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Mer Noire

Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /Juin /2009 05:38


Non seulement les filets de pêche s'entassent dans les ports de Turquie jusqu'à début septembre, mais les bateaux sont, pour la plupart, également à quai. Seules, les petites embarcations sortent encore chatouiller le poisson.

                
                                                       Port de Kıyıköy en Mer Noire

C'est durant l'été qu'il fait bon se promener dans les ports. On peut alors y admirer des chalutiers de différentes tailles, aux couleurs parfois éblouissantes, qui, pour certains, ont gardé des traces de leur dur labeur. Ils prennent enfin un moment de repos bien mérité.

                
                                                     Port de Kıyıköy en Mer Noire



Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /Juin /2009 06:25


L'aube est un de mes moments préférés de la journée... Les bruits sont rares mais intenses car ils perçent la nuit qui laisse place au jour.

Au bord de la Mer Noire, ce matin-là, quelques minutes avant 6 heures, le ronronnement d'une petite embarcation de pêche à moteur vient troubler le silence.

Le bateau semble se diriger vers le soleil qui se lève devant lui, moment d'émotion...

          
                                            Port de Kıyıköy en Mer Noire

Une vingtaine de minutes plus tard, le soleil se fait plus vif et transperce une ribambelle de nuages pour venir illuminer une nouvelle journée qui s'annonce...
 
         


Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 08:12


Les paysages de la Mer Noire en Turquie rappellent ceux de certaines montagnes françaises. Des forêts de pins, des routes en lacets interminables, des rivières qui se fraient un passage où cela est possible.

Durant l'été 2007, la route qui mène de Ardahan à Artvin dans le Nord-Est de la Turquie nous a  permis de découvrir un petit coin de paradis. 

 

J'avais découvert sur des sites photos Karagöl, le Lac Noir, mais impossible de le trouver sur les cartes les plus précises dont je dispose. Après avoir contacté deux des photographes, j'ai pu disposer de renseignements plus précis quant à la localisation des deux Karagöl de la région...

 

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Celui que j'ai mis sur le programme de visite se trouve à environ 25 kilomètres de la petite ville de Şavşat située presque à mi-chemin entre Ardahan et Artvin. Il faut compter une bonne heure pour s'y rendre, après avoir trouvé la bonne route, ce qui n'est pas une mince affaire.

L'effort est largement récompensé à l'arrivée. 

 

   Photo 678 copy-copie-1

 

Le lac, d'une surface de 10 ha, se trouve dans la zone du Parc National Sahara Karagöl. Un bâtiment situé le long du lac appartient à la Direction de la Sylviculture du district.

 

    Photo 685 copy-copie-1
           

Le paysage doit être particulièrement beau en automne, lorsque les couleurs des sapins qui entourent le lac revêtent leurs couleurs chaudes. 

 

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De nombreux clubs photos y organisent d'ailleurs des sorties aux moments propices de l'année.

 

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La faune de ce genre d'endroit est au rendez-vous. Les libellules prennent la pose et les grenouilles vous saluent.

 

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Le chemin aménagé permet pratiquement de faire le tour du lac à pied. Peu de monde le jour de notre passage, le week-end en attire sans doute bien plus. 

 

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Il est ainsi agréable d'admirer la nature environnante et de profiter de la quiétude des lieux, comme le font les quelques visiteurs.

 

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                                 Un petit bain de pieds, cela ne fait pas de mal
   
Mais il faut bien reprendre la route, en admirant au passage dans le village le plus proche dont je n'ai pas souvenir du nom, une construction typique de la région comme je les aime.

 

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Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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Dimanche 14 décembre 2008 7 14 /12 /Déc /2008 07:55


... n'est pas chose aisée, vu le nombre de personnes rencontrées durant ces quatre jours passés en Mer Noire.

Pour certains côtoyés plus ou moins longuement, tels que Şerife, la belle-soeur de Tülay, ou Gönül, la belle-fille de Şerife et son adorable fillette Ece, c'est facile. 

