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Traditions du pays

Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 08:33

Samedi fin d'après-midi, en ce jour de fête nationale turque, ma rue est envahie d'un cortège de voitures dont les klaxons retentissent à tout va et pour cause, un voisin marie sa fille !

 

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                    Mariage et fête de la République peuvent aller de pair


S'il y a plus de deux ans, j'avais consacré un billet à la façon - musicale - dont on vient chercher le ou la mariée en Turquie, je ne résiste pas à l'envie de destiner quelques lignes à ce nouveau jeune couple stambouliote.

 

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                                            La reine du jour !


Si cette fois-ci, aucun danseur en costume traditionnel n'est de la partie, tambour et flûte mènent tout de même la danse dans la rue et les voisins accourent aux balcons ou sur le trottoir pour se mêler à l'allégresse générale.

 

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Quelques jeunes filles sur leur 31 chantent et se déhanchent avec entrain au milieu des véhicules qui bloquent la rue, le temps des festivités.

 

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Les mariés sortent de l'immeuble, immédiatement bombardés de confettis brillants et multicolores qui vont ensuite habiller le macadam et les arbres alentours.

 

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                       Une pluie de confettis accueillent les jeunes mariés


Le jeune époux va mettre la main au porte-feuille pour distribuer quelques billets aux musiciens avant de rejoindre l'élue de son coeur sur la piste de danse improvisée.

 

Je vous propose d'ailleurs de les suivre à travers cette courte  vidéo.

 

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Mais l'heure tourne et il temps de continuer sa route, tout le monde s'engouffre dans les voitures et avant de repartir, comme il est de tradition, les mariés distribuent aux badauds des enveloppes contenant chacune un dollar américain.

 

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Un dernier sourire dans la voiture...

 

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  .... avant de poursuivre leur route que l'on souhaite longue et heureuse !


 

 


Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Istanbul
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Jeudi 14 juillet 2011 4 14 /07 /Juil /2011 07:07

Comme je l'expliquais hier lors de mon passage radio dans l'émission "RTL autour du monde", Eyüp accueille à la belle saison son cortège de jeunes mariés et des garçons qui vont être nouvellement circoncis.

 

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                            Jeunes mariés en pélerinage à Eyüp

 

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                                   Deux "petits princes" à Eyüp


En effet, l'on vient ici en pèlerinage se recueillir en couple ou en famille devant le tombeau d'Eyüp, compagnon du prophète tué en 670 durant le premier siège de Constantinople.

 

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Son mausolée, bien qu'actuellement en rénovation, situé dans la cour de la mosquée, voit ainsi défiler en cette période de l'année, un nombre impressionnant de femmes et d'hommes qui viennent de s'unir.


Il n'est pas toujours aisé de se frayer un passage dans la foule dominicale qui envahit les lieux, imaginez lorsqu'on est vêtu d'une longue robe...

 

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Les "petits princes" sont également omniprésents à Eyüp.

 

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                           Maman veille à la tenue de son "petit prince"...

 

Il me plaît à observer ces garçonnets, âgés pour la plupart de 6 à 8 ans, entrant symboliquement dans l'âge adulte... léchant à qui mieux mieux une énorme sucette ou une glace...

 

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                               Une bien grande sucette pour un "petit prince"...

 

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Les vedettes du jour, qu'elles soient seules ou en couple, acceptent avec grand plaisir, tous comme leurs proches, d'être immortalisés à l'occasion de ces deux événements importants que constituent la circoncision et le mariage.

 

 


Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Istanbul
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Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 18:30

 C'est durant son règne, peu après 1453, que le sultan Fatih Sultan Mehmet introduit à Istanbul les tournois de lutte turque à l'huile, yağlı güreş en turc, soit près d'un siècle après la première compétition qui a eu lieu à Kırkpınar près d'Edirne, en Thrace.

 

Cette localité, haut-lieu de ce sport, accueille tous les ans, au début de l'été, une compétition qui attire des dizaines de milliers de spectateurs. 

