Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 18 ans.

Du bretzel au simit

Les "Pensées flottantes" de Hakan, le turc et Sophie, la belge


Rien ne laisse présager qu'Hakan et Sophie vont se rencontrer à des milliers de kilomètres de leurs pays natals respectifs... et dans des conditions peu communes.

Hakan Öge, 44 ans, est né à Samsun, en Mer Noire. Il grandit à Ordu puis vient habiter à Istanbul et poursuit ses études au lycée de garçons Saint-Michel à Istanbul.

Grand sportif, il est entre autres champion de cyclisme junior de Turquie à l'âge de 18 ans. Alpiniste, il fait également de l'escalade, du windsurf et du parapente. Il est d'ailleurs le second turc à introduire le parapente dans son pays natal et enseigne cette discipline.

En 1998-99, il sera un des premiers turcs à traverser une partie de la Turquie en paramoteur sur une distance de 950 km entre Sinop et Anamur.

           
                            Hakan Öge, photo mise à disposition par Hakan et Sophie

C'est avant tout un aventurier dans l'âme ! A la fin des années 60, Sadun Boro est le premier turc à effectuer, avec son épouse, un tour du monde en voilier en presque 3 ans. Hakan entend parler de cet exploit vers l'âge de 14-15 ans et se dit alors "Moi aussi, je dois faire cela un jour." Dans ses rêves les plus fous, il s'imagine réaliser cet exploit avec la personne qu'il aime...

Le fınancement du voyage est assuré par la revue mensuelle Atlas avec laquelle il collabore depuis 15 ans. Il leur fournit un article rémunéré par mois en échange d'un salaire qui lui permet d'assurer les vivres et dispose également d'une aide financière en cas de problème technique.

            
          Hakan, premier turc à mettre les pieds en Patagonie, photo fournie par Hakan et Sophie


Hakan a également d'autres cordes à son arc, telle la photo, en particulier la photo aérienne, un de ses domaines de prédilection.

Sophie Hunter, quant à elle, est née à Anvers il y a 37 ans de cela. Après avoir étudié la photographie, elle travaille sur des paquebots. Elle a ainsi l'occasion de venir à Istanbul, voilà 10 ans. Elle se souvient du regard des hommes qui la terrorisait à l'époque...

Hakan commence ainsi son tour du monde à la voile en solitaire prévu pour durer deux ans sur le Mardek, voilier adapté pour voguer les week-ends mais pas pour une telle expédition.  

Le départ d'Istanbul a lieu le 2 mai 2004. Il arrive au Cap Vert le 25 octobre 2004 et va s'y arrêter 2 à 3 semaines.


          
                  Le tracé du tour de monde effectué, reproduction fournie par Hakan et Sophie


C'est là que sa route va croiser début novembre celle de Sophie. Venue avec sa soeur et son beau-frère qui ont décidé de faire le tour du monde en catamaran, elle a prévu de traverser avec eux l'Atlantique. Leurs bateaux sont amarrés côte à côte. C'est le coup de foudre immédiat ! 

Ils prévoient de se retrouver dans les Caraïbes après la traversée de l'Océan Atlantique. Hakan part le premier, le 21 novembre. Dans la nuit de pleine lune du 27 novembre, les bateaux se retrouvent. A bord d'un Zodiac, Sophie rejoint Hakan pour attendre avec lui le lever du jour. Au bout de 10 mn, la décision est prise, elle va continuer la route avec lui, munie d'une robe et de ses lunettes de soleil. Elle récupèrera ses affaires plus tard en Martinique.

        
                Hakan et Sophie aux côtés du Mardek, photo founie par Hakan et Sophie

Après la Transatlantique qui dure 19 jours, la trajectoire d'origine établie par Hakan devait passer par le Cap de Panama, finalement toute l'Amérique du Sud sera longée par l'Est jusqu'au Cap Horn.

Deux mois seront nécessaires pour atteindre les îles Gambier en Polynésie Française. Un jour de juin 2006 sur une île déserte dans l'archipel des Tuamotu, ils se marient sous l'eau avec pour seuls témoins les poissons du Pacifique. Le mariage officiel sera célébré bien plus tard, en avril 2008.
                                  
                            
          
            Mariage sous-marin dans les eaux du Pacifique, photo fournie par Hakan et Sophie

La route continue par l'Australie, l'Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande, les Maldives, le Soudan, l'Egypte, Israël. Le retour à Istanbul a lieu le 15 juillet 2007 : le tour du monde en solo aura finalement duré trois ans au lieu des deux prévus et se sera transformé en duo...

          
                  15 juillet 2007, Kalamış, Istanbul, photo fournie par Hakan et Sophie

Hakan et Sophie vivent encore le processus d'adaptation à la terre ferme entre la Turquie et la Belgique. Il paraît que sa durée est équivalente à la période passée seuls en mer...

Hakan a repris son ancienne activité professionnelle, celle de ... dentiste. Un autre projet verra peut-être le jour, celui de construire un nouveau bateau, en acier cette fois, pour réaliser un voyage en Arctique et en Antarctique.

            
                                                   Sur une des iles des Princes

En attendant, un très beau livre vient de paraître aux Editions Denizbank , fruit de cette aventure hors du commun "Duygularla akmak/floating thoughts". Les photos qui illustrent celui-ci permettent de revivre le voyage. Le texte, quant à lui, en turc et en anglais, fait ressortir les impressions, le vécu intérieur, les émotions de chacun à travers des petits chapitres où le poids des mots suffit à comprendre.

