Du bretzel au simit

Du bretzel au simit

Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 13 ans

Les sapeurs-pompiers d'Istanbul sont à l'honneur cette semaine

Comme tous les ans à pareille époque, on célèbre la semaine des hommes du feu du 22 au 28 septembre. C'est le 25 septembre 1923 qu'est né le corps municipal des sapeurs-pompiers d'Istanbul.

 
                            Bienvenue aux activités de la semaine des sapeurs-pompiers

Jusqu'à présent, c'était à la caserne-musée du quartier de Fatih ainsi qu'à Sultanahmet qu'avaient lieu les différentes manifestations. Le premier endroit, bâtiment historique, fait l'objet d'une restauration qui devrait se terminer en juin 2009. Les deux ou trois véhicules, les pompiers rattachés au lieu ainsi que le service administratif, qui logent  tous actuellement dans des bâtiments préfabriqués installés aux abords de la caserne réintègreront les lieux à l'issue des travaux. De même, une partie sera à nouveau destinée au musée.
        
                        La caserne de Fatih durant les travaux de restauration - février 2008

Dans le quartier touristique de Sultanahmet, une représentation théâtrale permettait de découvrir comment les "tulumbacılar", les pompiers qui opérèrent de 1714 à 1826, éteignaient le feu d'une maison construite pour l'occasion sous forme de maquette.

             Tulumba

La première "tulumba" (pompe à eau) a été créée par un ingénieur français du nom de David lors d'un incendie qui s'est déclaré en 1714 dans le quartier de Tophane. Cette invention ayant fait ses preuves, une quinzaine d'hommes s'associèrent pour former une unité d'intervention.

Munis de leur "tulumba", les hommes, étaient par équipes de 4 individus, deux qui versaient de l'eau constamment dans le réservoir et deux qui pompaient. Ils desservaient leur quartier mais parfois se retrouvaient face à d'autres collègues... car leur intervention permettait d'obtenir des pourboires de la part des personnes qu'ils venaient ainsi secourir...

  
                        Un "tulumba" en provenance du musée des sapeurs-pompiers d'Istanbul

Cette année, pour la première fois, c'est sur la place de Taksim qu'on honore la profession en faisant découvrir à la population une partie de leur mission.

Environ 5000 pompiers professionnels, situés aux quatre coins de la ville, sont présents pour intervenir à tout moment.

  

Le volontariat en est à ses balbutiements, contrairement à la France où la pratique est courante. Lors de ces journées, un film de 15 mn est présenté régulièrement sous une des tentes montées pour l'occasion. On explique l'intérêt du volontariat qui trouve ici sa nécessité surtout en cas de tremblement de terre ou d'incendie gigantesque.

Des formulaires sont à la disposition de ceux qui se sentent prêts à s'engager en tant que volontaire. Dans ce cas, une formation d'un mois est dispensée à l'école des pompiers de la ville et un certificat d'aptitude est délivré à l'issue de cette période d'enseignement.

  
                         Les formulaires pour l'inscription des volontaires et le livre de formation

De nombreuses brochures d'information concernant la sécurité au domicile, avec les enfants, les mesures à prendre en cas d'accident, d'incendie, de tremblement de terre, etc, sont à la disposition du public. 

 

Une autre tente présente un échantillonnage des équipements dernier cri des pompiers d'Istanbul. Des masques-caméras qui permettent de détecter toute trace de vie en cas d'effondrement par exemple ou des pinces énormes qui permettent de se frayer un passage à travers les endroits les plus hermétiques sont les deux qui m'ont impressionnée le plus.

                 
        Bizarrement, nous étions principalement des femmes à s'intéresser aux équipements


 

A l'intérieur d'une tente située près de quelques engins de secours, on indique les gestes de premiers secours à adopter selon la situation à laquelle on peut être confronté ainsi que les objets utiles.

 

Une autre tente fermée m'interpelle, son nom est "duman simülasyonu" (simulation de fumée). J'interroge un pompier présent à proximité de celle-ci pour savoir quand elle sera ouverte. Aussitôt dit, aussitôt fait, je me retrouve dans un labyrinthe au milieu d'une fumée où l'homme me rappelle certaines règles élémentaires à respecter dans ce cas-là.

Une dernière tente présente l'enseignement dispensé aux hommes du feu.