         
De gauche à droite Mahiye, adorable "teze" vue auparavant à Istanbul, Şerife et sa petite-fille Ece

                    
                              Ece qui rit aux éclats avec sa maman Gönül
 
Là où cela se corse considérablement, c'est lorsqu'une quantité impressionnante de personnes arrive en même temps et qu'il faut essayer de savoir qui est qui. A un moment, j'ai dessiné un arbre généalogique pour retrouver mes petits, un vrai puzzle... 

        
En partant de la droite, Gönül, Fatma (fille de Reşat), Hatice, maman de Fatma avec sur ses genoux, Özlem sa petite-fille, Oktay, le mari de Fatma, Levent, autre fils de Reşat et Hatice et un des trois garçons de Levent, vous avez suivi ?

        
De gauche à droite, Selim et Hikmet, les enfants de Tülay et Talip, Reşat l'oncle de Talip, Hikmet le père d'Aziz, Talip le mari de Tülay, Aziz le père d'Oktay (là je doute) et İsmet, le mari de Gönül et fils de Şerife....

J'ai toujours eu un faible pour les anciens, ceux dont les rides le long des yeux embellissent le sourire, qui ont cette tendresse toute particulière, un peu maladroite parfois, mais qui m'émeut beaucoup.

                     
                            Muhibe teze, une voisine qui vient porter le lait frais

Comme pour les fillettes d'Istanbul, je m'interroge sur ce que deviendront demain les jeunes filles de la campagne d'aujourd'hui.

        
Eda, 14 ans, Ferda, 11 ans, de la famille des "ince kaşlar", une autre jolie jeune fille dont j'ignore le prénom avec son grand-père

Un des derniers que j'ai rencontré, je ne risque pas de l'oublier celui-ci, c'est Arif, le veau né dimanche 7 décembre, "arife günü" (la veille du premier jour du bayram) et qui apprécie tout particulièrement les câlins.

          
                                                        Arif et Muhibe teze


Merci à vous tous pour ces bons moments passés ensemble.


Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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Samedi 13 décembre 2008 6 13 /12 /Déc /2008 08:17

Une cinquantaine de maisons, une mosquée historique, un hammam ainsi qu'une femme qui a mis au monde un célèbre sultan, voici les ingrédients du village de Çayırcık près de Seydiler, dans la région de Kastamonu en Mer Noire.

Au début du XVème siècle, cette contrée s'appelait "Candaroğlu" et correspondait à une "beylik" (province). Lorsqu'elle fut conquise par l'empire ottoman, une jeune femme du village, Milizza Vaccovichio dite Hatice Halime, fille d'un despote serbe, fut offerte comme  "çâriye" (servante ou esclave) au sultan Murat II.

De leur union naquit le 1er avril 1430 Fatih Sultan Mehmet, connu sous le nom de Mehmet le Conquérant. 

                                          
                                                 Mehmet II le Conquérant

Devenu sultan à l'âge de 14 ans en 1444, il conquit Constantinople le 29 mai 1453 qui était alors entre les mains de l'Empire romain. Mehmet II, dit le Conquérant, régna jusqu'à sa mort en mai 1481 et transforma l'Empire ottoman en un empire puissant et respecté.

Le deuxième pont du Bosphore porte d'ailleurs le nom de ce puissant sultan.

             
                                           Le pont Fatih Sultan Mehmet à Istanbul

Après cette incursion historique, revenons à Çayırcık où le calme est au rendez-vous lors de notre passage. En plein centre du village se trouve une petite mosquée de pierre dont la partie avant a été couverte de bois. Son apparence presque juvénile ne laisse pas imaginer qu'elle a été construite ... en 1440.


                                     La mosquée Ismail bey de Çayırcık

La prière vient de se terminer et je profite de la présence de l'imam pour visiter les lieux. Une fois poussée la porte extérieure, on découvre une superbe porte en pin. Il faut baisser la tête pour pénétrer à l'intérieur de la mosquée proprement dite, la symbolique de s'incliner devant Dieu est ainsi respectée.