                                
                                                Le livre de Hakan et de Sophie

Sur l'eau, on vit au rythme des saisons, le temps devient élastique et on perd la notion du calendrier. Les besoins ne sont pas les mêmes, tout est différent... et on devient différent. On est livrés aux éléments, aucun regard extérieur, on se retrouve en tête-à-tête avec soi-même. Les valeurs sont bousculées, deviennent flexibles en fonction de ce qu'on vit sur l'eau.

On trouve ce superbe ouvrage dans toutes les bonnes librairies d'Istanbul ainsi que sur le net http://www.kitapdenizi.com/kitap/, http://www.pandora.com.tr/urun.aspx?id=175758, http://www.kitappazarlama.com/magaza/prddet.php?pid=113972, entre autres.



Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
En effet leur histoire est bien réelle..Nous les avons rencontré et invité sur notre voilier au Brésil (Salvador de Bahia) en 2005 ou nous avons pu lire un article sur la revue " elle" de leur histoire d'amour . Nous avons même une photo de leur départ de Salvador .
Hélas je n'arrive plus à correspondre avec eux ..plus d'adresse mail..si quelqu'un peut me renseigner , merci par avance . Mary et Gérald
Répondre
N
Bonjour Mary et Gérard, je vais leur envoyer votre commentaire et votre adresse mail...
S
tututututututut
Répondre
N


En français, cela se traduit par quoi ???



M
Une belle histoire d’amour exceptionnel! C’est plutôt une conte de fée :-)
Répondre
N

Un conte de fées des temps mondernes, une histoire d'ô !


A
Je parie que l'aventure n'est pas terminée pour eux, mais ce qu'ils ont vécu suffirait à remplir la vie de bien d'autres personnes. En voilà deux qui n'auront pas de regrets plus tard. Mes voeux les accompagnent pour la suite de leurs exploits.
Répondre
N

Oui, on peut dire qu'ils en ont déjà profité plus que la normale... et c'est tant mieux.


L
Quelle épopée ! c'est merveilleux de réaliser un tel rêve - bisous
Répondre
N

Sacrée épopée en effet !!!


R
Désolé, mon commentaire est parti avant qu'il soit terminé (fausse manoeuvre de ma part ...)

Je reprends donc (et tu peux ainsi effacer le précédent) :

Clin d'oeil (d'Horus) délibéré à la Belgique, ton commentaire de ce matin à 5, 50 H. ???
Ou est-il le fruit du plus grand hasard ????

En effet, la devise officielle depuis sa création au début du XIXème siècle étant : "L'Union fait la force", s'agissant bien évidemment de concrétiser à l'époque l'union entre la partie néerlandophone et la partie francophone du nouveau pays qui se constituait, suite à la révolution de 1830 nous séparant officiellement des Pays-Bas.
Répondre
N

La boucle est ainsi bouclée...


M
Quelle belle histoire dans ce monde de brutes...
Répondre
N

Oui, cela change un peu...


S
waouwwwwwww très intéressant l'un turc(de mon pays natal) et l'autre belge (mon pays d'accueil)...Je suis fière de vous!!félicitation......
Répondre
N


Encore une belle preuve que l'union fait la force !



M
Merveilleuse histoire et souhaitons leur à tous les deux qu'elle se pousuive avec autant d'intensité mmaintenant qu'ils ont retrouvé le plancher des vaches!!!

J'aimerais aussi bein savoir si l'oeil qui se trouve sur le bateau et que j'ai déjà vu très souvent sous des formes plus ou moins semblables sur toute sorte de bateaux en Méditerranée est à mettre en rapport avec l'oeil d'Horus dont parle Richard.
Répondre
N

Ta curiosité va être satisfaite, regarde sous le commentaire de Richard ce que je viens de rajouter...


R
Un jour, très lointain, lors du combat qui l'opposa au dieu Seth, Horus perdit l'oeil gauche.
Le dieu Thot, par magie, le lui guérit et le lui rendit, en en faisant le prototype même de l'intégrité physique. Cet oeil, appelé "oudjat", en égyptien (= sain) est devenu un symbole de santé morale et physique.

Je me refuse totalement à croire que c'est le hasard qui a amené Hakan à faire représenter cet oeil "oudjat", cet oeil gauche d'Horus, éminemment protecteur, sous le nom même de son bateau, le "Mardek" ... (Comme tu l'as probablement toi aussi remarqué sur le quatrième cliché de ton reportage).

Que voilà une bien belle histoire sous une bien belle et antique protection !

PS. Au fait, que signifie le terme "Mardek" ?
Répondre
N


J'avais remarqué en effet cet oeil qui me rappelait bien quelque chose mais comme j'ai disposé de cette photo ce matin avant de publier l'article, je ne m'y suis pas attardée plus longuement...
Je te ferai part des informations que je viens de demander à l'intéressé pour pouvoir te répondre...
Voici les réponses de Hakan cher Richard :

Oui, je savais pour l'oeil d'oudjat. J'aimais beaucoup sa forme. C'est un cadeau d'un professeur au Brésil. Il l'a fait et mis sur le bateau. On était tres content de recevoir un oeil
"protecteur", comme "nazar boncuğu".
MARDEK c'est la fonte de deux mots : "Mar" de martı et "dek" de ördek. C'est une mouette qui fait semblant d'être un canard.