Publications

Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 08:32

 

Grâce à l'amitié sans frontières, je peux vous offrir aujourd'hui l'enregistrement de mes cinq passages sur France Bleu Alsace cette semaine dans l'émission "Alsaciens du bout du monde".

 

  France bleu Alsace

 

Il suffit de cliquer   pour passer un peu plus de 12 minutes ensemble.

 

         Radio France Alsace

 

 


Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 20:28

Je vous donne rendez-vous cette semaine tous les soirs, du lundi au vendredi, à 18 h 15 françaises (19 h 15 turques) en direct d'Istanbul sur les ondes de France Bleu Alsace dans le cadre de l'émission "Les Alsaciens du bout du monde".

 

  1er-NOVEMBRE-2011-5350-copy.jpg

                                              En direct d'Istanbul...

 

Il suffit de cliquer ici pour notre rendez-vous quotidien.

 

   France bleu Alsace

   Radio France Alsace

 

Pour ceux et celles d'entre vous qui n'ont pas la possibilité d'écouter l'émission en direct, cliquez pour accéder facilement aux différents enregistrements.

 


 


Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 05:50

La revue trimestrielle "Les Saisons d'Alsace" du quotidien "Les Dernières Nouvelles d'Alsace" consacre son dernier numéro publié le 11 février aux "Alsaciens dans le monde".

 

Outre quelques articles très intéressants sur l'histoire de l'émigration alsacienne (Qui part et pourquoi ? Où ?), un dossier sur les spiritains alsaciens, plusieurs portraits d'alsaciens installés de par le monde sont dressés dont... le mien.

 

                   11-janvier-2011 7140 copy

 

Ci-dessous le texte paru :

 

Je suis originaire de Mulhouse et âgée de 46 ans. J'ai quitté l'Alsace en août 2003. C'était la première fois que j'allais vivre à l'étranger. Je ne suis pas partie dans le cadre d'une expatriation traditionnelle professionnelle, c'était un choix de vie personnel.

 

J'habite depuis la bouillonnante et intrépide Istanbul,dans le quartier de Cihangir, tout près de Taksim, sur la rive européenne de la ville.

 

Je travaille à mi-temps depuis trois ans, comme responsable financière d'une petite entreprise de transports internationaux.

 

Le reste du temps, je le consacre à découvrir et à faire découvrir mon pays d'adoption à travers mes articles et mes photos publiés sur mon site "Du bretzel au simit" (http://www.dubretzelausimit.com/) qui vient de fêter ses 3 ans d'existence le 11 décembre et qui a donné naissance à un petit frère, en août dernier "Du bretzel au simit infos" http://dubretzelausimitinfos.over-blog.com/).

 

  11-janvier-2011 7145 copy

                        La photo publiée dans la revue est de Reha Yunluel

 

La Turquie est un pays qui n'a pas fini de m'étonner, de me séduire, de m'intriguer. J'avais eu l'occasion de venir en tant que touriste en Turquie en juillet 1998, mais pas à Istanbul. Je n'ai découvert cette ville qu'en avril 2002 et elle m'a tendu les bras, je suis tombée dedans pour mon plus grand bonheur !

 

Je connais deux-trois alsaciens expatriés de longue date à Istanbul et je communique le plus souvent avec eux par mail. Nous nous voyons à l'occasion de l'une ou l'autre manifestation culturelle ou diplomatique et de temps en temps en privé.

 

Ma vie est ici, c'est indéniable. Je ne me vois absolument pas rentrer en Alsace ou dans une autre région de l'Hexagone. Les rares fois où je remets les pieds en France (une fois l'an maximum), je m'y sens étrangère à présent et Istanbul me manque au bout de quelques jours.

 

Je ne retrouve pas les saveurs, les odeurs, les bruits, la chaleur humaine, tout ce qui fait partie de mon quotidien depuis sept ans. Par contre, j'aime tout autant le dialecte alsacien et déguster des spécialités comme les bretzels...

 


  

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 06:36

Après le portrait d'hier paru sur le blog de mademoiselle istanbul, me voici encore à l'honneur, cette fois-ci dans lepetitjournal.com d'Istanbul, journal électronique bien connu des francophones en Turquie.

 

Je vous invite à prendre connaissance de l'article ici.

 Capture.JPG

 


Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Turquie
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires
Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 14:38

Mademoiselle Istanbul, qui tient un blog bien sympathique depuis dix mois, a souhaité dresser un petit portrait chinois me concernant.

