Sud et Sud-Ouest de la Turquie

Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 07:32


Mut, qui portait auparavant le nom de Claudiopolis, est une petite ville de province, située à presque mi-chemin entre Silifke et Karaman. Elle est composée d'environ 75000 habitants, répartis équitablement entre le centre-ville et les villages alentours.

             

Mut a été fondée par les Hittites. L'histoire de la ville porte les traces des civilisations méditerranéennes et anatoliennes et remonte à 2000 ans av. J-C. La cité était entre les mains de Selefkos en 300 av. J-C. Claudiopolis. Le nom original de la ville est celui du nom du Roi qui la gouvernait dans les années 40 av. J-C.

Mut a été intégrée à l'empire ottoman en 1466 par Fatih Sultan Mehmet. La municipalité de la ville, quant à elle, date de 1869.

L'ambiance est rurale, les triporteurs y sont aussi nombreux qu'à Silifke. Les hommes en şalvar s'y installent pour siroter un thé et discuter près du château situé en plein centre.

                      

La date de construction originale de cette forteresse n'est pas connue. De plan rectangulaire, elle comprend quatre tours. 

           

Elle a fait l'objet de travaux de remise en état durant la période byzantine. Un bâtiment situé dans l'enceinte du château abrite l'office du tourisme de la ville. Quelques rares vestiges sont exposés autour.

                         

Face au château se trouve Laal Paşa Camii, construite à la fin du XIVème siècle par le Paşa Laal. Ce dernier est enterré dans un des tombeaux situés dans l'enceinte de la mosquée.

                        

J'avais lu qu'un caravansérail portant le nom de Taşhan (le han de pierre) se trouvait à Mut. Fermé depuis des années, abandonné à son triste sort, le directeur de l'office du tourisme a bien voulu m'en ouvrir les portes.

Construit sur un plan carré, à quelques dizaines de mètres du château, le Taşhan comprend une quarantaine de chambres et est accessible par deux portes. 

         

La personne qui m'a accompagnée pour la visite est native du coin et se souvient que, dans sa jeunesse, le Taşhan abritait un marché où l'on trouvait des bouchers et des marchands de fruits et légumes.

Je souhaite vivement qu'un jour ce lieu magique renaisse de ses cendres et puisse accueillir, par exemple, des artisans locaux.

                          

Plusieurs statues ont été érigées à Mut en l'honneur de Karacaoğlan, qui a vécu là de nombreuses années. Ce célèbre poète populaire du XVIIème siècle est en général représenté accompagné de son saz.

                        


A deux kilomètres au sud-ouest de Mut, une petite mosquée s'élève au milieu de la nature peuplée par les troupeaux qui viennent y paître, "Dag Camii", la mosquée de la montagne.

            

Elle a été construite au XIème siècle de notre ère par les seldjoukides avec des pierres de la région.

             


Je garde un autre souvenir de Mut que je n'ai pas voulu immortaliser, pour ne pas briser l'ambiance particulière. Imaginez-vous une lokanta, ces petits restaurants typiques qu'on trouve en Turquie. A l'heure du déjeuner, il y a foule. Les hommes en şalvar viennent manger une soupe, une assiette de riz. En face de moi, quatre femmes pas toutes jeunes, en şalvar également, sont attablées.

Elles semblent apprécier, autant que moi, le délicieux tantuni (sandwich composé de viande émiettée grillée avec des oignons, des tomates et du poivron, le tout enroulé dans une pâte très fine) qui semble faire la réputation du lieu. Elles papotent en même temps, sirotant toutes les quatres, un coca avec une paille... Quand les traditions se mêlent aux nouvelles habitudes...


Par Nat - Publié dans : Sud et Sud-Ouest de la Turquie - Communauté : Turquie
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Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /Avr /2009 08:04

Alahan est un complexe ecclésiastique de l'époque romaine construit en terrasses, situé vers le sommet d'une montagne des monts Taurus, à plus de 1000 m d'altitude.

Il se trouve sur la route de Mut-Karaman, à environ 20 km de Mut et à 3 km de la route principale, surplombant la magnifique vallée du Göksü.


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Le monastère comprend, entre autres, une église dans la roche, une seconde église ainsi qu'une basilique, un baptistère et une petite nécropole. 


