine de kilomètres au nord de Birecik, ainsi que les 39 villages situés aux alentours ont été partiellement engloutis.

 

Ce coin de pays, réputé pour sa faune (les ibis chauves, les tortues, les nombreuses espèces d’oiseaux), n’en garde pas moins son charme, presque accentué par sa nouvelle situation.

   

  Halfeti--331-copy-copie-1.jpg

 

Le fleuve mythique, tout d’abord, dont la couleur turquoise donne déjà le ton des petites merveilles qu’on trouve sur ses rives. Lorsqu’on arrive de Birecik et qu’on traverse le nouvel Halfeti construit pour y loger la plupart des habitants, on ne peut s’imaginer qu’à 10 kms de là, accrochée au bord de l’eau, entourant sa mosquée aux fondations immergées, l’ancienne cité d’Halfeti a retrouvé la vie grâce aux touristes.

 

De jolis petits coins ombragés le long de l’Euphrate invitent à la tranquillité, à siroter un thé ou se rassasier l’estomac avant la promenade. 

 

   Halfeti-copy-copie-1.jpg

Autrefois, ses jardins luxuriants situés le long du fleuve, aujourd’hui, ses bateaux à moteur amarrés attendent les visiteurs pour découvrir Rumkale et Savaşhan.

 

Pour découvrir ces horizons particuliers, un tout petit bonhomme, la figure d’Halfeti, « capitaine Mehmet Siyahgül », la rose noire ! Un tempérament ravageur, un enthousiasme débordant et son bateau qui peut accueillir jusqu’à 25 personnes.

 

                       Capitaine-Mehmet-copy-copie-1.jpg

 

Rumkale tout d’abord, imposante citadelle située à une demi-heure de route en bateau d’Halfeti, d’une superficie de 3500 m2. Construite en 885 avant J.C. par le roi assyrien Salmaneser III, son emplacement stratégique sur un des endroits les plus élevés du coin lui permis d’être un point de contrôle majeur. Une halte permet de découvrir ce site, d’y errer en admirant la nature aux alentours.

 

   Rumkale-copy-copie-1.jpg


De ci, de là, de petites cavernes, en fait d’anciennes maisons troglodytiques, éparpillées au hasard des rochers.

 

Un peu plus au nord, sur la rive opposée, se trouve le village-fantôme de Savaşhan. Des maisons abandonnées, une végétation qui envahit petit à petit les ruelles escarpées, sa mosquée surtout dont le minaret pointe son nez hors de l’eau.

 

 

  Savashan-copy-copie-1.jpg

 

C’est ce qu’on voit en premier, l’image qui surprend, inhabituelle ! 400 habitants avant le barrage, à présent un irréductible qui vit là toute l’année avec son chien et son âne et deux familles qui reviennent seulement passer les mois d’été dans ce lieu uniquement accessible en bateau.

 

  Le-minaret-de-Savashan-copy-copie-1.jpg

 

                          Le-nez-en-dehors-de-l-eau-copy-copie-1.jpg

 

                    Le-seul-habitant-de-Savashani-copy-copie-1.jpg 
                                         Le seul habitant de Savaşhan

On y trouve les traces de l’ancienne église arménienne Arslan ainsi que celles de quelques tombes toutes proches. Des petites constructions de pierre aux formes cubiques, dont les portes ou les fenêtres ouvertes laissent entrevoir les traces de vie d’avant, des plafonds décorés par des rondins de bois, on retient son souffle et on laisse aller son imagination.

 

                   L-ancienne-eglise-armenienne-de-Savashani-copy.jpg

                                     Les vestiges de l'église arménienne
 

Bien au sud d’Halfeti, à plus d’une heure de bateau, un village méconnu des touristes et qui ne figure pas sur les cartes, Gümüşkaya köyü. Il faut d’abord dépasser des villages minuscules de chaque côté, abandonnés eux aussi, avant d’apercevoir, cachés dans une petite baie du fleuve, les premières maisons et un minaret.  Ce n’est qu’en avançant encore qu’on découvre que celui-ci aussi sort de l’eau.

 

   Gumuskaya-koyu-en-noir-copy.jpg

 

Pas sur les rives comme à Savaşhan, mais bien au milieu, élancé, fier, majestueux ! C’est un moment d’émotion intense qui vous y attend, qui donne le frisson. Plus d’appel à la prière,  le temps s’y est arrêté !

 

Là aussi, quelques rares habitants n’ont pas voulu quitter leur village, se raccrochent à leur passé… Les maisons y sont peu nombreuses, semées tout autour de la minuscule colline.


