Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 18:37


La fête du sacrifice coïncide avec la fin du pèlerinage annuel à La Mecque. Elle est célébrée, chaque année, deux mois et dix jours après la fin du Ramadan et dure quatre jours à partir d'aujourd'hui.

Quelques semaines auparavant fleurissent dans les différents quartiers des tentes de plus ou moins grandes tailles où se retrouvent les bêtes mises en vente et destinées au sacrifice. Les prix varient de 120 à 2000 Euros selon les animaux.

             

                                                    Quartier de Balat, bêtes à vendre                                         

On égorge des veaux, des moutons ou des béliers. Je vois déjà la mine dégoûtée que certains d'entre vous font à présent.

Mais qui d'entre vous sait exactement pourquoi ?

Cette fête commémore, dans la religion musulmane, l'acte de soumission à Dieu du prophète Abraham (né à Urfa dans une grotte que j'ai visité, mais on en reparlera lors d'un autre article). Dieu lui avait en effet demandé de sacrifier son fils unique Ismaël. Abraham, qui aimait son enfant, eut une vision au cours de laquelle il se vit égorger son fils. Il en parla à ce dernier qui demanda à son père d'exécuter les ordres de Dieu. Abraham était prêt à sacrifier son enfant mais Dieu intervient et l'enfant fut remplacé par un bélier envoyé des cieux. La fête a pris le nom de fête du sacrifice et la tradition est de sacrifier un animal et de manger sa viande en la partageant .

                   
                          Habituel parking près de la mosquée de Soliman transformé en abattoir


Selon la religion musulmane, un tiers de la viande sera cuit immédiatement dans la maison du propriétaire de l’animal, un tiers doit être distribué aux pauvres et le dernier tiers doit être réparti entre voisins et parents.

Attention aux âmes sensibles qui pourraient être choquées par certaines photos qui vont suivre. 

                  

Ce sont en principe des bouchers professionnels qui sont chargés de cette tache dans des lieux aménagés pour la circonstance et définis par les municipalités. Malgré les mises en garde, chaque année, quelques individus s'improvisent comme bouchers et se blessent parfois très grièvement, le maniement des couteaux n'étant pas à la portée de chacun.
   

             

           
                                                         
Durant ces jours fériés, il est de tradition de rendre visite à la famille, aux voisins, aux amis, de partager un repas, du chocolat, des loukoums et autres délices. C'est une fête de partage et de solidarité.

De même, on honore les morts en se rendant dans les cimetières pour se recueillir sur les tombes et prier, comme à la Toussaint pour les catholiques.


Par Nat - Publié dans : Actualité religieuse - Communauté : Turquie
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Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /Déc /2007 15:11

C'est le 17 décembre 1273 qu'est mort Celaleddin Rumi, plus connu sous le nom de Mevlâna dont la signification est "notre guide".


                          
       
         Tableau (huile et pierres) représentant  Rumi et réalisé par  l'artiste İ. Fehim İbrahimhakkıoğlu  
                                                                                                                                                                                                                                                                                

Si je vous dis "derviches tourneurs", cela doit bien vous évoquer quelque chose n'est-ce pas ??

                  

                                                                              
Rumi est né en Afghanistan en 1207. On fête d'ailleurs cette année en Turquie, à Konya et à Istanbul principalement,  mais aussi en France, le 800ème anniversaire de sa naissance.

Sa famille s'installe à Konya, en Anatolie Centrale, en 1228, après avoir été obligée de fuir son pays suite à l'invasion des Mongols. C'est là qu'il rencontre, quelques années plus tard, un disciple soufi (mystiques musulmans) dénommé Şems de Tabriz qui va changer sa vie. A la mort de ce dernier, Rumi se réfugie dans la méditation et rédige une oeuvre majeure de poésie, le Mathnawi (ou mesnevi en turc). 

A la mort de Rumi, donc en 1273, son fils, Sultan Veled, a organisé ses disciples en confrérie appelée les Mevlevis, ou derviches tourneurs. 

L'ancien tekke et l'ermitage de Konya où se retrouvaient Mevlâna et les siens pour prier et danser est devenu en 1926 musée Mevlâna après la décision d'Atatürk d'abolir les ordres soufis. Le musée était en 2005 le 3ème musée turc de part sa fréquentation avec près de 1,4 millions de visiteurs.

                      

Rumi y est enterré et son tombeau, revêtu de la coiffe du maître, est un haut lieu de pélerinage du culte musulman.

                     
                
En 1954 toutefois, la danse des derviches retrouve ses lettres de noblesse, mais pour son caractère folklorique uniquement. Les personnes que vous pouvez voir évoluer n'ont toutefois pas été initiés au rituel complet de cet ordre et n'ont pas connu l'épreuve des 1001 jours de service passés dans le couvent à la disposition de leur maître spirituel
(informations  recueillies dans l'ouvrage de Thierry Zarcone "La Turquie - de l'Empire ottoman à la République d'Atatürk").

 

   IMGP0293---Ceremonie-des-Derviches-a-Tunel.JPG
              
                             

Par Nat - Publié dans : Soufisme - Communauté : Turquie
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Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /Déc /2007 13:00


Il y a un peu plus de 3 ans, je suis tombée sur une revue Atlas (l'équivalent du Géo en France) où se trouvait en couverture une photo qui "m'a parlé". Curieuse comme je suis, j'ai feuilleté les pages relatives à cette photo et j'ai découvert un nom, Hasankeyf ! Je me suis dit "Il faut absolument que j'y aille, ça a l'air magnifique".

J'ai contacté ma copine Roxane qui connaissait bien le sud-est turc pour lui demander si ce nom lui était connu. Evidemment, quand on est photographe et qu'on a vadrouillé dans cette région du pays, on ne peut ignorer cet endroit.

En septembre 2004, je m'y suis rendue pour la première fois et j'ai découvert ceci :

        

                                          
Un choc, ce village bâti le long du Tigre, sorti de la nuit des temps, un coup de foudre, comme une rencontre amoureuse ! 

Cette cité, qui compte actuellement 3600 âmes moitié kurdes, moitié arabes, située dans le Sud-Est de la Turquie, à une trentaine de kilomètres au sud-est de la ville de Batman, ne laisse personne indifférent.

          

                                      

Plusieurs milliers de grottes troglodytiques habitées depuis la nuit des temps et disséminées des deux côtés du fleuve, une citadelle construite par les Ayyoubides au XIIIème siècle surplombant le cours d’eau de ses 150 m de haut,

          

                     
le vieux pont érigé par un seigneur artukide au début du XIIème siècle dont il reste une arche et 3 piliers, le tombeau de Zeynel Bey revêtu de céramiques turquoise (milieu du XVème siècle), seul monument de ce type encore existant en Anatolie, la mosquée el-Rizk bâtie en 1409 par un sultan Ayyoubide

                        
                           
                      

                        
                  
 
sont une partie des œuvres majeures visibles aujourd’hui …. Mais jusqu’à quand et pourquoi ?

Vous en saurez plus dans le prochain article...

            

                             
Par Nat - Publié dans : Sud-Est de la Turquie - Communauté : Turquie
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