Partager l'article ! Le tarhana, une spécialité turque préparée en été: On peut voir, dans certains rues de la ville de Beyşehir ou des villages des environs,& ...
On peut voir, dans certains rues de la ville de Beyşehir ou des villages des environs, de nombreux étendoirs en roseau, sur lesquels sèchent de drôles de galettes, sont visibles au mois d'août.

Des galettes de tarhana sèchent dans les rues de Beyşehir
Il s'agit du tarhana, cette spécialité à base de bulgur dont il existe des équivalents, entre autres, en Grèce (trakhanas), en Albanie (trahana), en Egypte (kishk) et en Irak
(kushuk).
L'origine du mot pourrait venir du perse tarkhâne et avoir évolué selon les pays. On le trouve déjà mentionné sous la forme tarkhana au XIème siècle dans le
dictionnaire d'Al-Zamakhshari, théologien et grammairien musulman, puis au XIIIème siècle dans l'encyclopédie Jahangiri, du nom d'un empereur de l'Inde.

Une galette, deux galettes, trois galettes de tarhana....soigneusement alignées
Les kazan, ces fameux chaudrons utilisés pour la cuisson du bulgur seront cette fois remplis
avec du lait aigre, de l'ayran, ce mélange de yaourt, d'eau et de sel, auxquels on ajoute du bulgur.
Le tout est cuit sur un feu de bois jusqu'à ébullition et remué constamment durant 3 à 4 heures.

Ayşe teze et sa fille Macide remuent le
précieux mélange
Le produit fermenté va accrocher au bout d'un moment à la spatule, annonçant ainsi qu'il est pratiquement cuit. Après avoir ajouté un peu de lait, le tout va reposer dans le chaudron et
y refroidir durant la nuit. Les ferments lactiques produits par cette préparation vont lui conférer un goût aigre caractéristique.
Ayşe teze est encore énergique à la tâche
Le matin venu, la pâte réalisée la veille va être travaillée et pétrie à la main et des galettes vont être confectionnées. Elles seront écrasées entre deux poids puis étalées sur les présentoirs
en roseau 2 à 3 jours pour sécher.
Ce processus permettra de conserver longuement le produit qui aura préservé toutes les protéines du lait.

Une toute petite participation
personnelle...
Ce travail étant particulièrement long et fastidieux, c'est à plusieurs qu'il est effectué. Voisines ou parentes viennent ainsi s'entraîder à tour de rôle.
Les galettes seront ensuite consommées en tant que telles ou utilisées pour la réalisation de la tarhana çorbası, la soupe du même nom qui peut contenir des légumes divers ou une prédominance de
tomate. Selon les régions, de nombreuses variantes existent pour cette soupe.

Ayşe teze, une femme dont je ne risque pas d'oublier la gentillesse et l'entrain
J'ai passé un délicieux moment auprès d'Ayşe teze et de toutes ces femmes, parentes ou voisines, qui oeuvraient ensemble dans une ambiance particulièrement chaleureuse et sympathique.
bises
Toutes deux, on n'arrête pas de s'apprendre mutuellement encore plein de choses, génial non ?
Cette gentillesse et cette générosité qui se retrouvent chez tant de personnes ici font vraiment partie du quotidien en Turquie, et c'est entre autres pour cette raison que je l'aime tant...
A bientôt Nathalie !
un peu sec, mais accomodé de tomates (séchées ?) et autres délicieuses choses turques...
en tout cas une bonne façon aussi de garder des liens de voisinage et familiaux... ce qui nous manque en France aujourd'hui !
Je découvre votre blog avec attention et j'ai beaucoup aimé le titre ! Mon épouse est turque et les paysages, les odeurs et les goûts que vous décrivez, je les ai vécus !
Merci pour ce blog !
Bonne continuation
Kévin
Merci pour ce voyage dans mon enfance j'ai même senti l'odeur du tarhana qui sèche.
Belle soirée.
La maman de mon mari frottait la pâte obtenue après la cuisson sur une passoire et les grains qui tombaient été mis à sécher.
Le produit se conservait toute l'année, rangé dans des boites hermétiques.
Il suffisait de les utiliser comme une soupe lyophilisée (tomate râpée revenue dans un peu de beurre et recouvrir le tout d'eau bouillante).
Un vrai plaisir pour le palais...
Mais c'est extraordinaire de voir que le même produit d'une région à l'autre a été adapté (certainement à cause du climat) mais qu'il est resté ancré dans les traditions.