Du bretzel au simit

Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 17 ans.

Du bretzel au simit

Tous les 24 novembre, on fête les enseignants en Turquie

Comme souligné dans l'article du 29 octobre dernier, un des objectifs majeurs des réformes entreprises par Atatürk, après la création de la République, a été d'éduquer son peuple. Il n'a d'ailleurs pas hésité à se transformer en professeur ou en maître d'école et de montrer ainsi l'exemple.

Au vu de cela, le Conseil des Ministres du 11 novembre 1928 a proposé de lui conférer le titre de "Başöğretmen" des écoles du pays, c'est-à-dire de "Professeur Principal", au sens très noble du terme. Atatürk a accepté ce titre le 24 novembre de la même année.

 

              Classe d'anglais à l'école Atatürk de Hasankeyf, Sud-Est de la Turquie                         

Durant la Seconde Guerre Mondiale, les enseignants turcs ont été à la tête de plusieurs actions telles que la création des "Règles du Conseil" qui ont servi à diffuser la notion d'indépendance auprès du peuple ainsi que "le Front du Congrès National" dont les principaux intervenants au meeting de Sultanahmet, lors de l'occupation d'Izmir par les troupes ennemies, étaient des enseignants.


Aux yeux d'Atatürk, le métier d'enseignant est sacré. Les personnes qui l'exercent doivent y mettre tout leur coeur car elles éduquent des jeunes qui seront destinés à tous les corps de métier. Le travail dispensé par les enseignants permet à un peuple d'être civilisé, de se montrer fort du point de vue national, moral et culturel. L'instituteur ou le professeur est un exemple de par sa tenue, sa conduite et son aspect. Il est respectueux tant des droits de l'homme que de son environnement.

  
                              Adile a enseigné quelques années l'anglais à Hasankeyf

Atatürk a ainsi donné sa confiance totale au corps enseignant en disant "Professeurs ! Les nouvelles générations seront vos oeuvres ! Il n'y a que les enseignants qui peuvent sauver et libérer la Nation !"

 
                   Septembre 2007 à l'école Atatürk de Hasankeyf, Sud-Est de la Turquie

En 1981, année du centenaire de la naissance d'Atatürk, il a été décidé que le 24 novembre serait dorénavant "la Journée des Enseignants". Tous les ans, à cette date, on met en exergue la valeur et la place des enseignants dans la société turque.

Les problèmes soulevés par ceux-ci sont mis à l'ordre du jour, on commémore la mémoire de ceux qui ont servi l'éducation, on explique aux étudiants leur contribution et les nouveaux enseignants prêtent serment ce jour-là. Aussi, bonne fête à tous les enseignants turcs, "Öğretmenler günü kutlu olsun !"  

 

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D2A 24/11/2014 21:09

Je suis étudiant francophone en Turquie et nous venons aujourd'hui de rendre hommage à nos aimables professeurs. J'avoue que cette fête des profs n'existe pas chez moi mais je pus l'assurer, c'est vraiment un instant spéciale d'hommage et de communion avec nos enseignants qui s'acharnent jours après jours pour nous éclairer. Je pense que le monde entier devrait penser à faire une place au soleil pour tous ces enseignants qui sont en réalités les révélateurs de la future génération.

Richard Lejeune 26/11/2008 08:43

Décidément, je suis de jour en jour - d'article en article, en fait - de plus en plus ébahi de l'avancée de la Turquie, en bien des domaines, sur la "grande et toute puissante" Europe !

Une fête pour, d'une certaine manière, remercier les Enseignants d'être les éducateurs des futures générations ? Cela provoquerait assurément le fou rire généralisé en Belgique !

Je me souviens comme d'une blessure d'un journal télévisé pendant une grève des Professeurs de l'Enseignement secondaire de la Communauté française au cours duquel notre propre ministre de l'époque, censée défendre ses fonctionnaires de l'Education, avança qu'elle ne pouvait nous soutenir dans la mesure où avec déjà 182 jours de congés (près de la moitié d'une année civile, donc, selon ses savants calculs), nous serions bien malvenus, aux yeux de la population, de continuer à nous plaindre ...