 

Je vous propose de le découvrir en cliquant ici.

 

                      Image 944

 

 



Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Turquie
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 29 octobre 2010 5 29 /10 /Oct /2010 06:20

Article publié ce jour dans l'hebdomadaire alsacien "L'ami hebdo"

 

 

La Turquie à cœur ouvert

 

Mulhouse-Istanbul, un aller simple : fonctionnaire municipale pendant deux décennies, Nathalie Ritzmann a décidé un beau jour de changer de vie. Direction la Turquie et de toutes nouvelles perspectives. Portrait d'une expatriée-communicante vraiment pas comme les autres... en ce jour - 29 octobre - de fête nationale turque

 

"İci, cinq vies ne suffiraient pas pour faire tout ce dont j'ai envie". Sourire aux lèvres, Nathalie parle comme elle vit. D'évidence parfaitement en phase avec le bouillonnement stambouliote qui l'entoure. Le sien, de bouillonnement, est intellectuel, sociétal. "J'aimerais bien être Ministre de la Culture" plaisante-t-elle. Avec sa double nationalité acquise cet été, qui sait ? Le défi n'aurait au final rien de plus insurmontable que les précédents qu'elle a déjà avalés.

 

Débarquée à Istanbul en août 2003, elle se souvient que tout son entourage l'avait alors qualifiée de "givrée". Seuls deux proches l'avaient soutenu, sur l'autel d'une personnalité toujours ressentie comme décalée et pour ainsi dire hors normes. Sans baccalauréat mais avec un diplôme de sténo-dactylographie, la Mulhousienne entre dans la vie active via un concours de la fonction publique territoriale. Sa première vie, ce sera donc en mairies de Brunstatt, de Richwiller et de Kingersheim qu'elle la passera "A rêver d'écrire, de prendre des photos, de vivre à l'étranger...". Le rêve deviendra réalité suite à une rupture personnelle : en instance de divorce, elle se rend à Istanbul en 2002 et tombe littéralement amoureuse de la ville-monde.

 

 

   2-AOUT-2010 1812 au bord du Bosphore copy

              Nathalie Ritzmann, mi-alsacienne mi-turque, au bord du détroit du Bosphore

 

A en perdre son français

 

Le Sud Alsace s'efface alors de son esprit au profit de la Corne d'Or, non sans avoir été tentée par une autre destination, l'Egypte. Un an plus tard, la voilà posée entre Europe et Asie, avec la Mer de Marmara comme horizon. L'hôtel, puis la vieille maison sans chauffage se sont mués en un meublé où Nathalie réside toujours. Trois mois de cours intensif l'ont rendue bilingue "au point de peiner à retrouver certains mots en français", avoue-t-elle, malgré un poste de quelques mois en maternelle privée à enseigner la langue de Molière. Pour l'écrit, moins de soucis, puisqu'elle n'a cessé de l'entretenir, de le travailler. D'abord en contribuant à la mise à jour d'un guide pour les francophones s'installant à Istanbul. Puis en collaborant avec le journal mensuel Aujourd'hui la Turquie.

 

Enfin et surtout en lançant fin 2007 son blog à la dénomination évocatrice, "Du bretzel au simit". En résumé, du pain alsacien au pain turc. "J'y ai entrepris de montrer Istanbul mais aussi la Turquie dans toute leur diversité. Mes textes et illustrations entendent faire découvrir ces lieux, activités et réalités méconnus. Car la mauvaise image dont souffre encore le pays est pour beaucoup basée sur des a priori, des méconnaissances". Il y a quelques mois, une tendinite au bras a ralenti ses productions. Ce sera désormais "moins", mais "mieux".

 

Nathalie est même parvenue à adapter sa vie professionnelle à sa passion : après une expérience comme responsable de gestion dans une société internationale, elle oeuvre depuis trois ans comme responsable financière d'une entreprise de transports créée par deux Français. Elle y joue les intermédiaires entre clients routiers hexagonaux et transporteurs, le tout à mi-temps, ce qui lui dégage du temps pour découvrir et faire découvrir les atouts et secrets turcs, même si les fins de mois seraient d'évidence plus faciles avec un temps complet.

