Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /Jan /2008 07:45

 

Article paru dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de décembre 2007



Pour se rendre à Rumeli Feneri en transports en commun, un seul moyen existe, la ligne 150 des bus municipaux d’Istanbul qui part de Sariyer toutes les 45 mn environ.
 
La route serpente par les hauteurs de Maden, dessert une "site", résidence récemment construite au milieu de la verdure avant de longer le nord du détroit du Bosphore jusqu'à son embouchure avec la Mer Noire.

Après avoir fait un crochet par le minuscule village de Garipçe dont le cimetière domine le Bosphore, le dernier arrêt est situé à l’entrée de Rumeli Feneri.
 

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A l’époque antique, l’endroit où se situe le fameux rocher près de la digue s’appelait Panium. Le lieu apparaît déjà dans des textes anciens de la mythologie. Plusieurs légendes existent à son sujet dont une qui dit qu’Apollon, du haut de son temple construit sur les hauteurs dudit roc s’est transformé en dauphin pour montrer aux argonautes la route maritime à suivre.

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                                                                Le rocher
 
Les noms de Kyanae et de Symplegadae sont également évoqués dans l'histoire très ancienne. A l'époque byzantine par contre, il semblerait que le lieu portait le nom de Fanaraki ou Fanariyan burnu.

Le nom actuel du village, à savoir « le phare de Roumélie », fait référence au phare blanc de 58 m de haut construit par une société française et mis en activité le 15 mai 1856. A l’intérieur de la tour se trouve le tombeau d’un certain Saltuk baba.
 
                  

                  
                                                        Le phare        
 
Jusqu’en 1985, il fallait obtenir une autorisation officielle pour pouvoir accéder à Rumeli Feneri qui était alors encore situé en zone militaire.
 
Revenons à la visite de ce véritable village de pêcheurs où le temps semble s’être arrêté et où règne une quiétude toute particulière. Les maisons n’ont ici aucun charme particulier mais l’ambiance qui se dégage de ce lieu n’est que tranquillité et sérénité.  

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                                           Ciel d'orage sur Rumeli Feneri

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                                                                      Le village    
 
Cà et là de la route principale qui dessert le bourg pour descendre jusqu’au port en passant devant le grand phare, quelques commerces où l’on trouve tout le nécessaire pour l’activité dont vivent les habitants, outils pour réparer les filets, peinture pour les coques des bateaux, etc.
 
A l’opposé de cette même voie, descendez le petit escalier qui longe une place de jeux et mène sur la droite au fort gênois érigé au bord de la Mer Noire.

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De ce fort, les anciens ne savent pas grand-chose quant à sa construction et les écrits à son sujet sont rares. C’est vrai qu’il est plutôt laissé à l’abandon et mériterait un meilleur sort car il ne manque pas de caractère, bien au contraire. Après avoir pénétré dans l’enceinte entourée de grillage où un panneau rappelle que le site est normalement toujours en zone militaire, on aperçoit parfois quelques vaches qui s’aventurent autour de la forteresse et viennent tranquillement y paître.
 
Cet ouvrage, formidablement situé, avec une belle promenade de ronde d’où la vue sur les bateaux de toutes tailles qui empruntent le détroit du Bosphore dans les deux sens est un spectacle permanent.
 
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                                                La Mer Noire à perte de vue
 
Les week-ends, les familles ou les amateurs de photos s'y rendent nombreux. De part et d'autre de la muraille d'enceinte, deux tours en assez mauvais état permettent d'accéder sur les hauteurs du rempart. Les enfants se baignent en contrebas dans une eau souvent bien fraîche.

Peut-être qu'un jour un mécène aura la bonne idée de redonner une âme à cet endroi tmagique où des festivités sur le thème maritime ou de la pêche seraient de bon augure, où les anciens viendraient raconter leurs souvenirs en mer.

Revenons au milieu du village où sont éparpillés plusieurs cafés comme on les aime, surtout celui situé en plein air sur la place à l'ombre de quelques grands arbres et ouvert dès les premiers beaux jours. Des grands-pères aux bérets posés délicatement sur leurs oreilles discutent de la pluie et du beau temps en sirotant leurs thés tandis que les pêcheurs qui ont terminé leur journée ou leurs sorties en mer viennent évoquer leurs dernières prises.