                       
Le-minaret-de-Gumu-kaya-copy.jpg        

Mais il faut repartir, laisser la mosquée engloutie à jamais, la garder dans ses souvenirs, tout comme celle de Savaşhan. Ce sont des endroits qu’on ne peut oublier, qui marquent, qui laissent une trace.

 

Au retour à Halfeti, perdez-vous dans les ruelles, admirez certaines des constructions comme cette demeure imposante, la plus vieille du village, 150 ans au compteur, dont l’architecture ne manque pas d’intérêt. Entre les maisons, l’eau turquoise de l’Euphrate est toujours présente, belle à l’œil.

 

   Plus-vieille-demeure-d-Halfeti-copy.jpg

                               Plus vieillle demeure d'Halfeti à l'architecture étonnante


Prenez le temps de vivre, de respirer. Vous pouvez loger dans un petit konak tout près du fleuve mais il n’est pas exclu que vous vous retrouviez chez l’habitant pour partager le repas, voire même y passer la nuit. L’hospitalité turque si réputée trouve là toute sa signification.

 

Pour vos promenades sur l’Euphrate à la découverte de ses nombreux trésors, prenez rendez-vous avec capitaine Mehmet au 0537 646 76 10.

 


Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Turquie
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Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 11:00

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" du mois de juin 2008

 

Cet instrument de musique est sans doute un des plus anciens au monde. Les premières ont été recensées en Inde et remonteraient au 3ème siècle avant J.C.

 

La première cymbale turque a vu le jour en 1623 à Samatya, un quartier plutôt chrétien d’Istanbul situé sur la rive européenne près de la mer de Marmara.

 

J’ai voulu en savoir plus sur cet instrument de musique connu et utilisé par tous les batteurs.

 

Me voilà donc partie pour Esenyurt, à la sortie d’Istanbul en direction de la Thrace. Dans une zone industrielle où la plupart des entreprises réparent des véhicules de toutes marques, l’enseigne que je cherche  « Istanbul Mehmet ».

 

                 Photo-007---s-rie-de-cymbales-copy.jpg

 

Six ou sept fabricants, tous basés à Istanbul, se partagent la fabrication de cet illustre instrument fabriqué à base d’un alliage de cuivre et de bronze fondu en transformé en fine galette de différents tailles, de 8 à 24 pouces. La plupart sont de type « handmade », ce qui sous-entend une finition effectuée à la main. Cette spécificité lui a donné sa réputation, certains autres produits fabriqués dans des pays différents n’étant pas terminés manuellement.

 

Une machine cylindre les pièces, une autre permet de faire l’ouverture centrale. Chaque future cymbale est pesée et arrondie en fonction de la commande. C’est un travail minutieux car chaque exemplaire aura un poids, une taille, une sonorité différente selon les besoins du batteur.



 

Dans la même pièce se trouve un four dans lequel peuvent cuire jusqu’à cinquante cymbales superposées. La cuisson dure environ 5 mn, parfois plusieurs passages sont nécessaires pour obtenir la configuration nécessaire.

 

Aussitôt le passage en four terminé, chaque cymbale est plongée quelques secondes dans un bassin d’eau froide attenant qui rigidifie les pièces.

 

          Photo-011----a-chauffe.jpg


Le four dans lequel s'entassent les galettes qui vont se transformer en cymbales...







Dans la pièce suivante, un bruit permanent et sourd ! C’est là qu’un premier artisan va tourner chaque cymbale durant environ 2 minutes pour lui donner la brillance désirée.

 

Le second va lisser les contours particulièrement tranchants et le suivant travaillera l’épaisseur de l’instrument selon la commande du client.



                                 A côté du poêle, chacun apporte sa contribution


                 

                                                                Lissage 

                 

                                                Séance d'affinage
                    

C’est ensuite au tour d’un marteleur qui va taper en moyenne entre ½ h et 1 heure sur la cymbale pour lui donner la sonorité qui fera d’elle sa spécificité.

 

On ne devient pas marteleur à l’école, le métier s’apprend sur le tas, comme pour chaque autre étape de fabrication. Il nécessite de la doigté, de l’oreille, de l’amour surtout pour le produit abouti qui arrivera entre les mains des plus habiles joueurs.


               

Environ 100 à 200 exemplaires sont fabriqués tous les jours dans cette entreprise qui emploie de 25 à 30 salariés. Une cymbale de taille moyenne pèse entre 1,100 kg et 1,250 kg selon la taille et l’épaisseur mais les plus lourdes peuvent atteindre … 5 voire 6 kg.

 

Le prix moyen de cet instrument exceptionnel est d’environ 70 USD.

 

  Photo-054-copy.jpg

 
La clientèle d’Istanbul Mehmet est tant locale qu’internationale et des noms célèbres du rock et du jazz s’approvisionnent chez lui. Deux foires importantes ont lieu chaque année auxquelles cette entreprise participe, la Müzik Mess de Francfort qui a lieu en mars et celle de Los Angeles.