 

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                            Tournoi de lutte à l'huile à Kağıthane, Istanbul


C'est dans l'arrondissement de Kağıthane, sur les anciens lieux de plaisance de Sadabad, qu'ont lieu ces combats traditionnels pratiqués à mains nues, héritage des jeux grecs de l'Antiquité.

 

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                                                 Lutteurs de Kağıthane

 

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Les rencontres se sont poursuivies continuellement durant l'Empire ottoman mais depuis la création de la République de Turquie, elles l'ont été de façon épisodique.

 

En 1993, la mairie de Kağıthane décide de relancer ces festivités de façon régulière en organisant des rencontres annuelles dont l'édition 2011 s'est déroulée dimanche passé.

 

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Ces épreuves sont les dernières avant la rencontre de Kırkpınar qui a lieu tous les ans début juillet et constituent la seconde plus importante organisation en la matière dans le pays.


De nombreux clubs de lutte existent en Turquie, notamment en Thrace mais également en Mer Noire, réunis au sein d'une Fédération Nationale.

 

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C'est ainsi que dès 10 h du matin, plus de 200 sportifs venus d'Edirne, de Samsun, d'Amasya, de Kastamonu mais aussi d'Antalya, se sont affrontés sur la pelouse grasse, dans tous les sens du terme.

 

Le programme de ces rencontres a débuté  , comme il est de coutume, par une prière.

 

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Les lutteurs, vêtus uniquement d'une culotte en cuir de vache, sont couverts d'une épaisse couche d'huile d'olive.

 

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                               200 litres d'huile d'olive ont été consommés hier


Neuf catégories permettent de classifier les participants âgés de 7 à 40 ans. Les meilleurs portent le titre de pehlivan, nom d'origine perse donné aux lutteurs et qui signifie "héros" et de başpehlivan, titre suprême.

 

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                                     Quelques mini-lutteurs de Kağıthane

 

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                        Les 16 başpehlivan de Kağıthane de l'édition 2011


Après avoir enduit leur corps d'huile et lié leur culotte à l'aide de cordes, les rois du jour viennent saluer les visiteurs avec maints gestes bien précis, symbolisant la force et le courage.

 

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                      Les lutteurs vont effleurer la pelouse de leur main droite...

            

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                                        ... avant de saluer le public

 

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                                Certains effectuent des sauts devant leur public

 

Ils plongent ensuite la main dans une coupe transparente pour tirer au sort le nom de leur adversaire.

 

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Ils se livrent par la suite à un corps à corps impressionnant. L'objectif est de renverser son concurrent en le faisant tomber dos contre le sol.

 

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La qualité des lutteurs est aisément perceptible par un spectateur néophyte. Les jeunes sportifs présentent un physique mince, voire parfois frêle, et font preuve de fair-play,  mais plus on grimpe les échelons et plus le physique change.                     

 

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Les muscles deviennent saillants et ce sont des athlètes à la carrure colossale, parfois architecturale, qui envahissent la scène et certains de ces monstres sacrés, pesant une centaine de kilos en moyenne, adoptent des attitudes dignes de grands acteurs. La température monte dans les gradins... et sur la pelouse.

 

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                                   Lutteurs à l'huile turcs à Kağıthane, Istanbul

    

La qualification peut se faire soit au tomber, soit au nombre de points marqués, au maximum 3. La durée du combat dépend de la résistance des adversaires mais il n'y a pas de temps imposé à la lutte.

 

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La lutte à l'huile est un spectacle de toute beauté, au tempo très changeant. Les concurrents se retrouvent parfois de longs moments enlacés, soit debout, à genoux ou carrément allongés. Si l'un trouve un point d'appui pour faire virevolter l'autre, le rythme s'accélère aussitôt et les corps s'envolent littéralement.

 

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      Parfois, une crampe ou un nez blessé nécessite l'intervention des services adéquats

 

Les musiciens présents sur place, sont chargés, à travers les morceaux interprétés, d'insuffler un air particulier aux lutteurs, de leur donner de la force à travers la musique.

 

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Tous les participants reçoivent un chapelet comportant une plaquette commémorative de la rencontre. Les vainqueurs des différentes catégories se sont vu remettre une médaille et le grand vainqueur une coupe.