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Tous ces bâtiments sont reliés entre eux par une voie piétonne à colonnades dont certaines sont encore sur pied.


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Le complexe date de 440-442 ap. J.-C. Sa valeur historique et institutionnelle sont particulièrement importantes.

 

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A la fin de la partie est de la terrasse, au-delà de l'église, se trouvent des bains publics dont l'eau est fournie par une petite cascade.


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De nombreuses pierres utilisées pour la construction du monastère ont été extraites du site même et plusieurs secteurs laissent apparaître des marques des anciennes carrières.

L'eau principale était, quant à elle, fournie par un canal courant le long du sommet de la terrasse.


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L'architecture du Vème ap. J.-C. comporte de nombreux symboles, comme par exemple les poissons ou les  raisins.


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Les différentes portes permettent d'apprécier des détails tels des archanges ou des représentations de Saint-Pierre et de Saint-Paul.

        

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Une fontaine délicatement ouvragée trône majestueusement au bord du précipice.

              

Le roc particulièrement travaillé comporte, outre des arcades sculptées dans la pierre, des représentations de croix.

               

Bien que ce site ait été traditionnellement décrit comme un monastère, il a récemment été émis l'hypothèse que c'était en fait également un lieu de pélerinage. 


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L'église de la partie occidentale a été reconstruite durant la période médiévale. 

 

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Le premier savant à avoir visité Alahan est Evliyan Çelebi au XVIIème siècle. Des excavations ont été réalisées entre 1961 et 1973 par Michael Gough, Directeur du B.I.A.A. (British Institut at Ankara). 


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Aucun autre nom n'est connu pour le site. D'ailleurs, il existe finalement très peu de renseignements le concernant, c'est bien dommage.

           

De nombreuses églises ont été construites en hommage à Saint-Paul dans des endroits où il est passé durant ses voyages ou le long de son itinéraire. 

              

Le monastère d'Alahan est inscrit sur la liste provisoire du Patrimoine Mondial de l'Unesco.

                         

Sa situation exceptionnelle, au milieu de la nature, dégage une atmosphère de sérénité qui permet de profiter pleinement de ce lieu magique.

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Hormis un écureuil que j'ai dérangé en me promenant, personne !

Alahan reste pour moi, avec la ville de Tarsus, à laquelle j'ai consacré trois articles, mon autre coup de coeur de cette région de la Turquie.

 


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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 06:22



J'ai déjà évoqué ce fleuve de 260 kilomètres qui trouve son origine dans les montagnes du Taurus, serpente le long de celles-ci pour finir sa course dans la Mer Méditerranée au sud de Silifke http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-29418679.html.

C'est en particulier en empruntant la magnifique route nationale qui part de Silifke vers le nord-ouest, en direction de Mut, qui permet de le voir et de l'apprécier le plus.

          

Particulièrement boueux à cette période de l'année, à cause des alluvions charriées par les eaux à la fonte des neiges, il l'est nettement moins en plein été.

           

C'est dans les eaux du Göksu, connues alors sous le nom de Saleph, que Frédéric Barberousse, empereur romain d'origine allemande, s'est noyé en 1190 en voulant le traverser.

            

Les paysages sont de toute beauté et la route permet de profiter de nombreux points de vue.

            


La route ne cesse de grimper, un nouveau delta du Göksü est visible d'Ortaören.

            

Le temps semble s'être arrêté dans certains villages traversés, comme celui de Kargıcak, perché en altitude. De nombreuses maisons de pierre se mêlent au décor naturel.

Dans cette région du sud de la Turquie, comme dans bon nombre d'ailleurs, les panneaux solaires sont visibles partout et permettent ainsi d'utiliser l'énergie du soleil pour chauffer l'eau.

                


L'école de Kargıcak se trouve quelque peu à l'extérieur du centre et les élèves sont justement dans la cour lors de mon passage.

               

 Après Kargıcak, le Göksu s'éloigne de plus en plus du regard. On l'aperçoit de loin et il ressemble à un mince filet d'eau qui se faufile au milieu des monts qui l'entourent.

                             


Cette route, bien que reliant les villes principales du secteur que sont Silifke, Mut et Karaman, est peu fréquentée, ce qui permet de savourer les magnifiques paysages en toute tranquillité.