 

Au gré des sujets

 

Débrouillarde et accrocheuse, spontanée et décidée, elle est fière d'avoir interviewé le grand photographe Ara Güler, comme de prendre fait et cause pour le site historique de Hasankeyf - au Sud-Est du pays et au bord du Tigre - menacé de submersion par le projet du barrage İlisu.

 

   Photo-067---vue-generale-copy.jpg

                                                      Hasankeyf

 

 

"Aujourd'hui, on me sollicite même pour faire découvrir des villages hors des sentiers battus. Il y a tant de richesses, syriaques, kurdes, arabes !"  Quand Barbara, une amie originaire du Bassin potassique, met pour la première fois le pied sur le sol turc, c'est "l'Istanbul de Nathalie" qu'elle tutoie en visite guidée "Avec par exemple la petite Sainte-Sophie plutôt que la grande, des pans de ville peu courus plutôt que Sultanahmet".

 

A 46 ans, Nathalie Ritzmann fait partie des quelque 4000 Français à faire ou refaire leur vie à Istanbul. Entre la jeunesse stambouliote revendiquant la modernité et ces milliers d'Anatoliens aux habitudes rurales, elle vadrouille au gré des vents et des bons sujets. Si ce sont des jurons alsaciens qui sortent de temps à autre, elle se dit convaincue de ne plus pouvoir vivre en France. "Entre le chacun pour soi et l'hospitalité turque, j'ai fait mon choix et trouvé chaussure à mon pied au sein de cette population curieuse de tout, qui a envie d'avancer".

 

   2-AOUT-2010 6056 copy

                                                         Un café à Sulukule, Istanbul

 

Istanbul, la Turquie, deuxième vie parfaite de notre aventurière ? Pas tout à fait... A l'heure du bémol, le sérieux est de rigueur au point qu'elle ressent le besoin de prendre elle-même la plume : "Mon choix de vie s'est forcément fait au détriment de quelque chose. Ce qui me manque le plus, c'est l'âme-soeur avec qui partager mon amour pour la Turquie en lui donnant l'occasion de réaliser le grand saut". A bon entendeur...

 

Florent Mathern

 

Retrouvez le quotidien et la Turquie de Nathalie Ritzmann sur http://www.dubretzelausimit.com

 

  

 

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
Ecrire un commentaire - Voir les 25 commentaires
Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /Juin /2010 05:45

Reportage publié ce jour dans le Petitjournal.com d'Istanbul

 

Interviewer Ara Güler, légende vivante de la photo en Turquie, offre une saveur extraordinaire, salée-sucrée. En effet, cet homme, maniant les subtilités de la langue turque avec brio, possède le verbe haut, un franc-parler parfois déconcertant et un humour caustique.

 

C'est dans le café portant le prénom de cet illustre personnage et situé à l'entrée d'un immeuble de Galatasaray, héritage paternel, qu'a lieu notre rendez-vous.

 

                   dans son café

                       Ara Güler dans son café derrière une de ses photos ornant la salle

 

 

Un parcours aux côtés des plus grands noms de la presse internationale

 

Né il y a bientôt 82 ans à Taksim, quartier d'Istanbul, dans une famille aisée,  Ara Güler, d'origine arménienne, grandit là, entre les îles des Princes, Suadiye et Beyoğlu, où il habite toujours.

 

C'est aux côtés de son père, amateur de cinéma, qu'Ara prend ses premiers clichés avec l'appareil familial. Entre études d'économie et incursions dans le monde du cinéma, il débute en 1948 comme photographe stagiaire au journal "Yeni Istanbul" et quitte prématurément la faculté d'économie pour accomplir son service militaire.

 

                    Sur le perron du Consulat de France d'Istanbul avec un de s

Ara Güler sur le perron du Consulat de France d'Istanbul, avec un de ses 50 appareils photo en bandoulière, lors de la rencontre avec Jack Lang, Zülfü Livaneli et Yaşar Kemal organisée le 26 mai 2010 

 

A son retour, il travaille quelques mois pour le quotidien Hürriyet, puis au magazine Hayat où il dirigera le service photo. Time ouvre un bureau à Istanbul et lui offre un poste de reporter photo en 1956. C'est non sans fierté qu'Ara dit être celui qui y a travaillé le plus longtemps.

 

Au Festival de Cannes, il rencontre André Lacaze, chef des informations à Paris Match, qui lui propose de devenir aussi leur correspondant photographe, compromis accepté par Time. Ses instantanés sont à l'image du slogan du magazine, "le choc des photos" ; les images du photojournaliste parlent d'elles-mêmes...

