Du bretzel au simit

Du bretzel au simit

Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 14 ans

30 août en Turquie, "Zafer bayramı", la fête de la Victoire


Le 30 août 1922 est une date importante dans l'histoire de la Turquie contemporaine.

C'est ce jour-là que les forces turques ont emporté la victoire sur l'armée grecque  lors de la bataille de Dumlupinar, marquant ainsi un tournant décisif de la Guerre d'Indépendance. Elle ouvre la voie de la proclamation de la République Turque qui verra le jour un peu plus d'un an après, le 29 octobre 1923.  

              
           Un "gazi", victorieux de la guerre d'Indépendance, 30 août 2004 - Beykoz, Istanbul

A chaque date anniversaire, on commémore cet évènement par des remises de gerbes devant les monuments et des défilés militaires sont organisés dans tout le pays. C'est un jour férié depuis mai 1935 et c'est aussi chaque 30 ans que les sous-officiers et les militaires des différentes écoles reçoivent leur diplôme.

Les drapeaux sont omniprésents dans la ville, sur les façades des immeubles, aux fenêtres des particuliers, à l'avant des transports en communs et de nombreux taxis.

 

A Istanbul, c'est d'abord sur la place de Taksim, devant le monument érigé en 1928 et dédié à Atatürk et aux héros de l'indépendance, qu'ont lieu les premières manifestations officielles.


                        9 h 10 ce matin, les services de sécurité sont en place

Les représentants de l'armée affluent, c'est un flot incessant de képis verts, bleus, blancs qui prennent place petit à petit.

Les officiels arrivent et leur pas est cadencé au même rythme...

                

Monsieur Kadir Topbaş, maire d'Istanbul, vient d'arriver, la cérémonie peut commencer !

               

Plus d'une dizaine de gerbes venant principalement des recteurs des différentes universités sont déposées devant le monument. Celle de la ville d'Istanbul est une des dernières qui vient prendre place aux côtés des autres.

               

La fanfare de la marine va pouvoir entamer l'Istiklal Marşı, l'hymne national turc. Des militaires au public, beaucoup entonnent ce chant militaire que je trouve particulièrement beau et que j'apprends petit à petit.

   

9 h 45, la place retrouve son aspect ordinaire, les forces de police plient bagage mais la fête n'est pas finie pour autant.

             

Direction Vatan Caddesi, l'avenue de la Nation, située dans un autre quartier d'Istanbul où se situent de nombreuses administrations officielles de la sécurité publique.

Cette avenue interminable accueille les défilés organisés tout au long de l'année selon le calendrier.

C'est d'abord au tour du maire d'Istanbul accompagné du préfet et du chef des armées de faire un tour d'honneur pour saluer la foule amassée en plein soleil sur les tribunes installées par la ville ou accoudée, comme moi, sur un grillage de sécurité.



Le tören, autrement dit le défilé, commence avec un peu de retard sur le programme annoncé. Les premières troupes arrivent en musique.



Les drapeaux permettent d'identifier les différents corps d'armée, terrestre, aérien et maritime.

              

J'observe, comme d'habitude, quelques détails, là en particulier les petits médaillons en forme de coeur et ornés du croissant de lune sur le casque des soldats.



Je ne relève aucun faux pas, tout est parfaitement orchestré.

                   

Après le rugissement provoqué par le passage de deux séries d'avions F 16 au-dessus de nos têtes, ce sont les véhicules à présent qui arrivent en ligne de mire.



L'armée de l'air et ses tambours avancent à grandes enjambées. Des hélicoptères sont également de la partie.




Je plains ces policiers et militaires chargés de la sécurité sur tout le parcours, heureusement la discussion est possible et permet ainsi d'oublier un tant soit peu la chaleur ambiante.

                         

Sous l'oeil attentif d'Atatürk en tenue militaire, les tanks défilent avec grand bruit en dégageant au passage des nuages de fumée.



Ils sont impressionnants, ces monstres montés sur chenilles qui passent devant vous !



Trois chars ferment le cortège, représentant de façon très réussie des scènes de la guerre d'Indépendance.



Le "spectacle" aura duré une demi-heure, heureusement qu'il n'a pas duré deux heures comme je l'ai entendu autour de moi, le soleil nous aurait fait fondre sur place.

En repartant, je croise au passage Mustafa Demir, maire de l'arrondissement de Fatih qui rejoint la mairie située sur la même avenue. Une fillette fête aujourd'hui son anniversaire, sa date de naissance ne risque pas d'être oubliée de sitôt !