                

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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 06:55


Lorsque j'ai visité, le mois dernier, la région de Silifke située dans le sud de la Turquie, j'ai constaté que les deux roues y étaient particulièrement nombreux, tout comme... les triporteurs.

              

Ils font véritablement partie du paysage quotidien et leur utilité ne fait aucun doute.

              

Le triporteur est né en 1880, peu de temps après la bicyclette. C'est un moyen de transport très pratique auquel on a ajouté depuis un moteur.

                            

Il permet de véhiculer sa petite famille, mais également des courses et des marchandises en tous genres.

          

Certains l'utilisent parfois pour s'y reposer, d'autres n'oublient pas d'y apposer un signe extérieur de reconnaissance, tel le croissant de lune turc...

          

La casquette bien vissée sur la tête, c'est parti pour la tournée quotidienne !

          



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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 07:30


Sur la colline située presque en face de Kız kalesi dont je vous ai parlé hier, des vestiges sont visibles de la route et un petit chemin  de pierre permet d'y accéder. Aucun panneau, aucune indication pour identifier ce bâtiment dont les murs de pierre baignent au soleil, au milieu d'une végétation sauvage.

            

Toujours est-il que le lieu invite à l'évasion et au rêve et ignorer tout de son histoire laisse place à l'imagination.

            

Après cet intermède, c'est en direction du village tout proche de Narlıkuyu que je décide d'aller. Cette petite localité s'étend autour d'une baie rocheuse bordée de restaurants de poissons qui en font sa réputation.

Le choix de l'un d'entre eux se révèle être bon, c'est un véritable festin de saveurs simples mais délicieuses qui accompagnent les rougets..

             

L'endroit n'est guère luxueux mais visiblement la clientèle locale apprécie cette bonne adresse qu'est Kerim restaurant. Les petites attentions qui font la différence sont nombreuses, à l'image du thé servi entouré de pétales de fleurs.

           


Un minuscule musée est situé en plein centre du village de Narlıkuyu. Celui-ci abrite les vestiges de thermes romains du IVème siècle construits tout près de la mer. Poimenos, haut dignitaire de l'empire romain oriental, a fait ériger là des bains pour profiter des eaux particulièrement douces de Narlıkuyu. 

Le plancher des bains est couvert d'une magnifique mosaique aux couleurs dominantes noire, blanc et jaune d'or. De nombreux motifs floraux et d'oiseaux forment une partie du décor. Mais c'est la représentation des Trois Grâces, les soeurs Aglaé, Thalie et Euphrosyne, enlacées et en train de danser, qui retient le plus l'attention.

                              

Ces Trois Grâces symbolisent l'amour, la séduction, la beauté, la nature, la créativité et surtout la fécondité. Elles chantent et dansent au son de la lyre que manie Apollon, Dieu du soleil et de la musique. Connues pour être les filles de Zeus et Eurynome, elles distrayaient les Dieux sur le Mont Olympe.

               

La croyance de l'époque tendait à dire que le simple fait de toucher l'une d'entre elles, remplissait son propre coeur de bonheur. Heseidos, écrivain de l'époque, les décrivait ainsi dans son livre "Theogonia, la naissance des Dieux" : "Celles-ci étaient les gracieuses filles nées de la relation entre Zeus et Eurynome, la ravissante fille d'Oceanus. Quand elles dansaient, l'amour coulait de leurs yeux".

             

Leur beauté et leurs formes suggestives associées aux corps ondulant au son de la musique ne pouvaient être que sources d'inspiration, n'est-ce pas ?


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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 07:41

Sur la route côtière qui longe la Méditerranée, à environ 25 kilomètres à l'est de Silifke, la silhouette d'un château se dessine sur l'eau, à 200 mètres environ de la plage de sable fin. Il s'agit de Kız kalesi, le château de la jeune fille.


          


          

Sa construction remonte au début du XIIème siècle, tout comme celle du château de Korykos, qui lui fait face sur la rive. Ce dernier a été réalisé à la demande d'un roi arménien. Autrefois, une digue reliait les deux forteresses entre elles mais aujourd'hui, Kız kalesi est une île.

