Du bretzel au simit

Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 17 ans.

Du bretzel au simit

İstiklal Marşı, l'hymne national turc



La première fois que j'ai entendu jouer et chanter l'hymne national turc, İstiklâl Marşı (la Marche de l'Indépendance), j'ai ressenti un frisson d'émotion qui s'est renouvelé à chaque fois. 

                  
                         Commémoration de la création de la République Turque à Taksim

La musique qui l'accompagne est puissante et à présent que j'en apprends le texte, je constate que celui-ci est également fort de signification.

Traduction en français trouvée sur le site de Wikipedia :

N'aie crainte, ce drapeau flottant aux premières lueurs de l'aube ne cessera jamais de flotter
Tant que le dernier foyer veillera sur ma patrie
C'est l'étoile de ma nation, qui scintillera
Elle est à moi, et à ma nation seulement.

Ô croissant chéri, ne t'emporte pas, je peux donner ma vie pour toi.
Souris enfin à mon peuple héroïque ! Calme toi
Ou tu n'auras pas été digne de tout le sang qui a coulé pour toi
Elle la mérite, l'indépendance, ma nation qui a foi en l'Éternel

Depuis toujours, j'ai vécu libre, et je vivrai libre
Je serais surpris si un fou voulait m'enchaîner.
Je suis comme un torrent rugissant, je franchis mes obstacles en les anéantissant
Je briserai les montagnes, je sortirai de mon lit, je déborderai.

Même si le monde occidental encercle mes fortifications
Mes frontières sont aussi solides que ma foi et ma fierté
Tu es forte, n'aie crainte ! Comment une telle foi pourrait-elle être étouffée
Par ce monstre édenté que tu appelles la « civilisation » ?

Camarade ! Ne laisse surtout pas les infâmes entrer dans mon pays
Fais barrière de ton corps, qu'on arrête cette invasion honteuse
L'Éternel va te faire revenir aux beaux jours qu'il t'a promis
Qui sait ? Peut-être demain ? Peut-être encore avant ?

Ne considère pas là où tu marches comme de la simple « terre », apprends à la connaître
Pense au nombre de personnes qui y ont laissé leur vie
Ton père était un martyr, n'abîme pas sa triste mémoire
Même pour tout l'or du monde, ne cède pas ta patrie chérie.

Qui ne donnerait pas sa vie pour cette patrie chérie ?
Si tu presses cette terre, il va en jaillir des martyrs, oui des martyrs !
Que Dieu prenne ma vie, mon amour, tout ce que je suis,
Tant qu'il ne me sépare pas de ma patrie.

Mon esprit est avec toi, c'est cela ta divinité, ton seul but
Que ces mains étrangères ne s'approchent pas de notre temple
Ces prières aux martyrs qui sont à la base de la religion
Doivent pour toujours me pleurer dans mon pays.

Alors s'il y en a qui peuvent s'abandonner [pour leur nation] j'exalterai
De chacune de mes blessures, divinement, mon sang se vidant
Jaillira de mon lieu de naissance comme un esprit unique
Alors, ma tête s'élèvera peut-être jusqu'aux cieux

Agite toi comme les premières aubes, ô lune sacrée
Peu importe, il est béni, mon sang qui a coulé
Vous ne tomberez jamais, toi et mon peuple
Vous la méritez, la souveraineté de ce drapeau qui a vécu la liberté
Vous la méritez, l'indépendance de ma nation qui a foi en l'Éternel


L'auteur de l'İstiklâl Marşı est le poète turc Mehmet Akif Ersoy, né à Istanbul en 1873 et décédé dans sa ville natale en 1936.  Jusqu'en 1930, c'est la musique composée par Ali Rıfat Çağatay qui l'accompagna. La composition d'Osman Zeki Üngör, Premier Chef de l'Orchestre Symphonique de la Présidence de la République, prit la relève.

                                              
                        Mehmet Akif Ersoy, auteur de l'hymne national turc, photo trouvée sur le net

L'adoption officielle de ce texte au titre d'hymne national de la Turquie date du 12 mars 1921, deux  ans et demi avant la création de la République Turque. En 1921, la Guerre d'Indépendance se poursuivait et la Grande Assemblée Nationale Turque organisa un concours afin de désigner un hymne patriotique destiné à relever le moral des troupes et de la population, choisi parmi les 724 textes présentés.

Depuis 1983,  İstiklal Marşı est aussi l'hymne national de la République Turque de Chypre du Nord.

Les deux premières strophes sont chantées lors de toutes les manifestations officielles. En outre, dans toutes les écoles de Turquie, le lundi matin avant le début des cours et le vendredi après-midi à l'issue de ceux-ci, les enfants se rassemblent dans la cour de leur établissement et entonnent également l'İstiklal Marşı.

              
 Ecole primaire Atatürk de Hasankeyf, vendredi 8 mai 2009 à 15 h, c'est l'heure de chanter l'hymne national

J'ai tenté d'intégrer dans cet article l'interprétation de l'İstiklal Marşı, mais en vain...        

      

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Araratian 21/07/2018 19:38

Ce que vous ne dites pas, c'est que la version finale, celle que nous entendons aujourd'hui est l'oeuvre d'un Arménien, Edgar Manas.
Pour êtres franc, je suis musicien, compositeur amateur, d'origine arménienne et je considère que la mélodie de l'hymne turque est parmi les 3 plus belles et plus fortes au monde. Après la russe et la française, elle vient en 3e position, bien avant l'arménienne, je vous l'avoue.

