L'avant-dernier séjour de Pierre Loti à Istanbul en 1910

Pierre Loti de son nom d'écrivain, Jules Viaud pour l'état civil, continue de faire couler beaucoup d'encre, lui qui a tant aimé la Turquie et son peuple.

Son sixième et avant-dernier séjour à Istanbul a lieu en 1910, après son admission à la retraite au début de la même année. Le 15 août, il arrive à Stamboul, cette ville qu'il a laissée derriere lui en 1903. Il séjourne d'abord chez ses amis Ostrorog à Kandilli, sur la rive asiatique du Bosphore.

 

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                              Loti accueilli à sa descente de bateau

Il vient en fait pour essayer de comprendre le mystère autour de la mort de Leyla, qui se serait tuée par amour pour lui et par refus de se marier avec un autre homme qu'on veut lui imposer pour époux. Loti veut absolument se loger dans la vieille ville. Mais aucun des hôtels  qu'il visite ne lui convient.

Des amis lui trouvent finalement une maison à louer qui appartient alors à Kemal bey, jeune officier de l'armée turque, dont la famille est absente pour un moment, et qui accepte de la mettre à sa disposition.

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                               La façade rénovée de l'immeuble

Cette demeure se trouve à Çemberlitaş, au 15 de Yeniçeriler Caddesi (appelée aussi Divan Yolu), la grande avenue que tout le monde connaît à Istanbul, habitants ou touristes de quelques jours. De nos jours, le tramway venant de Sultanahmet en direction du Grand Bazar, y passe.

Pourtant, combien d'entre nous sont passés devant sans lever le nez pour y voir la plaque commémorative apposée en juillet 1920 par la mairie d'Istanbul en souvenir de l'hôte qui y a habité durant quelques mois ?

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                          Lors de la pose de la plaque de marbre en 1920 

Le confort était plus que modeste, quelques nattes sur le sol seulement. C'est avec son personnel composé d'Osman et de deux turcs à son service, connus lors de son précédent séjour, qu'il emménage là.

 

Cet emplacement en plein coeur de la ville lui permet de vivre comme il aime, fréquenter les mosquées environnantes à l'appel du muezzin, fumer le narguilé sur la terrasse des cafés du quartier...

 

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Lorsque Loti doit rendre les clés de la maison au retour de l'officier et de sa famille, il séjourne un moment dans la maison de campagne du Consul de France à Ortaköy, se remettant d'une forte fièvre qui le terrasse le premier jour du Ramadan.

La maison habitée à Çemberlitaş par cet amoureux de la Turquie est la seule que l'on peut encore voir aujourd'hui à Istanbul. Elle était occupée partiellement par le restaurant-café Gazel et actuellement mar le restaurant Vuslat ainsi que par des ateliers aux étages supérieurs ajoutés à la fin des années 60. 

 

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Un projet de transformation du premier étage en musée-café Pierre Loti existe. Le propriétaire du bâtiment ainsi que le directeur ont déjà été en contact, il y a un peu plus d'un an, avec la maison-musée Pierre Loti à Rochefort-sur-Mer, susceptible de leur mettre à disposition des objets habituellement visibles dans la maison de famille française de l'écrivain.

Affaire à suivre...

Note : le livre de Faruk Ersöz "A Stamboul avec Pierre Loti" m'a permis de trouver un certain nombre de renseignements concernant le séjour de 1910 évoqué dans cet article.


Tülay 05/03/2009 14:38

Pour répondre a Richard Dede (si je puis me permettre), il existe a Yesilköy pres de l'aéroport a Istanbul, une pension. Je passe souvent devant mais je n'y ai jamais mis les pieds. Si cela vous intéresse, je peux me renseigner a mon retour a Istanbul.

Nat 05/03/2009 17:30


Bonne idée Tülay, cela m'intéresse aussi d'en savoir plus, tu t'en doutes car ce genre d'adresse est plus que rare à Istanbul.


Richard LEJEUNE 04/03/2009 22:06

Je voudrais maintenant profiter des mots lus dans ton article à propos de Loti (logement, maison, confort, séjour ...) pour, très égoïstement, te demander (et tu comprendras que ma question n'est pas anodine ...) : existe-t-il, à Istanboul ou dans les environs une possibilité de chambres d'hôtes (comme c'est le cas un peu partout en France, notamment) où les touristes étrangers logent et déjeunent ainsi chez l'habitant ?
Ou l'hôtel est-il l'incontournable obligation pour un séjour en Turquie ?

Nat 05/03/2009 06:53


A Istanbul même, cette formule est pratiquement inexistante. Par contre, dans tout le reste de la pays, les pensions de famille sont nombreuses. Par contre, si les "tables d'hôtes" pouvaient se
développer comme elles existent en France, j'en serais ravie.