                    

Un magnifique mihrab richement décoré de faïences d'Iznik attire mon regard de même que le soba (poêle). Le minbar, quant à lui, est également en pin.

 
                                                     A l'intérieur

                   
                                Le mihrab qui indique la direction de La Mecque

Cette mosquée sert en fait à la prière de tous les jours mais pour la grande prière du vendredi, c'est à Devrekhanı, à quelques kilomètres de là, qu'il faut se rendre.

A défaut de pouvoir nous garder pour déjeuner comme il l'aurait souhaité, le sympathique imam a tenu à nous offrir deux Corans dont un qu'il m'a dédicacé, en souvenir de ma visite de la mosquée de Çayırcık.


                    
          La petite plaque rectangulaire au-dessus de la fenêtre date de l'époque de la construction

A la sortie du village se trouve Gelin hamamı, hammam de la mariée puisque c'est là que la mariée était mise en beauté et préparée pour le grand jour. Construit à la même époque que la mosquée, il a fait l'objet de restauration ces derniers mois et pourra de nouveau servir. Mais la clé étant à Kastamonu, ce n'est pas aujourd'hui que nous pourrons le visiter.

  
                                                       Gelin hamamı

Ce petit moment à Çayırcık m'a bien plu, comme quoi même dans les villages les plus reculés, il y a toujours quelque chose d'intéressant à découvrir.


Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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Vendredi 12 décembre 2008 5 12 /12 /Déc /2008 06:15

Güney, ce hameau perché à 1000 mètres d'altitude, où vivent huit familles en hiver et une douzaine en été, est rattaché à la commune toute proche de Seydiler, elle-même située à une trentaine de kilomètres au nord de Kastamonu et à une bonne cinquantaine de kilomètres de la Mer Noire.


Agrandir le plan



Chaque famille est connue par son surnom : il y a par exemple Kadılar, les juges de l'époque ottomane, les İnce kaşlar (fins sourcils !), les Sofular (ceux qui sont instruits, au sens religieux), les Yesirler (prisonniers de la Première Guerre Mondiale").

Pour ma part, je suis chez les Hacılar, ceux qui ont fait le pélerinage à La Mecque. L'origine historique de ce surnom vient de Hüseyin Bilaloğlu, arrière-arrière-grand-père de Talip, le mari de mon amie Tülay. Il a vécu de nombreuses années à Damas et à Alep en Syrie où il exercait le métier de cuisinier. A trois reprises, en compagnie de ses chameaux, il a été le premier homme originaire de Kastamonu  à faire le pélerinage de La Mecque.

    
           
                   Hikmet et Selim, les enfants de Tülay et Talip, les "hacılar" de Güney

Pour la petite histoire, lorsqu'Atatürk est venu à Kastamonu en août 1925, il a proposé à Hüseyin de devenir son cuisinier personnel à Ankara. Mais ce dernier, ayant beaucoup  vécu à l'étranger, souhaitait alors rester auprès des siens. Deux ans après, il est d'ailleurs décédé.

J'ai rencontré hier matin les "ince kaşlar", trois générations de femmes, la grand-mère Necibe, sa fille Sevim et ses deux petites-filles de 11 et 14 ans, Ferda et Eda. J'avais beau scruter les sourcils de chacune, pas de finesse particulière à noter. J'ai donc posé la question à Sevim pour connaître le possesseur de sourcils aussi fins. Il s'agissait en fait de son arrière-grand père paternel.... Voilà ma curiosité satisfaite.

                       
                                      Necibe, la grand-mère des "ince kaşlar"

Les familles de Güney et des villages alentours vivent ici de l'élevage (bovins, ovins, poules et dindes) et de l'agriculture, essentiellement du blé, de la betterave sucrière et de la pomme de terre.

  
                          Des champs à perte de vue sous une petite couverture de neige

  
                                          Seraient-ce les dindons de la farce ?