Le texte est accompagné d'une musique composée par Ali Rıfat Çağatay, jusqu'en 1930. Depuis cette date, il s'agit d'une composition d'Osman Zeki Üngör, premier chef de l'Orchestre symphonique présidentiel de la République de Turquie. Peu après, en 1932, le compositeur turc d'origine arménienne Edgar Manas harmonise et orchestre la mélodie, à la demande de la République turque. La version finale et officielle de l'hymne prend forme.

Nat 23/07/2018 08:51

Parev, je n'ai pas précisé que la version finale est l'oeuvre du compositeur arménien que vous citez pour la bonne et simple raison que je l'ignorais... Je vais faire des recherches de mon côté à mon retour de vacances et compléterai l'article en conséquence si besoin. Merci pour vos informations. En tout cas, je suis tout à fait d'accord sur le fait que cet hymne est un des beaux et plus forts qui existe.

Mirage 19/05/2009 22:24

Très poignant le texte quand on le replace dans son contexte historique! Exactement comme notre Marseillaise.
Il n'y a que deux hymnes, mis à part bien sûr la Marseillaise, auxquels je "réagis" par des frissons et où je me mets à fredonner la mélodie, c'est l'hymne italien et l'hymne turc.

Nat 20/05/2009 06:01


Je n'ai pas souvenir de l'air de l'hymne italien.


Caméléon des Neiges 18/05/2009 22:14

Bonjour Nathalie,
J'avais été frappé par la référence à l'occident et à l'Eternel.
Il est vrai que les temps changent et les hymnes restent.
Amitiés,
Patrick

Nat 19/05/2009 05:51


Comme tu dis cher Patrick...


Nina d'İstanbul 18/05/2009 12:01

Pour le léopard ..je connais des gens qui en ont trouvé des traces sérieuses.. et qui attendent encore d'arriver à le prendre en photo.. du côté de Bolu..
Mais je te dirai tout ça de visu.... Top secret...

Nat 19/05/2009 05:50



Si tu réponds à mes commentaires laissés sur ton blog dans un article du mien, les pauvres lecteurs ne vont rien comprendre au film... Voir l'article de Nina concernant les léopards d'Anatolie
pour cela !



Mustafa 18/05/2009 11:37

le pourcentage de 10 a 20 est bien sur enorme mai cela est une estimation pour le pire des cas, en incluent tous type de violence qui touche soit disant l'honneur dans les coins reculer du pays c'est bien une réalité que l'etat n'as pas su surmonté.(on revient au systeme d'education qui est a revoire dans le pays voire le monde)
mais heureusement le majoritée de la populations condamne fermement ces actes.

Nat 19/05/2009 05:49



Ah le système d'éducation, vaste sujet également !!!



chantal 18/05/2009 10:20

la quatrième strophe ne laisse pas trop d'ouverture pour l'EUROPE et la civilisation !

Nat 18/05/2009 10:26



Le texte date de 1921, l'Europe n'était pas encore un sujet d'actualité ... Quant à la civilisation, cela dépend de ce qu'on entend par ce terme...



Mustafa 18/05/2009 09:30

un grand merci pour ce billet ou il serais long d'en discuter, je veux traité un sujet assez sensible qui nous a nouveau choquer ces dernier temps je reprend un titre lencé par le figaro,
Turquie/crime d'honneur: femme mutilée
cette realité touche malheureusemnt une partie de la population qui peut etre de lors de 10 a 20 pourcent, bien sur meme une personne consernée est de trop, mes de la maniere dont cela traité dans la presse et medias occidental les gens on tendance a generaliser la situation comme si toute la turquie avais une telle mentalitée, nous condamnons ces atrocitées.
mais nous souhaiton aussi un regard objectif sur la turquie, la population turc a de grande richesse sur le plan culturel nous esperon qu'elle s'aura faire evoluer les mentalitées dans certaines régions, bien sur pendent ce temps l'amalgamme est bien la, sur les forum de debat concernant l'integration de la Turquie a l'union europeene.

Nat 18/05/2009 09:46



J'ai bien entendu lu cet article dont tu parles et  les différents commentaires qui en découlent, visibles sur le site du journal français en question, me choquent pour la plupart.
D'où tiens-tu ces 10 à 20 %, cela me paraît énorme ? Il est indéniable qu'une personne touchée par un tel acte est une personne de trop et je ne peux que le condamner aussi. C'est bien entendu
l'occasion rêvée pour la presse internationale et certaines politiques de dénigrer la Turquie en mettant tout le monde ou presque dans le même panier... D'où mon refus de traiter ce genre de
sujets "sensibles" et "médiatiques" mais de contrebalancer en présentant d'autres facettes et les richesses du pays.



M&M 18/05/2009 07:30

Moi aussi, à chaque fois que je l'entends, j'ai des frissons. Et en Turquie, PERSONNE ne s'autorise à siffler l'hymne. En France, cela devient une habitude, malheureusement. Toutes nos valeurs se perdent...Quel dommage

Nat 18/05/2009 07:36



On siffle l'hymne national en France ??? Eh bien, comme tu dis, les valeurs se perdent...