Le Kurban Bayramı ou Fête du Sacrifice



La fête du sacrifice, "kurban bayramı" en turc, connue sous le nom d'"Aïd El Kebir" dans d'autres pays musulmans, coïncide avec la fin du pèlerinage annuel à La Mecque. Célébrée tous les ans deux mois et dix jours après la fin du Ramadan, d'une durée de 4 jours, elle a lieu cette année les 8, 9, 10 et 11 décembre.

Pour les musulmans, cette fête commémore l'acte de soumission du prophète Abraham à Dieu qui lui avait demandé de sacrifier son fils unique Ismaël. Abraham eut une vision au cours de laquelle il égorgeait son fils. Il en parla à ce dernier qui demanda à son père d'exécuter les ordres de Dieu. Abraham était prêt à sacrifier son enfant mais Dieu intervint et l'enfant fut remplacé par un bélier envoyé des cieux. La fête a pris le nom de "fête du sacrifice" et la tradition est de sacrifier un animal et de partager sa viande.

                         
                                                 "Le sacrifice" de Rembrandt

Durant les jours qui précèdent, on voit fleurir dans de nombreux quartiers des tentes sous lesquelles sont abrités les animaux à vendre et destinés au sacrifice, des moutons, vaches et boeufs. Certaines conditions doivent être respectées : par exemple, on ne peut sacrifier un veau qui n'a pas eu ses dents de sagesse ou un animal malade.

Je tiens à prévenir les âmes sensibles que certaines photos peuvent choquer certains d'entre vous. Le choix a été difficile car certaines auraient été encore bien plus difficiles à regarder.

   
                                     Le veau qui va être sacrifié aujourd'hui à Güney, Mer Noire

Une personne seule peut acheter un mouton. Pour les animaux de grande taille, jusqu'à 7 personnes peuvent se répartir l'achat. Le prix d'un mouton se situe entre 250 et 750 ytl (125 à 375 Euros) et celui d'un veau ou d'une vache entre 2000 et 6500 ytl selon le poids (1000 à 3250 Euros).

Le matin du premier jour de la fête, les hommes vont prier à la mosquée, après seulement, le sacrifice peut commencer.

 
                 Après avoir ligoté les pattes, on enlève le bandeau des yeux de la bête à sacrifier

Le ou les acheteurs de la bête remettent à tour de rôle le couteau au boucher et, par une prière, lui donne procuration pour exécuter l'animal. Du henné est parfois mis sur la tête de celui-ci et une prière est dite durant le sacrifice.

 
                       Procuration est donnée au boucher lors de la transmission du couteau

Les municipalités définissent tous les ans les endroits aménagés et habilités à la pratique. Seuls des professionnels ont, en principe, le droit de procéder au sacrifice. Tous les ans, certains enfreignent la loi et on dénombre des accidents parfois sérieux.

  
                          Une fois morte, la bête est déplacée pour pouvoir procéder au dépecage



Selon la religion musulmane, un tiers de la viande est cuit aussitôt dans la maison de l'acheteur, un tiers distribué aux pauvres et le dernier tiers réparti entre voisins et parents qui n'ont pas sacrifié de bête eux-mêmes.

                    
                              Après le sectionnement des pattes, la peau est enlevée

On donne souvent la peau de l'animal à "türk hava kurumu" (l'aviation turque) qui la collecte dans les villes et quartiers. Les bénéfices, tirés de la revente aux tanneurs, permettent de venir en aide aux familles de soldats morts en fonction.

  
                         Il faut compter une bonne heure de travail pour la découpe complète

La viande sacrifiée est utilisée pour la réalisation d'un plat délicieux, le kavurma. Elle est cuite en petits morceaux dans une casserole avec un soupçon de matière grasse, un peu de tomate, des oignons et des poivrons. On utilise les tripes pour faire de la soupe (işkembe), les pieds et la tête pour faire de la paça çorbası, une autre soupe.

                         
                              Les pattes qui vont servir à la confection de la paça çorbası

Dans les petites villes et les villages, chaque famille qui fait le kavurma et reçoit de la visite offre un repas en commun, complété par des baklava, des börek et des dolma. Le kavurma restant peut être conservé en bocaux dans sa graisse, tel un confit.

             
                                Les quartiers sont découpés, le plus dur est fait !
 
Comme lors du şeker bayramı (fête du sucre) qui célèbre la fin du Ramadan, c'est l'occasion de rendre visite à la famille, aux voisins et aux amis pour se souhaiter bonne fête.

Bayramınız kutlu olsun ! Bonne fête !

Jean-Yves 10/12/2008 16:21

Et bien ! Rien n'est laissé au hsard le paratge de la viande, la récupération de la peau...
C'est vrai que cela peut hurter... Mais ca va encore !
Superbe illustration de Rembrandt !
Jean-Yves

Nat 11/12/2008 08:50


Tout est parfaitement orchestré...


Isis 09/12/2008 09:55

Ils st assimiles a la societe anglaise....

Nat 09/12/2008 11:01



Tamam !



Enver 09/12/2008 00:30

Merhaba chère Nat,
Seninde bayramini kutlarim, ayriyeten sms gönderdigin içinde çok tesekkur ederim.