Les journées hivernales sont rythmées par la sortie quotidienne des vaches qui passaient régulièrement sous ma fenêtre à heures fixes, allant ou revenant de la rivière pour s'abreuver.

  
                  Le trafic des vaches est bien plus intense que celui des véhicules à Güney

Pour ceux qui cultivent, ce sont les vacances actuellement puisqu'il faut attendre le mois d'avril en général pour reprendre les travaux des champs après 4 à 5 mois de repos consécutifs à la rigueur de l'hiver.

Certaines maisons du hameau sont telles que je les aime, avec une âme toute particulière. La partie basse est composée de foin et de boue mélangés et le haut de briques de terre cuite jointes par de la boue jaune (qu'on ne trouve pas partout).

 

                                         Maisons traditionnelles de Güney


                            

D'autres sont construites avec d'épais  murs en "yağlı çam", résineux qu'on trouvait dans la forêt existant aux alentours il y a plus d'une centaine d'années.

 

Je reviendrai sans doute à Güney à un autre moment de l'année pour continuer la découverte de cette région authentique où les habitants sont aussi chaleureux que partout dans le pays.


Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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Samedi 6 décembre 2008 6 06 /12 /Déc /2008 08:13

Neuf jours de vacances viennent de commencer pour cet exceptionnellement long kurban bayramı, la fête du sacrifice, dont nous reparlerons en temps voulu. Je vais pour la première fois passer un bayram en famille, chez Tülay, une de mes meilleures amies turques.

Cela va se passer en Mer Noire, du côté de Kastamonu, cette ville paisible que j'ai eu l'occasion de découvrir lors d'un autre bayram il y a deux ans. Je me réjouis de retourner dans ce coin de pays si verdoyant, où les maisons sont souvent faites de bois et où l'air est si vivifiant.


                            Paysage de Mer Noire entre Amasra et Kastamonu

Kastamonu est moins célèbre que sa proche voisine Safranbolu, classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco, mais n'en possède pas moins un patrimoine digne d'intérêt. Son passé tumultueux qui a vu passer les Hittites, les Perses, les Macédoniens avant les Seldjoukides et les Danışmendides, passionnerait sans doute les férus d'histoire.
                          
                                   Du haut du château de Kastamonu

Un petit tour par son château, qui se dresse sur une falaise d'où la vue sur la ville est intéressante.

 

Construit en partie à l'époque byzantine, il a subi de nombreuses restaurations entreprises par les seldjoukides (XIe-début XIIe) et les ottomans (XIVe-XIXe).


                                              Le kale (château) qui surplombe la ville

Une superbe mosquée ottomane, Nasrullah Camii, située en plein centre ville, mérite qu'on s'y attarde. Construite en 1506, à l'initiative du juge Nasrullah Kadı, elle est faite de pierre taillée et surmontée de 6 dômes. C'est la plus grande mosquée de Kastamonu. 

 

Durant la Guerre d'Indépendance, Mehmet Akif Ersoy, poète et créateur de l'hymne national turc, a pris la parole dans cette mosquée.




De nombreux bâtiments de toute beauté sont éparpillés en ville, comme par exemple Hükümet Konağı (l'Hôtel de la Préfecture) qui a ouvert ses portes en 1902 sous le Préfet Enis Paşa.


                                             Hükümet Konağı

Atatürk, qui s'est d'ailleurs rendu à Kastamonu en août 1925, a choisi cette ville pour annoncer sa décision d'interdire le port du fez et de le remplacer par des chapeaux de style européen. Cet acte a été officialisé le 25 novembre 1925.

Déambuler dans les rues de Kastamonu, bourgade d'environ 65 000 habitants, permet de découvrir ses maisons ottomanes, témoignage du passé.



Osmanlı Sarayı (le palais ottoman), cet ancien hôtel de ville du XIXème siècle, transformé depuis en hôtel de charme, donne une idée de architecture de l'époque.



J'espère disposer d'une journée pour retourner à Kastamonu pour continuer sa visite qui m'a laissé un goût d'inachevé la fois passée.


