Dimanche 16 mars 2008
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A deux reprises déjà, j’ai eu le privilège de voir cette église perdue au milieu de nulle part, dans la
région de Mydiat (sud-est de la Turquie) dans le secteur montagneux de « Tur-Abdin ». La matérialisation du village de Hah sur une carte routière faisait défaut lors de ma première
visite et les llieux sont très peu desservis par des transports en commun.
Tout d'abord l'étonnement quand on découvre ce lieu clos à l'arrivée ! Un portail majestueux laisse entrevoir la beauté qui se trouve à quelques mètres.
Meryem Ana Kilisesi située à Hah, village dont le nom est devenu depuis Anıtlı, est un joyau
unique au niveau architectural pour les syriaques orthodoxes.
Le monastère de Hah serait l’un des plus anciens de la Chrétienté. L’église
est dédiée à la Vierge Marie dont elle porte le nom. Il fut un temps où Hah était une cité d’importance et le siège de l’évêché.
Une légende entoure la naissance de ce lieu. Celle-ci est en lien étroit avec la naissance
de Jésus : douze rois arrivèrent de l’Est en suivant une étoile qu’ils reconnurent comme signe de la naissance d’un roi, au pays de Judas. Le roi de Hah les reçut et ils envoyèrent trois
d’entre eux vers Jérusalem. Ceux-ci trouvèrent l’enfant Jésus et lui firent des présents. Comme souvenir, ils reçurent un lange du nouveau-né.
De retour à Hah, ils ne purent se décider à le partager entre eux et le
brûlèrent finalement pour s’en partager les cendres. Celui-ci, en brûlant, se transforma en douze médailles d’or. Lorsque les rois virent ce miracle, ils décidèrent d’ériger un monument en
l’honneur de la Sainte-Vierge, édifice qui devrait subsister jusqu’à la fin des temps.
C’est dans le champ qui se trouve à côté de l’étang de Hah que l’on dit que le miracle s’est passé.
Jusqu’à aujourd’hui, on nomme l’endroit
« parpupo » qui signifie « le déchirement ».
Tant la porte qui donne accès à la chapelle même que cette dernière sont délicatement ouvragés.
De par d’autres sources, il se pourrait que l’église ait été
érigée aux environs de l’an 50 après J-C. Par des récits historiques, la forme actuelle de l’abbaye est apparue à l’époque byzantine, aux alentours de l’an 500 après
J-C.
Livre de prières
Les formes de l’église, et plus particulièrement des arcs et du dôme de
style comparable à l’architecture de l’Aghia Sophia de Constantinople, sont un véritable témoin pour l’histoire de l’architecture byzantine.
Au cours des siècles, d’autres bâtiments ont été ajoutés au cloître. Le
croquis datant de 1892 réalisé par O.H. Parry nous renseigne sur la forme passée du dôme. Il montre un carré à pointe conique, entouré de colonnes. C’est l’abbé Uske qui entreprit la
transformation de la partie supérieure du dôme en 1907 en demi-sphère.
C'est en 1939 de par l'initiative de l'abbé Malke Aydin de Hah et de son architecte Aylias de Muksi Alyas de Mydiat que le dôme de forme semi-sphérique a été transformé de l'extérieur en un
dôme de forme carrée, entouré de colonnes.
Le
clocher est délicatement ouvragé
Par Nat
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Publié dans : Eglises de Turquie
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C'est un plaisir que je partage avec joie !
+Mar Philipose-Mariam, métropolite de l'Eglise Syro-Orthodoxe-Francophone.
Chlomo, merci pour votre précision ainsi que pour l'intérêt que vous portez à mon site. Il y aura encore d'autres articles à venir susceptibles de vous intéresser.
Nous retournerons "virtuellement" à Tur Abdin très bientôt dans le cadre d'autres articles...