                                    
 

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Les pêcheurs de Rumeli se sont forgés une réputation internationale pour la qualité et la technicité de leur pêche dans les eaux de la Mer Noire. Une émission de Thalassa « spécial Bosphore » diffusée le 28 février 2003 leur a d’ailleurs consacré un reportage. Ce village est, de plus, le plus important des villages de pêcheurs en Turquie.

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Une promenade tout autour du port donnera une idée de ce que sont les taches des pêcheurs quand ils ne sont pas en mer entre la remise en état des coques, un nouveau coup de peinture, la réparation des filets,… tout cela avec un verre de thé à proximité.  

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En hiver, de nombreux bateaux de plaisance, parfois très anciens, viennent également ici pour faire peau neuve. N’hésitez pas à vous intéresser au travail effectué par les spécialistes, ils se feront un plaisir de vous accueillir et tenter de vous donner des explications pour satisfaire votre curiosité. 

                

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De même, les pêcheurs qui remettent leurs filets en état ou effectuent les travaux nécessaires au bon fonctionnement de leur matériel seront ravis de la curiosité que vous leur portez. Sous cet aspect parfois un peu rustre qui caractérise des hommes habitués à de rudes conditions de travail, se cachent jovialité et gentillesse.

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Et surtout, avant de quitter ce coin d’Istanbul, dégustez des anchois, une daurade ou un bar dans un des rares mais bons restaurants de Rumeli. Bon appétit !!!
 
 
Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
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Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 17:00

Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de novembre 2007


Cette ville d’environ 60000 habitants est située à 1082 m d’altitude et à une vingtaine de kilomètres de la Syrie dont elle domine la plaine. 

       
              
                                       Vue sur la plaine syrienne
 
Le charme dégagé par ses constructions provient de la pierre aux tons de miel utilisée pour celles-ci et des moitifs architecturaux qui les ornementent.
 
C’est un véritable régal pour les yeux de se promener dans la vieille ville, d’arpenter les ruelles étroites et les escaliers interminables qui relient les différents quartiers entre eux. Les pentes sont si ardues et les passages si étroits que les ânes sont nombreux et précieux pour véhiculer les biens, les matériaux … et même pour collecter les ordures.

                  

              
Un des monuments les plus somptueux est sans doute la Sultan Isa Medresesi, école coranique datant de 1385 connue sous le nom de Zinciriye par les locaux. Ce bâtiment a fait l’objet l’an passé d’une restauration réussie. Le portail à lui-seul mérite le détour, sa décoration est d’une richesse impressionnante. 

        

                    
                                                                                  
                        Zinciriye Medresesi et sa fameuse porte à l'architecture délicate

Ce monument est situé juste en-dessous de la citadelle qui surplombe la ville, mais qui ne se visite pas puisqu’elle est occupée par les militaires turcs.
 
Le bureau de poste, quant à lui, a été aménagé dans un caravansérail du XVIIème siècle aux fenêtres richement décorées.

             

       
             
                    

                           
                               La poste et un de ses splendides encadrements de porte 
 
Le musée de la ville, pour sa part, se situe dans un superbe bâtiment de pierre construit à la fin du XIXème siècle.

        
              
                                     Le musée de Mardin 

Hormis les bâtiments administratifs, à chaque coin de rue, une maison attirera votre regard, qui une fenêtre à encorbellement de toute beauté, qui un dessin sculpté sur une façade. 

                        
                        

                        
     
Légèrement en contrebas de la voie principale qui traverse la vieille ville, et tout près du sympathique bazar, on découvre l’Ulu Camii, mosquée seldjoukide construite au XIIème siècle. C’est surtout le minaret qui attire l’attention avec ses sculptures étonnantes.

                        
 
Toute proche, la Latifiye Camii datant de 1371 et construite sur les ordres d’un sultan artukide comprend deux portes monumentales richement décorées.

                         

Une importante communauté chrétienne habitait autrefois Mardin et de nombreuses églises sont visibles aux hasards de la promenade. La plus connue est sans doute Kırklar Kilisesi (l’église des 40 martyrs).

                        

                         
                                                       Kiriklar Kilisesi  
 
Juste accolée au musée, l’église assyrienne catholique de la Vierge-Marie mérite également une visite. Il suffit de demander à un enfant de vous indiquer où habite la personne qui abrite l’imposante clé qui en ouvrira les portes.