 

   Une des pièces de son musée privé

   Une des pièces de son musée privé où sur deux étages est regroupée une infime partie de ses clichés

 

Ara collabore aussi avec les plus grands noms internationaux de la presse (Stern, le Sunday Times,..) ainsi qu'avec l'agence Magnum, suite à sa rencontre avec Cartier-Bresson. Il parcourt le monde, photographie les plus grands acteurs (il va 11 fois au Festival de Cannes), hommes politiques et artistes du XXème siècle comme Dali ou Picasso, pour ne citer qu'eux.

 

                 Pablo Picasso et Salvador Dali, 2 génies immortalisés par

   Picasso et Dali, deux génies immortalisés par Ara Güler - photos exposées dans son musée privé

 

                 Mineur de charbon turc - photo d'Ara Güler                                      

             Mineur de charbon turc - Photo d'Ara Güler exposée dans son musée privé

 

Connu et reconnu dans le monde entier

 

Des photos d'Ara Güler sont conservées dans des lieux prestigieux, tels le George Estman House à Rochester, l'université Sheldon au Nebraska, au musée Ludwig à Köln ou à la Bibliothèque Nationale de Paris.

 

La Saison de la Turquie en France lui a rendu hommage lors d'une exposition à l'automne dernier à la Maison de la Photographie à Paris.

 

38 livres publiés à ce jour, dont le dernier "Istanbul'u dinliyorum" (j'écoute Istanbul), regroupent les plus belles photos d'Ara Güler.

 

                   avec un de ses 38 livres

  Ara Güler signant le premier ouvrage de photos sur Istanbul publié et qui en est à sa 7ème édition

 

 

Des nombreux prix, médailles et décorations reçus, parmi lesquels celui comme étant d'un des sept meilleurs photographes au monde attribué par la revue anglaise Photography Annual en 1961, "Master of Leica" en 1962, le titre de "Photographe du siècle" en Turquie en 1999,  la Légion d'Honneur en 2000, les clés de la Ville de Paris à l'automne dernier, il n'en a que faire.

 

"C'est très petit pour moi" me dit-il en parlant de l'Oscar de la Photo à New York où il a envoyé quelqu'un le chercher à sa place.

 

                       Ara Güler en pleine action dans la salle de spectacles de

 Dans la salle de spectacles de l'Institut Culturel Français à Istanbul le 26 mai 2010, Ara Güler photographie Yaşar Kemal

 

"L'oeil d'Istanbul", surnom d'Ara Güler

 

Son pays natal n'est pas oublié pour autant et il immortalise la Turquie, des sites antiques à la steppe d'Anatolie, mais surtout Istanbul.

 

"L'Istanbul qu'on est en train de perdre, je l'ai attrapé à temps. C'est une chance pour la Turquie, pas pour moi, je lui ai fait une faveur... et je suis le seul à l'avoir fait !" Arpentant rues et quartiers, il fixe durant des décennies l'âme et le coeur de la ville, offrant aux générations futures une  tranche d'histoire et lui valant le surnom d'"Oeil d'Istanbul".

 

                  Karaköy 1955 copy

                  Karaköy (Istanbul) 1955 - aimablement mise à disposition par Ara Güler

 

 

"Istanbul est morte, elle sent la mort" regrette-t-il amèrement en comparant l'Istanbul d'aujourd'hui à son ancienne Istanbul romantique, celle décrite à travers ses portraits,  ses photos au bord de l'eau ou dans les quartiers populaires.

 

Lorsque je lui demande quelles sont ses photos préférées parmi les deux millions ou presque prises durant toutes ces années, il me dit "Que répondrait une mère si tu lui demandais lequel de ses enfants elle préfère ?" Et à ma question "Que prendriez-vous aujourd'hui en photo sur Istiklal Caddesi ?", il rétorque "Il vaut mieux ne rien prendre, il ne reste rien..."

 

   Galatasaray 1960 - photo aimablement mise à disposition pa

                 Galatasaray (Istanbul) 1960 - aimablement mis à disposition par Ara Güler

 

 

 

Lorsqu'enfin, il s'exclame "Je suis né avec un appareil photo dans le berceau,... de toute façon, je suis exceptionnel !", impossible de le nier, Ara Güler est véritablement un être d'exception !

 

                  Ara Güler dans le jardin du Consulat de France d'Istanbul

                     Ara Güler, un homme d'exception, le plus célèbre photographe turc !

