Du bretzel au simit

Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 17 ans.

Du bretzel au simit

Etre fort comme un turc

Je reste toujours perplexe devant la force physique des turcs, en particulier quand je me retrouve nez à nez avec des porteurs qui gagnent leur vie à la tâche en chargeant et déchargeant des livraisons lourdes et volumineuses.

                         
                           Porteur dans le quartier de Sirkeci à Istanbul, un samedi matin

L'expression "être fort comme un turc" est en fait très ancienne. Les luttes menées par les turcs pour fonder l'empire ottoman (XIV et XVème siècles) leur ont valu la réputation d'être persévérants, donc "forts". Plus tard, aux XVIIème et au XVIIIème siècles, cette expression avait un sens assez négatif, car à l'époque, c'était une force non pas physique mais brutale...

De nos jours, cette expression, utilisée au quotidien, signifie "être très fort physiquement" et là, il n'y a pas de doute possible.

  fevrier-suite-095-copy.jpg          
                                                              Au repos

Je prévois dans un proche avenir de prendre du temps pour discuter avec ces porteurs qui m'étonneront toujours, afin d'en savoir plus sur eux. 

                           
                   Hier matin, près de Mahmut Paşa Yokuşu, derrière le Grand Bazar

Combien de fois en ai-je vu transporter  sur leur dos des réfrigérateurs plus grands qu'eux ou des charges aux dimensions impressionnantes.

                         
                               Quelques minutes plus tard, un autre porteur

Comment gagnent-ils leur vie, comment leur dos supporte-t-il de tels poids, l'organisation de leur travail, sont-ils employés ou indépendants, toutes ces questions, je me les pose depuis longtemps déjà et je souhaite bien obtenir des réponses.

                          
                     Quelques dizaines de mètres plus bas, trois porteurs en pleine expédition

 

 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

bousserez 16/09/2014 15:34

je ne suis allé qu'une fois à ISTANBUL en 1971 ; à l'époque , les porteurs avaient un grand plateau de bois sur le dos , marchaient "à l'équerre" et descendaient vers le port de GALATA avec des chargements impressionnants sur le dos , sans pouvoir s'arrêter et criaient pour qu'on leur laisse le passage ; ces plateaux ont ensuite été interdits si je me souviens bien pour laisser place aux harnais que vous montrez sur vos photos , mais avec mon épouse nous avions été très impressionnés ... et avions compris alors l'expression " fort comme un turc" !
Plus récemment , il ne faut pas oublier l'haltérophile SULEYMANOGLOU tout petit en taille , mais qui portait près de 3 fois son poids de corps à l'épaulé-jeté et fut plusieurs fois champion olympique
pour la turquie puis un autre pays !!! Bonnes recherches , j'aimerais savoir jusqu'à quel poids ces portefaix pouvaient porter ...

Marie-Claude 28/07/2012 12:06

Ah, ça oui, Nat, je suis autant admirative que toi, sur ce plan. Mais s'il n'y avait pas toutes ces aides en France, peut être y aurait t'il plus d'hommes courageux comme le sont les turcs ? C'est
encore un vaste débat ;) bonne journée.

Nat 28/07/2012 12:08



Vaste débat en effet !!!



Marie-Claude 28/07/2012 11:47

C'est certainement un vaste sujet à développer. Comme le dis le jeune Seyran, on ne se préoccupe pas de savoir si, dans le futur, on aura des problèmes de santé car il faut bien vivre, selon
l'expression consacrée. Quand je vois ces hommes, jeunes et moins jeunes, je suis plus triste qu'admirative... A Venise, on peut voir également des vénitiens "forts comme des turcs", situation
oblige. ;)

Nat 28/07/2012 11:51



Tu sais, il y a des gens qui ont des problèmes de santé sans pour autant travailler comme le font ces gens, "kısmet" comme on dit par ici... Moi, je suis vraiment admirative du fait que je ne
pense pas qu'un français moyen accepterait de faire ce genre de travail pour nourrir sa famille, je le vois sous cet aspect-là... Il préférera toucher les Assedic...