 

Mehmet Tandeğer, le créateur de cette société a 68 ans. Né à Samatya, c’est là qu'il a commencé son apprentissage à 9 ans aux côtés du maître, le célèbre Mikhail Zilcan, le petit-fils du célèbre maître de cymbales Kerope Zilcan qui a donné le nom turc à l’instrument.


En 1978, Mehmet devient à son tour maître et crée en 1982 sa première société, en association avec Agop, autre grand nom de la cymbale. Après
la mort de ce dernier en 1995, il fonde l’année d’après sa propre enseigne, Istanbul Mehmet.


            
 

Il aura consacré toute sa vie à sa passion et lorsque je lui ai demandé quand il envisageait de prendre sa retraite, sa réponse fût la suivante « à ma mort ! ». Il espère bien qu’entre ses 3 garçons de 7 et 9 ans, il y en aura un pour prendre la relève….

 

www.istanbulmehmet.com

 


Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
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Samedi 17 mai 2008 6 17 /05 /Mai /2008 05:34

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de mai 2008

 


La petite ville de Pergame, Bergama en turc, est une étape de qualité si vous vous rendez dans la région d’Izmir, à deux heures de route de cette dernière, au milieu d’oliviers et de vignes.

 

   Bergama.jpg

 

Son origine est incertaine mais elle s’appelait Pergamum et existait bien avant Jésus-Christ.  La ville dirigeait un des plus petits royaumes parmi les plus riches et les plus puissants du Proche-Orient. C’est Lysimaque, un des grands généraux d’Alexandre, qui fit la prospérité de cette bourgade.

 

En plein centre ville, la « basilique rouge », Kızıl Avlu, aux murs de brique rouge ! Ce temple, de la taille d’une cathédrale, était dédié au IIème siècle aux dieux égyptiens Sérapis, Isis et Harprocrate. Il impose par son allure. Finalement, ce temple s’est vu transformé en basilique plutôt qu’église, compte-tenu de sa taille.

 

  


                         

                                            La basilique rouge

Situé à l’extérieur du centre ville mais parfaitement accessible à pied, les ruines du temple d’Asclépiéion construit en 142. C’était à ses débuts un centre médical fondé par un nommé Archias, habitant Pergame et qui avait été soigné à l’Asclépiéion d’Epidaure, en Grèce. Les traitements étaient à base de massages, de bains de boue, d’herbes et d’onguents. Galien, natif de cette ville, fit la gloire de ce site. Ce médecin de gladiateurs est considéré comme le plus grand thérapeute de l’Antiquité.

 

La voie romaine commerçante va du parking aux ruines. Des colonnes sont érigées là, un temple circulaire, les traces de la bibliothèque et l’ampithéâtre romain.



 

                                       La voie romaine du temple d’Asclépiéion


Les ruines figurent sur la liste des 100 sites historiques qui possèdent une importance commune en Méditerranée.

 

   
                                            Vue sur le temple d’Asclépiéion


A
5 km du centre-ville, une route en lacets permet d’accéder à la colline qui abrite l’Acropole. Le site est particulièrement étendu et c’est un ravissement pour les yeux de découvrir la bibliothèque et ses colonnes de marbre, le temple de Trajan construit sous le règne des empereurs Trajan et Hadrien, dédié à Zeus et … à Trajan lui-même !

 

                                 

                     

La bibliothèque renfermait plus de 200 000 volumes du temps d’Eumène II (au IIIème siècle avant Jésus-Christ) et représentait l’ascension sociale et culturelle de la ville.

 

L’amphithéâtre est sans doute l’endroit le plus vertigineux qui soit. Construit à flanc de colline, il pouvait accueillir 10 000 spectateurs. La vue qui se dégage de là est magnifique.

 

   

Les vestiges du temples de Dionysos sont en contrebas de
la scène. Au sud de l’amphithéâtre, les bases  de l’autel de Zeus dans un cadre romanesque à souhait, à l’ombres de beaux arbres dont les feuilles ne tombent jamais. L’autel même a été transféré à Berlin au XIXème siècle sur autorisation du sultan.

 

Les restes de ce site, parsemés sur toute la colline, nous donneront une idée de l’importance qu’il avait lors de sa période de gloire.


                         

                   

 

                          


Le musée archéologique de Bergama a été restauré il y a quelques années et présente une collection de sculptures de Pergamum, une maquette de l’autel de Zeus de l’Acropole ainsi que divers objets trouvés sur un site proche.

 

Il est bien agréable de se promener aussi dans les ruelles de la vieille ville où le temps semble s’être arrêté, s’attabler à la terrasse d’un café pour siroter un thé en profitant de la quiétude des lieux.