 

 

Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
Ecrire un commentaire - Voir les 23 commentaires
Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 07:51

Dans le numéro 4 du magazine "Bonjour Istanbul" qui vient de paraître, j'ai rencontré pour vous Sébastien de Courtois. Rien ne laissait présager que les pas de ce jeune homme le mèneraient en Turquie sur ceux tracés par les chrétiens d'Orient, et pourtant...


Et pourtant, dans sa prime jeunesse, Sébastien rêvait déjà de Constantinople où son arrière grand-père travaillait pour la Banque Ottomane.

 

Après des études de Droit et un Doctorat d’Histoire à l’Ecole des Hautes-Etudes à la Sorbonne, il travaille en mai 1997 dans un service juridique parisien. Un ami, désireux de découvrir la région du lac de Van et les églises arméniennes qui s’y trouvent, en particulier celle d’Akdamar, lui propose de l’accompagner.

 

Sébastien se souvient parfaitement de cette première escapade en Turquie, dans une zone où les barrages et les contrôles d’identité sur les routes étaient fréquents et le couvre-feu de mise.

  14-DECEMBRE-2009 8784 copy
                                                          Sébastien de Courtois

 

De Bitlis, le destin va l’amener à Mardin au lieu de DiyarbakIr, après être monté dans le mauvais mini-bus. En sortant de la gare routière, la route de Sébastien - qui ignorait la présence de chrétiens dans cette partie du pays – croise celle d’un prêtre chaldéen francophone qui a fait ses études au séminaire Saint-Jean de Mossoul en Irak.

Cet homme de foi qui parle l’araméen – la langue du Christ - éveille son intérêt. Il le surprend aussi, notamment quand il l’invite à poursuivre son chemin à Tur Abdin, cette région englobant une partie de la province de Mardin et de celle de Sirnak et dont le nom signifie en syriaque « la montagne des serviteurs de Dieu ».

 

Sébastien va finalement se rendre à Mydiat et passera quelques jours au monastère syriaque Mor Gabriel. C’est l’occasion pour lui de visiter de très anciennes églises et des villages chrétiens dont de nombreux habitants ont pour langue maternelle le syriaque.


Ce voyage initiatique avec les  chrétiens d’Orient opère un déclic dans la vie du jeune homme qui décide de consacrer sa recherche historique et sa plume à cette communauté. Les publications sur le sujet sont rares, si rares que Sébastien décide de réaliser un livre de photos qui permet de mêler la beauté des paysages avec celles des monuments et des hommes.

 

En 2000 et 2001, Sébastien retourne à Tur Abdin à quatre reprises avec Douchan Novakovic, photographe serbe, et son premier livre "Les derniers Araméens – le peuple oublié de Jésus" paraît finalement en 2004.


                   14-DECEMBRE-2009 8970 copy  
 

L’auteur, qui exerce une fonction d’attaché parlementaire au Sénat depuis 2003, entame, après cette première publication, une carrière journalistique. Il propose des reportages au Figaro Magazine, fasciné par l’écriture, le journalisme et le voyage qu’il souhaite associer par la même occasion. Il a d’ailleurs rédigé son premier article pour le quotidien du Figaro à l’âge de 19 ans…

 

Il finit par quitter le Sénat en 2005 et continue sa thèse d’histoire sur les syriaques de Turquie en vivant des articles vendus au Figaro Magazine, à Géo, Grands Reportages et à d’autres titres de la presse magazine liés au voyage. Il confirme ainsi sa spécificité d’historien sur les chrétiens d’Orient.

 

"Chrétiens d’Orient sur la route de la Soie, dans les pas des nestoriens", son second ouvrage publié fin 2007, allie le récit de voyage qui aura mené son auteur durant quatre mois d’Istanbul à Pékin en train, en bus … et à cheval, et l’histoire.


                     14-DECEMBRE-2009 8792 copy
 

En 2008, Sébastien s’installe à Istanbul, ville à laquelle il se sent appartenir. Sans le savoir jusqu’à une époque récente, son premier logement se trouve dans l’immeuble mitoyen à celui occupé il y a bien longtemps par son arrière grand-père… Le passé a rattrapé le présent !