 

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                                         Chapelet commémoratif

 

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                                            Un jeune médaillé


Ce dernier, en l'occurrence, Şaban Yılmaz de Samsun, a également gagné la somme de 6000 TL (soit environ 2600 €). Le second, Şükrü Kazan, a remporté 5000 TL (soit près de 2170 €) et les 3ème ex-aequo, Recep Kara d'Ordu et Osman Aynur d'Antalya, ont chacun empoché 1000 TL (près de 435 €).

 

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                                                  Les quatre finalistes

 

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               Şaban Yılmaz, le grand vainqueur de la compétition 2011 de Kağıthane

 

Les organisateurs de Kağıthane ont pour objectif de faire venir à Istanbul, lors des prochaines éditions, des lutteurs de Grèce.

 

Ceux-ci ont la particularité d'ajouter de la poudre sur la couche d'huile dont ils sont enduits.

 

 

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Il peut aussi être imaginé que le tournoi de lutte de Kağıthane soit inscrit au Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité de l'Unesco, tel que cela a été le cas pour Kırkpınar le 16 novembre 2010.

 

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Cliquez ici pour parcourir la galerie photos d'une sélection parmi les 2000 clichés réalisés avec la participation de Jean-Marc Arakelian.

 

En outre, deux vidéos sont visibles en cliquant ici et .



 
Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Istanbul
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Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 12:40

Par le passé, Tatavla était le nom d'un quartier situé au nord-ouest de Taksim, habité par une importante population d'origine grecque. Après l'incendie qui ravage le quartier en 1929, ce dernier est dénommé Kurtuluş, qui signifie "la libération, la délivrance".


Jusqu'à cette époque avait lieu tous les ans un carnaval dont l'origine remonte à environ cinq siècles et dont la date varie en fonction du calendrier pascal.

 

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     Des carnavaliers de Tatavla au tout début du XXème siècle - carte postale fournie par Hüseyin Irmak
 

Durant la période de la Grèce Antique, Dyonisos et Poséidon étaient célébrés lors de festivités, prémices du carnaval. Ultérieurement, la population grecque, majoritairement orthodoxe, fête l' apokriá  - nom grec du carnaval qui signifie "loin de la viande" - la veille du début des 40 jours du carême, période bien plus importante dans la religion orthodoxe que catholique.


Le jour du Kathara Deftera - "le lundi pur" en grec -, qui marque également le dernier jour du carnaval, les femmes font le ménage de printemps, nettoient vitres et intérieurs à grandes eaux pour les débarrasser de toute souillure.  


A Tatavla, ce lundi qui se situe soit fin février, soit début mars, on défile masqué, déguisé, au son de la musique, comme lors de tout bon carnaval qui se respecte. Les femmes portent décolettés et shorts, on parade à cheval et l'alcool coule à flots durant les trois jours de fête qui s'achèvent avec le défilé du lundi.

 

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                 Carnaval de Tatavla dans les années 30 - photo fournie par Ömer Küley  


Différents quartiers participent à cette fête. Des groupes venus notamment de Pera, Yeşilköy, Arnavutköy, Kemerburgaz, créent costumes et chorégraphies en fonction du sujet choisi chaque année.


Le jour du défilé, des lieux de rassemblement sont définis selon l'endroit d'où on vient. Ceux qui arrivent par Aksaray traversent ainsi le pont d'Unkapanı, ceux qui viennent de Samatya  empruntent le pont de Galata. A Pera, ils se rassemblent et descendent par Tarlaşabaşı et Dolapdere avant de rejoindre Kurtuluş, ultime station.

 

Les groupes venus d'Arnavutköy, de Kemerburgaz et de Yeşilköy arrivant par Şişli se rejoignent à Pangaltı avant de commencer à défiler au son de la musique par les routes principales jusqu'au Kır gazinosu de Kurtuluş en plein centre du quartier. Les groupes musicaux vont ensuite jouer dans différents lieux des alentours.


