Du bretzel au simit

Du bretzel au simit

Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 13 ans

Les alpages d'Aşağı Aydere Köyü

Chaque village de montagne possède ses alpages où une bonne partie de la population passe les trois mois d'été. C'est là que les troupeaux paissent tranquillement en journée et retournent soit dans leurs abris respectifs la nuit, soit dans des endroits aménagés autour des habitations.

 

C'est aussi ici que sont fabriqués les fromages, le yaourt, le beurre et le kaymak, ce délice réalisé à partir de la graisse contenue dans le lait.

              
    Cemal teze, l'épouse de l'oncle Ismail, sépare la graisse du lait pour en faire du kaymak

Faute de temps, je n'avais pas eu l'occasion l'été dernier de découvrir les alpages d'Aşağı Aydere Köyü. Il était donc grand temps de remédier à cette lacune.

Nous y sommes montés assez nombreux ce matin-là, certains en voiture, afin de ramener des vivres, les autres à pied. Quelle que soit la façon dont on y grimpe, la route est difficile. Le véhicule butte sur les petits rochers qui parfois encombrent le chemin, traverse des cours d'eau, il faut s'arrêter régulièrement afin de laisser reposer le moteur mis à dur épreuve et vérifier qu'aucune partie ne soit endommagée.

A pied, ce n'est pas guère mieux, il faut grimper durant près de deux heures, parfois à travers les rochers. Mais quelle récompense au bout du compte lorsqu'en en contrebas d'un flanc de montagne, on aperçoit enfin au loin les alpages du village.

 

Les constructions au confort rudimentaire datent du XIXème siècle et sont en pierre. Elles sont constituées de deux parties accolées, l'une servant d'habitation, l'autre étant destinée au bétail.

 


D'ailleurs, c'est le moment d'envoyer les veaux au pâturage. Ils se fraient un passage entre les coqs, poules et oies qui encombrent la route.

 


Ils iront rejoindre leurs congénères qu'on aperçoit au loin, formant une tache de différentes couleurs dans le paysage. 

              

C'est l'occasion de faire connaissance avec de nouveaux membres de la famille et de retrouver certains avec grand plaisir, telle qu'Hülya, une autre cousine d'Enver que j'ai eu l'occasion de revoir à Istanbul en automne puisqu'elle y habite.

 

Toutes les occasions sont bonnes pour manger... et goûter par exemple au helva maison et au kaymak qui n'a absolument rien à voir avec celui que je connais à Istanbul, deux délices de plus !

               
                                   Hülya coupe des parts de helva

Je peux enfin rencontrer Cemal, l'épouse de l'oncle Ismail, celle-ci descendant peu au village durant la belle saison, forte occupée à ses activités quotidiennes qui nécessitent beaucoup de temps.

 

Aussi adorable que son mari, elle affiche un sourire angélique qui ne laisse aucun doute sur sa gentillesse.

             

Je ne connaissais pas encore Muhübbet hanım, la charmante kaynana (belle-maman) d'Enver qui, elle aussi, passe la majeure partie de l'été dans les alpages.

               

Dans cette univers plutôt féminin, Ferman, le mari de Tamile, et leur fils Fatih, sont bien tranquilles, on ne les entend presque plus... assis près du poêle et de la cheminée où l'on cuit habituellement le pain.

   

Il est hors de question d'arriver chez quelqu'un sans être aussitôt invité à partager un repas et avaler au moins quelques thés.

 

Dans les maisons des alpages, il n'y a qu'une seule pièce à vivre où tout le monde se retrouve, tant en journée que la nuit. L'espace est somme toute assez petit, selon le nombre de personnes qui s'y trouvent.

   

Il y a de nombreuses visites à faire, en particulier à  la joyeuse Süsi entourée de ses deux filles, Tamile et Muazzez, qui ne manquent pas de lui prodiguer beaucoup de tendresse.

   

Mais comme toujours, les heures s'écoulent bien trop vite. Le ciel s'assombrit et l'orage menace, il est urgent de prendre congé pour ne pas se retrouver en pleine nature au mauvais moment. 
 