 

Début 2009, "Périple en Turquie Chrétienne" apparaît dans les rayonnages des libraires. Cet ouvrage est le fruit de deux mois de périple dans les rues d’Istanbul mais aussi à Antioche, ville du sud-est de la Turquie dans laquelle, selon les actes des Apôtres, le terme de chrétien a été utilisé pour la première fois, à Tarsus, Konya, Ephèse, Izmir, Bursa, Iznik, Ankara, Trabzon, Van et Tur Abdin.

 

Il met en avant l’héritage historique chrétien de la Turquie en faisant également le point sur la situation des minorités chrétiennes dans le pays.

Au mois d'octobre vient de paraître "Le nouveau défi des chrétiens d'Orient : d'Istanbul à Bagdad". Ce dernier livre donne la parole aux réfugiés chrétiens d'Irak, tenus de s'exiler en Turquie ou en Syrie pour fuir la persécution qui sévit dans leur patrie.

 

                                              04 Couverture Défi
                                        

A travers les différentes œuvres qui ont vu le jour grâce à la plume de Sébastien de Courtois, un pan d’histoire souvent méconnu est ainsi accessible au grand public. Leur lecture permet de mieux connaître à la fois le passé important des chrétiens d’Orient et leur place dans l’histoire de la Turquie.

 


Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Turquie
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 05:57


Article publié ce jour dans "Le petit journal d'Istanbul"  
http://www.lepetitjournal.com/content/view/44122/1992/



Après avoir quitté l’effervescence du centre de Kadıköy aux ruelles commerçantes agréables et animées, se trouvent les quartiers coquets et verdoyants connus sous les noms de Moda et Bahariye.

Il fait bon s’y promener et goûter à la tranquillité des lieux en découvrant à chaque détour quelque chose d’intéressant.

Hormis la marche, l’autre moyen pour se rendre en plein cœur de ce poumon de Kadıköy est sans nul doute le tramway rétro qui part de l’embarcadère pour remonter la grouillante Bahariye Caddesi avant de se perdre dans des voies bien plus paisibles.


                       
                                        Le tramway qui traverse Moda

En empruntant l’avenue Bahariye, on ne peut ignorer 
Aya Triada kilisesi, l’église grecque orthodoxe de la Sainte-Trinité, qui date de 1902.


                        
                                                   Aya Triada kilisesi

Tout près de là, dans une ruelle en légère pente, un immense et splendide köşk abrite Kadıköy kaymakamlığı, autrement dit la Sous-Préfecture.


                        
                                          La sous-préfecture de Kadıköy

De ci de là, d’anciennes demeures en bois trônent à côté d’autres tout aussi typiques aux couleurs vives, formant ainsi un mélange visuel des plus heureux.


                        
                                        Dans le quartier de Bahariye

En suivant le chemin du tramway en direction de Moda, on croise sur sa route la très belle
Assomption Meryem Ana Fransız Kilisesi, l’église catholique française Notre-Dame-de-l’Assomption, construite en 1859 sur décret impérial.


            
                                       L'église Notre-Dame-de-l'Assomption

A quelques encablures, se trouve un havre de paix, le Yoğurtçu parkı. Une piste cyclable et quelques aires de jeux ne perturbent aucunement la sérénité qui se dégage de ce cadre de verdure propice à la détente, où l’on vient s’abriter quelques heures du soleil pour deviser ou se reposer tout simplement.


            
                                                     Yoğurtçu parkı

La promenade en bordure de ce parc se fait au bord de l’eau, un petit bras de mer où barques et bateaux, certains paraissant d’une autre époque, accueillent leurs propriétaires pour passer quelques heures d’oisiveté dominicale.


             
                                    Un bateau, deux bateaux, trois bateaux...

L’embarcadère historique de Moda, situé tout au bout de l’avenue du même nom, sépare en fait ce que les anciens habitants appellent Küçük Moda - le petit Moda -, à proximité de l’actuel Lycée Français Saint-Joseph, et Büyük Moda - le grand Moda -,  situé dans la périphérie du Deniz Klübü. 

             
                                     Bateaux au repos ou en phase de réparation

A Küçük Moda, il y avait une kadınlar plajı, une plage renommée destinée aux femmes et aux enfants, qui a vécu sa période de gloire du début du XXème siècle jusque dans les années 30. Elle est ensuite devenue une plage mixte avant de disparaître dans les années 80.


