Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 18 ans.

Du bretzel au simit

A la rencontre des syriaques de Turquie



Dans le cadre de mon prochain voyage dans le sud-est de la Turquie début mai, je souhaite en savoir plus sur les syriaques dont les communautés les plus importantes vivaient à Mydiat et à Mardin. Le monastère de Deyrul Zafaran, évoqué dans mon article sur Mardin, http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-15406399.html, a d'ailleurs été le Patriarchat de la communauté durant 639 ans.

Le syriaque est une langue sémitique parlée dans le Proche-Orient et dérivée de l'araméen, la langue du Christ. Apparue au début du christianisme, le syriaque est encore pratiqué par environ 200 000 personnes en Turquie (essentiellement dans le sud-est), dans le nord de l'Irak, en Syrie et au Liban.

            
                                             Monastère de Deyrul Zafaran - Mardin

Il semblerait qu'on attribue également le terme de syriaque aux araméens et assyriens devenus chrétiens. L'araméen a d'ailleurs été la langue la plus utilisée durant 14 siècles en Mésopotamie.

2500 familles syriaques vivent à Istanbul, principalement dans les quartiers de Bakırköy et Yeşilköy. C'est d'ailleurs à San Stefano katolik kilisesi de Yeşilköy que je me suis rendue hier.

             
                           Eglise latine catholique Saint-Etienne de Yeşilköy, Istanbul

L'église était bondée et la ferveur plus que perceptible. Hormis la messe habituelle, on commémorait le souvenir d'une femme de la communauté décédée il y a 15 jours, tel que cela se pratique habituellement.

Les femmes sont d'un côté, les hommes de l'autre. La liturgie se fait pour partie en syriaque et pour partie en turc. Les chants sont également en syriaque, rehaussés par la chorale de jeunes filles installée dans les premiers rangs.

               

La fête de Pâques sera célébrée cette année pour les syriaques le 19 avril, et comme tous les ans, elle est précédée d'une période de jeûne de 50 jours,  l'équivalent du carême de 40 jours chez les catholiques.

A l'issue de la cérémonie, tout le monde se retrouve dans le salon où la famille de la défunte offre le repas dominical.

                           

En dehors de l'église de la Vierge Marie à Tarlabaşı qui leur est propre, la communauté syriaque se retrouve dans d'autres églises d'Istanbul pour leurs célébrations, telles l'église catholique latine Notre-Dame du Rosaire à Bakırköy ou l'église Notre-Dame de l'Assomption de Moda.

           
Une célébration de la communauté syriaque à l'Eglise catholique latine Notre-Dame-du-Rosaire à Bakırköy, Istanbul


Pour plus de renseignements sur l'historique de cette communauté : http://www.clubsyriaque.org/


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R
Quoiqu'il en soit de tes hésitations quand tu écris ci-dessus : "je commence seulement à approfondir le sujet, cela n'a pas l'air aussi simple.", puis-je me permettre de te faire remarquer les progrès immenses qui sont les tiens, depuis que je fréquente cet excellent blog, pour essayer d'apporter des annotations historiques de première importance que je ne trouvais pas au début ...

Bravo, Nathalie. Tes progrès dans la rédaction de tes articles sont à la mesure des sujets que tu développes pour notre plus grand plaisir, pour le plus grand apport de connaissances que le néophyte en la matière que je suis ne cesse de découvrir.

Amitiés
Richard
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N


Richard dede, le retour ! Quel plaisir de te revoir parmi nous ! Là, le prof est en train de motiver l'élève...



C
la préparation de ce périple annonce de jolis reportages
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N

J'en ai encore un paquet à terminer avant suite à mon voyage du mois dernier... Il y a vraiment trop à montrer...


C
bonjour nathalie
je suis ravis de ton courage pour aborder le sujet de notre eglise syriaque,cato.ou,ortho.dans un paye qui affiche son islame .
merci milles fois. FAHIM, TON SYRIAQUE DE LYON
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N

J'ai déjà fait des articles sur des synagogues d'Istanbul, sur le patriarchat orthodoxe de Fener ou la tradition de Noël chez les orthodoxes, sur des églises géorgiennes ou arméniennes de
Turquie, au même titre que des mosquées ; toutes ces religions et ces communautés font partie intégrante, à mes yeux, du kaleidoscope... et donc de la richesse du pays.


L
Est-ce que celà a un rapport avec l'église orthodoxe?
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N

Il y a, si j'ai bien compris, d'une part les syriaques catholique et d'autre part, les syriaques orthodoxes... et encore d'autres communautés de syriaques... je commence seulement à
approfondir le sujet, cela n'a pas l'air aussi simple.


M
comme c'est beau !
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N

Je suppose que tu parles des messes...