 

Les séparations nécessitent toujours un certain temps, nous voilà en plein orage et la grêle s'abat sur nos têtes, après avoir parcouru  une bonne moitié de la route seulement.

Et ce que craignait Ferman arrive, nous voilà embourbés dans le chemin, les roues patinent... Il faut attendre que l'orage passe tant il est violent pour tenter de sortir du bourbier, sans succès. Heureusement, comme par miracle, un tracteur apparaît ... et nous sort de ce fameux guêpier.

 

Je n'ai pu m'empêcher d'immortaliser ces instants où les nerfs des hommes ont été mis à rude épreuve. Heureusement, nous sommes finalement rentrés sans encombre, juste les vêtements bien salis et mouillés...

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chantal 17/09/2008 17:25

cette famille d'adoption à la campagne te permets de revivre simplement mais si chaleureusement !! bonne continuation à tous

Nat 17/09/2008 20:33


Je pense que tu as trouvé le terme approprié, une famille d'adoption...


Jean-Yves 17/09/2008 14:14

Enormément de belle choses, même si je ne suis pas un amoureux du fromage, tu le sais. J'aime bien tout ce qui est artisanal.
Tes photos sont superbes encore une fois. Même si les vaches paraissent maigrelettes.
J'aime beaucoup cette photo où l'on voit les vaches au loin avec les différentes couleurs.
Et toujours ces mamies rayonnantes et touchantes. J'y verrais bien une toile sur les photos 7 et 8.
Et la dernière et original. Le tracteur qui symbolise la campagne qui viens au secours de la voiture symbole de la ville.
Dis je me demandais si tu pouvais pas faire un petit article avec une carte où tu pointerais le nom des villages. Et tu sais ce qui serait bien. Un arbre généalogique de tous tes personnages qui t'accompagnent dans tes aventures. Oui je sais je demande beaucoup, histoire de se repéré... c'est juste des idées qui me viennent quand je lis tes articles.

Nat 17/09/2008 20:33


Je pensais aussi faire un arbre généalogique déjà avec les membres de la famille que j'ai rencontré, il y a du boulot. Je dois aussi demander l'aide parfois d'Enver pour m'y retrouver malgré les
nombreuses notes que j'ai pris. Concernant la localisation, je crois me souvenir que j'avais mis une carte au début de mon voyage dans la région. Je peux bien en remettre une pour la fin... vu le
nombre de billets publiés sur ce coin. Par contre, pointer le nom des villages, c'est impossible car ils ne figurent pas tous même sur les cartes les plus complètes dont je dispose.


la créative 17/09/2008 10:37

de voir cette femme faire du kaymak ca me donne une subite envie d'en manger. Tu peux le menger nature, avec du sucre ou du miel (je l'ai gouté cet été grace a ma cousine).
J'ai une envie de sentir l'odeur du kaymak ainsi que d'autres spécialités.
C'est génial tout ce que tu partages au quotidien avec nous. Merci de me donner ce souffle d'épices et de moments turques.

Nat 17/09/2008 20:29


Je l'aime beaucoup avec du miel au petit déjeuner, surtout en hiver. Mais là, je l'ai apprécié "sade" (nature).


gracianne BANCON 17/09/2008 08:56

Cela fait quelques jours que je parcours votre site et chaque matin, c'est un vrai régal que de vous lire et de re-découvrir la Turquie d'aujourd'hui. Je m'y étais rendue, il y a une trentaine d'années...
Internet nous introduit de plain-pied aussi bien dans des galeries d'Istambul que chez des montagnards qui ne me sont pas trop inconnus.
J'habite au pied des Pyrénées.
J'aime la culture, les coutumes et le coeur de cette Turquie qui me redonne sacrément envie d'y retourner !
A demain

Nat 17/09/2008 20:28



Bienvenue parmi les fidèles "du bretzel au simit". J'aurais bien aimé connaître la Turquie d'il y a 30 ans mais aussi plus ancienne et pouvoir comparer les différentes périodes. Bonne soirée.