A l'époque, il y a à Kurtuluş de nombreux potagers et espaces verts où habitants ainsi que carnavaliers vont se retrouver et se divertir à l'issue du défilé.

 

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           Défilé dans les rues de Kurtuluş - années 1930 - photo fournie par Ömer Küley  


Durant l'Empire ottoman, puis dans les premières années de la République, même si la communauté grecque d'Istanbul est à l'origine du carnaval de Tatavla, musulmans, arméniens et juifs participent aux festivités. Ceux qui ne sont pas concernés par le caractère religieux viennent simplement s'amuser, participer au défilé ou rejoignent les carnavaliers dans un gazino pour écouter de la musique, boire un verre ou deux, danser...


Le carnaval de Tatavla perdure jusqu'en 1941 où l'administration turque va interdire sa tenue.


Entre 1943 et 2009, on continue de fêter l'apokriá  uniquement au sein de la petite communauté grecque de la ville, en cercle fermé, qui à Beyoğlu, qui à Moda.


Ces dernières années, une poignée de ressortissants grecs d'Istanbul se réunissent dans l'une ou l'autre taverne de la ville pour trouver une solution afin de faire renaître le carnaval de Tatavla de ses cendres.

 

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  Rassemblement de carnavaliers à Pera, Istanbul dans les années 30 - photo tirée du livre "Beyoğlu 1930"

 

En 2009, la première édition voit le jour, toujours en milieu fermé. Un groupe composé de 70 à 80 personnes costumées se réunit dans la meyhane de Madame Despina à Kurtuluş.


L'envie de faire revivre ce carnaval se fait de plus en plus forte et en 2010,  les rues de Feriköy, Pangaltı et Kurtuluş voient à nouveau passer les carnavaliers, près de 60 ans après la dernière manifestation.


Environ 200 personnes costumées, venues de différents horizons, mais réunis par la même envie de recréer ces moments de liesse existants dans le passé à Istanbul,  défilent dans la rue en musique et en dansant, brandissant une pancarte "Tatavla Baklahorani karnavalı" - Baklahorani étant le nom donné au jour où a lieu le défilé. La soirée se termine tard dans la nuit dans une salle du quartier.

 

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                         Défilé de 2010 - photo fournie par Hüseyin Irmak


Combien d’habitants connaissent finalement cette bien sympathique tradition, peu sans doute. Cet héritage, laissé par une partie de la population istanbouliote, trouve toute sa place dans la mosaïque ethnico-culturelle de la ville.


Quelques craintes ont bien été émises par les ressortissants grecs d'Istanbul, craignant une éventuelle polémique. Les organisateurs sont particulièrement attentifs au bon déroulement de cette manifestation populaire dont le but est d’inviter des hommes et femmes de toutes origines et de tous milieux à s’amuser à l’occasion d’une fête aux origines ancestrales.


Un grand merci à Hüseyin Irmak pour sa disponibilité et la fourniture de toutes les informations nécessaires à la réalisation de cet article. Ayant grandi et vécu de nombreuses années à Kurtuluş, il est un des principaux acteurs de la renaissance du carnaval de Tatavla à laquelle il consacre beaucoup d’énergie et de temps.


Souhaitons pleine réussite à l’édition 2011 prévue ce lundi 7 mars à 20 h  et que la fête commence !

 


Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Istanbul
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Samedi 14 août 2010 6 14 /08 /Août /2010 17:33

 

Qui habite à Cihangir, ce bien agréable quartier d'Istanbul, a souvent ses habitudes au çay bahçesi ombragé, situé sur Siraselviler Caddesi, à proximité de la mosquée Firuzağa.

 

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              Le très agréable çay bahçesi sur Siraselviler Caddesi de Cihangir à Istanbul

 

 

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L'entrée de la mosquée Firuzağa entourée de divers commerces situés dans le bâtiment abritant le lieu de culte

 

Cet endroit bien connu des autochtones s'est transformé aujourd'hui, après la prière de midi, en un lieu de retrouvailles pour le moins inattendu...