          
                                         Le château de Korykos à l'arrière-plan

La ville de Corcyus qui existait alors ici, a été fondée par les Hellènes au IVème siècle avant Jésus-Christ. Elle s'est développée au temps des Romains et des Byzantins avant de devenir un port important au XIIIème siècle. Kız kalesi, qui contient les restes d'une église, a été construite pour faire face aux attaques venant de la mer.

Ce château, qui comprend huit tours, est devenu le symbole de la région. Il est devenu célèbre en raison de la légende qui l'entoure. Un roi avait une fille, chérie par son père et par les sujets de celui-ci en raison de sa beauté et de ses qualités de coeur.

          

Un jour, une diseuse de bonne aventure propose au roi de lire l'avenir dans la main de sa fille, après avoir lu dans la sienne. Mais aussitôt qu'elle prend la main de celle-ci, elle se met à trembler. Le père s'inquiète de cette réaction et demande à en connaître la raison. La femme prétend que la belle fille va mourir jeune à la suite d'une morsure de serpent.


          

Le roi cherche une solution pour parer à cette fin tragique. Il fait donc construire un château sur la mer afin que sa fille y vive, les serpents ne pouvant ainsi l'atteindre.

Mais un jour, un serpent se cache dans un panier rempli de raisins destinés à la fille, qui mourra de la fin prédite par la diseuse de bonne aventure. Le roi et ses sujets en concluront que nul n'échappe à son destin.

          

En ce dimanche du mois de mars, la plage est quasi déserte et il n'y aucun moyen de visiter Kız Kalesi, si ce n'est à la nage...


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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 07:18


A quelques kilomètres à peine du superbe site romain d'Elauissa présenté hier, http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-29484354.html, un nouvel arrêt s'impose.

Sur la route nationale, à la sortie du village d'Ayaş, "Paşa türbesi", un petit mausolée aux formes originales, érigé à l'entrée du petit cimetière musulman Ak'taşoğlu Sinan Bey, me fait signe. L'origine du cimetière est très ancienne. En effet, des seljoukides morts au combat en 1220 en sauvant la région de l'invasion des Arméniens, y ont été enterrés.


           

Croyants et fidèles viennent ici depuis des lustres avec mille espoirs, attendant quelque chose des morts. Ils allument des bougies et prient à l'intérieur du sanctuaire pour guérir d'une maladie, avoir des enfants, être sauvé de la pauvreté,...  Qui est Paşa, l'homme enterré dans ce tombeau, je n'ai guère trouvé plus de renseignements, toujours est-il qu'on s'en remet à lui...


                              

De même, des voeux sont accrochés dans les arbres qui entourent le türbe, donnant une image insolite des lieux.

              
                             Des dizaines de petits bouts de tissus sont accrochés aux branches

Ce n'est pas la première fois que je vois des "arbres à voeux", il y en a un certain nombre sur le chemin qui mène à Aya Yorgi Monastery, le monastère de Saint-Georges, sur l'île de Büyükada http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-16397811.html.

                             

Ce cimetière dégage sérénité et  plénitude. La verdure y appose ses couleurs dégradées pour agrémenter les lieux, quelques arbres donnent de l'ombre.

            

Je cherche en vain des yeux d'anciennes tombes des seldjoukides... Peut-être ont-elles disparu depuis ou sont-elles cachées, à l'abri des massifs de végétaux au milieu desquels il est assez difficile de se frayer un passage.

                          


Là encore, j'ai passé quelques minutes reposantes dans un cadre insolite et sacré tout à la fois.


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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 07:34


La route principale, en provenance de Mersin vers Silifke, traverse la plaine de Cilicie, ancienne province romaine située en partie dans le sud de la Turquie.

Les vestiges de cet ancien empire y sont nombreux. Au loin, les traces de cet ancien pont pourraient bien être de cette époque.

           

Peu après la petite ville de Limonlu, sur la droite, une petite route se dirige vers quelques villages perchés sur les hauteurs en passant devant le site d'Elaiussa, entouré d'orangers et de citronniers.

Dans le cadre de certains travaux scientifiques et de recherche, des élèves de la prestigieuse université Sapienza de Rome, fondée en 1303 par le Pape Boniface VIII, ont travaillé sur ce site composé d'une agora et d'une basilique byzantine.

