L'association culturelle islamique turque d'Angers et ses 280 familles

C'est entre 1973 et 1975 que les deux ou trois premières familles turques sont arrivées à Angers et dans les environs, notamment pour travailler dans les mines d'ardoise.

Les turcs souhaitant travailler en Europe déposaient leurs dossiers à l'İşkur, l'équivalent turc de l'A.N.P.E. Les demandes étaient nombreuses pour l'Allemagne, mais selon les besoins des pays "recruteurs", de nombreux turcs ont atterri finalement en France.

Dès 1978, des membres de la communauté turque angevine, qui s'était étoffée entre temps, se retrouvaient entre eux, mais aucune forme associative officielle n'existait alors.


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    Adem officie dans le salon de coiffure turc de l'association culturelle islamique turque d'Angers

C'est ainsi qu'a finalement vu le jour l'association culturelle islamique turque d'Angers de type loi 1901, créée en 1989. Regroupant à ses débuts 130 à 140 familles, c'est aujourd'hui 280 familles qui en sont membres.

Après sa constitution officielle, l'association a acquis auprès de particuliers un terrain et des bâtiments  qui ont permis de réaliser un certain nombre de lieux d'échanges et de rencontres.  Le café, ouvert tous les jours de 11 h à 17 h, a trouvé sa place dans les locaux précédemment occupés par un tel commerce et une épicerie turque y est adjacente. Une salle de billard permet de se défouler à côté du salon de coiffure pour hommes . Une bibliothèque se trouve à l'étage, de même que quelques logements rénovés.

Les garages et le jardin ont été rasés pour faire place à un bâtiment qui abrite la mosquée, inaugurée en 1998 après trois ans de procédure et de travaux. Après l'acquisition des biens immobiliers, un lieu de prière a été aménagé en son temps dans une des salles.

 

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                                      La mosquée turque d'Angers

Adem, originaire de Gümüshane en Mer Noire, est venu à Angers en 2003. En semaine, il occupe un emploi de maçon et tous les samedis,de 12 h à 18 h, depuis près d'un an, il se transforme en coiffeur pour ses compatriotes.

Dans ce petit salon où je retrouve les gestes et habitudes des berber turcs, je croise quelques clients avec qui j'entame la discussion.

Il y a Orhan, 23 ans, venu de Malatya, dans le sud-est de l'Anatolie. Arrivé en 2002 avec sa famille rejoindre son père, il a d'abord vécu à Paris où il a suivi des cours de français. La vie parisienne étant difficile, il est venu s'installer à Angers depuis sept mois et travaille comme carreleur. Orhan estime ne pas avoir connu de problème particulier d'intégration. 

 

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                      Les cheveux d'Orhan entre les mains expertes d'Adem 

Ahmet, la trentaine, est de Muş également dans le sud-est du pays. En 2000, il vient d'Istanbul rejoindre son épouse d'origine turque mais née en France ; pour une fois le regroupement familial bénéficie à l'homme de la maison. Lui aussi oeuvre dans le bâtiment et trouve que son intégration a été facile, même si seulement 10 % de ses copains, selon lui, sont français.

Erkan, quant à lui, est né à Niğde en Cappadoce. Venu à l'âge de 6 ans dans le cadre d'un regroupement familial, il se souvient très bien de sa première année en France passée dans un village près de Lorient, avant l'installation de la famille à Angers.

Dans cette localité de 2000 habitants où seules vivaient deux familles turques à l'époque, il n'a pas oublié le racisme qu'il a subi en tant qu'enfant, les crachats, la préférence affichée des professeurs pour les élèves français. Ce sont finalement les cinq premières années qui auront été les plus difficiles pour Erkan.

 

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                                    Erkan à gauche et Ahmet à droite

Après ce moment passé en compagnie d'Adem et de ses clients, je vais à la rencontre de Turgay, professeur de turc, et de ses élèves qui occupent une salle de la bibliothèque. Le jour de ma visite, quatre adultes, sur les cinq inscrits, assistaient justement à leur second cours.

Depuis au moins 1985, un professeur, envoyé par le Ministère de l'Education Nationale turque, vient donner des cours de turc aux enfants de la communauté qui fréquentent l'école primaire et le collège.

 

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                           Turgay et ses élèves du samedi après-midi

Actuellement, ce sont Turgay et son épouse qui oeuvrent en la matière à raison d'une heure à une trente et demie par semaine dans différents lieux et écoles de la ville.

Compte-tenu de la demande, le professeur a accepté de dispenser des cours supplémentaires, à la fois à des lycéens turcs, à des conjoints français de couples mixtes ainsi qu'à l'une ou l'autre passionnée de la Turquie.

 

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                                  Du vocabulaire à l'ordre du jour

Dans les différents locaux de l'association culturelle islamique turque d'Angers, j'ai ainsi retrouvé mon univers de vie habituel dans une ambiance toute aussi sympathique.

 

Catherine 29/12/2009 22:06


C'est par un dimanche glacial que notre Nathalie m’a fait, découvrir la mosquée turque d'Angers et me présenter l’association des femmes turques. Maintenant à chaque fois que je passe dans le
village de Trélazé, j’ai une pensée amicale pour toutes ses familles. Je leur souhaite de Bonnes Fêtes de fin d'année.


Nat 30/12/2009 06:22


Une immersion dans la communauté turque angevine et trélazéenne qui a été une découverte pour toi.


nasah 29/12/2009 19:30


Article intéresant comme d'habitude.
Assister aux cours de Turgay n'aurait pas été pour me déplaire....!


Nat 30/12/2009 06:21


Un peu loin pour toi toutefois, ces cours...


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