Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 18 ans.

Du bretzel au simit

Cebrail bey, un des terzi du Kafaf hanı à Urfa

Tout près du Çelik hanı où vous avez fait connaissance hier avec un des nombreux marchands de tabac, se trouve le Kafaf hanı à l’ambiance très particulière.


En effet, depuis plus de trente ans, sont regroupés là environ 35 terzi, les tailleurs qui transforment, en quelques heures à peine, un morceau de tissu en un pantalon ou une chemise à votre goût. Auparavant, c’était les confectionneurs et vendeurs de chaussures qui occupaient les lieux.

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On devient souvent terzi de père en fils ou bien en apprenant le métier aux côtés d’un usta, un maître. Comme pour les repasseurs, c’est un métier bien masculin en Turquie et le travail ne manque pas.

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Cebrail beyi, la trentaine, originaire d’Urfa, a appris à manier la machine à coudre bien tôt, à l’âge de 5 ou 6 ans déjà, en rentrant de l’école.

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                                        Cebrail bey, tailleur du Kafaf hanı à Urfa          

Ce sont particulièrement pantalons, şalvar (ces pantalons bouffants typiques d’Anatolie) et  chemises que réalise Cebrail bey, bien qu’effectuant aussi toutes les réparations de vêtements.

Ses clients ramènent le tissu, passent commande et peuvent revenir au bout de trois ou quatre heures chercher, par exemple, le pantalon commandé.

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Le tissu nécessaire à la confection d'un pantalon coûte environ 30 TL (soit moins de 15 €)
et la réalisation 15 TL (environ 7 €). Pour un şalvar ou une chemise, il faut compter 10 TL (moins de 5 €) pour la confection.

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                             Un tailleur parmi d'autres au kafaf hanı d'Urfa

Sa clientèle se répartit de façon plutôt équitable entre la gente masculine et féminine.  De nombreux clients d’origine arabe, nombreux dans la région, viennent faire réaliser leurs vêtements chez lui.

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Les prix des minuscules locaux loués par les terzi au Kafaf hanı sont particulièrement élevés. Ils se louent 300 TL/mois (environ 143
€) lorsqu'ils sont situés tout autour de la place. Par contre, d’autres, relégués à l’étage, se négocient... seulement 1000 TL l’année (à peu près 475 €), mais les clients y sont nettement moins nombreux...

 

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S

Belle publicité pour Singer ! Je suppose que les machines sont transmises aussi de père en fils.


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N

Bonne question ! Il y a des chances, surtout tant qu'on trouve des pièces de rechange en cas de besoin...


C

TRES BIEN COMME REPORTAGE ON MAIT LES MACHINE A COUDRE SUR LE TROTOIR POUR LA LUMIERE CAR LES MACINES SON A PEDAL SANS MOTOR,pour la confection un chrual est a cinq coutures et un elastique a la
cinture il faut deux heurs avec
le repassage cest l'artisan en orient.


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N

Est-ce que tu en as déjà fait faire un pour toi ?


J

Comment se faire tailler un costume sur mesures sans avoir besoin de s'exposer à la critique...


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N

Je peux te conseiller un tailleur de chemises de qualité exceptionnelle à Istanbul si tu n'as pas l'occasion de te rendre à Urfa http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-21947255.html


G

7 euros pour un pantalon et 5 euros pour une chemise, c'est incroyable par rapport au travail que cela doit être! Le loyer de 143 euros en comparaison est disproportionné. Je suis admirative de
leur savoir-faire mais aussi de leur abnégation car ils ne doivent pas faire fortune, non plus.


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N

Ils ne font pas ce métier pour fortune, c'est certain... Il faut en confectionner des chemises et des pantalons pour faire vivre une famille !


C

Effectivement, il n'a pas l'air de vraiment apprécier d'être ainsi la la vedette. Dans les rues d'Istanbul il semble rester encore quelques "couturiers" installés sur le trottoir.


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N


Des terzi sur les trottoirs d'Istanbul, où cela ? Donnez-moi l'info par mail si vous voulez bien, que j'aille voir rapidement... Je n'en ai jamais vu pour ma part, d'où ma surprise !



C

la machine à coudre est magnifique !!


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N

Elle est restée à Urfa !


R

Je présume qu'il s'agit d'une mauvaise interprétation de ma part si j'ai l'impression que :

1. l'arrière-plan de ta première photo consiste en un contrefort de montagne enneigée;

2. l'artisan ne semble pas très heureux d'être ainsi le sujet de ton reportage ...


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N


Tes remarques m'ont fait sourire, malheureusement je me suis retrouvée au Kafaf hanı au moment où le soleil était le mieux placé pour... rendre certaines photos presque impossibles.
Autant Cebrail bey était très à l'aise pour parler, autant quand j'ai été amenée à le prendre en photo, il ne l'était plus du tout, ça l'a totalement coincé... Je pense que si je retournais
maintenant le voir, je trouverais comment le photographier sous un aspect moins rigide...