           

Ce complexe, qui date du IIème siècle de notre ère, est probablement une agora commerciale. Celle-ci comprend un secteur ouvert avec un plan quadrangulaire entouré d'un mur constitué d'immenses blocs de calcaire.

La partie ouest de ce mur est particulièrement bien conservée et se compose de plusieurs ouvertures, pourvues de linteaux, qui menaient à des services et bureaux situés à l'arrière.

             

L'entrée principale de l'agora se trouvait côté est entre deux fontaines.

                                          

Une tholos, construction monumentale de forme circulaire, se trouvait en plein centre de la partie ouverte.

            

Durant les premières périodes byzantines (Vème siècle après Jésus-Christ), l'intérieur de l'agora a entièrement été occupée par une imposante basilique chrétienne. L'église, orientée est-ouest, était constituée d'une nef et de deux travées de colonnes. Le sol, composé de marbre et de tuiles de calcaire, formait des compositions géométriques diverses, encore bien visibles.

            

De nombreux tombeaux ont été déposés sous le sol, certains ayant donné lieu à des enterrements multiples... Des restes de vêtements religieux composés de fils d'or ont été trouvés sur le site, de même que des bracelets en bronze et des péronés, sortes de broches en métal. 

            

Certains indices laissent à penser que cette basilique était liée au culture d'un martyre ou d'un saint et considéré comme un lieu de pélerinage.

Au cours du VIIème siècle, alors que l'église avait  probablement déjà été abandonnée et les lieux pillés, des structures modestes ont été ajoutées, liées aux activités commerciales ou artisanales qui s'y trouvaient alors.  Le complexe a finalement été totalement abandonné à la fin du même siècle. Le site a subi des dégâts lors d'un violent tremblement de terre au XIIIème siècle.

            

De très belles mosaïques représentant des poissons, ainsi que différentes formes géométriques, ornent le sol à certains endroits. Il est fort possible que celles-ci aient été ajoutées à un moment où les lieux servaient aussi de villa.

           

La visite est entièrement libre, ni guichet, ni gardien. J'étais absolument seule pour profiter de la sérénité de ce lieu chargé d'histoire.

               


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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 11:10


Au Sud de la ville de Silifke s'étend la plaine du même nom ainsi que le delta de la Göksu, fleuve de 260 kilomètres de long qui prend sa source dans les montagnes du Taurus et se jette dans la Méditerranée


                

Ce secteur comprend deux richesses particulières, sa production maraîchère de toute première importance, et son avifaune.  

On trouve bien évidemment, comme dans la toute région côtière d'Adana et à l'ouest de cette ville, des orangers et surtout des citronniers par milliers.
        
                            
                                      Les citronniers croulent sous le poids des fruits.

Outre le blé et la fève, l'arachide faisait partie il y a encore dix ans des produits récoltés. Cette dernière a fait place à la tomate mais surtout à la fraise. Des serres abritant des plants de tomates composent une bonne partie du paysage.

             

Les champs de fraise sont également visibles partout à la ronde, soit sous serres, soit à ciel ouvert.                

                  

Même si l'on est dimanche le jour de ma première promenade dans le secteur, des personnes s'affairent au bord de la route, la fraise n'attend pas...

                  

L'exploitant à qui je m'adresse, est propriétaire d'une centaine de rangées de fraisiers ... et d'une soixantaine de rangées de plants de tomates. La saison du délicieux et délicat fruit rouge vient de commencer. 

Tous les jours, il faut venir récolter les fruits mûrs, un par un. Chaque rangée va produire... entre 3 et 5 tonnes de fraises, sur une période de trois mois.


                                      

En mars, c'est au niveau national que la récolte sera vendue. Par contre, en avril et mai, la production est destinée à des pays tels que la Russie, l'Irak, l'Azerbaidjan... ou la Hollande.

La fraise coûte cher ; non seulement il faut acheter le film noir pour protéger les plants, les cerceaux sur lesquels seront tendus les centaines de mètres de nylon, mais il y a surtout le coût de la main d'oeuvre chargée de la cueillette.


              
                                                           Une partie de la cueillette du jour

Je me délecte de quelques beaux specimens dont le goût délicieux me revient à l'esprit en écrivant ces lignes. On me propose de m'en donner encore pour la route, mais j'ai peur de les abîmer.

