Du bretzel au simit

Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 17 ans.

Du bretzel au simit

La plaine de Silifke et le delta de la Göksu aux richesses multiples


Au Sud de la ville de Silifke s'étend la plaine du même nom ainsi que le delta de la Göksu, fleuve de 260 kilomètres de long qui prend sa source dans les montagnes du Taurus et se jette dans la Méditerranée


                

Ce secteur comprend deux richesses particulières, sa production maraîchère de toute première importance, et son avifaune.  

On trouve bien évidemment, comme dans la toute région côtière d'Adana et à l'ouest de cette ville, des orangers et surtout des citronniers par milliers.
        
                            
                                      Les citronniers croulent sous le poids des fruits.

Outre le blé et la fève, l'arachide faisait partie il y a encore dix ans des produits récoltés. Cette dernière a fait place à la tomate mais surtout à la fraise. Des serres abritant des plants de tomates composent une bonne partie du paysage.

             

Les champs de fraise sont également visibles partout à la ronde, soit sous serres, soit à ciel ouvert.                

                  

Même si l'on est dimanche le jour de ma première promenade dans le secteur, des personnes s'affairent au bord de la route, la fraise n'attend pas...

                  

L'exploitant à qui je m'adresse, est propriétaire d'une centaine de rangées de fraisiers ... et d'une soixantaine de rangées de plants de tomates. La saison du délicieux et délicat fruit rouge vient de commencer. 

Tous les jours, il faut venir récolter les fruits mûrs, un par un. Chaque rangée va produire... entre 3 et 5 tonnes de fraises, sur une période de trois mois.


                                      

En mars, c'est au niveau national que la récolte sera vendue. Par contre, en avril et mai, la production est destinée à des pays tels que la Russie, l'Irak, l'Azerbaidjan... ou la Hollande.

La fraise coûte cher ; non seulement il faut acheter le film noir pour protéger les plants, les cerceaux sur lesquels seront tendus les centaines de mètres de nylon, mais il y a surtout le coût de la main d'oeuvre chargée de la cueillette.


              
                                                           Une partie de la cueillette du jour

Je me délecte de quelques beaux specimens dont le goût délicieux me revient à l'esprit en écrivant ces lignes. On me propose de m'en donner encore pour la route, mais j'ai peur de les abîmer.

Il est 15 h passées et la journée de travail se termine. Les femmes prennent place à l'arrière du véhicule chargé de les ramener. L'une d'elle se met au volant en faisant mine de vouloir partir avant que tout le monde ne soit à bord, c'est la franche rigolade.

               

Il est assez difficile de s'orienter dans ce secteur, les panneaux étant quasi-inexistants. En m'orientant en fonction de la position du soleil, je finis tout de même par trouver quelques villages figurant sur ma carte.

Quelques rares maisons traditionnelles subsistent encore mais la plupart ne semblent plus habitées. Elles sont construites en pisé, matériau constitué de terre argileuse humide mêlée à du foin ou de la paille.

              

Sur un poteau électrique d'où partent des fils de tous les côtés, je retrouve mes racines alsaciennes, une cigogne y a construit son nid ...

              

A quelques kilomètres de la zone habitée et cultivée, le Delta de la Göksu, par lequel je fais un détour quelques jours plus tard, abrite un des plus importants centres de nidification et de migration d'oiseaux. Plus de 450 espèces y ont été recensées, certaines vivant uniquement en Turquie, d'autres y faisant une étape plus ou moins longue durée dans le cadre de leur migration.

Je ne suis pas équipée en matériel photo adapté pour ce genre de prises de vue. Je m'arrête longuement, à plusieurs reprises, au bord de zones marécageuses, pour observer le vol de hérons, d'hirondelles et d'au moins une dizaine d'autres espèces qu'il ne m'est possible d'identifier de façon certaine.

             
Comment t'appelles-tu, bel oiseau, que j'ai eu beaucoup de mal à photographier, tant tu bougeais sans cesse ? Il semblerait que tu soies une bergeronnette grise...

Il faut du temps et aussi être là à la bonne période pour profiter de la présence de flamants, de martins-pêcheurs, de guêpiers, de sortes de rossignols, d'alouettes ou autres oiseaux.

De même, la flore du delta se compose de 441 sortes de plantes différentes, 32 étant rares et 8 que l'on trouve uniquement dans ce secteur, un paradis pour les botanistes également. 

            

Je reviendrais avec plaisir dans ce coin de pays avec un spécialiste de la faune et de la flore pour profiter de ses connaissances, il me reste juste à le trouver...


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Arlette 29/03/2009 13:51

La première -plutôt la seule- cigogne que j'ai vue dans ma vie, je l'ai rencontrée à la sortie d'Ankara, au bord de la route à grande circulation,apparemment pas effrayée du tout.
Après mon séjour à Istanbul, je serais bien partie explorer une de ces belles régions que tu nous fais découvrir, si je n'avais une autre priorité...

Nat 29/03/2009 14:22


Une cigogne à la sortie d'Ankara, elle avait du perdre son chemin... La découverte de la région en question n'est pas terminée, il en reste des choses à écrire et à montrer, mais aussi pour moi à
découvrir... le puits de richesses est intarissable en Turquie.


chahine victor 27/03/2009 23:33

bonjour nat, pour les cigognes arivent dans les plaines entre la syrie et la turkye pour l'hivert et toujour au meme nid ,les enfants rmplacent les parents.car quand j'hbitee a hassake dans les plaines du jasiré le nid etait
dans le cloche de l'eglise amicalement victor

Nat 28/03/2009 06:38



Bonjour Victor, j'ai rencontré plusieurs cigognes, dont à Silifke, mais également déjà à Hasankeyf dans le sud-est du pays où elles ont installé leur nid sur le minaret de la mosquée. Quand elles
sont bien quelque part, la famille revient à la même adresse...



Richard LEJEUNE 26/03/2009 10:28

Tu m'as bien fait rire, en ce milieu de matinée, en m'apprenant que des concitoyens belges (des flamands, avec D, comme tu l'écris) étaient à tes côtés pour visiter le Delta de la Göksu ...

Il n'y a pas qu'au volant d'un camion que c'est la "franche rigolade" avec toi !!!!

Nat 26/03/2009 18:53


Ha ha, je viens de réagir, je croyais à un jeu de mots... Je vais rectifier sur le champs...


Fredesk 25/03/2009 14:52

Je ne peux le jurer mais il se peut que ce qui ne convient pas au fin palais puisse être utisé pour la transformation. Sauces, sirops, confitures... les fraises ne sont ainsi pas perdues.

Nat 25/03/2009 18:14


Absolument, à partir du moment où le goût n'a pas viré, la transformation en confitures, coulis etc est une excellente solution pour éviter la perte.


La mansardienne 25/03/2009 12:41

Le début de ton article me fait penser à la production en masse des fraises par l'Espagne, immangeables! Sans doute parce que cueillies trop tôt et stockées dans des frigos. J'imagine que celle que tu as goutée venait d'être juste cueillie. Mais qu'en est-il une fois acheminées à destination...

Nat 25/03/2009 18:13


J'ai acheté récemment des fraises chez le primeur près de mon bureau, elles étaient très bonnes également mais se gâtent vite, surtout qu'elles ne sont pas toujours manipulées avec douceur... Par
contre, je serais effectivement curieuse de savoir comment elles arrivent dans des pays plus lointains ...


chantal 25/03/2009 11:52

promenade découverte interessante : horticulture, faune et flore couronnée par une cigogne ! tu nous trouves toujours des amours de reportages

Nat 25/03/2009 12:06


C'était la séquence "nature" !