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Sorti le 29 octobre 2008 à l'occasion du 85ème anniversaire de la fondation de la République Turque, le film
"Mustafa" sur la vie de Mustafa Kemal Atatürk, produit par le journaliste Can Dündar, fait beaucoup parler de lui.
100 000 spectateurs se sont précipité dès le premier jour dans les salles pour voir ce film biographique coproduit par Komedia et la chaîne de télévision NTV avec la participation
du groupe Sabancı.
Etant curieuse d'en savoir toujours plus sur la vie du "Père des Turcs", j'ai passé près de deux heures à le découvrir sous toutes ses facettes.
Le film est vraiment un document que je considère comme historique réalisé pour partie avec des photos, des vidéos de l'époque, des lettres écrites par Mustafa Kemal (parfois en
français...). Atatürk est finalement peu représenté par les acteurs. Souvent des scènes montrent ses mains lorsqu'il écrit, son image dans un jeu d'ombres qui ne fait qu'accentuer la force des
paroles.
Après une première séquence qui évoque Atatürk en train de vivre ses dernières heures dans le palais de Dolmabahçe, un flasback nous renvoie à son enfance en Salonique. Lhistoire continue
avec son arrivée à Istanbul à l'âge de 18 ans où il intègre l'école militaire de Harbiye. La première heure est consacrée principalement à son impressionnante carrière militaire qui lui vaudra de
devenir "paşa" puis "gazi" (victorieux).
Après l'entracte (pour ceux qui ne le savent pas, en Turquie, l'entracte existe toujours dans les salles de cinéma), c'est sa vie personnelle qui est davantage évoquée : sa maitresse
Fikriye, son mariage avec Latife, sa cadette de 21 ans, son caractère, ses excès. Mais surtout, on évoque largement la création de la République, avec toutes les réformes qui s'en
suivent. Atatürk ne ménage pas son temps et son énergie pour faire grandir et évoluer son pays, il devient tour à tour penseur, écrivain, maître d'école.
S'il y a bien une scène qui m'a particulièrement marqué dans ce film, c'est celle du dialogue avec sa fille adoptive Sabiha Gökçen qui l'a vu pleurer en écoutant de la musique
traditionnelle turque lors d'un repas .
Lorsqu'elle lui demande le pourquoi de ces larmes, il lui répond tout simplement que cette musique lui rappelle l'odeur de cette terre qu'il aime, des hommes qui l'habitent et que lui aussi n'est
finalement qu'un homme qui a aussi le droit de pleurer.
La merveilleuse musique signée par le célèbre compositeur et musicien balkan Goran Bregovic accompagne parfaitement ce film que j'ai personnellement beaucoup apprécié, même s'il m'a fallu une
concentration poussée pour le suivre le mieux possible.
Pour ceux qui comprennent le turc, voici le lien du site consacré au film : http://www.mustafa.com.tr/
Ce n'est en effet pas non plus les sites qui manquent pour en savoir plus sur Atatürk. Merci d'avoir indiqué ce lien.
Qui sait ce week-end peut-être trouveras-tu l'occasion de le voir ! Pour être novateur, il l'était, ce grand Monsieur...
Quand tu reviendras, j'aimerais bien que tu me ramènes un de ces fromages qui alimente ... non pas les estomacs mais le billet du jour.
Merci ma chère Tülay pour ce précieux commentaire qui me tenait à coeur. Il est vrai que les excès d'Atatürk sont évoqués dans le film mais je n'ai pas voulu donner de précision sur ce point. Ce n'est finalement pas sa vie privée qu'il faut regarder là mais ce qu'il a fait pour la Turquie et qui est le plus important à mes yeux. J'ai apprécié comme toi l'usage des documents de l'époque qui en font véritablement un document historique. J'attends ton mail avec impatience. Quant à notre cher Richard Dede, ses commentaires me manquaient également...