                     
            
         
                     
                                 L'entrée de Meryem Anna et une vue intérieure
 
A six kilomètres de la ville a été construit dans un paysage très dépouillé sur des collines de rocher le magnifique monastère de Deyrul Zafaran, autrement dit le monastère du Safran.
 
                           
                    A l'arrière-plan le monastère qui se confond avec la couleur du paysage

La communauté est composée d’une cinquantaine de membres qui parlent et prient dans le langage du Christ, l’araméen. C’est l’ancien siège du patriarcat de l’église syrienne orthodoxe transféré depuis à Damas. 

            
                                                        Deyrul Zafaran                                    

La ville de Mardin est également connue pour sa gastronomie aux influences syriennes prononcées.
 
C’est une visite inoubliable qui attend les curieux et récompensera les amateurs de belle pierre et d’architecture ayant choisi cette destination.

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Turquie
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Dimanche 6 janvier 2008 7 06 /01 /Jan /2008 07:20

Article paru dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" d'octobre 2007

     
Personne n'échappe à la visite du Grand Bazar, cet immense marché couvert qui a vu le jour dans la seconde moitié du XVème siècle sous le règle du sultan Mehmet II.

En général, on se souviendra des allées principales où le chaland vous accoste dans toutes les langues. On en sort épuisé par la vue de produits innombrables autour de soi mais en ayant aperçu une infime partie de ses richesses après y avoir passé seulement une heure ou deux.
          
                                  L'avenue principale des bijoutiers                                                 


                 
                                                   Vers la sortie Mahmutpasa

Si vous avez la chance de disposer de plus de temps, flânez, errez, laissez-vous porter par la curiosité ; n’hésitez-pas à vous engager dans les nombreux coins et recoins.

En effet, le Kapalı Çarşı, autrement dit "marché couvert" regorge de plusieurs "han", anciens caravansérails destinés au dépôt des marchandises. Ce sont des havrs de paix tous proches de la cohue et du bruit permanent du Bazar.

Deux d'entre eux ont pour moi un intérêt particulier.

L’Astarci Han est une petite cour intérieure carrée avec peu de commerces. En y entrant, à droite, un bruit répétitif et soutenu vous interpelle. En approchant, vous découvrirez un atelier sorti de la nuit des temps où des drôles de machines embobinent et mélangent à toute vitesse, dans un vacarme assourdissant des fils de coton à d’autres aux couleurs de l’argent et de l’or.

     
                                         Trois machines bien bruyantes !
                                
                                                            Ca bobine !       
                                                            
C’est là que travaillent depuis l’âge de 12 ans Erol bey, ainsi que son patron maintenant sexagénaire, tous deux originaires de la Mer Noire, sur des machines de 30 ans d’âge mais à l’aspect centenaire.
 
A Istanbul doivent encore subsister une bonne dizaine de ce genre d’ateliers mais au Grand Bazar, c’est l’unique. Cela fait au moins une cinquantaine d’années que cette mini-usine est installée ici.

                       


                 
        
                                                         Erol bey 
  
Ces fils sont destinés à être brodés sur des costumes folkloriques traditionnels, à orner les bordures de fauteuils, à agrémenter les voiles des mariées (dans ce cas, ils seront dorés).
  
La relève pour cette activité semble impossible, la jeunesse actuelle n’étant nullement intéressée par un tel travail dans des conditions difficiles et non gratifiantes. 
                   
A l’opposé de l’Astarci Han se trouve le coloré Zincirli Han qui a fait l’objet d’une restauration réussie. La construction de cet ancien caravansérail est antérieure à celle du Grand Bazar mais personne n’en connaît la date exacte.

                   
 
                                                                                Zincirli han   

   

Dès qu’on y pénètre, une atmosphère feutrée donne le ton. C’est là que sur deux niveaux les orfèvres parmi les plus fameux donnent libre cours à la création de bijoux coûteux mais uniques.
 
Grimpez avec précaution jusqu'à l'étage et tentez de découvrir une porte qui s'entrouve discrètement, c'et derrière elle que les pierres les plus précieuses seront mariées avec l'or et l'argent pour le plus grand plaisir des futurs propriétaires.

 
Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
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