Vendredi 1 février 2008
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Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" de février 2008
Sur la rive ouest de la Corne d’Or, les quartiers n’ont plus rien à voir avec la vie touristique de
Sultanahmet ou le côté plus in et trépidant de Beyoğlu. On découvre une autre facette d’Istanbul, celle d’un monde où le temps semble s’être arrêté, il y a quelques dizaines
d’années.
Fener (qui veut dire « le phare », à l’époque byzantine, un seul phare indiquant ce port
de la Corne d’Or) était le quartier grec par excellence de la ville. Balat, pour sa part, abritait le quartier juif.
Quartier de Balat, Istanbul
Les hommes et femmes qui composaient les minorités religieuses non musulmanes, souvent de riches commerçants, des hauts fonctionnaires, des médecins, demeuraient là sous le règne de l’empire
ottoman. Leurs lois et administrations étaient différentes bien que sous l’autorité du sultan.
Dans les rues
de Balat, les maisons sont très diverses
Aujourd’hui, on erre dans des rues où le linge est accroché entre deux rangées d’immeubles, où de vieilles
maisons en bois tiennent encore par on ne sait quel miracle debout. La population qui habite à présent ces quartiers vient pour la plupart des coins les plus reculés et pauvres
d’Anatolie.
Rue de Fener
Les grecs, juifs et arméniens ne sont plus très nombreux aujourd’hui à résider dans ce secteur. La plupart
d’entre eux sont partis dans les années 50 et 60. La communauté grecque d’Istanbul qui comptait 160 000 âmes au début du XXème siècle est tombée à moins de 2000 à ce
jour.
Maison grecque à Fener
Les nombreux enfants vous accueillent à coups de « hello, what’s your name ? » et
vous quémandent parfois un peu d’argent.
Si vous vous rendez à Balat un mardi, c’est un des marchés les plus populaires que vous
découvrirez, dans la longue avenue parallèle à celle qui longe la Corne d’Or. Le choix est moindre, les prix chutent et vous avez l’impression d’être dans une autre ville. Aucun supermarché aux
alentours, ce sont toujours les petits commerçants tels qu’épiciers et bouchers où l’on se ravitaille au quotidien.
Marchand de pinces à linge de Balat
Il ne faut pas passer à Fener sans avoir pris le temps de visiter au moins l’église Saint-Georges
du patriarcat orthodoxe grec ouverte tous les jours. Elle est située dans l’enceinte du siège administratif du patriarcat (installé à Fener en 1603), magnifique palais de bois
reconstruit après l’incendie qui a ravagé le site en 1941.
L’église, qui date quant à elle de 1720, est richement décorée d’icônes. Hormis les messes quotidiennes, celle du dimanche dure de 9 h à 12 h et peut vous donner une idée de la religion des
chrétiens d’Orient.
Dans l'église du patriarchat orthodoxe
Chaque 6 janvier, à la Noël orthodoxe, une croix est lancée traditionnellement par le patriarche
dans les eaux froides de la Corne d’Or pour être repêchée par de jeunes hommes.
Une autre image connue du quartier apparaît dans les hauteurs : le lycée grec, imposante
bâtisse de briques rouges construite en 1881.

Le lycée grec orthodoxe sur les hauteurs de
Fener
Un
peu plus loin, sur le bord de la rive, entre les deux quartiers, une église étrange, celle de Saint-Etienne-des-Bulgares, toute d’acier, de fonte et de fer.
Toutes les pièces métalliques qui composent cet édifice ont été réalisées à Vienne, acheminées par
bateau sur le Danube et assemblées à Istanbul en 1878 pour devenir l’église de la communauté bulgare.
L'église Saint-Etienne des Bulgares à Fener, Istanbul
Elle se visite facilement en journée ; même si le portail de l’entrée semble fermé, n'hésitez pas à sonner afin que le gardien vienne vous ouvrir.
Intérieur de l'église Saint-Etienne des Bulgares
A Balat, au hasard des rues, un portail cache l’entrée d’une synagogue par ci, une plaque indique
l’emplacement d’une église par là. Ce sont en principe des familles chrétiennes qui habitent dans l’enceinte des édifices religieux et qui peuvent éventuellement, selon leur présence et leur
bon vouloir, accepter de vous ouvrir la porte et de vous autoriser la visite des lieux.
Ces vestiges du passé glorieux
de cette partie d’Istanbul sont tapis, cachés. Leur découverte n’en est que plus intéressante.
Par Nat
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Publié dans : Publications
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Attention, ce ne ne sont pas les quartiers au complet qui ont été reconstruits et il s'agit de réhabilitation pas de reconstruction. Il y a encore fort à faire à Fener et Balat et les maisons réhabilitées se trouvent voisines d'autres bien délabrées. Ne trébuche pas en courant !