 

Une bonne journée est nécessaire pour profiter de l’ensemble des sites et respirer l’air provincial qui s’en dégage.

                    

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Turquie
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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /Mai /2008 19:25

 
Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de mai 2008


Réhabilitation des quartiers de Fener et Balat à Istanbul financée par l’Union Européenne


Tout a démarré en 1996 lors de
  la conférence Habitat II de l’Unesco à Istanbul. 4 sites ont été choisis pour figurer sur la liste du patrimoine culturel de l’Humanité : le parc archéologique de Sultanahmet, le complexe de la mosquée de Soliman, le quartier de Zeyrek et les murailles byzantines.


Les mairies des arrondissements concernés ont voulu obtenir des financements pour améliorer les conditions de vie et l’environnement urbain. En 1997, celle de Fatih a réalisé une étude préliminaire en partenariat avec l’Union Européenne, l’Unesco et l’Institut Français des Etudes Anatoliennes pour la réhabilitation de Fener et Balat.


                          


Ces quartiers, composés en son temps par des maisons en bois, ont été la proie d’incendies dévastateurs dans les années 1856 et 1886. La plupart des constructions ont disparu sous les flammes. Celles construites par la suite sont en brique, à l’architecture particulière, toutes mitoyennes et de 4 étages en moyenne.

                         

                                      Maisons traditionnelles de Fener
                           
Une demande de financement a été soumise en 2000 à l’Union Européenne. En 2002, le contrat a été signé et l’appel d’offres lancé auprès d’entreprises spécialisées ; le contrat d’Assistance Technique a débuté en janvier 2003.


Le consortium chargé des services techniques est dirigé par Foment S.A, société de développement de la Mairie de Barcelone, l’entreprise WYG International et une ONG turque pour la valorisation du travail des femmes. La société française Gret, concernée par les analyses sociales, en faisait partie à l’origine puis a quitté le consortium.

 

L’étude de base portait sur la réhabilitation de 200 bâtiments mais a été sous-estimée financièrement. L’Union Européenne a accordé un financement de 7 millions d’Euros dont le montant n’a pas été revalorisé durant les 5 ans du Programme.

 


Les quatre actions du projet  

 

1)      Réhabilitation des habitations

 

Les travaux prévus étaient de type « légers » et visibles : protection des bâtiments vers l’extérieur, couverture, fermeture, ravalement de façades avec des techniques d’origine et l’utilisation de matériaux compatibles avec ceux employés à l’origine. Il est apparu au fur et à mesure des études que certains immeubles nécessitaient des travaux plus lourds tels que la consolidation des fondations pour la protection contre les risques sismiques.


               
                                     Maisons en cours de réhabilitation     
 

Au total, 121 immeubles auront été restaurés en trois étapes :

- le premier de 26 maisons pour des travaux extérieurs

- le second de 52 maisons pour des travaux légers et 22 pour des travaux lourds

- le troisième qui va se terminer en juin 2008 concerne en tout 21 habitations dont 14 pour des travaux lourds.


                           
                                  La maison de Balat restaurée que je préfère
      


Des réunions publiques ont vu le jour dans le but d’
informer la communauté, de répondre à leurs questions, à leurs inquiétudes. Les propriétaires concernés ayant accepté la réhabilitation de leur immeuble (ce qui n’a pas été le cas de tous) ont signé un accord spécifique avec la mairie. Ils ont pour obligation de ne pas vendre leur habitat dans les 5 ans qui suivent l’achèvement des travaux et d’augmenter les loyers au taux légal de l’inflation.

  

 

2)      Réalisation de trois centres sociaux destinés aux femmes et aux enfants

 

Deux seulement auront été achevés. En 2003, la mairie devait fournir les locaux adaptés aux activités prévues, mais faute de trouver de tels immeubles, des bâtiments existants ont été réhabilités.

 

Un des centres se trouve dans la demeure de l’écrivain roumain Dimitri Kandemir qui a habité cette maison à la fin du XVIIème siècle. Le premier étage est utilisé comme musée en son honneur. Le second centre a été réalisé tout près des locaux administratifs des responsables du suivi du projet.

                       

                     
                La maison de Dimitri Kandemir et en arrière-plan le lycée orthodoxe de Fener   


Les plans destinés au 3ème centre, prévu dans un immeuble de taille plus importante, ont été remis à la mairie qui prendra en charge les travaux.

Une ONG turque a réalisé durant 14 mois  un travail de qualité destiné à l’amélioration des services sociaux de base dédiés aux femmes et aux enfants.

 

3)      Revitalisation des rues commerçantes de Balat

 

Le projet a permis de réhabiliter 28 commerces (toiture et façades) et 5 autres ont fait l’objet d’une restauration intégrale. Le coin a retrouvé son animation et son âme.