Richard LEJEUNE 04/03/2009 21:59

J'abonde absolument dans le sens du commentaire lu ci-dessus (M&M) : Pierre Loti est bien plus apprécié et "honoré" en Turquie qu'en Europe francophone occidentale.
Et mis à part le récit de son séjour en Egypte qui, finalement ne me semble connu que de la communauté des historiens et des égyptologues (et auquel je consacre un article ce prochain samedi, comme je te l'ai annoncé), ses écrits ne sont même plus signalés dans les cours de littérature. En Belgique, à tout le moins; je ne puis me prononcer pour ce qui concerne l'Enseignement en France).

Heureux, donc, qu'après certains de tes précédents articles brossant son portrait, tu reviennes aujourd'hui sur un personnage dont le franc parler ne fit pas que des amis.
C'est peut-être là aussi qu'il faut aller chercher cette sorte d'ostracisme à son encontre ...

Nat 05/03/2009 06:50


Il est vrai qu'il n'est pas toujours de bon ton de dire tout haut ce qu'on pense. Pourtant, "Pêcheur d'Islande" fait partie des grands classiques me semble-t-il.


Danielle de Strasbourg 04/03/2009 16:19

Je remonte dans le train du voyage et avec Pierre Loti,quelle aventure....

Nat 04/03/2009 18:26



C'est toujours l'aventure avec Loti...



M&M 04/03/2009 12:30

Merci de nous replonger dans notre histoire littéraire. Pierre Loti est sans doute plus connu à Istanbul qu'en France (à part à Rcohefort). Sa maison natale y est "spéciale" et sa pièce tursque est une fantastique "reproduction" de ce que l'on peut voir en Turquie. Je mesuis bcp intéressée à P. Loti lorsque j'ai ouvert ma bibliothèque communale et lors de l'exposition sur Istanbul que j'ai réalisée en 2007.
Gros Schmoutz et à bientôt (le mois de mai se rapproche à grands pas...)

Nat 04/03/2009 18:25


J'ai visité sa maison à deux reprises, en 1986, alors que la Turquie était totalement inconnue pour moi et j'avais déjà craqué pour cette maison hors du commun. J'y suis retournée en été 2003,
avant de m'installer ici pour me réimprégner de tous les souvenirs gardés. Je ne doute pas que ta bibliothèque municipale ait des ouvrages de cet auteur. Bis boll, schmoutz.


Perrine 04/03/2009 10:11

Récit passionnant, surtout la partie avec Leyla (c'est triste mais romantique)!!
Sache que même si je ne laisse pas de commentaire très souvent, pas un jour ne passe sans que je consulte ton blog Nathaliecim!

Nat 04/03/2009 10:29


Je sais que tu fais partie des "accros" et je t'en remercie, Perrinecim...


Cat la mansardienne 04/03/2009 10:10

Un reportage passionnant merci, qui me redonne l'envie de relire Aziyadé!

Nat 04/03/2009 10:28


J'aimerais bien attaquer "Fantômes d'Orient" ou "Les Désenchantées"...


chantal 04/03/2009 09:44

après la montée par le funiculaire, je me rappelle avec plaisir ce moment de détente au café Pierre LOTI, puis la descente par le cimetière. .... Nathalie

Nat 04/03/2009 09:56


Cet endroit figure parmi les endroits où j'aime venir régulièrement...


Nina d'İstanbul 04/03/2009 08:36

Les sourcils étaient bruns, légèrement froncés, rapprochés jusqu'à se rejoindre ; l'expression de ce regard était un mélange d'énergie et de naïveté ; on eût dit un regard d'enfant, tant il avait de fraîcheur et de jeunesse.
La jeune femme qui avait ces yeux se leva, et montra jusqu'à la ceinture sa taille enveloppée d'un camail à la turque (féredjé) aux plis longs et rigides. Le camail était de soie verte, orné de broderies d'argent.
Un voile blanc enveloppait soigneusement la tête, n'en laissant paraître que le front et les grands yeux. Les prunelles étaient bien vertes, de cette teinte vert de mer d'autrefois chantée par les poètes d'Orient.
Cette jeune femme était Aziyadé.


İnvitation à la lecture.. prenez le livre et allez donc le lire au Café pierre Loti sur la corne d'or.. en ces beaux jours ...

Nat 04/03/2009 08:55


J'adore ce livre auquel j'ai consacré un billet  http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-21198449.html, de même
qu'au café Pierre Loti. http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-21219337.html. Merci pour l'invitation que
j'accepterais bien volontiers.


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