Du bretzel au simit

Du bretzel au simit

Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 14 ans

Les cinémas de quartier tirent leur révérence tour à tour à Istanbul

Le premier cinéma d'Istanbul du nom de Pathe, situé sur l'avenue Meşrutiyet parallèle à celle d'Istiklal, a ouvert ses portes en 1908. Au fil des années, il change de nom à plusieurs reprises, le dernier étant Ses sineması. Jusqu'en 1930, plus d'une centaine de cinémas ont pignon sur rue à Beyoğlu.


En avril 2005, j'ai recensé les différents cinémas du quartier qui se montaient à l'époque à 12 enseignes abritant une trentaine de salles sur une distance de 600 mètres à peine.

 

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               Yeşilcam sıneması, une salle de moins de 100 places au sous-sol


Bien avant mon installation à Istanbul, il y en avait beaucoup plus encore dans le quartier : au début de l'avenue Siraselviler se trouvait Venüs, dans l'immeuble du Cercle d'Orient sur İstiklal Caddesi, les cinémas Saray et Lüks avaient élu domicile ; dans la même petite rue qu'Emek sineması se trouvait également Yeni Ar. Sur la trépidente artère principale feu l'Elhamra ouvert en 1923, un peu plus bas à gauche il y avait les salles de Yeni Melek. Le jardin supérieur du lycée de Galatasaray abritait un cinéma de plein d'air ouvert en été.

 

En remontant encore le temps, les enseignes telles qu' Apollon, Majestik, İpek, Şık, Ses, Glorya, Luksenburg, Eclair, Americain, Santral, Oryanto, Parlant, Etoile, Opera, İpek, Kozmograf, Majik et Cine Palace accueillaient les amateurs de film en tous genres au coeur de la vie culturelle d'Istanbul qu'est Beyoğlu.


Aujourd'hui, dans chaque nouveau centre commercial, un complexe multimédia dernier cri y trouve sa place... au détriment de tous ces petits cinémas de 2-3 salles en moyenne, réparties sur plusieurs niveaux, qui  permettaient à chacun de trouver son compte, proposant selon l'endroit, les dernières nouveautés locales, mais également des films étrangers , des films d'art et essai ou d'autres réservés plutôt à la gente masculine...

 

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                  Un minuscule cinéma... réservé plutôt à la gente masculine


L'Alkazar sur İstiklal Caddesi, qui a ouvert ses portes en 1923 sous le nom d'Elektra dans un bâtiment construit entre 1918 et 1920, a tiré le rideau fin février 2010. Il ne subsiste plus que les deux statues de femme de part et d'autre de l'ancienne étroite entrée. Le bâtiment a été vendu et devrait abriter sous peu un magasin de sport.

 

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                            Il était une fois l'Alkazar à Istanbul...


C'est un projet de centre commercial en lieu et place du cinéma Emek, qui s'appelait dans le temps Melek - L'ange - a contraint ce dernier à  fermer définitivement en avril 2010. Le bâtiment devrait être démoli mais pour l'heure, les tribunaux ont gelé ledit projet suite à la production de différents rapports présentés par les opposants.


Hier soir, près d'un millier de personnes, parmi lesquels se trouvaient plusieurs acteurs, réalisateurs et metteurs en scène, ont défilé de Taksim jusqu'au cinéma en brandissant plusieurs affiches dont  "Emek bizim, İstanbul bizim” - Emek est à nous, Istanbul est à nous.  

 

Une pancarte sur laquelle était inscrite “Emek’ten çıkın Demirören’i yıkın” - Sortez d'Emek, détruisez Demirören" a été accrochée à l'intérieur du centre commercial Demirören voisin - qui vient d'ouvrir ses portes il y a quelques jours à peine - par les manifestants. Devant la porte du cinéma, un rideau rouge a également été posé.

 

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    Manifestation du 18 avril 2011 contre la démolition d'Emek sineması - photo du journal Milliyet


Rüya (anciennement Sümer), sur Istiklal Caddesi, situé juste à côté de la célèbre pâtisserie İnci, a été durant  34 ans le cinéma porno le plus célèbre d'Istanbul avec son célèbre slogan "Deux films pour le prix d'un".


Après environ 18 mois sous l'enseigne Yeni Rüya présentant des films plus "conventionnels",

il a mis la clé sous la porte le 8 mai 2010, à cause de difficultés financières et aussi pour la même raison qui a provoqué la mort du cinéma Emek. 

.

 

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                      On ne rêve plus depuis la fermeture de Rüya sineması...

 

Aujourd'hui, il reste encore 6 enseignes au lieu des 12 comptabilisées en 2005. Cinepop est menacé d'une mort prochaine. Est-ce que ce sera le prochain sur la liste ?

