Du bretzel au simit

Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 17 ans.

Du bretzel au simit

Gaziantep, son musée, son artisanat, sa gastronomie et ses pistaches


Article publié dans le journal "Aujourd'hui la Turquie" du mois d'octobre 2008
 

La ville de Gaziantep possède de nombreuses richesses dont certaines ne sont pas assez exploitées, surtout en matière touristique.

 

Si les pistaches produites dans sa région ont pour réputation d’être les meilleures de l’hémisphère Nord, au même titre que ses baklavas ou sa gastronomie, cette cité de plus d’un million d’habitants mérite largement un détour pour mieux la connaître.


  
                                  Assortiment de douceurs à base de pistache         
 

Sa citadelle, composée de 12 tours et occupant 1200 m de circonférence, tout d’abord, qui domine une petite colline au milieu de la ville ville. Erigée par les romains, restaurée par l’empereur Justinien au VIème siècle, elle a ensuite été revue et corrigée par les seldjoukides aux XIIème et XIIIème siècles.


  
 

Sa visite permet d’avoir une vue plongeante sur la ville, ses vieux quartiers aux mosquées délicatement ouvragées, ses ruelles en pente et étroites, ses charmantes échoppes dont les bruits et les odeurs attirent les curieux.

 

Un mémorial inauguré à Noël 2007 est situé non loin de là, érigé à la mémoire de 14 jeunes martyrs décédés le 28 mars 1920 durant la guerre d’indépendance.


  
 

Retour dans le quartier au bas de la citadelle, c’est là où l’on trouve la majorité des artisans qui font la gloire de l’artisanat d’Antep, son nom raccourci connu depuis la fin du  IXème siècle. Martelant et ciselant le cuivre, l’’étain, mélangeant les métaux, c’est là que sont fabriqués les plats, les cruches, les jarres de tailles diverses qui agrémenteront votre intérieur.

 

 

Une colline toute proche donne envie de découvrir, qui ses jolies maisons de pierre, qui ses minuscules jardins que l’on aperçoit lorsqu’une porte s’entrouvre, au hasard des ruelles.


                 
                            Le minaret délicatement ouvragé de la mosquée Tahtani 


Traversons une des avenues principales de la ville où les pâtisseries les plus réputées donnent envie de goûter aux délicieux baklavas et autres douceurs. Cela permet de rejoindre l’ancien quartier arménien dont la population a laissé de nombreuses traces, en particulier des villas somptueuses actuellement en cours de rénovation pour partie, de même que les voies qui permettent d’y accéder.


C’est là que se trouve l’intéressant musée ethnographique Hasan Süzer situé dans une merveilleuse demeure vieille de 200 ans, ancienne propriété arménienne. Restaurée en 1985, elle a ensuite été transmise au Ministère de la Culture et du Tourisme. Dommage que les informations fournies sur place ne soient pas à la hauteur du lieu, car sa visite permet de mieux découvrir le mode de vie d’il y a une centaine d’années.


              
                                       Le musée ethnographique  


A côté du stade, le célèbre musée de la ville. Deux bâtiments dont un construit il y a deux ans pour accueillir et mettre en valeur les sculptures et mosaïques découvertes à Zeugma. Nous le découvrirons dans le cadre d'un autre article qu'il mérite à lui-seul, tant sa richesse est grande.


  
                         Une des magnifiques mosaiques de Zeugma dans le musée de la ville 


L’estomac crie famine, c’est chez Imam Çağdaş, institution de la ville depuis 1887, qu’il faut aller. La gastronomie turque trouve ici une de ses places les plus réputées. Des viandes parfumées aux délicates épices, des salades relevées à l’extrait de grenade, des spécialités comme l’ali nazik, un des mets les plus raffinés qui vous laissera un souvenir impérissable ; l’ayran, boisson locale à base de yaourt battu avec de l’eau et du sel est ici servi à la louche dans des timbales de métal.

 

              
                             Régal tant pour les yeux que pour les papilles

Et si après cette pause gourmande, vous avez encore quelques envies à calmer, rien ne vous empêche de grignoter une poignée de pistaches. Vous en trouverez partout puisqu’elles sont une des richesses de la région et non des moindres.


                
 

Si vous avez envie d’un peu de verdure et de tranquillité, je vous invite à découvrir le zoo de Gaziantep, le plus vaste du pays et dont la réputation n’est plus à faire. La faune est particulièrement bien représentée de même que le monde marin ; ses aquariums dont la visite se fait en musique, s’il vous plait, accueillent 2950 poissons de 74 variétés différentes.

 

Toutes ces visites ne peuvent vous donner qu'une envie, celle de revenir...