Voilà comment certains, dans ce pays, nous considèrent : des gens en vacances perpétuelles.
En se gardant bien d'évoquer, évidemment, le nombre d'heures passées en bibliothèque pour rechercher notre documentation; le nombre d'autres heures, rentrés à la maison, que nous consacrons à mettre cette documentation "en musique" de façon à intéresser nos Etudiants; ainsi que d'autres encore pour corriger les travaux de ces "chères petites têtes blondes", etc., etc ...

Atatürk était véritablement, en la matière à tout le moins, un immense précurseur.

Et à lire certains commentaires, je doute qu'il ait fait des émules dans les pays européens.

Nat 26/11/2008 17:22


J'étais certaine que ce billet allait te faire réagir. Que seraient les enfants sans la richesse apportée par les enseignants, l'éveil, la curiosité, la culture, les souvenirs, par le travail
de  ceux qui sont passionnés comme tu l'as été et comme tu l'es toujours même à la retraite..(et comme d'autres amis profs pour lesquels c'est véritablement une vocation). Je remercie au
passage mon amie Tülay qui m'a donné l'idée de ce billet et qui m'a apporté son aide précieuse.


marte 25/11/2008 19:49

heu espérance juste pour info ils y sont tjs les cours d'éducation civique
l'intitulé exacte est "instruction civique et morale" et cela dès les petites classes.

Nat 25/11/2008 20:07


Merci pour la précision.


Cat 25/11/2008 10:25

C'est bien de voir qu'il y a encore des pays où les enseignants et l'éducation sont encore considérés comme les piliers d'un Etat!

Nat 25/11/2008 20:01


Absolument.


chantal 25/11/2008 09:59

En France il y a surtout à revoir que des parents baissent les bras et ne suivent pas suffisamment leurs enfants...

Nat 25/11/2008 20:00


Etre parent n'a jamais été facile mais semble l'être moins en moins de jour en jour.


esperance 24/11/2008 22:25

l éducation est ce qu'il y a de plus important
et les cours d'instruction civique devraient revenir dans nos écoles
bises

Nat 25/11/2008 07:04


Absolument d'accord avec ta suggestion, bises


Arlette 24/11/2008 20:33

Le respect est une des qualités que j'apprécie grandement en Turquie : envers les professeurs, envers les parents, envers les personnes âgées, qualité de plus en plus inexistante en Europe, et particulièrement en France.

Nat 24/11/2008 21:18


Tu as raison, je déplore également que cette qualité disparaisse du quotidien en Europe alors qu'elle est toujours encore bien ancrée en Turquie.


marie 24/11/2008 18:00

je ne serais pas aussi catégorique que perrine!
apr contre c'est sûr que faire une fête des enseignants en france ça serait pas mal plutôt que les faire passer pour des "branleurs" ( excusez-moi l'expression!!!). si les politiques étaient respectueux des enseigants en France peut-être que certaines choses iraient mieux. mais bon on dit qu'il faut diviser pour mieux régner alors....

Nat 24/11/2008 21:17


Je vous laisse maître de vos propos...


Nadine 24/11/2008 17:55

Et merci surtout à vous pour votre excellent blog sur ce pays magnifique que j'aime tant et qui me manque souvent (http://nadoch.over-blog.com/categorie-1247110.html). J'espère ne pas avoir déformé votre pensée en utilisant certaines de vos infos sur cet article :
http://nadoch.over-blog.com/article-25102748.html

Nat 24/11/2008 21:16


Bonsoir Nadine, je jettais justement un oeil tout à l'heure sur l'actualité dans la rubrique voyage et ai découvert votre billet... et du coup le lien sur mon site. Je prendrai connaissance de
votre article ainsi que de votre blog de façon générale à mon retour à Istanbul dans deux jours. A bientôt.


Perrine 24/11/2008 15:59

Moi ce qui me marque c'est le respect qu'on les jeunes en Turquie pour leurs professeurs.
Ici, en Belgique ou en France, c'est tout l'inverse!

Nat 24/11/2008 21:14


Ce manque de respect que tu évoques n'est pas seulement pour les professeurs, malheureusement...