                                                             Le château vu de nuit


Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 07:31

Une fois la panoplie du parfait mineur revêtue, nous quittons le bâtiment administratif d'Üzülmez (qu'on peut traduire par "ne pas s'inquiéter") et traversons la cour vers l'ascenseur.

 
                                       Le bâtiment administratif d'Üzülmez

Dans cette cage qui peut accueillir une vingtaine de personnes, ce sont des chaînes en fer qui servent d'appui durant le court voyage, de même que dans les wagons qu'il faut emprunter ensuite.

 

 

Durant ma visite, j'ai assailli tant Turan, notre accompagnateur, que les responsables rencontrés, de différentes questions qui me venaient à l'esprit. Je voulais en savoir plus sur le quotidien de ces hommes.

 
                                              En route vers l'inconnu

La direction de la mine (dont le nom T.T.K. Türk Taş Kömürü - Charbonnages turcs date de 1986) organise une formation d'un mois en interne  pour les nouveaux arrivants. Il existe à Zonguldak une université pour les ingénieurs et techniciens.Tous les ans, un contrôle médical est organisé pour tous les employés.

Comme je l'indiquais dans l'article publié dans "Aujourd'hui la Turquie", cinq mines sont exploitées à Zonguldak et dans les environs : Kozlu, Üzülmez, Karadan (la plus importante), Kandilli et Amasra (la plus petite dans la ville lointaine du même nom).

  
                           La station de lavage d'Üzülmez, un peu plus loin que le puits
 
Les tailles dans les puits portent des noms grecs ou arméniens, du nom de ceux qui y ont travaillé dans les débuts (Agop, Papaz, Stefan, Neomi). La profondeur varie selon les sites entre 300 et plus de 800 m.

Les journées de travail s'organisent en poste de 3/8 à raison de 7,5 heures de travail par jour, de 7 h 30 à 15 h, de 15 h 30 à 23 h et de 23 h 30 à 7 h. Bien que le dimanche soit le jour de congé hebdomadaire, les mines ne s'arrêtent jamais et des permanences sont assurées. Après vingt années de bons et loyaux services, un mineur peut bénéficier de la retraite.

               
                    Un enchevêtrement de bandes transporteuses et de métal

En dehors du salaire fixe (qui oscille entre 1300 et 1900 ytl nets, soit entre 750 et 1100 Euros environ - des salaires plutôt élevés pour la Turquie), des primes de rendement et de "non-accidents" sont distribuées. De même, les mineurs ont droit à une certaine quantité de charbon tous les ans pour leur usage personnel.

Il y a quelques dizaines d'années, dans l'esprit collectif, il était impératif qu'un membre de chaque famille au moins travaille au fond de la mine.

             

En pousuivant notre chemin, alors que je nageais dans des bottes bien trop grandes pour moi, je me suis demandée si j'étais capable d'aller jusqu'au bout. Dans la boue et les ornières glissantes, il faut faire attention à tous moments de ne pas tomber.

Le pire restait à venir. Quand j'ai vu ce wagon rempli du précieux minerais qu'il fallait escalader pour ensuite continuer à grimper sur une pente revêtue  de charbon, j'ai craint ne pouvoir y arriver. J'ai expliqué ma peur à notre accompagnateur et au chef d'équipe. Rien de plus simple pour eux, ils m'ont empoigné solidement de chaque côté pour la montée et bloqué les pieds dans la descente, finalement plus de peur que de mal.

  

Les mineurs ont été surpris : il est très rare que des femmes descendent au fond de la mine, qui plus est, des étrangères ... parlant leur langue.

J'ai eu droit à des explications plus techniques. Les tailles par exemple font 1,20 m de large pour 4 m de haut. 1 à 2 jours de travail pour deux mineurs sont nécessaires pour l'exploitation de chacune.

J'ai bien ri en prenant connaissance des surnoms donnés aux échafaudages (domuz damı, soit le toit du cochon) ou aux étais (ayı bacağı, en l'occurrence les pattes de l'ours).