 

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Une partie des tables et chaises est dégagée pour laisser la place au catafalque de marbre  sur lequel repose le cercueil d'un défunt... tout autour sont rassemblés les hommes de la famille et les anciens de la communauté.

 

De l'autre côté de la rue, les femmes sont réunies près du fourgon funéraire...

 

L'imam arrive et se met devant le cercueil pour prononcer la prière (Salaat-ul Janaazah) faite debout, sans inclinaison, ni prosternation, et qui ne se fait jamais au cimetière mais en principe dans l'enceinte de la mosquée, dans le lieu prévu pour cela.

 

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Le défunt passe rarement à l'intérieur de la mosquée même, sauf s'il y a accompli un engagement particulier.

 

La prière ne dure que quelques minutes et l'imam rappelle notamment que la mort n'est pas une fin en soi, mais l'accès à un autre monde.

 

Le cercueil est ensuite porté à bout de bras dans le corbillard qui prendra ensuite le chemin du cimetière avec les membres de l'assistance.

 

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Le catafalque et son environnement immédiats se sont vidés en quelques instants de toute âme qui vive...

 

 

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Le cafetier peut remettre en place le mobilier habituel du décor et la vie reprendre son cours quelques minutes après...

 

Une chose est certaine, c'est que chaque fois que je prendrai place à la terrasse de ce café, j'aurai en mémoire cette cérémonie en ce lieu pour le moins inhabituel ...

 

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Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Istanbul
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Vendredi 30 juillet 2010 5 30 /07 /Juil /2010 06:37

Au début de l'été, dans de nombreuses rues populaires d'Istanbul (même dans mon quartier, mais de façon très réduite) et d'ailleurs, la laine de mouton tondue au printemps, à la fin de la saison des pluies, sèche au soleil durant environ 3 jours.

 

Dans le quartier de Kırkçeşme à Fatih, une femme kurde a étendu à terre et sur des cordages  près de 40 kilos de laine...

 

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                13 juillet 2010, sur la place principale du quartier de Kırkçeşme à Fatih, Istanbul

 

Une partie, de consistance ferme et rêche - la meilleure qualité - provient des moutons qui paissent en altitude, dans les montagnes de l'Est de la Turquie notamment. L'autre est issue des bêtes vivant en plaine, voire en milieu plus urbain.

 

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                                                   Quarante kilos de laine

 

Après la tonte, la laine est longuement lavée au savon avant de venir égayer quelques jours de sa blancheur espaces verts et trottoirs.

 

La valeur marchande de ce produit est estimée à 6 TL/kg (soit un peu plus de 3  €) mais la production de cette femme ne sera pas vendue. Destinée à confectionner des parures de lit, le produit fini se retrouvera en bonne place dans la dot de ses filles.

 

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Des heures de travail seront ainsi encore nécessaires pour transformer ce produit naturel en taies et édredons bien utiles pour les nuits froides hivernales. Kolay gelsin !

 


 

 

Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Istanbul
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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /Déc /2009 08:49

Depuis quelques jours déjà, les boutiques et les rayons de sous-vêtements d'Istanbul ont viré au rouge !

En fait, mettre de la lingerie rouge la nuit du réveillon est une coutume chez les femmes turques. Est-ce parce que c’est sexy ou y a-t-il une autre raison ?


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On voit rouge dans ce magasin de sous-vêtements de Beşiktaş à Istanbul

J'ai souhaité en savoir plus quant aux explications de cette tradition... pour le moins amusante et attrayante !

Sur les forums internet, les débats sont nombreux et les raisons invoquées tout autant ! Celle qui revient le plus, c'est que porter des dessous rouges neufs, mis une seule fois la nuit du Nouvel An et ensuite brûlés, apporte la chance pour la nouvelle année ! 

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                                      Un petit paquet surprise pour le réveillon !

Il paraît également que les femmes qui mettent de la lingerie rouge à Nouvel An rayonnent durant les 365 jours à venir...

L
e rouge étant la couleur de l’amour et de la sensualité, mettre des sous-vêtements de cette couleur apporte de la chance en amour toute l’année.