                
Le maire de l'arrondissement de Fatih, Mustafa Demir, pose avec des enfants devant sa mairie

 

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Richard Lejeune 02/09/2008 13:10

Un grand merci pour toutes ces précisions; la suite ne pourra que m'intéresser : mais il n'y a pas d'urgence ...

Nat 03/09/2008 10:38


Tout vient à point pour qui sait attendre...


Cat 02/09/2008 12:17

les déploiements militaires je ne suis pas fan mais je comprends l'importance que celà peut avoir pour les turcs!

Nat 03/09/2008 08:43



Je partage tout à fait ton point de vue.



Jean-Yves 01/09/2008 16:48

Amusant ces grands drapeaux qui doivent certainement cacher la vue !
Originals ces petits coeurs !
Comme j'ai une aversion pour toutes ces guerres, quand je vois un char ca me donne des frissons. Je ne suis pas un vervant admirateur de l'armée, même si le défilé reste beau.

Nat 02/09/2008 11:12


Je ne suis pas une admiratrice à la base, mais je dois dire que c'était impressionnant et beau à la fois.


Chantal 01/09/2008 15:15

la france a son "poilu" et la Turquie son "gazi"
Il est bien brave celui que tu as photographié

Nat 02/09/2008 10:55


Oui, il a une bonne tête !


Mirage 01/09/2008 08:47

Tu n'as pas réussi à te procurer un de ces petits médaillons en forme de coeur comme on les voit sur les casques des soldats? Ils sont vraiment chouettes!!!

Nat 02/09/2008 10:01


Non, je n'y ai même pas pensé un seul instant.


Chantal 31/08/2008 15:58

Fascinant les défilés .. j'ai passé la matinée du 14 juillet devant mon poste de Télé alors t udois avoir la même fascination que moi
Laphoto du maire et de ses enfants vient gentiment attendrir le sérieux militaire

Nat 01/09/2008 05:45


Le sérieux militaire ne l'était ps tout le temps et nous avons bien ri aussi. J'ai effectivement été séduite par le défilé.


Mirage 31/08/2008 15:52

14 juillet, version turque! C'est exactement ce que j'ai pensé en lisant l'article!!!

Merci pour le petit clin d'oeil, mais je ne suis pas certaine que ce soient des Mirages que tu as vu dans le ciel d'Iatanbul. En général l'armée de l'air turque est plutôt équipée de F16, vu que cet avion est construit sous licence en Turquie.

Nat 01/09/2008 05:42


Vérification faite, tu as tout à fait raison, je vais rectifier de ce pas...


J-P SILVESTRE 31/08/2008 11:21

Ils ont réinventé le 14 juillet ! lol...

Nat 31/08/2008 11:51


Version turque !


Richard Lejeune 30/08/2008 20:18

Sans vouloir, évidemment, vous occasionner un surcroît de travail, j'aimerais qu'un jour vous nous expliquiez le système politique qui gère une ville comme Istanbul. si j'ai bien compris certaines de vos légendes, il y aurait un maire pour Istanbul, mais un maire aussi (?) pour ses différents quartiers ?
Et qu'entendez-vous par préfet ?
Je connais le "sous-préfet aux champs" dans "les Lettres de mon moulin", de Daudet; je connais aussi l'acception qu'on donne à ce terme en Belgique : il s'agit du "préfet des études", c'est-à-dire le directeur d'une école que l'on appelle, chez nous, un athénée (au départ, pour les garçons) ou un lycée (au départ, pour les filles). Mais en Turquie ? Quelles différences existe-t-il entre maire de la ville, maire d'un de ses quartiers et préfet ?

A votre meilleure convenance, bien entendu ...

"Iyi aksamlar" à vous.

Richard

Nat 31/08/2008 05:23


Istanbul fonctionne comme Paris, Lyon ou Marseille et est découpée en arrondissements. Il y a le maire du Grand Istanbul, des maires d'arrondissements... et des maires de quartiers qui s'appellent
des "muhtar" et dont les fonctions sont plus administratives. Vous posez des questions intéressantes cher Richard auxquelles je n'ai pas, à ce jour, toutes les réponses. Mais le sujet m'intéresse
également.  Je ne connais pas les fonctions et attributions exactes des préfets en Turquie, sont -elles identiques aux préfets de région en France ?? Les élections des conseils municipaux sont
calqués, me semble-t-il, de façon très proche à celles en vigueur en France. En principe, les préfets sont nommés et non élus... Nous allons prévoir une étude approfondie de la question. Il faudra
juste me laisser du temps.