                

                                                 Le toit du cochon ...

La couleur des casques permettent d'identifier les catégories d'employés : blanc pour les ingénieurs et techniciens, jaune pour les ouvriers, rouge pour les dynamiteurs et bleu pour les électriciens.

  

Le moment le plus émouvant pour moi restera sans doute le casse-croûte partagé avec deux ouvriers : tomate, concombre et fromage blanc accompagnés de pain. Combien de fois ai-je ainsi été invitée à un tel moment d'échange mais en plein jour.

 

Ici, seules les lumières des casques viennent déchirer la pénombre permanente, ça prend aux tripes et la gorge est nouée !

   

Les plaisanteries vont bon train et le sourire reste de mise. 20 ans sans voir le soleil, dans la poussière qui s'incruste partout, ces conditions que vous acceptez de vivre en trimant dur pour nourrir les vôtres, tout le monde ne le ferait pas. 

 

Chapeau messieurs les mineurs, j'ai beaucoup de respect et d'admiration pour votre travail !

                 

 

Compte-tenu du charbon qui reste à sortir, le site d'Üzülmez est exploitable encore une bonne trentaine d'années et Karadan... une centaine d'années. Les mineurs ont encore de quoi faire !

 

 


Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /Sep /2008 08:39

Les mines font partie de mon enfance. Dans mon Alsace natale, ce sont les mines de Potasse qui composent le paysage aux alentours de Mulhouse avec des chevalements aux prénoms tels que Théodore, Rodolphe, Fernand ou Amélie, du nom de ceux qui ont tenu une place importante dans la découverte et la mise en place de l'exploitation de la potasse découverte en 1904. 

 

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       Maison alsacienne à l'écomusée d'Ungersheim près de l'ancienne mine Rodolphe

C'est là qu'adolescente, j'escalade les tas de sel de potasse des alentours juchée sur la moto des copains, souvenirs, souvenirs !

Je découvre de plus près cet univers lors d'une journée "portes ouvertes" organisée à la fin des années 80, le père de ma fille étant lui-même, durant quelques années, mineur "au jour", à la fabrique.

Début avril 2008, je lis avec intérêt un dossier consacré  aux mines de charbon de Zonguldak dont j'ignore alors l'existence. Ce jour-là, je me dis que je dois trouver le moyen de réaliser un article sur ce monde à part.

23 juin 2008 : une rencontre précipite cette envie enfouie au fond de moi ; celle avec Hülya et Sezai qui habitent en Belgique et dont la route croise la mienne devant la mosquée de Küçük Aya Sofia alors que je veux faire visiter cette petite merveille à une amie venue d'Alsace pour quelques jours. Je vous ai déjà parlé d'eux. Autour d'un thé que je leur ai proposé de boire ensemble, j'apprends qu'ils passent la journée à Istanbul avant de rejoindre leur famille pour quelques semaines dans la région de Zonguldak dont ils sont originaires.

   
                    Ma première erncontre avec Hülya et Sezai le 23 juin 2008

Mon sang ne fait qu'un tour et le mot "mine" vient immédiatement dans ma bouche. Le hasard fait que Sezai connait très bien cet univers où il a travaillé durant une dizaine d'années mais en Allemagne. Je lui parle de mon idée et sa réponse me laisse pantoise : je peux t'organiser cela, j'ai plein d'amis qui y travaillent, viens quand tu veux !

             

C'est le genre de choses qu'il ne faut pas me dire. Je réfléchis les deux jours suivants quand et comment je peux me déplacer là-bas.  Vu le programme chargé des semaines à venir, il ne reste plus que... le week-end suivant. Echange de coups de fils, organisation, me voilà partie samedi 28 juin vers cette région de la Turquie que je ne connais pas et que je vous ai fait découvrir à travers plusieurs billets et quelques autres encore.  