seyran 21/05/2009 10:05

Bonjour Yasmeen, J'ai que 13 ans mais je peux quand-meme répondre à ta question, Les "porteurs" comme vous dite n'ont pas de temps a accordé a leur santé, Les enfants en Turquie travaille des l'age de 6 ou 7 ans dans les chantier, en vandent des objet... donc ils sont deja abitué a ces choses là... Mais cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas de probléme de dos .... :) j'éspére pouvoire repondu a ta question , A Bientot =)

Nat 21/05/2009 20:28


Merhaba Seyran, même s'il y a effectivement des enfants qui font des petits boulots dans la rue ou dans certains ateliers, on ne peut pas dire que c'est la majorité, heureusement. Tu sais, en
écrivant comme cela, des lecteurs peuvent croire le contraire... Il faudra que je développe ces sujets-là pour que les gens comprennent mieux la situation. Quant aux problèmes de dos, c'est une des
maladies du siècle, porteur ou pas porteur, sachant que certains métiers sont plus à risques évidemment. Kendine iyi bak !


Mirage 09/02/2009 01:50

C'est bien vrai que c'est époustouflant quand on voit ce qu'ils portent sur leur dos!
Et encore plus quand on les voit dévaler presque au pas de course les rues et ruelles escarpées d'Istanbul. Mais là il vaut mieux s'arrêter sur un pas de porte pour éviter tout carambolage!

Nat 09/02/2009 06:25


Oui, il vaut mieux se faire petit et les laisser passer quand ils sont pris dans leur élan.


yasmeen 08/02/2009 17:44

bonjour Nathalie,
mais ces gens n'ont-ils jamais de problèmes de dos?comme vous dites,ils pratiquent jusqu'à un certain âge.comment gèrent-ils leur métier côté santé?
---peut-être suis-je trop préssée et vous nous donnerez tous ces détails dont nous sommes si friands une fois que vous rédigerez l'article!
hate de le découvrir en tout cas! :)

Nat 08/02/2009 18:45


Avant de pouvoir rédiger cet article, il faut en effet que j'ai d'abord les éléments de réponse... Je prends note de vos questions pour compléter les miennes. A bientôt Yasmeen.


Ophiucius 08/02/2009 15:19

Bonjour Nathalie,
Je pense que nous sommes tous étonnés devant cette force dans la mesure où nous nous sommes calfeutrés derrière le progrès. Attention loin de moi l'idée de dénigrer ces porteurs (je suis plus que certain de ne pas pouvoir faire ne serait ce qu'une heure de leur travail). Dans certains pays j'ai été étonné de voir les charges que certains poussent, tirent ou portent. Ceci très certainement pour des sommes dérisoires, voir même simplement pour leur propre usage. Ici beaucoup se plaignent de leurs conditions de travail, mais je pense qu'ils devraient prendre un peu de recul et profiter des avantages de la modernité en toute connaissance de cause, ce qui j'en conviens force notre respect envers tous ces 'porteurs' mais bien d'autres esclaves du travail...

Nat 08/02/2009 15:34


Bonjour Hervé, quand tu dis "ici", tu parles de la France je présume ? Je pense aussi à ces livrer de bonbonnes d'eau ou de bouteilles de gaz qui viennent apporter à domicile en Turquie et
montent les étages dépourvus d'ascenseurs (comme chez moi) sans rechigner. Ils font leur boulot tout simplement... et chaque travail mérite respect.


Caméléon des Neiges 08/02/2009 10:19

Bonjour Nathalie,
Tu peux aussi préciser que ces portefaix sont utiles soit pour transporter les marchandises dans les nombreuses rues totalement inaccessibles aux véhicules, soit pour monter les marchandises dans les immeubles et hans dépourvus d'ascenseurs.
J'ai souvent été frappé par le grand âge de certains d'entre-eux.
Bon dimanche!

Nat 08/02/2009 10:35



Oui, Patrick, tu as tout à fait raison. Je donnerai toutes ces précisions lors de l'article consacré à cette profession lorsque j'aurai rassemblé toutes les réponses à mes questions. Je pense que
certaines personnes ont fait ça toute leur vie... Bon dimanche à toi aussi.