On s'est habitué à apprendre pleines de choses avec toi grâce à ton blog.
Merci encore de partager ces moments avec nous.
Enver

Nat 09/12/2008 07:10



Sevgili Enver, c'est grâce à toi et à Tülay par exemple que j'apprends tant de choses sur vos traditions et vos origines qui me permettent ensuite de les partager avec tous les lecteurs aussi
curieux que moi.



Isis 08/12/2008 23:54

Nath senin ve herkesin Kurban bayrami kutlu olsun! daha nice bayramlara!

Cela me rappelle quand mes parents egorgeaient l'agneau...ils l'ont encore fait aujourd'hui. On faisait le kavurma, et les confits comme autrefois ds la graisse.. le paca avec le kele, etc... Ici, point de tt cela. Les Turcs sont assimiles.

Nat 09/12/2008 07:08


Je pense qu'il manque un bout de ton commentaire à la fin... ma chère Isis. Ici (en Angleterre où tu vis) à quoi sont assimilés les Turcs ?


Ümmahan 08/12/2008 22:37

bayramin mubarek olsun

que de souvenirs remontent en voyant les photos.
je trouve ça très beau de rrespecter autant l'animal qui va nous nourrir un certain temps.

bonne et belle semain de bayram

Nat 09/12/2008 07:07


Le respect, quel qu'il soit, est une des valeurs-clés à mes yeux. Merci pour tes bons voeux et reçois les miens également.


Mirage 08/12/2008 21:38

Tout à fait d'accord avec Cat!
Ceux qui par chez nous s'offusquent de la façon dont les musulmans abattent les animaux, ont en fait perdu tout rapport à leurs racines. Mon grand-père tuait ses lapins de la même manière, le principal étant que le sang s'écoule le plus vite possible, évitant ainsi que l'adrenaline entre autres se fixe dans les fibres musculaires. Et cela se ressent ensuite dans la viande! D'ailleurs pour ce qui est de la viande d'agneau je n'achète plus depuis plusieurs années que de la viande halal chez un boucher marocain qui est livré directement par un éleveur du pays souabe. Les bêtes sont contrôlées tôt le matin par le vétérinaire, abattues ensuite selon le rite musulsam et livrées quelques heures plus tard à la boucherie. Cette viande, un délice!

Iyi bayramlar à toutes et à tous!

Nat 09/12/2008 07:06


Le goût de la viande est effectivement différent selon la façon dont l'animal vit ses derniers instants. J'ai d'ailleurs été conquise par le moelleux du kavurma et du foie dégustés hier soir
sachant que le veau était encore sur pattes le matin.


Perrine 08/12/2008 17:22

Coucou Nathalie!!
Kurban bayrami kutlu olsun!

Nat 08/12/2008 17:50


Sana ve Ali'ye bayramınız kutlu olsun !


Ismail 08/12/2008 15:39

Pour les "büyükbaş" (veaux, boeufs) il vaut mieux confier ça a un professionel, les accidents sont nombreux pour cause d'amateurisme (rendez-vous ce soir au journal de 20 h turc, esperons que personne se tranchera l'artere femorale cette année).

Pour les "küçükbaş" (moutons, chevres) par contre c'est pas bien difficile, j'en ai abattu moi-meme 3 ce matin. Faut juste faire attention qu'il se sauve pas (un mouton ça court vite et ça fait des bons de 1m50-2m)

Pour la priere de la fete le matin, a la base (d'apres les textes), elle n'est pas reservée aux hommes, bienau contraire. Le probleme c'est que les mosquées sont archi-pleines ce jour-la et les parties qui leurs sont normalement reservées aux femmes sont occupées par les hommes ce jour-la. Dans la plupart des pays arabes que je connais (et en France aussi), les musulmans se rendent souvent en famille a la priere du bayram.

Nat 08/12/2008 16:45


Durant le bayram, les femmes sont tellement affairées en cuisine... En général, en Turquie, on voit partout bien moins de femmes venir prier à la mosquée que d'hommes.


Cat 08/12/2008 15:25

J'imagine que certains vont dire "quelle horreur"! Pour moi c'est moins pire que les conditions d'abattage à la chaîne telles qu'on les pratique dans les pays occidentaux. Et tu as raison de montrer ces images. Car la plupart des gens se font de fausses idées. Et même si en fin de compte on en vient à provoquer la mort de l'animal, j'ai vu pour ma part procéder des marocains et leur soucis principal consistait à tuer l'animal rapidement pour qu'il souffre le moins possible. Il y avait une forme de respect quoi qu'on en dise. Et j'estime qu'à partir du moment ou on mange de la viande on a pas le droit de s'offusquer de la façon dont les musulmans tuent les animaux parce que chez nous les animaux sont encore moins respectés!

Nat 08/12/2008 16:43


Effectivement, le sacrifice est effectué en général d'un seul coup de couteau pour réduire les souffrances de la bête au maximum.


fée des agrumes 08/12/2008 14:38

Je dis iyi bayramlar, ça va aussi?
yada iyi kurban bayramiler
Personne ne me corrige amors je ne sais pas si c'est bon !

Nat 08/12/2008 15:13



Iyi bayramlar c'est parfait, mais pas la seconde expression.



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