Une exposition photos permet également de découvrir quelques aspects du métier de pompier dans différents pays, ainsi que des images anciennes et récentes tant sur les interventions que sur les véhicules ou modes de fonctionnement, les casques, les médailles, etc.

 

Des séances d'information sont aussi dispensées dans les écoles et des maniements de lances à eau sont proposées aux visiteurs pour tester leur habileté.

 

                                            
Cette démarche pédagogique et ludique permet ainsi de faire plus ample connaissance avec cette profession et ces personnes chargées de la sécurité des hommes et de leurs biens.

J'en profite pour remercier le pompier Ergin Nizam qui a bien voulu me consacrer du temps pour me fournir une partie des informations figurant dans cet article.


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Jean-Yves 01/10/2008 08:34

La femme est curieuse.
Ton reportage m'a ramené 30 ans en arrière. Mon père a été un de ces Pompiers Volontaires dans mon village d'enfance. Il était tellement passionné qu'il a d'abord collectionner des petites voitures de pompiers et s'est ensuite attaqué aux casques de Pompiers, souvent on le sollicitait pour présenter sa collection lors de manifestation. Je me souviens même être une fois allé avec lui à Saverne.

Nat 01/10/2008 08:37



J'ai beaucoup d'estime à la fois pour les pompiers volontaires et pour les professionnels. 



Martial 25/09/2008 22:27

Je n'ai pas encore eu l'occasion de partir vers cette partie du pays mais je garde un très bon souvenir de ma visite en Turquie, secteur Antalya. Notre prochaine destination ??
Martial

Nat 26/09/2008 05:43



Bonjour Martial, votre prochaine destination pourrait être Istanbul...



chantal 25/09/2008 19:32

j'adore le nom de la pompe en turc TULUMBA !

Nat 25/09/2008 20:06


et si tu écris juste tulum, cela te donne le nom d'un fromage turc excellent, râpé, excellent avec un peu de beurre et des noix...


Richard Lejeune 25/09/2008 10:29

Bel hommage aux pompiers comme, précédemment, aux mineurs turcs.

Mais mon interrogation du jour porte sur tout à fait autre chose. Déjà, quand tu nous avais présenté des photos du nouveau métro stambouliote, le 13 septembre dernier, j'avais eu mon attention attirée, non pas par le côté technique ultra sophistiqué, (tu dois bien t'en douter), mais par le pavage de la place Taksim. Et le revoici aujourd'hui dans tes photos sur l'exposition menée par le corps des sapeurs-pompiers. Il s'agit d'une très classique pose de pavés que l'on retrouve dans certaines vieilles villes de nos régions, tant en France qu'en Belgique, d'ailleurs.
Et, naïvement, j'aurais cru que là, dans cette grande ville turque, il eût été plus typique, plus en rapport avec l'art autochtone, plus "turc", en un mot.

Ce type de pavement, là, est-il récent ? A-t-il été réalisé par des Européens et voulu comme référence à l'Europe ? Ou est-il courant dans les villes turques ? N'y aurait-il donc aucun pavage, style "mozaïque" par exemple, bref quelque chose de particulier à la culture artistique du pays ?

(Tu peux très bien m'écrire que ma question est idiote, cela ne me vexera pas.)

Nat 25/09/2008 18:22


Ta question n'est pas idiote du tout mais elle me surprend, au même titre que certaines précédentes, par leur particularité (mais j'aime bien rassure-toi). Primo, à ma connaissance (à vérifier
toutefois), le pavage est réalisé par les équipes municipales. Je vais interviewer début octobre le maire d'un arrondissement, je lui poserai la question. Concernant la mosaïque, il y a très peu
d'endroits où il a des pavages de ce genre, j'en connais deux en réfléchissant, dans la cour du patriarchat orthodoxe de l'ancien quartier juif de Fener, en l'occurence devant le bâtiment où habite
le patriarche et dans la cour de l'ancien hopital militaire anglais de Beyoglu près de la tour de Galata. Il y a sans doute d'autres mais que j'ignore. Que ce soit à Istanbul ou dans d'autres
villes (je pense à Safranbolu classée au patrimoine mondial de l'Unesco), certaines rues sont pavées, d'autres revêtues de bitume,... Je vais étudier cela de plus près au fur et à mesure de mes
visites et interviews et je te tiendrai au courant, patience.