La descente est prévue au puits de Kozlu, un des plus importants, le lundi 30 juin au matin. Mais le plan de la journée s'effondre rapidement dans un bureau de l'administration du puits alors que nous sommes sur le point de nous faire enregistrer pour l'expédition prévue. En effet, la programmation de la visite du premier ministre turc prévue le lendemain au même endroit fait que toute descente est interdite aujourd'hui...


                                         Les grisoumètres pour les visiteurs

Sezai et son ami mineur voient déjà la chance filer entre nos doigts mais je n'allais pas en rester là et accepter la situation aussi simplement.

Il n'y a pas que Kozlu dans les environs, je peux descendre dans une autre mine, mais je veux y aller aujourd'hui. Le lendemain matin, je repars pour Istanbul et je ne veux pas rentrer bredouille, c'est hors de question. J'ai tellement attendu cet instant, il faut trouver une autre solution.

Je prends la direction de la suite des opérations, plus habituée que mes amis à aller au bout de mes idées à l'aide de mes méthodes de communication.
            

Après avoir discuté avec plusieurs responsables de Kozlu, je demande à l'un d'entre eux d'appeler aussitôt devant moi la mine d'Üzülmez, ce site devant lequel nous sommes déjà passés ces derniers jours et qui m'avait "interpellé". Cela semble possible de descendre aujourd'hui mais... il me faut une autorisation officielle, celle de prendre des photos dans le seul puits de Zonguldak dont la profondeur permet la prise de vues sans risque, ce qui aurait été impossible à Kozlu.

 

Une seule personne est à même de délivrer le laisser-passer, c'est le directeur de l'exploitation de toutes les mines en personne qui se trouve au Beyaz Saray (Le Palais Blanc) en plein centre de Zonguldak, siège administratif central des Mines.

  
                        Hülya et sa belle-soeur Emine, revêtues de la tenue adéquate.

Aussitôt dit, aussitôt fait, la voiture prend la route du palais et nous nous retrouvons dans le bureau du responsable de la presse et de la communication à qui, pour la énième fois de la journée, j'explique mes objectifs. Il me laisse son ordinateur pour taper la dilekçe - demande - nécessaire avant de m'accompagner dans l'impressionnant bureau du directeur.

 

Ce dernier nous reçoit aimablement quelques minutes, bien qu'occupé à organiser les menus détails de la visite ministérielle du lendemain. Je ressors de là avec ma précieuse signature et le document est immédiatement faxé à l'exploitation du puits d'Üzülmez.

 
          Sezai et son ami mineur dans la cage d'ascenseur qui permet de rejoindre le fond

Il ne nous reste plus qu'à se rendre à Üzülmez pour réaliser... un de mes rêves fous ! 

J'ai encore tant de choses à dire sur ces moments intenses vécus grâce à mes nouveaux amis que je ne remercierai jamais assez pour cela.

 
 De gauche à droite, Turan, l'ingénieur accompagnateur, un mineur et le chef d'équipe du forage visité

Aussi, je vous propose de poursuivre la visite dans mon prochain billet et de continuer un bout de chemin dans les galeries ensemble.

 

 


 


Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 09:34

Article publié dans "Aujourd'hui la Turquie" de septembre 2008

 

Dans cette région de la Mer Noire à environ 350 km d’Istanbul, 10300 « gueules noires » et leur famille, soit quelques 50000 personnes, vivent grâce à la richesse extraite du sous-sol.


                                     
                                 Madenci - mineur de Zonguldak sur le site d'Üzülmez


Les premières traces de charbon sont découvertes par un certain Uzun Mehmet le 8.11.1829 et les délimitations du bassin houiller établies 20 ans après. Le contrôle des exploitations se fait durant la guerre de Crimée par les Anglais et les Français.


      
                                Les alignements de lampes et de grisoumètres 
                        

Entre 1854 et 1920, ces derniers viennent apporter leur savoir-faire dans ce domaine comme, par exemple, la construction de corons, ces habitations ouvrières typiques destinées aux familles de mineurs.