                  

                                       Boucherie de Balat réhabilitée                         


4)     
Traitement et récupération des déchets recyclables

 

Il a fallu tenir compte des us et coutumes du pays où par exemple la récupération de certains déchets, tels que le papier ou le métal se fait par ramassage direct de personnes qui en vivent.

 

Une campagne d’information a été faite dans les écoles. Environ 2500 poubelles ont été distribuées fin avril 2005 dans les différentes habitations avec l’organisation de deux collectes hebdomadaires. L’action a duré finalement … un an et s’est arrêtée depuis.


                         
                                      Le siège administratif du consortium à Fener


Le programme s’achèvera en juin prochain et aura mobilisé en permanence deux personnes au niveau de la mairie de Fatih et une équipe de 7 personnes dirigée par Monsieur Luis Mezzano, architecte avec une maitrise en urbanisme et aménagement du territoire, co-directeur international du programme et représentant le consortium. Cette équipe, à son pic d’activité, comptait jusqu’à 25 personnes.


 

                         
                                                      Luis Mezzano


Les travaux réalisés ont eu une répercussion sur la valorisation immobilière du quartier et son attractivité.

 

A quoi ressembleront Fener et Balat dans quelques années ? Il n’est pas exclu que certains investisseurs étrangers trouvent un intérêt à acheter et rénover d’autres immeubles dans ce secteur qui a retrouvé une vie et des couleurs, il suffit d’y promener pour s’en rendre compte.

 

 

Je voudrais remercier tout particulièrement ceux sans qui cet article n’aurait pas vu le jour :

 

- Monsieur Luis Mezzano, arrivé en octobre 2004 pour prendre la direction de ce programme d’envergure ; sa disponibilité, sa passion et sa maîtrise du sujet lors de nos rencontres ont démontré tout l’intérêt que peut avoir le partage des connaissances pour améliorer les conditions de vie quotidienne des habitants concernés par le projet

 

- Fatma Ensaroğlu du service urbanistique de la mairie de Fatih.


                  

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Samedi 5 avril 2008 6 05 /04 /Avr /2008 09:03

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" d'avril 2008

 
Pour la 3ème année consécutive, Istanbul se revêt d’un merveilleux habit de fête, elle s’habille en « tulipes » !

 

Cette superbe fleur n’est pas née en Hollande comme on pourrait se l’imaginer mais bien en Turquie. Son nom local d’origine était lali devenu depuis lale. En Perse, elle s’appelait Thouliban ce qui signifie turban. Au XVIème siècle, au temps de Constantinople, elle trouve une place de choix dans les jardins des palais ottomans après avoir grandi à l’état sauvage dans les prés d Anatolie vers la Mer Noire.

 

          

                                              


Le XVIème siècle est celui des Tulipes en Turquie. Le sultan Soliman le Magnifique organise chaque printemps au moment de la pleine lune des fêtes somptueuses et particulièrement coûteuses en honneur de cette fleur.

 

En 1554,  Augier Ghislain de Busbecq, savant botaniste flamand et ambassadeur d’Autriche envoie à Vienne quelques bulbes et graines de tulipes découvertes en Turquie à trois de ses amis. L’un d entre eux les plante pour voir le résultat et lorsqu’il déménage en Hollande en 1593, il emmène sa collection de tulipes qu’il met en vente. La Hollande est devenue depuis le plus grand pays producteur de cette fleur. 

                
 

A l’époque, le commerce des tulipes est particulièrement réglementé et elles n’ont pas le droit en principe de quitter la capitale ottomane. Le plus ancien des livres qui évoque des tulipes recense pas moins de 1588 sortes différentes à ce moment-là.


                               

                                      Ters lale, la tulipe qui regarde à l'envers !


La tulipe a en tout cas retrouve sa place d honneur à Istanbul pour le plus grand bonheur de tous. Quel plaisir pour les touristes venant pour la première fois dans l’ancienne capitale de découvrir dès la sortie de l’aéroport et tout le long de la route qui longe la mer de Marmara les parterres multicolores. A Sultanahmet aussi les tulipes sont omniprésentes.


                        

 


Lors du premier festival de la tulipe en 2006 plus de 3 millions de bulbes ont été plantés, excusez du peu et le slogan qu’on voyait partout était « Istanbul a rendez vous avec les tulipes ! »

 

De nombreux quartiers se mettent à l’heure de la tulipe que ce soit Eyüp, Taksim ou d’autres.

 

Mais l’endroit le plus enchanteur est sans nul doute le parc d’Emirgan qui a toujours été réputé pour ses plantations  On les voit de loin avec leurs couleurs flamboyantes qui pointent leur nez et prennent la pose devant les innombrables appareils photos qui viennent les mitrailler sous tous les angles.