Il est 15 h passées et la journée de travail se termine. Les femmes prennent place à l'arrière du véhicule chargé de les ramener. L'une d'elle se met au volant en faisant mine de vouloir partir avant que tout le monde ne soit à bord, c'est la franche rigolade.

               

Il est assez difficile de s'orienter dans ce secteur, les panneaux étant quasi-inexistants. En m'orientant en fonction de la position du soleil, je finis tout de même par trouver quelques villages figurant sur ma carte.

Quelques rares maisons traditionnelles subsistent encore mais la plupart ne semblent plus habitées. Elles sont construites en pisé, matériau constitué de terre argileuse humide mêlée à du foin ou de la paille.

              

Sur un poteau électrique d'où partent des fils de tous les côtés, je retrouve mes racines alsaciennes, une cigogne y a construit son nid ...

              

A quelques kilomètres de la zone habitée et cultivée, le Delta de la Göksu, par lequel je fais un détour quelques jours plus tard, abrite un des plus importants centres de nidification et de migration d'oiseaux. Plus de 450 espèces y ont été recensées, certaines vivant uniquement en Turquie, d'autres y faisant une étape plus ou moins longue durée dans le cadre de leur migration.

Je ne suis pas équipée en matériel photo adapté pour ce genre de prises de vue. Je m'arrête longuement, à plusieurs reprises, au bord de zones marécageuses, pour observer le vol de hérons, d'hirondelles et d'au moins une dizaine d'autres espèces qu'il ne m'est possible d'identifier de façon certaine.

             
Comment t'appelles-tu, bel oiseau, que j'ai eu beaucoup de mal à photographier, tant tu bougeais sans cesse ? Il semblerait que tu soies une bergeronnette grise...

Il faut du temps et aussi être là à la bonne période pour profiter de la présence de flamants, de martins-pêcheurs, de guêpiers, de sortes de rossignols, d'alouettes ou autres oiseaux.

De même, la flore du delta se compose de 441 sortes de plantes différentes, 32 étant rares et 8 que l'on trouve uniquement dans ce secteur, un paradis pour les botanistes également. 

            

Je reviendrais avec plaisir dans ce coin de pays avec un spécialiste de la faune et de la flore pour profiter de ses connaissances, il me reste juste à le trouver...


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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /Mars /2009 08:26

En déposant mon sac à dos dans le bureau de Mehmet bey qui dirige une petite société de transport national destiné au textile, je lui demande de m'indiquer au retour l'arrêt du dolmuş qui me conduira à la cascade située à 3 km du centre-ville.

Disposant d'une voiture, il est inconcevable de laisser un misafir, autrement dit un invité, se déplacer tout seul. C'est donc tout naturellement qu'il me sert de guide pour la suite de la visite.

 

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Je ne peux me résoudre à photographier l'horrible hôtel (le mot est faible) construit juste à côté du parking près de la cascade. Par contre, la statue du célèbre poète populaire Karacaoğlan m'interpelle.

Cet artiste, dont on ignore les dates exactes de naissance et de sa décès, a vécu au XVIIème siècle dans la région de Mut, près de Silifke, ainsi qu'à Tarsus. Ses oeuvres évoquent la vie rurale ainsi que la nature, des sujets diamétralement opposés aux poésies écrites par les artistes de la cour ottomane.

 

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                           Karacaoğlan jouant du saz pour agrémenter ses poèmes

Tarsus est en fait un point de jonction entre les terres et les routes maritimes qui relient la plaine de Cilicie, appelée aujourd'hui Çukurova, l'Anatolie Centrale et la Méditerranée. Appelée Cydnus dans des temps plus anciens, la rivière, longue de 142 km, porte le nom de Berdan, qui signifie "l'eau froide", mais également de Tarsus çayı, la rivière de Tarsus.

Elle dévale les pentes des montagnes du Taurus, joue au passage un rôle majeur dans le transport des alluvions du Delta de Çukurova, avant d'aller se jeter dans la mer.

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L'empereur byzantin Justinien a fait détourner le cours de la rivière, qui au passage s'est métamorphosé en cascade, le but étant de protéger la ville des risques d'inondations. C'est ainsi une chute d'eau d'une hauteur d'environ 15 mètres qui dégringole les roches et offre aujourd'hui un spectacle toujours enchanteur. Au printemps, le débit est particulièrement important et avoisine les 138 m3/seconde...