                              
                              La plage de Moda, dans les années 1950 (photo extraite du net)

Ce secteur de la rive asiatique d’Istanbul, aux multiples cachets, était très peu habité jusqu’à la fin des années 1800, jusqu’à l’arrivée de grandes familles levantines et anglaises qui en ont fait un quartier chic et balnéaire. Il se révèle aujourd’hui une excellente idée de promenade pour le week-end et est très facilement accessible.


Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /Juin /2009 05:54

Marie-France, la rédactrice en Chef du tout jeune et dynamique magazine "Bonjour Istanbul" ... et auteur du blog "Du miel aux épices" a souhaité m'associer à cette nouvelle aventure.

Voici donc l'article publié dans l'édition d'été du numéro 2 qui vient tout juste de paraître et dont je recommande fortement la lecture aux francophones d'Istanbul

 

 
Nathalie Ritzmann vous emmène dans la Medrese Hüseyin ağa située à côté de Küçük Aya Sofya camii, à la rencontre d’Ahmet qui perpétue un art très ancien, l’incrustation de nacre

 

 

Un peu d’histoire sur la technique de la marquetterie va nous conduire à l’atelier d’Ahmet.

 

Dans les travaux d’incrustation, le bois utilisé comme fond est ciselé au couteau et des formes de couleur collées dans les ouvertures. Jusqu’en 1462, des particules d’arbres de couleur naturelle sont utilisées. Plus tard, des petits morceaux de bois précieux colorés dans des bains d’huile chaude ont servi pour les incrustations. A la même époque, une technique de reflet donné par du sable partiellement brûlé a également vu le jour.

 

   2--17--copy.jpg

                           Un kemençe classique, violon turc, embelli par Ahmet
 

En 1560, des scies fines de poil obtenues avec des ressorts d’horloge préparés avec des limes apportent une nouvelle dimension aux objets incrustés. Il est possible de couper en une seule opération, en mettant des placages de différentes couleurs superposés ainsi que des formes arrondies et complexes, très difficiles à obtenir avec un couteau.

 

   2--16--copy.jpg

                                Arrière du kemençe présenté ci-dessus
 

A cette période, des fleurs et feuilles stylisées agrémentant les ornements anatoliens, iraniens et arabes font leur apparition. En Turquie, l’incrustation est davantage utilisée sur les objets de la maison, alors qu’en Occident, cette technique concerne plutôt les meubles.

 

La première fois que j’ai rencontré Ahmet dans son atelier, il y a un an,  il incrustait des fines lamelles de nacre dans une guitare. Adresse, minutie et patience étaient au rendez-vous, le temps semblait s’être arrêté.

 

   juin-2008-006-copy.jpg

                                       Juin 2008, lors de notre première rencontre
 

Ahmet est né en 1973 à Canakkale de père menuisier. A l'âge de 12 ans, son occupation favorite consiste à tailler dans des morceaux de bois avec son couteau et à confectionner des encadrements de miroirs…

 

A l'âge de 20 ans, il s'installe à Istanbul et travaille dans l'hôtellerie durant 5 ans. Après avoir rencontré un artisan qui façonne l'argent et la corne, il donne sa démission en 1998 et apprend le métier aux côtés du maître installé à côté de Alay Köşkü, dans le quartier de Sultanahmet.

 

   ahmet--1--copy.jpg

                         Arrière d'un kemençe, violon traditionnel turc, restauré par Ahmet
 

Le maître-artisan déménage à Bursa en 2001 et Ahmet décide alors d'ouvrir son premier petit atelier. Sa première commande consiste à participer à la restauration d'un ud, instrument de musique traditionnel à corde.

 

Dans le cadre de la promotion de l'artisanat local, le Ministère de la Culture Turc lui passe ensuite de nombreuses commandes exposées dans leurs magasins de présentation.

 

   kemen-e-restorasyon-copy.jpg

                            Avant du kemence ci-dessus, restauré par Ahmet
 

Ahmet travaille régulièrement avec un artisan installé dans le même quartier, Ferdun Obul, qui fabrique des instruments de musique. Ahmet crée et taille les motifs pour les ud, les violons, les rebap (autre instrument à cordes utilisé par les mevlevi) et Ferdun procède à leur montage.

 

En 2002, il fait la connaissance d'un collectionneur turc de boîtes et d'instruments de musique pour qui il commence à réaliser différents travaux.