 

               

            

La municipalité du Grand Istanbul a redonné ses lettres de noblesse à la tulipe, son enblême et injecte un budget considérable pour célébrer cette fleur aux couleurs multiples et à la forme douce qui a déjà enchanté les sens des sultans.

 

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
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Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /Avr /2008 12:05

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" d'avril 2008


J’ai pris contact il y a quelques semaines par mail avec Alp Alper en apprenant qu’il faisait des photos aériennes de la Turquie et que son livre allait sortir bientôt.


J’ai souhaité le rencontrer à l’occasion de sa récente venue à Istanbul et il m’a convié à l’inauguration de son exposition qui a eu lieu à l’Odakule de Beyoğlu durant la première quinzaine de mars.
      

                   
                                                     
   Photo B.M.

       
J’ai immédiatement été conquise par sa gentillesse, son naturel… et sa touche de folie qui caractérise les gens passionnés.


Né à Ankara en 1965, il vient s’installer à Istanbul en 1991 après une scolarité complète dans la capitale. L’année d’après, il entre chez Turkish Airlines comme « flight dispatcher ». A ce moment-là, il porte un regard nouveau sur sa vision de la terre vue du ciel, toute différente de celle qu’on a en temps normal.


En 1999, toujours pour la compagnie aérienne turque, il se retrouve comme « station manager » et c’est le 17 août de la même année qu’a lieu le dernier plus grave tremblement de terre en Turquie. Sa décision est prise !!! Il faut immortaliser toutes les merveilles de ce pays tant qu’elles sont encore visibles, le pays étant en zone sismique à risques, tout peut disparaître en quelques secondes.
       
                                        
           

              
En septembre 1999, il monte plusieurs équipes de personnes qui croient dans son projet pour sillonner la Turquie redécoupée en 5 parties : la mer Egée, la mer Méditerranée, la mer Noire, l’Anatolie centrale et l’Anatolie orientale.


Il s’agit d’abord de recenser sur une période de 4 mois en passant par la voie terrestre tout ce qui est susceptible d’être photographié par la suite : sites antiques, églises, citadelles et tous autres lieux historiques possibles et inimaginables.


Après un premier tri et une sélection d’endroits, toutes ses équipes retournent sur place pour effectuer des relevés GPS précis.


En 2000, les régions Egéennes et Méditerranéennes sont survolées en parapente et photographiées. En 2001, c’est au tour de l’Anatolie Centrale et de la Cappadoce mais en montgolfière.


                 
                              Pont qui enjambe le Bosphore - photo Alp Alper


En 2002, retour côté égéen en avion pour 3 personnes au-dessus des sites de Bergame, Pamukkale, Aphrodisias,…

 
2003 est une année difficile pour le survol de l’Anatolie orientale. Un an de tractations pour obtenir les autorisations de survol de ces zones sensibles pour finalement avoir le droit de voler… mais pas d’être ravitaillé sur les aires d’envol et d’atterrissage…

            

                          Village englouti de Gümüşkaya près de Halfeti - sud-est de la Turquie


Pour mener à bien le projet, une seule solution : un avion avec 3 personnes (Alp, un pilote et un assistant) et au sol un camion-citerne et une équipe technique composée de 5 personnes. Durant un mois et demi, l’avion et le camion avancent en simultané. Deux incidents qui auraient pu très mal se terminer sont à déplorer durant cette période noire : l’un au-dessus de Mardin où l’avion est à deux doigts de s’écraser suite à la défaillance d’une pompe de ravitaillement en kérosène et à Batman, une tempête dévie la trajectoire de l’avion de près de 50 m lors de l’envol qui se termine … pratiquement dans des pylônes électriques.


En 2004, c’est au tour de la Mer Noire d’être survolée à l’aide d’un hélicoptère et en 2005, la Thrace, Edirne et Istanbul en parapente ferment la marche.

                      

                         
                                         Sainte-Sophie vue du ciel par Alp Alper


Durant ces 5 années, c’est Alp qui finance tout de sa poche en sacrifiant sa propre maison, aucune demande de sponsoring n’ayant aboutie faute d’être un tant soit peu connu … et reconnu dans son projet. Seuls, les gens de son équipe croient heureusement en lui !

 

En 2005, il se retrouve une dizaine de jours à l’hôpital après un déboîtement de la cheville et c’est là que deux personnes viennent le voir, ayant eu vent de son projet… pour lui proposer de venir publier le livre prévu. La première publication sort en grec (cherchez l’erreur !) fin 2005 mais Alp ne voit jamais la couleur de ses droits d’auteur.


