10 novembre 1938 - 9 h 05 : la mort d'un grand Homme


Mustafa Kemal Atatürk rend son dernier souffle dans le Palais de Dolmabahçe à Istanbul le 10 novembre 1938 à 9 h 05.

         
                               Pendule dans le palais de Dolmabahçe

  
                                          Une façade du palais de Dolmabahçe

70 ans ont passé depuis mais la Turquie n'a jamais oublié et n'oubliera jamais "le Père des Turcs", celui qui l'a fait grandir et qui lui a donné un statut de République.

Les horloges des différents palais et lieux où Atatürk est passé sont toutes arrêtées à l'heure de son décès.

  
                                                Palais de Yıldız à Istanbul


Tous les ans à la date anniversaire et à l'heure précise, la Turquie suspend son souffle. Les véhicules s'arrêtent, les piétons également, dans les écoles on respecte une minute de silence.

                 
                                                  Palais de Küçüksu à Istanbul


En 1938, le pays tout entier pleure la mort de ce grand Homme et vient s'incliner devant sa dépouille. 

                 
                            Hier soir sur la façade de l'école Sainte-Pulchérie à Istanbul

Celle-ci sera transférée à Ankara pour rester au musée d'Ethnographie jusqu'en 1953 où elle prendra sa place définitive dans le mausolée construit à cet effet sur une des collines de la capitale créée par Atatürk lui-même.

                        
                                                           Mausolée Atatürk à Ankara


nasah 11/11/2008 13:19

C'est justement ce qui m'a incitée à parler de lui et je pense qu'il devait se reconnaître en lui.

Nat 11/11/2008 20:47



Dans ce cas-là, je n'ai rien à rajouter.



nasah 11/11/2008 12:58

En lisant ton billet du jour sur cet homme qui a marqué à jamais l'histoire de son pays, je n'ai pu m'empêcher d'avoir une pensée pour le Général de Gaulle qui a lui aussi marqué son temps et dont on a commémoré le 9/11, les 38 ans de sa disparition.

Nat 11/11/2008 13:15



De Gaulle fait également partie de la famille des Grands Hommes. Regarde le commentaire de Mirage quant à la phrase dite par De Gaulle au sujet d'Atatürk.



Mirage 11/11/2008 09:32

Le livre de Jevakhoff sur Atatürk, même 20 ans plus tard et bien que destiné en priorité à un large public, reste en France l'une des grandes références. Il est d'ailleurs toujours disponible sur le site de la fnac (édition de 1989 ou édition de 1999).

Nat 11/11/2008 09:49



Comme j'ai commandé un autre bouquin à la Fnac que je récupère lors de mon séjour, je regarderai en passant si je peux le trouver.



Mirage 10/11/2008 22:20

Zu Befehl!!!!

Comme le dit Nathalie, le corps d'Atatürk repose tout d'abord au musée ethnographique dans une tombe temporaire.
Dès le début de 1939, une commission parlementaire se réunit pour proposer un site pour accueillir la dépouille d'Atatürk. Mais les avis divergent. Certains veulent qu'il repose à Çankaya, la résidence officielle du président de la République, d'autres veulent l'enterrer dans un endroit moins symbolique. Le choix s'arrête sur un site, légèrement valloné aux confins de la Ville Nouvelle d'Ankara d'alors.
En 1942, 19 projets sont déposés pour la construction du mausolée qui sera confiée à deux architectes turcs fin 1943.
Pourquoi a-t-il fallu 10 ans pour construire le mausolée? Il y a à mon avis différentes raisons.
D'une part, la Turquie est à cette époque un pays encore très, très pauvre qui malgré les avancées spectaculaires dans certains domaines en est encore à panser les blessures et les dégâts profonds laissés par la première guerre mondiale et la guerre d'indépendance. Je dirais personnellement que la Turquie avait à l'époque d'autres chats bien plus importants à fouetter que de construire un mausolée. Il fallait (re-)construire le pays et en même temps manœuvrer (entre autres avec l'Angleterre et l'Allemagne) pour ne pas être embarqué dans la seconde guerre mondiale.
Et puis il y a très certainement aussi les querelles politiques tant au sein du Parti populaire (d'Atatürk) qu'entre celui-ci et le parti démocrate de Bayar et Menderes, qu'Inönü, le successeur d'Atatürk et son compagnon de combat pendant plus de 15 ans, autorisera en 1945.
Ironie de l'histoire, c'est Bayar, devenu Président de la République et Menderes, qui mèneront le cortège officiel qui accompagnera le corps d'Atatürk vers son mausolée.