 


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philae 27/04/2011 10:54


quel dommage c'est si sympa les petites salles de cinéma


Legleg 23/04/2011 08:24


Pour Blogspot. J'avais fait la manip indiquée pour youtube à l'époque. En général ça marchait bien, mais par moment ça ne fonctionnait plus non plus. (peut être saturation?).

Pour blogspot, ça m'a fait la même chose, mais je n'ai rencontré ce problème qu'au début. Comme depuis un moment ça marche bien, je pensais que c'était débloqué depuis longtemps.


Legleg 22/04/2011 23:16


La première fois que je suis allée au cinéma à Istanbul, je fus fort surprise de cette entracte... perso, ça me gène un peu d'être coupée au milieu du film surtout quand celui ci ne dure
qu'1h30.
Quand aux complexes ,je n'aime pas trop. En France, je fréquentais surtout les petites salles. C'est beaucoup plus sympa et, sans mangeurs de pop corn (et souvent moins cher).
J'ai aussi remarqué qu'à Istanbul, l'offre de film qui sortent de l'ordinaire, se fait du coup plus rare. C'est bien dommage.


Nat 23/04/2011 06:29



C'est vrai que l'entracte surprend au début. Je regrette autant que toi l'offre moins diversifiée actuelle.



Entre deux rives 21/04/2011 09:06


J'ai écrit... "Pour voir mon blog"... mais la manip est valable pour voir tous les "blogspot" bien entendu! Et ce qui est important c'est le déblocage de toute une plateforme paralysée depuis 2
mois... Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi puisque la dite sanction contre blogspot a été soi-disant levée depuis fin mars...
Amicalement


Entre deux rives 20/04/2011 20:15


Oui, la pause mi-film existe aussi encore dans un petit cinéma de Levent... mais sans alaska-frigo!
Pour voir mon blog, il suffit de changer les parametres (DNS) de connexion de ton PC. Voir la manip (simple) a effectuer, dans l'article récent (12 avril) : "Bout d'ficelle blogspot" dans le blog
de "La Passerelle" :
http://passerellefrancoturque.over.blog.com/


Nat 21/04/2011 07:13



Ce matin, j'avais tous les liens de tes derniers articles qui m'attendaient dans la boîte, j'ai pu en ouvrir l'un ou l'autre mais ensuite cela ne fonctionnait de nouveau plus, à suivre, sinon je
verrai pour la fameuse manip. Merci.



Entre deux rives 20/04/2011 09:05


Ah! L'Alkazar! Lieu de ma découverte des séances de cinéma "a la turka" avec la pause mythique des "10 dakika ara" en plein milieu du film et les inimitables "alaska frigo" qu'on ne trouvait que
dans les salles obscures... Des pages qui se tournent et qu'on ne peut s'empêcher de regretter...


Nat 20/04/2011 18:44



Les "10 dk ara" existent encore dans les petites salles de quartiers que je fréquente. Pour ma part, je regrette... de ne pas pouvoir accéder à ton blog.



Melly 18/04/2011 22:01


Tu sais en France (et partout en Europe) ces grands complexes de 12 salles cinéma se montent, dans ou proches des grandes surfaces - avec inélégance, gros pots de pop corn à l'américaine et tout
-
c'est dommage : on n'a plus le même plaisir à aller au cinéma - on a l'impression d'être "un consommateur" de film et non plus un cinéphile !

j'aimerais tant revoir Istambul un jour -

Breizhbizz


Nat 19/04/2011 07:27



C'est vrai, on est plus traité en "consommateur" dans ces complexes qu'en cinéphile.... Quant à ton envie de revoir Istanbul, il n'en tient qu'à toi !



Martine 18/04/2011 20:46


J'ai la chance de pouvoir fréquenter un cinema de quartier qui a résisté de manière futée aux mégalos complexes...Ils y ont installé les fauteuils, hyper confortables, d'un cinema de la capitale
qui fermait ses portes pour les mêmes raisons que ses frères d'Istanbul, ils ont gardé un prix plus que démocratique de 5 euros la séance, une carte de fidélité qui donne droit à une séance
gratuite après 10 films, une soirée spéciale "films moins récents" à 3 euros pour ceux qui les auraient loupés lors de leur sortie...je vous assure que la salle est souvent bien remplie et que les
films à l'affiche sont ceux qui sortent partout dans le pays...avec le charme en plus d'un accueil familial, de la caisse aux friandises de l'entracte...Seul bémol en ce qui me concerne...LE POP
CORN !!!! pour l'odeur et le bruit ! Je soutiens donc en pensées tous les manifestants de la cause "Emek Bizim, Istanbul Bizim"


Nat 19/04/2011 07:26



Le problème est en effet le même en France ou ailleurs et il faut vraiment faire preuve soit d'imagination et mettre à l'affiche des films différents pour survivre. Bonne continuation à ton
cinéma de quartier.