Finalement, c’est encore sur ses derniers propres deniers que le 1er mars 2008 verra la publication « The dreamscape Türkey ». Comme il se plaît à le dire, « un livre est immortel tout comme les photos qu’il contient ! »

                             
 

                                
 

Alp n’est pas amer, il est allé au bout de son rêve, de sa passion et laisse ainsi un héritage derrière lui. Il espère toutefois bien qu’à présent, des sponsors sérieux croiront en lui pour mener à bien ses nouveaux projets :

- publier ce livre en langue française auprès d’une maison d’édition connue et reconnue

- un recueil uniquement sur Istanbul pour 2010 à l’occasion de « Istanbul capitale culturelle européenne » qui devrait regrouper toutes les vues prises entre 2003 et 2008

- un autre sur la Cappadoce

- un dernier sur la Mer Noire uniquement.

Je lui souhaite de réussir car il le mérite pour la part de rêve et d’immortalité qu’il nous fait partager.


Son livre est disponible pour l’instant dans les boutiques D & H et les bonnes librairies d’Istanbul.

 
Les photos publiées dans l'article et sur ce billet ont été mises gracieusement à disposition par Alp Alper

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /Mars /2008 07:15


En décembre 2007, peu de temps après le démarrage de mon blog, j'avais publié deux articles sur Hasankeyf qui est et restera toujours mon grand "coup de coeur". J'ai souhaité, dans la limite du possible, parler de cette petite ville dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" et vous trouverez ci-dessous le résultat de cette publication.

Bon voyage !

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de mars 2008
 
Sur la route qui mène de Batman à Mydiat, dans le sud-est de la Turquie, j’ai découvert en septembre 2004 une perle inestimable qui a pour nom Hasankeyf. Cette petite cité au bord du Tigre, à une trentaine de kilomètres au sud-est de la ville de Batman, dans le Sud-Est de la Turquie, ne peut laisser personne indifférent.
 
Plusieurs milliers de grottes troglodytiques habitées depuis la nuit des temps et disséminées des deux côtés du fleuve, attirent immédiatement le regard.
 
Une arche et trois piliers sont les seuls restes du vieux pont érigé par un seigneur artukide au début du XIIème siècle et témoignent de la grandeur de l’édifice de l’époque.

   IMGP9398---je-veux-avoir-le-pont-sous-toutes-les-coutures.JPG       IMGP6042---Hasankeyf.JPG

                         
De l’autre côté du Tigre, à la sortie du village, le tombeau de Zeynel Bey revêtu de céramiques turquoise date de 1450 ; c’est le seul monument de ce type encore existant en Anatolie. Des fouilles entreprises en 2004 et 2005 autour du türbe par l’équipe du professeur Abdusselam Uluçam, célèbre archéologue, ont permis de mettre à jour les traces des deux medreses ainsi que d’un han et d’un hammam, lieux utilisés jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.

                                IMGP9466---le-t-rbe.JPG
 
Au centre du village, les restes de la mosquée Sulayman (13e - 14e) sont situés dans un périmètre clos où de nombreux vestiges émergent çà et là, laissant libre cours à votre imagination quant à la vie passée sur ces lieux.

                                               IMGP6168---la-mosqu-e-de-Sulayman-et-son--trange-minaret.JPG
 
Sur le chemin qui mène à la citadelle se trouve la mosquée el-Rizk bâtie en 1409 par un sultan Ayyoubide. Son minaret est richement décoré et le haut est couronné d’un nid de cigognes qui accueille les échassiers pour la nidification.

         IMGP9393---les-cigognes-sont-en-promenade--.JPG     IMGP6189---les-cigognes-dans-leur-nid-sur-le-minaret-de-la-mosqu-e-Al-Rizk.JPG
 
La citadelle construite par les Ayyoubides au XIIIème siècle surplombe le cours d’eau de ses 150 m de haut. Elle abrite entre autres les restes de l’Ulu Camii, un cimetière et une partie des nombreuses grottes. L’accès y est assez difficile, les pierres lisses et glissantes, mais la récompense qui attend le visiteur vaut bien la peine. Une vue absolument magique à la fois sur le village, le célèbre fleuve au cours tranquille qui serpente et le silence qui permet d’apprécier pleinement la beauté du site.

             Photo-546---en-haut-du-kale.jpg      
 
Les deux dernières familles qui vivaient encore dans des grottes de la citadelle ont du descendre au village il y a un peu plus d un an. Le berger et les troupeaux occupant aussi les lieux ont été également interdits de séjour, le site comportant de plus en plus de risques de chutes de pierre.
 