 

                       pi-ce-de-d-mo-copy.jpg

                                              Ahmet Sezen, en plein travail
 

En 2004, un grec de passage lui demande de restaurer un coffre... en trois jours, alors que le travail demandé représente vingt journées de travail ! Jour et nuit, sans interruption, avec d'autres artisans, Ahmet restaure cette pièce et relève ainsi le défi... Il a depuis réalisé de nombreuses commandes pour ce client.

 

   bo-te-copy.jpg

                                                 Boîte joliment ouvragée

En juin 2005, suite à la disparition progressive de l’artisanat local, le Ministère de la Culture organise la première « Exposition des Doigts d'Or" à Sultanahmet à laquelle Ahmet et Ferdun participent. Début septembre de la même année, les deux compères se retrouvent lors d’une autre exposition à Izmir, puis une autre fin septembre à Antalya.

 

Ces expositions vont donner l'occasion à Ahmet à la fois de présenter son art mais également de proposer à la vente des compositions, telles des parures, des petits bijoux ou des miroirs encadrés et incrustés.

 

                       chevali-re-copy.jpg

        Chevalière incrustée de nacre, une création d'Ahmet réalisée conjointement avec Fatma
 

En 2006, le Ministère de la Culture organise un concours artisanal à Ankara et Ahmet remporte le premier prix avec un miroir à main. Ses créations se multiplient, tant des accessoires destinés aux hommes (porte-cartes de visite, boites de cigarettes), qu’aux femmes (colliers, bagues, miroirs de poche,…).

 

Fin 2006, il s'installe avec huit autres artisans dans la magnifique medrese Hüseyin ağa attenante à Küçük Aya Sofia camii, à Sultanahmet.

 

Depuis 2004, Ahmet forme des jeunes aux techniques de l'incrustation pour perpétuer cet art. Depuis 1 an et demi, Fatma, âgée de 18 ans, travaille à ses côtés. Lors de ma récente visite, Fatma ponçait minutieusement, un par un, les carrés de nacre avant leur découpe.

 

                        Fatma-copy.jpg

                                    Fatma, lors d'une opération de ponçage
 

La nacre utilisée vient des Philippines. Plus facile à travailler et de meilleure qualité que celle produite en Turquie, dans la région de Gaziantep, elle a l'avantage de proposer d’autres couleurs que le blanc, telles le vert ou le rouge. Il y a quelques années, la nacre s’achetait au kilo mais compte-tenu de la flambée des prix, c'est à la pièce qu'Ahmet s'approvisionne à présent. Pour donner un ordre de prix, un carré de 5 cm2 coûte 5 USD, le kg... 200 à 250 USD…

 

                        d-mo-copy.jpg

                             Le trait doit être sûr, compte-tenu de la finesse du travail
 

En 2008, Ahmet a réalisé en un mois et demi une boîte en bois tropical qui abrite à présent les reliques d’un saint reposant dans l'église Saint-Nicolas à Drama en Macédoine.

 

    sedefkar-061-copy.jpg

               Ahmet devant des affiches représentant certains des ouvrages d'art réalisés
 

La pièce de démonstration qu’il me présente nécessite trois mois de travail continu. Un pendentif équivaut à une journée de travail, de même qu’un porte-cartes de visite. Une petite boîte, quant à elle, nécessite trois à quatre jours. 80 % de sa production annuelle est destiné aux collectionneurs et antiquaires.

 

                        pi-ce-de-d-monstration-copy.jpg

                                                 Pièce de démonstration
 

Une dizaine d'ateliers perpétue cet art à Istanbul, dont celui installé au palais de Topkapı qui réalise toutes sortes de restaurations. Les techniques ancestrales sont toujours utilisées, mais de nouveaux concepts ont vu le jour au gré du temps.

 

   Ahmet-et-Fatma-copy.jpg

                Ahmet explique certains détails techniques à Fatma concenant une commande
 

Si vous visitez Küçük Aya Sofia camii, n'hésitez pas à faire un détour par l'atelier d'Ahmet qui se fera un plaisir de vous consacrer un peu de temps pour vous le faire visiter.

 

 

Ahmet Sezen – Sedefkâr

Küçükayasofya Cd. Hüseyin ağa Medresesi – Sultanahmet – Istanbul – ouvert tous les jours de 9 h  à 18 h

Tél (0212) 516 34 53 – gsm 0532 356 45 72

www.sedefkar.com

sedefkar@sedefkar.com


Par Nat - Publié dans : Publications - Communauté : Istanbul
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires

Présentation

Recherche

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés