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Découverte d'Istanbul

Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 17:00

Les Turcs sont nombreux à parier sur les chevaux qui courent presque tous les jours de l'année sur les hippodromes d'Istanbul, de Bursa, d'Elaziğ, de Diyarbakır, d'Adana, d'Izmir, d'Ankara et de Şanliurfa.

 

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                   A l'arrivée d'une course sur l'hippodrome Veliefendi d'Istanbul


Avec ses 596 000 m2 de surface et ses tribunes couvertes pouvant accueillir jusqu'à 7600 personnes, celui d'Istanbul, situé à Zeytinburnu sur l'emplacement d'une ancienne prairie, est le plus important du pays. Il porte le nom de Veliefendi, nom du quartier dans lequel il se situe.

 

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                       L'entrée principale de l'hippodrome d'Istanbul

 

M. Patterson, Consul d'Angleterre, s'associe en 1856 à un certain Refik Evliyazade pour créer à Izmir le Smyrna Races Club, le premier véritable club de courses. C'est dans cette ville qu'a ainsi lieu le 23 septembre de la même année la première course équestre en Turquie, les suivantes ayant lieu tous les ans à Pâques. La période la plus brillante pour ce club s'achève avec la Première Guerre mondiale.

 

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Durant son règne,  le sultan Abdulaziz, organise à Istanbul, plus précisément à Kağıthane, des courses de chevaux équivalentes à celles d'Izmir et en 1909 naît le Jockey Club ottoman.

 

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Mustafa Kemal Atatürk, Président de la Grande Assemblée Nationale de Turquie nouvellement fondée, choisit en 1920 un emplacement sur la rive asiatique d'Istanbul, près de la ligne de train reliant la ville à Ankara, pour la tenue des courses équestres.

 

Le monde équestre turc vit des périodes chaotiques durant les premièrs années de la République.

 

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          Une fois monté, le jockey se prépare pour donner le meilleur de lui-même


L'actuel T.J.K. - Jockey-Club turc - voit le jour le 23 octobre 1950 et l'hippodrome de Veliefendi est utilisé à partir de l'année suivante. En 1953, la législation autorise le club à organiser les différentes courses durant 20 ans, ceci sous le contrôle du Ministère de l'Agriculture.

 

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                     Une ambulance suit les jockeys à chaque course


Le Club, composé de 24 membres lors de sa création - 115 aujourd'hui - possède de nos jours 20 étalons bien connus dans le milieu des courses. Une décision  du 12 octobre 1986 stipule que le siège social du Türkiye Jokey Klüp serait désormais à Istanbul.  

 

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         Deux cameramans filment la présentation des chevaux avant chaque course


Plusieurs pistes, une en sable de 1720 m de long et 14 à 16 m de large, une seconde en matière synthétique qui fait 1870 m de long pour une largeur de 17,5 à 19 m et enfin la plus longue en gazon avec ses 2020 m de long et ses 27 à 36 m de largeur disponible permettent d'accueillir les différentes courses.

 

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                     Les chevaux se préparent pour une nouvelle course


Dans l'enceinte de l'hippodrome stambouliote, hormis le Jockey-Club, les écuries et les bâtiments administratifs, se trouvent également un centre de formation pour apprentis, un hôpital pour chevaux de course, un musée et une salle d'exposition.

 

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          Sous les tribunes, les parieurs se réunissent pour discuter et valider leurs mises


Au niveau des deux tribunes couvertes, un espace VIP équipé d'écrans sur chaque table accueille les parieurs ainsi que leurs invités. Le reste du public peut suivre informations et courses soit de visu, soit à travers l'écran géant de 102 m² installé face aux tribunes.

 

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                                   Du haut de la tribune réservée aux VIP

 

Une importante aire de pique-nique, un jardin d'enfants, de nombreuses cafétérias sont à la disposition des visiteurs, qu'ils viennent seuls ou en famille.

 

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           Sous les tribunes, les tables accueillent les parieurs en pleine cogitation

                           

Parmi les courses les plus populaires dans le calendrier annuel de l'hippodrome d'Istanbul figurent Gazi Koşusu - la course du Victorieux - ainsi qu'une autre tout aussi illustre, Başbakan Koşusu, à savoir la course du Premier Ministre.


La première édition de Gazi Koşusu remonte à 1927 et a eu lieu à Ankara en présence de Mustafa Kemal Atatürk, à l'origine du nom de celle-ci.

 

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Assister à une après-midi de courses dans ce milieu principalement fréquenté par la gente masculine ressemble à une pièce de théâtre en plusieurs actes et comportant un rituel bien particulier qui cadence les 7 ou 8 courses du jour.


Avant chacune d'elles, les chevaux effectuent quelques tours de piste au pas, encadrés par deux lads, dans l'enceinte réservée à cet effet.

 

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                   La présentation des chevaux avant chaque course


C'est ensuite au propriétaire des montures d'échanger quelques mots avec son jockey chargé d'obtenir la meilleure place.

 

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                               L'entrée en scène des jockeys...

 

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                 ... suivie de la poignée de mains et des dernières recommandations

 

Mais voilà déjà que la cloche sonne !

 

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Les cavaliers montent à cheval avant de prendre la direction de la piste, qui au pas, au trot voire quelques dizaines de mètres au galop pour se mettre dans l'ambiance.

 

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                         La concentration se lit sur les visages


Pendant ce temps, le public, qui a eu le temps d'admirer les bêtes, de se pencher assidument sur les paris les plus logiques ou les plus risqués et de valider ceux-ci dans les nombreux guichets situés soit à l'extérieur, soit sous les tribunes, revient s'installer pour assister à la course.

 

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                               Rien ne va plus, les jeux sont faits...

 

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  Entre chaque course, le personnel nettoie la pelouse et remet en place les mottes qui ont volé


Les clameurs de l'assistance résonnent de façon impressionnante et vont crescendo dans les tribunes et autour de la piste lorsque les cavaliers approchent de la ligne d'arrivée.

 

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J'ai eu le plaisir durant cette après-midi de fin août à me retrouver assise aux côtés de Yurdakul Kayacan, vétéran des photographes du T.J.K, qui, depuis une cinquantaine d'années, immortalise petits et grands moments de la vie de ce lieu bien particulier d'Istanbul.

 

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                                     Passage de la ligne d'arrivée

 

En cliquant ici, un diaporama photos vous permet de rester encore quelques instants dans l'ambiance !


 


Par Nat - Publié dans : Découverte d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 07:40

 La nuit vient ravir la place au jour et le ciel d'Istanbul change de couleur, s'étiole peu à peu.


La Corne d'Or s'habille d'une parure argentée au fur et à mesure que le soleil s'endort.

 

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                                             La Corne d'Or, Istanbul


Avant qu'il ne tire sa révérence jusqu'au lendemain, quelques nuages le voilent, s'étirent devant lui avec grâce, le frôlent avec délicatesse.

 

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                                      Coucher de soleil sur la Corne d'Or


L'obscurité prend place et les lumières de la ville donnent une allure particulière à cette rivière dont les eaux s'unissent avec le détroit du Bosphore et la Mer de Marmara.

 

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                                      Le pont Atatürk sur la Corne d'Or


Les minarets des innombrables mosquées qui habillent les collines alentours se dressent majestueusement, brillant de mille feux.

 

 

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En contrebas de la pointe du Sérail, les bateaux se croisent et font des entrechats perpétuels entre l'Europe et l'Asie.

 

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                De la pointe du Sérail qui abrite le palais de Topkapı jusqu'à la Tour de Galata

 

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                                 Bacs et vapur mènent le bal entre l'Europe et l'Asie


Parfois, la corne d'un bateau retentit dans la nuit, suivi par les cris incessants des goélands dansant la sérénade dans le ciel d'Istanbul.

 

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             La caserne Selimiye et l'Université de Marmara entre Harem et Kadıköy

 

La tour génoise de Galata se pare de couleurs différentes avant de choisir celle qui lui conviendra pour passer la nuit.  

 

 

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                                                  La Tour de Galata

 

 

Derrière elle, les minarets de l'imposante Sainte-Sophie et de l'élégante mosquée bleue forment un tableau dont l'oeil ne se lasse guère.

 

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                      Les 4 minarets de Sainte-Sophie et les 6 de la mosquée bleue

 

 

La tour de Galata donne envie d'être escaladée, comme une montagne dont le flanc s'offre à vous.

 

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        Descente en rappel de la Tour de Galata hier soir dans le cadre d'une action publicitaire

 

Elle prend une allure mystérieuse le soir venu, offrant à l'imaginaire de chacun une part de rêve.


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Istanbul est enivrante de jour comme de nuit et même si aucune goutte d'alcool ne pénètre dans vos veines, elle vous ensorcelle et vous fait chavirer.

 

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                                             Ivresse d'Istanbul


 

Succomber à sa magie, se laisser emporter par le clapotis des eaux du Bosphore et de la Corne d'Or, attraper la lumière qui envahit le ciel dès l'aube et se laisser aller lorsque l'obscurité a repris ses droits pour quelques heures...et le bonheur est à portée de mains !

 


 

Par Nat - Publié dans : Découverte d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 07:40

 Le café Pierre Loti situé au milieu du cimetière d'Eyüp sur une des collines qui surplombent la Corne d'Or, assailli en semaine par les hordes de touristes et apprécié notamment le week-end par les turcs qui viennent y passer un moment entre amis ou en famille, se révèle bien plus calme et agréable de bon matin.

 

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                                      Au café Pierre Loti à Eyüp, Istanbul


Il n'est pas encore 10 h et la plupart des tables en bois recouvertes de nappes à carreaux rouges et blanches sont encore désertes.

 

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                            Quiétude matinale au café Pierre Loti, Istanbul

 

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L'atmosphère est à la quiétude, on peut apprécier le chant des oiseaux, se laisser à rêvasser, admirer la végétation environnante.

 

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Un homme est venu conter fleurette à sa douce, un autre, seul, jette un regard mélancolique sur le paysage qui s'offre à ses yeux.

 

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                         La situation de ce café est romantique à souhait


Une vieille dame, canne à la main, échange quelques mots avec un serveur qui semble bien la connaître...

 

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... avant de poursuivre sa route à travers le cimetière.

 

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Les employés qui commencent leur service dès le matin ne sont pas encore submergés de travail, le rythme reste détendu pour l'heure.

 

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Un réalisateur français préparant un documentaire sur Pierre Loti filme les lieux sur lesquels l'écrivain, amoureux de la Turquie, fréquentait pour s'y ressourcer.

 

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                                       Sur les traces de Pierre Loti...

 

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          Derrière une caméra ou avec ses propres yeux, chacun regarde à sa manière...

 

La porte qui permet d'accéder à l'intérieur du café abrite un curieux pensionnaire.

 

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En effet, une tourterelle a décidé d'y installer son nid. Il faut croire qu'elle s'y sent bien et que le va-et-vient ne la perturbe pas outre mesure.

 

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Le calme règne également à l'intérieur, le moment est idéal pour observer, s'imprégner de l'âme de Loti qui hante les lieux ...

 

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                                                 Pierre Loti

 

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Cette ambiance matinale dans un cadre enchanteresque permet de commencer la journée sous les meilleurs auspices...

 

 

Le café Pierre Loti est ouvert tous les jours de 8 h à 24 h.

 


 

 

Par Nat - Publié dans : Découverte d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 08:46

Durant le siècle passé, des dizaines d'incendies ont dévasté des quartiers d'Istanbul où les maisons en bois étaient alors bien plus nombreuses qu'aujourd'hui.


On estime à près de 25000 le nombre d’immeubles détruits par les flammes entre 1908 et 1930 uniquement à l'intérieur de la péninsule historique d'Istanbul, soit 20 à 25 % du parc immobilier de l'époque dans cette partie de la ville.

 

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          Incendie à Istanbul en 1858 - dessin de Dulong, L'Illustration, journal Universel Paris


Les moyens technologiques disponibles alors pour éteindre les feux étaient bien moins efficaces et un seul  incendie pouvait s'étendre sur des secteurs très larges, dévastant plusieurs centaines d'immeubles au passage.

 

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 Reproduction d'une ancienne carte postale représentant les tulumbacı d'Istanbul au début du XXème siècle


En outre, la population ne cessaît de croître durant la seconde moitié du XIXème siècle dans la capitale de l'Empire ottoman, entraînant une densité importante des constructions vouées au logement.

 

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                 Août 1908, vue de Fatih jusqu'à Saraçhanebaşı après l'incendie de Çırçır


En 1918 par exemple, le feu s'est étendu des quartiers de Vefa et de Vezneciler - situés près de l'aqueduc de Valens - jusqu'au bord de la mer de Marmara. C'est celui qui a été le plus dévastateur, 7500 maisons environ ayant été réduites en cendres.


Le quartier de Kadırga, au sud de la place de Sultanahmet, a régulièrement été la proie des flammes, notamment en 1918 et en 1928. L’incendie de Çırçır a dévasté 1500 immeubles en 1908, un autre à Aksaray en 1911 pas moins de 2400 maisons...

 

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   Biens sauvés rassemblés place de l'Hippodrome à Sultanahmet après l'incendie Ishak Paşa en 1912


Les tulumbacı, autrement dit les pompiers de l'époque, se déplaçaient à pieds, munis de leurs lances à incendie, les tulumba.


Si aujourd’hui le corps des sapeurs-pompiers d’Istanbul dispose des moyens les plus modernes qui soient, les constructions en bois encore visibles de nos jours  à Istanbul sont des vestiges d’une époque révolue où les fantômes de celles emportées par les flammes hantent peut-être encore certains rêves.

 

 

 

 

 

Par Nat - Publié dans : Découverte d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 17:53

Alexandre Vallaury, né le 2 avril 1850 à Istanbul et décédé en 1921 dans sa ville natale, joue un rôle important dans l'architecture ottomane de la fin du XIXème et du début du XXème siècle à Istanbul.

 

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            Le Cercle d'Orient sur İstiklal Caddesi, un bâtiment signé Alexandre Vallaury


Issu d'une famille levantine originaire de Paris, il suit des études d'architecture à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de la ville-lumière entre 1869 et 1878.


Deux ans plus tard, il revient s'installer dans la capitale de l'Empire ottoman où sa route croise celle de l'archéologue et historien d'art turc Osman Hamdi bey, conservateur du tout nouveau Musée Impérial devenu aujourd'hui Musée archéologique.

 

                  

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          Le bâtiment principal du musée archéologique d'Istanbul, signé Alexandre Vallaury


Si ce dernier est à l'origine en 1882 de la création de Sanayi-i Nefise Mektebi, l'actuelle Université des Beaux-Arts Mimar Sinan, c'est grâce à Vallaury que sera créé le département d'architecture où l'architecte va être le premier à enseigner cette discipline en Turquie, ceci durant 25 ans. 


En outre, Vallaury va construire à Istanbul plus d'une vingtaine de bâtiments prestigieux tels le Cercle d'Orient sur İstiklal Caddesi en 1884 où se trouve la célèbre pâtisserie Inci, la Banque Ottomane de Galata en 1890-1892, le bâtiment principal du musée Archéologique de la Ville entre 1891 et 1907, pour n'en citer que quelques-uns.

 

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               Vue partielle de la façade du Cercle d'Orient situé sur İstiklal Caddesi


En 1894, il appose également sa signature sur le mythique hôtel Peras Palas de Beyoğlu - son oeuvre la plus connue - destiné à accueillir à l'époque les voyageurs de l'Orient -Express.

 

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                            Un hôtel de légende, le Pera Palas à Istanbul


Un autre bâtiment, moins célèbre mais particulièrement imposant, est créé par Vallaury en 1898-1899. Il s'agit du monumental bâtiment en bois - seconde plus grande construction en bois au monde - situé sur une colline de Büyükada dans les îles des Princes et connu sous le nom d'orphelinat grec.

 

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                L'orphelinat grec de Prinkipo sur les hauteurs de Büyükada à Istanbul


Les talents de Vallaury, qui combine dans ses réalisations les éléments de la culture turque et les valeurs occidentales, seront distingués et décorés tant par les hautes instances ottomanes que par le gouvernement français qui lui décerne la Légion d'Honneur en 1896.

 

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                    Détail de la façade du bâtiment du Cercle d'Orient à Istanbul


Si le nom de cet architecte est moins connu que celui de la famille d'architectes arméniens Balyan, il n'en reste pas moins que ses empreintes parvenues jusqu'à nous aujourd'hui méritait bien le coup de chapeau rendu par l'Institut Culturel Français d'Istanbul à travers une exposition qui ferme ses portes le 20 mai prochain.

 


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Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 10:51

Heybeliada  est la plus verte de toutes les îles des Princes situées au large d'Istanbul.


Si mimosas et genêts en fleurs apportent actuellement leurs touches jaunes sur  la palette de couleurs qui égaient les collines de cette île, le blanc y est également à l'honneur.

 

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                 Branches de mimosa vendues sur l'embarcadère de Heybeliada


En effet, au milieu de cette végétation diverse et variée se trouvent les asphodèles aux fleurs blanches délicates de toute beauté.

 

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                                  Asphodèle en fleur à Heybeliada


Les différentes espèces de cette plante vivace appartenant à la famille des liliacées poussent essentiellement dans le bassin méditerranéen.


Des ramifications habillent le haut d'une tige nue et des grappes de fleurs qui s'ouvrent du bas vers le haut. Au bas de la grappe se trouvent les fruits, de couleur verte ou brun-orangé et ressemblant à de petites cerises, au milieu les fleurs épanouies, composées chacune de six délicats pétales, et tout en haut celles non écloses.

 

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Les asphodèles ornaient dans l'Antiquité les tombes des défunts et ont donné naissance dans la mythologie grecque à la légende du "pré de l'asphodèle", lieu des Enfers, où séjournent la majorité des fantômes des morts...

 

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Il semblerait que cette plante, dont la hauteur dépasse le mètre, ne fleurit qu'une seule fois, raison de plus pour l'admirer !


Par Nat - Publié dans : Découverte d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 07:33

 Peu de temps après la réouverture de l'illustre pâtisserie Markiz à Istanbul en décembre 2003, je suis allée prendre le pouls des lieux.


Parmi les clients qui cherchent une place pour s'asseoir se trouve une vieille dame d'apparence charmante. La salle est alors pleine à craquer et lorsque la personne s'arrête devant ma table, je lui propose dans mon turc maladroit de l’époque de prendre place. Elle accepte en me répondant, dans un français absolument parfait, qu'elle attend plusieurs amies mais que visiblement elle est la première arrivée.

 

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              Détail d'un des panneaux art-nouveau de la pâtisserie Markiz à Istanbul


Je venais de faire la connaissance d'Evangelia, dite Eva, délicieuse dame d'origine grecque de 85 ans dont la famille habite Istanbul depuis sept générations. Ancienne cliente de la pâtisserie Markiz durant sa période glorieuse, elle n’aurait raté pour rien au monde ce rendez-vous qui lui rappelle tant de souvenirs.

 

Notre discussion se poursuit et cette femme me livre quelques pages de sa vie. Lorsque je lui dis à quel point son histoire m’intéresse, elle me propose de venir lui rendre visite à son domicile, invitation que j’accepte immédiatement, même si à l’époque, je ne savais pas encore qu’un jour, j’allais partager sur le net mon amour pour Istanbul et pour la Turquie.

 

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                                  Eva rencontrée à la pâtisserie Markiz


Me voilà donc installée quelques jours plus tard dans son petit salon rempli de souvenirs, prête à noter sur mon ordinateur qui m'accompagne pour l'occasion, un maximum de détails de la vie d'Eva.


Sa mère vendait des étoffes anglaises dans le magasin qu'elle avait acheté, situé sur  la grande avenue de Pera - l'actuelle Istiklal Caddesi - au bas de l’escalier de la petite église grecque près de l'église Saint-Antoine.

 

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                           L'église Saint-Antoine sur İstiklal Caddesi à Istanbul


A 3 ans, lors d’une querelle entre ses parents, elle se voit administrer une gifle par son père. Elle tombe du tabouret sur lequel elle est assise, lui-même posé sur le sofa. Dans sa chute, elle se casse la clavicule. Suite à cet accident, la mère d’Eva emballe dans un drap les quelques effets personnels du père et le renvoie manu militari. Depuis ce jour-là, Eva ne l’a plus jamais revu et n’a aucun souvenir de lui.


L’oncle Anthony, frère de sa mère, a fait fortune en Californie. Il envoie tous les mois des dollars à sa soeur qui en offre chaque fois un à sa fille. Eva se souvient d’ailleurs qu’à l’âge de 4-5 ans, quelqu’un lui vole dans la rue son billet d’un dollar qu’elle tient en main.


En novembre 1923, l’oncle écrit à l’Ambassadeur à Constantinople pour demander un visa afin d’envoyer Eva et sa mère le rejoindre en Californie. Mais la guerre éclate. Il leur propose alors de prendre un paquebot jusqu’à Mexico d’où il peut venir les chercher facilement en voiture. Sa mère refuse et finalement, le frère, fâché par ce refus, n’envoie plus d’argent.


La maman d’Eva se retrouve employée chez Kalivrusi, le très célèbre couturier du quartier, dont la boutique située au 272 de l'avenue de Pera accueille toutes les têtes célèbres.

 

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                                      La boutique de Kalivruzi - photo du net


Ses talents de couturière arrivent jusqu’aux oreilles des dernières sultanes pour lesquelles elle réalise robes et toilettes.


Eva se souvient avoir accompagné en taxi sa mère et trois petites mains pour faire les essais de robe à la reine d’Abyssie venue avec le roi à Dolmabahçe. Pendant les essais, elle jouait dans le jardin du palais. Souvenirs d'une autre époque…


 

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                                          Jardins du palais de Dolmabahçe


Après l'abolition du sultanat en 1922, le couturier n'a plus de clients, plus d'argent et met la clé sous le paillasson.


En 1927, Eva remporte le prix de Charleston à Athènes où elle vit un peu plus de deux semaines durant avec sa mère à l’hôtel Ambassadeur. C’est à cette période qu’a lieu un crack boursier où le fameux oncle d'Amérique perd les trois-quarts de sa fortune.


Eva qui parle un français absolument parfait a appris cette langue à l’école Notre-Dame-De-Sion qui se trouvait alors dans l’annexe près du Consulat d’Angleterre. De même, elle parle l’allemand, l’anglais, le grec bien entendu ainsi que l’italien, une langue qu’elle affectionne beaucoup. Bien qu'étant née en Turquie, elle n'apprendra le turc que bien plus tard...

 

Après sa scolarité à Notre-Dame-de-Sion, Eva poursuit ses études à l’école autrichienne. Elle grandit à Pera à une époque où les trois-quarts de la population du quartier sont grecs, même 100 % à Kurtuluş. A ce moment-là, les commerçants ne parlent pas en turc à Istanbul mais en grec….

 

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                               Une belle rencontre que celle avec Eva


En 1938, Eva travaille à Galata avec 12 filles où elle gagne à l’époque  25 livres turques, elle a 20 ans. Elle se présente chez le patron de la banque austro-turque qui veut l’embaucher pour 100 livres. Celui-ci lui dit en allemand qu'il souhaite l'engager pour traduire les infos des commerciaux sur la situation du tabac. Elle lui répond que ce n’est pas possible car … elle ne parle pas le turc.


Le patron se fâche, se lève, et lui dit : Comment, vous êtes née ici et vous ne parlez pas le turc ? Il se calme, et lui redit : « Vous m’avez plu, je vous engage quand même mais promettez-moi d’apprendre le turc afin de pouvoir me traduire les documents d’ici un an ». Elle accepte, apprend la langue du pays au milieu de 120 turcs et de 6 étrangers, et reste un certain nombre d’années au service de cet établissement.


Eva s’est mariée deux fois. Son premier mari, Tourhan, turc de Salonique d’origine juive, est le plus jeune d'une famille de six garçons et d'une fille. Après des études de chimie en Allemagne, il devient professeur à l’université d’Istanbul. Elle habite avec lui et la mère de Tourhan un appartement de 320 m2 à Nişantaşı et une fille naîtra de leur mariage.


Son second mari est un allemand rencontré en 1958, venu trois ans plus tôt à Istanbul créer la succursale d'une société de produits pharmaceutiques. Eva ira en Allemagne pour la première fois avec lui en 1968. Lorsque je la rencontre, elle est veuve depuis 5 ans ½.

 

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                          C'était à la pâtisserie Markiz, un après-midi de janvier 2004


Eva, un petit bout de femme mais une longue histoire… Je n’ai jamais oublié notre belle rencontre et cette tranche de vie istanbouliote qu'elle m'a fait revivre à travers ses souvenirs.

 


Par Nat - Publié dans : Découverte d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 12:59

Pera, ce nom célèbre à Istanbul dans les années 1930-50, évoque le quartier qui s'étend sur la colline du même nom, au-dessus de la tour de Galata. La haute bourgeoisie de la ville s'y presse alors, les artistes et commerçants de toutes origines confondues se retrouvent là pour faire affaire, sortir et se montrer.


Parmi les adresses courues de l'époque, il en est une qui existe encore aujourd'hui, au numéro 172 de l'avenue İstiklal, il s'agit de la pâtisserie Markiz créée par Avadis Ohanyan Çakır, originaire de la ville turque de Merzifon.

 

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                            Bienvenue à la pâtisserie Markiz à Istanbul


Celui-ci, après avoir travaillé dans plusieurs hôtels, est employé par des Français exploitant un salon de thé du nom de Nice. Avant de retourner dans leur pays, ils vendent leur commerce à Çakır.


En 1940, lorsque ce dernier apprend la fermeture de la pâtisserie Lebon à Beyoğlu, il décide de louer les lieux et de leur donner le nom de Markiz, en référence à la chocolaterie parisienne de la Madeleine "Marquise de Sévigné". Çakır désire distribuer ici du chocolat et du fondant haut de gamme et obtient une patente de la chocolaterie française Menier.

 

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                       Un des panneaux en faïence de Markiz, symbole des lieux


La pâtisserie Markiz devient très vite l'endroit préféré de la haute société d'Istanbul qui apprécie son service irréprochable et la qualité de ses produits. Durant des années, elle accueille, parmi tant d'autres, écrivains et artistes aussi célèbres qu'Abidin Dino, Sait Faik, Orhan Kemal, Atilla İlhan, Orhan Veli, Mina Urgan. La clientèle raffole tant du chocolat et des douceurs - tel le célèbre "fruit glacé" - que de cocktails dont la liste proposée est impressionnante.

 

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                          Détail de l'autre panneau représentant le printemps


Pour passer la porte de Markiz au-dessus de laquelle était écrit en français "Pâtisserie-confiserie", où l'argenterie portait la signature de Christofle et la porcelaine utilisée venait de Limoges, il fallait porter une tenue plus que décente. Pour pallier à un quelconque manque quant aux accessoires de rigueur, un proche commerce louait cravates et chapeaux de circonstance.

 

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                                Détail de la décoration chez Markiz à Istanbul


L'architecture intérieure et la décoration des lieux font aussi partie du prestige de cette adresse. Quatre panneaux en faïence style Art-Nouveau, illustrant les différentes saisons, ornent depuis les années 20, les murs en bois. Créés sur la base de dessins signés J.A. Arnoux, leur fabrication relève de la société "Hippolyte Boulenger & Cie" à Choisy-le-Roi, célèbre faïencerie française.

 

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                                      Les deux symboles de la pâtisserie Markiz


"L'automne" et "le printemps" sont aujourd'hui encore les symboles de l'ancienne pâtisserie de luxe. Le sort réservé aux deux autres panneaux est un bien grand mystère... La rumeur court qu'ils auraient été détruits à l'occasion d'un déplacement...


Quelques vitraux signés Mazhar Resmor ainsi que des cartons-pierres joliment décorés datant de 1945, oeuvres d'un certain Cezaliryan, font également partie du paysage de cette illustre adresse.

 

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                   Un des vitraux ornant la vitrine donnant sur İstiklal Caddesi


A la mort d'Avadis Çakır, tous ses biens sont donnés aux forces armées turques et la pâtisserie Markiz ferme ses portes dans les années 70.

 

Durant un temps, on vend ici des pièces de rechange automobile jusqu'à ce que le Comité des Oeuvres et des Monuments Antiques décide de placer les lieux sous sa protection en 1977 en raison de leur décoration particulière. Après un rachat et des travaux de remise en état, la pâtisserie Markiz réouvre ses portes en décembre 2003, apportant ainsi sa touche de nostalgie du passé glorieux de Pera.

 

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Aujourd'hui, la porcelaine de Limoges et l'argenterie Christofle ne sont plus que de lointains souvenirs


Au bout de quelques années laborieuses d'exploitation, une chaîne de restauration rapide reprend finalement les rênes en 2007.

 

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       Mars 2008, à l'approche de Pâques, la vitrine de la pâtisserie Markiz se garnit d'oeufs peints

 

Si le décor a été préservé, les produits servis aujourd'hui dans cet environnement mythique de Pera ont perdu une partie de leur saveur d'antan.

 


Par Nat - Publié dans : Découverte d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 07:02

Le quartier d'Eyüp à Istanbul regorge de mosquées ainsi que de complexes construits à proximité, de cimetières, de mausolées, de medrese et d'anciens tekke de derviches.


Parmi ces innombrables lieux, il en est plus d'un devant lequel pèlerins, fidèles et touristes passent sans pour autant prendre la peine de franchir le seuil de la porte, si elle est ouverte, pour voir ce qui s'y passe derrière.

 

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                   Et si nous franchissions la porte d'entrée située à gauche de ce mur...


Parmi ceux-là figure sans aucun doute Cafer Paşa medresesi, reconverti en centre culturel.

 

Situé dans l'angle de l'avenue qui mène de la Corne d'Or vers le centre d'Eyüp et de la rue qui permet d'accéder à la place donnant sur la célèbre mosquée du quartier, c'est un havre de paix qui vous tend les bras à quelques pas de la foule qui déferle dans les environs proches, surtout le week-end.

 

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                       Vue extérieure de Cafer Paşa medresesi à Eyüp - Istanbul


Cafer Paşa le fondateur des lieux, a participé, en tant qu'armurier, à la guerre de Zigetvar, dernière bataille menée par Soliman le Magnifique. A la mort du sultan, il devient, de façon clandestine, le rédacteur des publications officielles pour le compte de son beau-père, le Grand Vizir Sokullu Mehmet Paşa.

 

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                           Dans l'enceinte de Cafer Paşa medresesi à Eyüp

 

Cafer Paşa fait construire la medrese par l'architecte ottoman Sinan en 1587 et meurt la même année, durant le règne du sultan Murat III. Les lieux verront leur activité suspendue en 1784. Un certain Salih Sırrı Efendi va leur redonner vie en 1869. Il semble qu'un hermitage se trouvait également là par le passé.

 

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A l'avant du complexe, un minuscule cimetière isolé par des murs de briques et de pierre abrite quelques tombes ainsi que le mausolée de Cafer Paşa. Une étroite allée mène à la medrese.

 

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                         Quelques vieilles tombes, entourées par un joli mur


Les dix cellules, ainsi que le meşkhane - lieu pour les études - formant un U, se sont retrouvées dans un état de délabrement avancé dans les dernières décennies suite au manque d'entretien. La restauration entreprise en 1997 a permis de faire revivre cette superbe construction.

 

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               Malgré l'aspect dépouillé des arbres, les lieux ne manquent pas d'allure


Ouverte au public, le centre culturel municipal propose depuis bientôt deux ans des cours de soufflage de verre, d'ebru (papier marbré), de kemence (violon), de ney (flûte) et de miniature parmi d'autres.


Quelques artistes et artisans (céramistes, souffleur de verre) ont élu domicile ici.

 

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Un petit café bien agréable permet de se poser un moment autour d'un thé pour profiter de la quiétude ambiante avant de retrouver la frénésie des rues environnantes.

 

 


Par Nat - Publié dans : Découverte d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Samedi 12 mars 2011 6 12 /03 /Mars /2011 09:30

Tous ceux qui habitent ou fréquentent régulièrement le quartier de Beşiktaş à Istanbul connaissent Barbaros Bulvarı, cette avenue qui naît près de l’embarcadère pour monter vers le Nord en direction des quartiers d’affaires de Zincirlikuyu et Levent.

 

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                Barbaros bulvarı à Beşiktaş, une artère bien connue à Istanbul


Mais qui connaît finalement l’histoire de Barbaros Hayreddin Paşa, dit Barberousse, grand amiral de l’Empire ottoman, dont la statue trône sur l’esplanade face à l’avenue qui porte son nom ?

 

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 La statue représentant Barbaros Hayreddin Paşa sur la place de Beşiktaş, à côté du Musée de la Mer


Né vers 1476 sur l’île grecque de Lesbos, le quatrième et dernier fils d’un potier albanais marié à une fille catalane va suivre, avec un autre frère Isaak, les traces de leur aîné Arudj, corsaire sur des navires turcs. Son prénom original Hızır, sera dorénavant Khayr ad-Din.


Sous les ordres du grand frère, ils vont mener à bien le transport de musulmans et de juifs sépharades qui veulent échapper à l’inquisition espagnole, quittant l’Andalousie pour l’Empire ottoman où ils trouvent refuge auprès du sultan Beyazit II.

 

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                                Un monument en forme de navire

 

Suite au prestige conféré par leurs actions, les membres de la fratrie seront surnommés “Barberousse”, bien qu'aucune barbe de cette couleur ne semble être de mise. Leurs voyages vont les amener dans de nombreux ports méditerranéens et Arudj, l’aîné des trois, devient bey d’Alger par la force.

 

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Khayr ad-Din va remplacer Arudj aux fonctions de bey - sorte de préfet sous l'Empire ottoman - lorsque celui-ci part conquérir des terres voisines. A la mort de celui-ci, il est proclamé bey à son tour. Après avoir prêté serment, le Sultan Sélim 1er lui envoie 2000 janissaires et 4000 volontaires pour contrer les Espagnols.

 

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                               Représentation trouvée sur internet


De guerres en conquêtes, Barberousse finit par être nommé Grand Amiral de la Flotte Ottomane par Soliman le Magnifique en 1533 qui lui octroie également les titres de Paşa - haut dignitaire de l'Empire - et de Beylerbey - émir des émirs, une des plus hautes distinctions de l'époque.

 

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                       La statue à l'effigie de Barbaros, à Beşiktaş


Après un dernier mouillage à Alger dont il est le créateur du port, il réorganise la flotte ottomane avant d'entreprendre de nouvelles campagnes, notamment sur la côte italienne.

 

Son dernier combat a lieu en 1543 où, suite à la demande de François 1er, Soliman envoie sa flotte combattre Charles Quint. Une centaine de galères vont ainsi attaquer la Calabre avant d'assiéger la ville de Nice.

 

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            Une des scènes représentées sur le monument où Barbaros semble être à gauche


Considéré par les mémorialistes turcs comme le père de la Marine Ottomane devenue une des plus importantes puissances navales de l'époque, Barbaros Hayreddin Paşa s'éteint le 4 juillet 1546.


Barbaros repose à côté de son épouse Balâ Hatun dans un mausolée qu'il a fait construire en 1541 par l'architecte Sinan, situé également à Beşiktaş, à quelques mètres à peine de l'avenue qui porte son nom.

 

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                 Türbe abritant la sépulture de Barbaros Hayrettin Paşa à Beşiktaş

 

Le boulevard Barbaros représente un visage et une vie qui n'a rien eu d'un long fleuve tranquille...


 


Par Nat - Publié dans : Découverte d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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