 

De nombreux grecs et arméniens renflouent les troupes les premières années pour subvenir aux besoins humains. En 1924, la première école d’ingénieur des Mines ouvre ses portes à Zonguldak. Depuis le début, ni femmes, ni jeunes non majeurs ne travaillent au fond des mines turques.

 

           
                           Une "gueule noire" parmi tant d'autres

Comme dans toute exploitation minière, le risque de coup de grisou existe. Entre 1939 et 1992, 9 explosions prennent la vie à 536 âmes…. La plus importante date du 3 mars 1992 : le bilan se monte à 263 décès, le plus lourd de tous les temps dans ce secteur.


              
                                    Le chevalement du puits 1 d'Üzülmez
 

Les mineurs de Zonguldak organisent la plus importante marche ouvrière du pays. Après 4 semaines de grève, près de 150 000 personnes, hommes et familles, se rendent à pied jusqu’à Ankara entre le 4 et le 8 janvier 1991 afin de faire pression auprès des pouvoirs publics pour faire entendre leurs revendications.

 

5 mines sont en activité à ce jour : Üzülmez, Kozlu, Karadan la plus grande, Kandilli et celle d’Amasra dans la ville du même nom, la plus petite.


  
                        Les wagons qui transportent inlassablement le charbon extrait
 

Durant la période glorieuse, en 1980, la main d’œuvre totale se monte à … 30 000 personnes qui extraient 6 millions 600 000 t. de houille non lavée.

 

Üzülmez, c’est la mine que j’ai découverte. 2500 personnes y travaillent, dont 2000 au fond et 500 au jour…Son  exploitation démarre au début du XXème siècle.


                    
                                   Station de lavage du charbon d'Üzülmez
 

1800 tonnes de charbon en sont extraites, soit 1200 t. après lavage. Sur l’ensemble des sites, ce sont  2 millions 500 000 t. destinées à la vente qui sont produites en 2007.


 
                                                 Le précieux minerais


C’est un univers rempli d’une odeur particulière, et où la machine remonte le temps. Vêtue d’une tenue de mineur où la lampe et le grisoumètre sont indispensables, c’est la descente à plus de 300 m de profondeur avec la cage d’ascenseur qui m’envoie 100 ans plus tôt. Il faut emprunter un train miniature où l’on courbe l’échine pour y rentrer. 

  
                                           L'équipement du parfait mineur

Une dizaine de minutes de route avant d’emprunter à pied un long chemin sombre et boueux pour atteindre … un wagonnet sur lequel il va falloir grimper avant d’escalader des tas de charbons pour arriver à la partie exploitée.


           
                                            C'est sportif !  


Pour atteindre le précieux minerai, des puits sont forés à la verticale, le système de liaison avec la surface est mis en place ; dans les « salles » qui vont être traitées, on installe un système d’étai pour soutenir les plafonds et éviter les affaissements.

 

Les différentes veines (couches) charbonneuses sont creusées à l’horizontale. La houille récoltée glisse par le biais de «bandes » vers les wagonnets qui, une fois remplis, seront ramenés à la surface par un système d’ascenseurs pour être lavée.


           
                              Une des salles en cours d'exploitation 


Je ne pourrai jamais oublier le visage de ces hommes côtoyés durant deux bonnes heures au fond. Malgré des conditions de travail pénibles dans le noir et la poussière, ils gardent le sourire et la bonne humeur.



                                  La pause casse-croûte avec les mineurs

Les « Gueules noires » turques ont encore des années de labeur devant elles, 28 km de galeries restent à exploiter.

 

Le Premier Ministre turc s’est rendu début juillet 2008 à la mine de Kozlu et a promis l’embauche de 3000 mineurs pour compenser des départs à la retraite.

  
Entourée de gauche à droite par un chef d'équipe du puits visité, Turan ingénieur des mines chargé de la visite et deux collègues du fond
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Sur le prochain billet, vous découvrirez pourquoi et comment je suis allée au fond de la mine avec les madenci, les mineurs.

Par Nat - Publié dans : Mer Noire - Communauté : Turquie
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