Les week-ends, les tables et bancs sont envahis par les familles de Tarsus et des environs qui viennent profiter de l'environnement agréable pour pique-niquer.


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Mehmet me demande si je suis intéressée par le barrage de Berdan situé à trois kilomètres de là, évidemment que je le suis ! Avant que la rivière ne franchisse ledit barrage, les rives ont été aménagées il y a quelques années et c'est à présent un lieu très prisé de la population locale. 


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On y vient en famille, aux beaux jours, se détendre, faire un "mangal" (barbecue), Certains d'ailleurs s'y sont mis le jour de notre visite. Si j'avais pu rester le lendemain, rendez-vous était pris pour revenir ici avec toute la petite famille de Mehmet pour griller la viande et profiter des lieux.

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En contrebas du barrage, je suis intriguée par des camions et des personnes affairées dans l'eau. Après avoir interrogé Mehmet sur l'activité de celles-ci, je lui propose d'aller voir de plus près. 


 
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En fait, les producteurs d'oignons, d'ail et de pommes de terre du coin viennent ici pour nettoyer les légumes de la boue qui s'y trouve...

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                                       Une petite botte d'oignons frais bien goûteux !

De retour en ville, c'est en direction de Eski cami, la vieille mosquée que nous allons. Les historiens ne sont pas certains de sa date de construction. A l'origine c'était une église qui se trouvait là, si l'on se réfère aux documents existants.


 
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Le bâtiment, aux murs épais, est de style roman et les fenêtres sont de taille réduite. Il a commencé à servir de mosquée en 1415 du temps de la principauté de Ramazanoğulları. La porte sud a été remplacée par un mihrab et un minaret a été ajouté à l'angle sud-ouest.

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Sur la place en face de eski cami, une statue, celle de Şahmeran, une femme serpent légendaire qui vivait dans les grottes de la région. Pour ceux qui veulent connaître la légende qui entoure Şahmeran.

                       

Les restes des anciens bains romains de la ville se trouvent à quelques pas de l'ancienne mosquée. Les bains étant très grands, il fut nécessaire d'ouvrir un passage, sans endommager l'intérieur, afin d'accéder aux parties arrières du site.

Les restes visibles de nos jours consistent en deux murs d'une épaisseur de 3 mètres et d'une  hauteur approximative de 9 mètres. Quelques vestiges subsistent derrière la zone grillagée, dont un bassin situé dans une pièce chauffée alors par un système installé par le dessous.


 
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D'autres fouilles ont été entreprises récemment à Tarsus afin de mettre au jour des richesses encore cachées. J'ai entre-aperçu des excavations abritant des constructions de pierre dont j'ignore malheureusement les fonctions d'origine.

Il y aurait encore bien des choses à montrer et à dire sur cette ville, au passé sans doute glorieux, qui compte aujourd'hui environ 250000 habitants. On y trouve de nombreux parcs, des statues insolites érigées à chaque carrefour ou presque, un zoo, un musée que je n'ai pu voir,...

Mais je dois songer à continuer ma route. Je croise au passage Ahmet le tatlıcı, le vendeur de gâteaux, qui a terminé sa journée et pousse sa charrette presque vide devant lui.

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Un petit tour par le petit café du coin où les anciens se retrouvent pour jouer aux cartes ou aux dominos. Difficile de s'y frayer un passage tant les tables sont proches les unes des autres. L'ambiance y est bon enfant et il me plairait bien de m'y attarder.

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                                       Ne triche pas, je t'ai à l'oeil !

Avant de partir, je m'installe un moment dans le bureau de Mehmet où viennent nous rejoindre quelques personnes croisées lorsque j'écoutais la musique ce matin.

 

La discussion bat son plein et chacun y va de sa petite histoire, d'une anecdote qui revient à l'esprit, une fois la curiosité satisfaite concernant cette femme qui visite le pays et fait partager ses découvertes et rencontres avec ses lecteurs de la planète internet.


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En tout cas, si vous passez dans la région, consacrez au moins une journée de visite à Tarsus, elle le mérite amplement.

 


Par Nat - Publié dans : Sud et Sud-Ouest de la Turquie - Communauté : Turquie
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