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esperance 10/10/2008 08:27

je trouve super ton blog, dommage que je n ai pas le temps d y passer plus de temps
c est tout un reportage et tout un documentaire

je pars dimanche en crète je te fais de gros bisous A BIENTOT

Nat 10/10/2008 17:31


Normal ma chère Espérance, tu es toujours par monts et par vaux. Il faudra juste penser à venir en Turquie un jour ou l'autre.


J-P SILVESTRE 09/10/2008 19:33

Le moucharabieh, en haut du minaret, est-il destiné à cacher le Muezzin à la vue des fidèles ? Bon... j'espère ne pas être accusé de blasphême !

Nat 09/10/2008 20:05


Connaissant votre humour caustique, vous êtes pardonné ! La dentelle du minaret n'est pas de Calais, mais de ... qualité n'est-ce pas ???


arlette Anjuere 09/10/2008 00:17

Nathalie, c'est pas humain de nous présenter toutes ces pâtisseries! Mais les nourritures intellectuelles sont à la hauteur. Que de merveilles.

Nat 09/10/2008 06:15



Quand on peut joindre l'utile à l'agréable, pourquoi se priver...



ummahan 08/10/2008 23:49

oh la la que de nostalgie en voyant tous ces mets si souvoureux.

nous avions apporté un stock non négligable de kerez en revenant de turquie et un mois après plus rien pas de graines (ni tournesol ni graines de courges), ni pistaches ni pois chiches ni...

en ce qui concerne les baklavas je suis frustrée car cette année pour le bayram ma mère n'en a pas fait, sniff je suis restée sur ma faim. Je vais devoir trouver une boutique qui en vends sur grenoble mais ils n´auront malheureusement pas le même goût.

que dire des photos sur le génie créatif des humains. L'artisanat est une passion qui m'a toujours fascinée et la j'attends avec impatience les photos.

merci

Nat 09/10/2008 06:17


Ah je dois dire que si j'étais restée plus longtemps à Gaziantep, j'aurais sans doute pris quelques kilos au passage... Il y aura encore des billets sur l'artisanat turc, il y a tant de choses à
dire et à faire connaître... Patience !


Jean-Yves 08/10/2008 12:23

Hummm ca commence fort ! Les pistaches, en apéro ou en glace.
Dans la 3ème photo j'ai vu une boite à bijoux.
Toujours imprssionné par la précision de ces artisans.
6ème photo j'aime beaucoup ce genre d'architecture avec tous ces balcons.
Bonne journée

Nat 08/10/2008 19:09


Décidément, les pistaches de Gaziantep ont la cote... et elle est amplement méritée ...


chantal 08/10/2008 10:36

le seul mot de pistache éveille les papilles mais la nourriture culturelle du reste de l'aticle est trop tentante .. je suis impatiente d'en savoir plus sur les mosaîques surtout

Nat 08/10/2008 11:00


Il y a de quoi se lécher les babines "culturellement parlant" avec les mosaiques de Zeugma exposées à Gaziantep...


Cat 08/10/2008 10:14

Un article comme je les aime! Que de beautés il y a là...

Nat 08/10/2008 10:21


Je ne regrette pas d'y être retournée pour approfondir sa découverte qui m'avait laissée un peu sur ma faim il y a 4 ans... Comme quoi...


cecile dossetto 08/10/2008 10:05

Tous ces gateaux en première page c'est pas humain!!
cécile

Nat 08/10/2008 10:19


Non, ce n'est pas humain ... mais c'est comestible... et à petite dose, c'est un régal !


Mustafa 08/10/2008 08:26

A chaque fois que je regarde dubretzelausimit je suis trés émus, pour l'amour que tu porte pour la Turquie et ton courage qui me donne aussi de la motivation, enfin il y a tellement de chose a pouvoire dire.

Nat 08/10/2008 08:57



Si cela peut te stimuler aussi, je suis contente d'apporter ma pierre à l'édifice comme on dit.



gracianne BANCON 08/10/2008 06:49

Même à l'heure de mon petit déjeuner, les pistaches sont tentantes !

J'aime dans ce mémorial, la souffrance des hommes imbriquée, à fleur de peau, dans la pierre des bâtisseurs.

Le travail des mains des artisans. Langage universel.

Seule ombre au tableau, les hauts parleurs en haut des minarets. Comme les cloches électriques de nos églises. Justement on se hausse, on se hisse pour se faire entendre.
Si cet effort de gravitation essouffle, on comprend mieux !
Acoustique de nos temps modernes, sans charme à l'oreille.

J imagine que la revue "Aujourd'hui la Turquie n'est accessible" que sur abonnement.

Nat 08/10/2008 06:58


Je vois que tu es bien matinale... et bien gourmande aussi. Les minarets font partie de l'environnement visuel en Turquie. Le mensuel "Aujourd'hui la Turquie" qui est un journal et non une revue,
se vend sur abonnement mais aussi dans les kiosques à journaux internationaux. Demande à ton marchand de journaux habituel, il peut te le commander (dispo tous les 10 du mois partout).