Je tiens en grande partie ces infos du livre d'Alexandre Jevakhoff, "Kemal Atatürk, les chemins de l'Occident", qui, en dernière page, cite De Gaulle lors de sa visite officielle en Turquie en 1968
Au mausolée De Gaulle note dans le livre d'or: "De toutes les gloires, Atatürk a atteint la plus grande, celle du renouveau national".
A Dolmabahçe, De Gaulle écrit: "Atatürk pouvait mourir puisque la lumière brillait, puisque la flamme brûlait, puisque le pays était en marche".

Nat 11/11/2008 06:10



Merci vraiment Mirage pour ces informations qui vont intéresser Richard Dede autant que moi. Je note les références du livre en question qui me semble utile dans ma bibliothèque.



roxane 10/11/2008 12:12

"En 1938, le pays tout entier pleure la mort de ce grand Homme et vient s'incliner devant sa dépouille."

Ca c'est la propagande officielle ! Vu le "succès" qu'a eu la célébration de l'anniversaire de la République dans le Sud-Est, ça m'étonnerait que les petits vendeurs de mouchoirs fassent de gros bénefs aujourd'hui à Diyarbakir ou dans le Dersim...

Nat 10/11/2008 12:28


Joker ! Tu me permettras de ne pas te répondre... Quant à la première phrase, ce n'est pas moi qui l'est inventée et sa dépouille était alors à Istanbul.


Legleg 10/11/2008 12:09

Je n'étais pas au courant avant de lire ton article. Dans mon quartier (bashaksheir), je n'ai rien entendu.

Nat 10/11/2008 12:27


Les sirènes ne hurlent pas dans toute la ville, seulement dans certains points stratégiques. Mais chacun peut respecter une minute de silence n'importe où.


Caméléon des Neiges 10/11/2008 11:41

Bonjour Nathalie,
Nous avons été surpris lors d'un séjour à Istanbul d'entendre tout à coup les sirènes et de voir la ville s'arrêter, les conducteurs sortir de leur véhicule et se mettre au garde à vous. Nous n'étions pas au courant de cet événement et cela fut impressionnant.
Avec toute mon amitié,
Patrick

Nat 10/11/2008 12:25



Il est clair que c'est surprenant de voir une telle réaction. A présent tu sais pourquoi... Bonne journée.



Richard Lejeune 10/11/2008 08:54

Quinze ans avant que la dépouille d'un aussi grand dirigeant (aux yeux de la Turquie, en tout cas) ne repose dans le caveau sous le cénotaphe de son mausolée : n'est-ce pas un peu beaucoup ?
Quelles raisons invoque-t-on dans le pays pour expliquer un aussi long temps ?

Nat 10/11/2008 09:53



Une fois de plus c'est une excellente question mais à laquelle je ne suis pas en mesure de répondre en l'état de mes connaissances actuelles de ce point. Imdat Tülay, Mirage ou Rinaldo.... Kim
cevap verebilir ?



aytekin 10/11/2008 08:37

Salut,
Bien que je sois en Turquie, j'ai raté la minute de silence. Mais j'y étais par le coeur et les pensées :)
Gelecek sefere.
Merci pour cet hommage, Nat.
A+

Nat 10/11/2008 09:51



La pensée compte autant que l'action.



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