Pour se remettre des émotions vécues durant cette rencontre avec des siècles d’histoire, une halte s’impose au bord du Tigre, à l’ombre d’une paillotte, pour déguster une brochette ou un poisson pêché dans le fleuve avant de siroter son thé en admirant encore cet environnement absolument unique.
 
                                    Photo-244---le-Tigre-et-les-paillottes-copy.jpg

Hasankeyf ne recevait encore il y a quelques années que la visite de touristes locaux ; en raison de sa soudaine (et non-souhaitée) popularité, des yeux ébahis du monde entier découvrent une beauté insoupçonnée, une splendeur qui risque de disparaître…
 
En effet, le projet de barrage İllisu faisant partie du programme Anatolie du Sud-Est (appelé communément GAP), menace l’avenir de ce joyau. Cet ouvrage de 80 km commencera près de Dargeçit pour se terminer à quelques kilomètres au-delà de Hasankeyf. L’eau dépassera de 15 m le pont actuel qui enjambe le Tigre et la citadelle ne sera plus qu’une île… de désolation d’ici 7 à 8 ans, à l’issue des travaux.

Un projet de déplacement des principaux monuments sur une colline de l’autre rive pour devenir un musée à ciel ouvert devrait permettre de sauver un maximum des vestiges laissés par les siècles d’histoire.

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Turquie
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Samedi 1 mars 2008 6 01 /03 /Mars /2008 21:03

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de mars 2008


Pour voyager dans toute la Turquie, rien de plus facile. En effet, d’innombrables sociétés proposent leurs services pour acheminer les voyageurs aux quatre coins du pays avec des bus grand tourisme pour la plupart.
 
La première fois que j’ai vu l’otogar du Grand Istanbul, j’ai été vivement impressionnée. Un nombre invraisemblable de compagnies, de toutes tailles, des rabatteurs qui crient les noms des villes pour lesquels un bus dispose encore de places, une fourmilière en pleine effervescence.
 

  Photo-011---dans-l-enceinte-de-l-otogar-copie-1.jpg

   
   Photo-024---vue-partielle-copie-1.jpg      

Pour en savoir plus quant à l’activité tout à fait particulière de cette ruche, j’ai rencontré Monsieur Ufuk Saka, directeur des relations publiques et de la presse de l’otogar du Grand Istanbul.
 
   P1080457---seance-d-interwiew.JPG
                                                         Photo A.L.  
 
L’emplacement actuel, situé à Esenler, tout près de la bretelle de la E5 est en fonction depuis 1994. Un contrat de 25 ans et qui se termine en 2019 a été signé entre la mairie du Grand Istanbul et la société qui gère les lieux.
 
Auparavant, l'otogar était à Topkapı où se trouve à présent le terminal des minis-bus actuel. Compte-tenu du développement des transports à l’époque, la place était devenue insuffisante. 

   Ancien-otogar-de-Topkapi-copy.jpg
                         L'ancien otogar d'Istanbul à Topkapı - source Otogar
 
 Le trafic est particulièrement élevé lors des bayram (fêtes religieuses), à Nouvel An, des vacances d’hiver semestrielles et des vacances d’été. Le pic d’activité a lieu le premier week-end des vacances d’été donc mi-juin en général, à la fermeture des écoles.

                 Photo-016---les-bus-copie-1.jpg
            
 
Le trafic normal se situe autour de 1000 bus/jour mais peut grimper jusqu’à 1500 aux périodes d’affluences précitées,  sachant que la capacité maximale est de 2000 bus/jour.
 
Essayez de deviner le nombre de voyageurs/an en Turquie qui prennent le bus : 175 millions ! 30 % sont absorbés par l’otogar d’Istanbul. C’est le plus grand de Turquie et d’Europe avec 980 000 m2 de surface et 140 millions d’USD de matériel.

      Photo-015---a-l-exterieur-des-batiments.jpg   

Un autre chiffre pour donner une idée du va-et-vient permanent sur place : 100 000 personnes rentrent et sortent tous les jours.
 
6500 personnes tout corps de métiers confondus travaillent ici (entre le personnel des sociétés de bus, les services de propreté, de surveillance, de réparation, d’entretien,….), une ville ! 

      Photo-014---des-bus-et-encore-des-bus-copy.jpg
                                          
                               
J’ai déjà utilisé de nombreuses fois ce moyen de locomotion pour circuler dans le pays et je dois dire que sur les longs trajets, le confort est au rendez-vous.

Les places sont plus larges que dans les charters, le service à bord est de qualité : boissons chaudes et froides, en-cas, musique, films… sans oublier les lingettes parfumées ou directement le flacon d’eau de Cologne). Toutes les 2 heures ou 2 heures ½, une pause de 20 à 30 minutes est respectée.
 
Alors, essayez vous aussi ; prenez le bus pour visiter la Turquie !  


Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
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