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Les superstitieuses prennent cette habitude comme un billet de loterie et croient que le gros lot et la fortune sont pour elles. La rumeur fait courir le bruit que porter de la lingerie rouge le soir du réveillon donne courage et audace...

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Dans plusieurs pays méditerranéens, cette coutume est aussi de mise. En Espagne, les femmes s'offrent des sous-vêtements rouges pour le Nouvel An en gage de prospérité.

J'ai compris à présent pourquoi la maman espagnole d'une fillette turque il y a quelques années m'a offert, à mon plus grand étonnement, deux très jolies slips rouges à la fin du mois de décembre...

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En Italie, cette tradition existe également depuis très longtemps même si l'origine en est très floue ! Même les hommes italiens portent des dessous rouges... à cette occasion.   

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Toujours est-il que cette couleur peut faire tourner la tête à plus d'un ! Voir de la lingerie rouge, tant dans les vitrines que sur le corps de celle qu'on aime ou qu'on espère, permettra sans doute à plus d'un homme turc, italien ou espagnol, de passer un excellent réveillon !

 


Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Turquie
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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 07:24

On peut voir, dans certains rues de la ville de Beyşehir ou des villages des environs, de nombreux étendoirs en roseau, sur lesquels sèchent de drôles de galettes, sont visibles au mois d'août.

 

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                        Des galettes de tarhana sèchent dans les rues de Beyşehir

Il s'agit du tarhana, cette spécialité à base de bulgur dont il existe des équivalents, entre autres, en Grèce (trakhanas), en Albanie (trahana), en Egypte (kishk) et en Irak (kushuk).

L'origine du mot pourrait venir du perse tarkhâne et avoir évolué selon les pays. On le trouve déjà  mentionné sous la forme tarkhana au XIème siècle dans le dictionnaire d'Al-Zamakhshari, théologien et grammairien musulman, puis au XIIIème siècle dans l'encyclopédie Jahangiri, du nom d'un empereur de l'Inde.  

 

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                Une galette, deux galettes, trois galettes de tarhana....soigneusement alignées

Les kazan, ces fameux chaudrons utilisés pour la cuisson du bulgur  seront cette fois remplis avec du lait aigre, de l'ayran, ce mélange de yaourt, d'eau et de sel, auxquels on ajoute du bulgur.

 

Le tout est cuit sur un feu de bois jusqu'à ébullition et remué constamment durant 3 à 4 heures.

 

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                             Ayşe teze et sa fille Macide remuent le précieux mélange

Le produit fermenté va accrocher au bout d'un moment à la spatule, annonçant ainsi qu'il est pratiquement cuit. Après avoir ajouté un peu de lait, le tout va reposer dans le chaudron et y refroidir durant la nuit. Les ferments lactiques produits par cette préparation vont lui conférer un goût aigre caractéristique.

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                                    Ayşe teze est encore énergique à la tâche

Le matin venu, la pâte réalisée la veille va être travaillée et pétrie à la main et des galettes vont être confectionnées. Elles seront écrasées entre deux poids puis étalées sur les présentoirs en roseau 2 à 3 jours pour sécher.

 

Ce processus permettra de conserver longuement le produit qui aura préservé toutes les protéines du lait.

 

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                                    Une toute petite participation personnelle...

Ce travail étant particulièrement long et fastidieux, c'est à plusieurs qu'il est effectué. Voisines ou parentes viennent ainsi s'entraîder à tour de rôle.

Les galettes seront ensuite consommées en tant que telles ou utilisées pour la réalisation de la tarhana çorbası, la soupe du même nom qui peut contenir des légumes divers ou une prédominance de tomate. Selon les régions, de nombreuses variantes existent pour cette soupe.

 

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             Ayşe teze, une femme dont je ne risque pas d'oublier la gentillesse et l'entrain

J'ai passé un délicieux moment auprès d'Ayşe teze et de toutes ces femmes, parentes ou voisines, qui oeuvraient ensemble dans une ambiance particulièrement chaleureuse et sympathique.


Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Turquie
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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /Juil /2009 06:12

La saison des mariages bat son plein dans de nombreux pays et la Turquie n'est pas en reste.

Ces deux derniers week-ends, les fils de deux voisins de ma rue se sont mariés et, pour l'occasion, c'était aussi la fête dans la rue !

 

                   mariage-005-copy.jpg
           
Il suffit d'entendre le son du davul - tambour - et celui de la zurna, instrument à vent aux origines ancestrales, pour savoir qu'une noce a lieu !

Le premier mariage concerne une famille originaire de la région de Kastamonu en Mer Noire, on reconnaît la jupe traditionnelle revêtue par les deux danseurs.

 

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L'ambiance est au rendez-vous ! Les voisins ont installé des chaises devant les immeubles, les enfants ont les yeux écarquillés, la fête a commencé !

 

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                     L'énergie déployée par les danseurs est impressionnante !

En général, le marié va chercher sa fiancée pour l'emmener au düğün salonu, la salle où se tient le mariage et où sont attendus les convives. Parfois, la jeune femme vient d'abord rendre visite à sa future belle-famille.

 

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Des billets de banque sont jetés par terre par les hommes de la famille. Danseurs et musiciens vont les récupérer de façon surprenante !

 

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                     Les castagnettes servent de point d'appui au passage...
 

Tambour accroché ou pas, on arrive tout de même à se baisser !

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Quand les danseurs se reposent un peu, les tambours prennent la relève !

Le second marié de la rue est originaire de Mersin. La musique est toujours au rendez-vous, les instruments utilisés les mêmes,  mais le style est totalement différent. 

 

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Ce sont les parents et la famille du jeune époux qui vont s'élancer sur la piste... ou plutôt sur la chaussée ! 

 

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Les parents du marié mènent la danse !


               mariage-009-copy.jpg                 

Le fiancé vient se joindre à eux avant d'aller chercher sa belle !

 

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Quelques chants typiques de la région viennent égayer le tout, difficile de ne pas résister à ces sons entraînants !   

 

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La Gelin - la jeune mariée - vient passer quelques instants dans sa future belle-famille avant de se joindre aux danseurs !

 

                    mariage-070-copy.jpg

 

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Les fiancés et les parents s'engouffrent dans une voiture mais il est de tradition d'empêcher celle-ci de partir... On ne la laissera passer qu'à une condition !

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Le généreux marié doit distribuer des pièces autour de lui. Des enveloppes sont lancées et distribuées.

 

J'en ai également reçu une en main propre, elle contenait... un billet d'un dollar américain...  Même si les traditions persistent, elles ont évolué avec le temps !

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Il parait qu'au début de l'été, il y a une forte pénurie de billets d'un dollar... L'argent distribué ce jour-là est à garder en porte-bonheur !

                       
 

Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Turquie
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Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /Juin /2009 07:06


La première fois, cela surprend ! Imaginez-vous des gerbes de fleurs rappelant les couronnes mortuaires tel qu'on a l'habitude d'en voir en France, en Allemagne, en Belgique...

Lorsqu'elles se trouvent en quantité devant l'entrée et les vitrines d'un magasin en Turquie, quelle en est la signification ? 

         

Il s'agit tout simplement de l'inauguration des lieux !


Les organisations professionnelles, les collectivités locales parfois, les associations, offrent une gerbe de fleurs pour la circonstance.

                                   

L'effet est garanti, il y a de la couleur, on rajoute une ribambelle de ballons et l'inauguration peut avoir lieu.

Je me souviens également avoir vu offrir des gerbes sembables lors d'un mariage qui se déroulait au Cirağan Palace, au bord du Bosphore, il y a bien longtemps.

Tout récemment à Şarköy, sympathique petite ville au bord de la Mer de Marmara, un nouveau restaurant venait de s'ouvrir. En plus des traditionnelles fleurs, un orchestre avait été dépêché sur les lieux.

                 
                                                                       Şarköy, juin 2009

Dites-le avec des fleurs... et en musique, c'est tellement mieux !

                 

Par Nat - Publié dans : Traditions du pays - Communauté : Turquie
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