Vendredi 16 octobre 2009
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Tous les jeudis, la petite ville de Hüyük, située à l'est du lac de Beyşehir, en Anatolie Centrale, grouille
de monde. C'est en effet le jour du marché hebdomadaire. Les habitants des villages alentours s'y retrouvent pour faire leurs emplettes.

Rien à voir avec le Kadıköy çarşısı présenté dans mon précédent billet, ici c'est la ville à la campagne. Les
produits y sont tout aussi bons et frais, mais l'atmosphère est rurale.
Quelques moutons à vendre à Hüyük ce jeudi-là
De nombreux commerçants, au même titre que les clients, portent ici le şalvar, ce pantalon bouffant qui se décline autant au masculin qu'au féminin.
Les paysans de la région viennent vendre là leurs fruits, légumes, oeufs, fromages, olives et bien d'autres choses encore.
Souvent les étals sont minuscules, on s'assied à même le sol tout près des cageots ou des produits étalés sur une bâche, dans un seau... Cela dépend de la taille des aliments bien
évidemment.
Ce stand qui vend surtout des melons et des pastèques est énorme comparé à bien d'autres
Les prix de vente pratiqués dans ces marchés anatoliens sont en moyenne divisés par deux, voire par trois, en comparaison
de ceux d'Istanbul.
Si je pouvais faire certains de mes achats ici et les ramener dans mon sac à dos sans encombre, j'en serais ravie.
Parfois, on trouve sur ces marchés des produits originaux ou présentés d'une façon différente, tel ce fromage
qui pourrait être du tulum.

Il n'y a pas que des produits alimentaires sur ce grand marché qui envahit la ville. Ustensiles de cuisine ou
vêtements, on trouve de tout... Même des mest, ces espèces de chaussettes en cuir que les femmes hacı, ayant réalisé le pélerinage à La Mecque, enfilent dans leurs
chaussures en hiver.

N'oublions pas qu'ici, les habitants consacrent une bonne partie de leur temps aux travaux des champs.
Il est donc normal de trouver également au marché tous les outils nécessaires.
De même, on peut tenir un stand et se poser pour boire un thé... ou plusieurs !
A la fin de la journée, Hüyük retrouvera son calme... jusqu'au jeudi suivant.
Par Nat
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Vendredi 9 octobre 2009
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Dans la cour, un chapelet de piments sèche au soleil... De grosses poutres soutiennent cette maison plus que
centenaire perdue au milieu de constructions bien plus récentes. Nous nous trouvons dans la petite ville de Karaağaç, en Anatolie, au nord du lac de Beyşehir...
Il faut grimper un frêle escalier de bois pour rejoindre les pièces d'habitation. Dans la première, grande ouverte vers l'extérieur, règne un joyeux tumulte. Des enfants de tous âges jouent,
crient et courent dans tous les sens. Les adultes sont assis, certains autour d'une table, d'autres sur d'épais coussins posés à même le sol, devisant à qui mieux mieux.
On m'invite à franchir une porte assez basse qui mène au salon où l'on se réunit lorsque la belle saison est terminée.
Le plafond est vêtu de belles poutres sombres. De part et d'autre de la pièce, les murs sont habillés de placards tout en bois, encastrés dans les murs, abritant peut-être des
souvenirs aussi anciens que cette demeure.
J'aimerais pouvoir rester seule plus longtemps dans cette pièce qui a sans doute mille et une histoires du passé à me raconter.
Les murs peints en blanc donnent à tout ce bois encore plus belle allure.
J'admire les lignes du bois, les délicats encadrements, les sculptures qui apparaissent
derrière quelques tissus aux bords dentelés.
Je respire une dernière fois l'odeur attrayante de cette pièce avant de retrouver l'ambiance tumultueuse qui
règne à quelques mètres de ce havre de paix.
Par Nat
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Jeudi 8 octobre 2009
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Le caravansérail de Kızılören, qui porte également le nom de Kızılvıran, Emir Kandemir ou Yazı han, se trouve
sur la route qui mène de Konya à Beyşehir, à une quarantaine de kilomètres de la ville de Mevlâna.
Quatre caravansérails existaient sur cet axe commercial très fréquenté jadis. Le nom de ce han se traduit par "ruines écarlates", sans doute en rapport avec les pierres de couleur rougeâtre qui
le composent.
Son édification, qui remonte à 1205-06, sous le règne de Keyhüsrev, fils de Kiliç
Arslan, en fait le plus ancien caravansérail de l'époque seldjoukide.
Ce bâtiment de 1200 m2 a été laissé à l'abandon durant de longues années, servant uniquement d'abri pour les troupeaux de moutons et de chèvres des environs.
La célèbre photographe Gertrude Bell a immortalisé le caravansérail en 1907 avec un puits situé juste à côté.
Photo de Gertrude Bell, trouvée sur le net
Une fois le portail principal de 3,24 m de large franchi, on accède à une cour ouverte entourée de cellules, ouvertes également. Il comprend un étage composé de plusieurs pièces
dont une équipée d'un mihrab et servant alors de mosquée.
En 2008, la Direction de la Fondation turque a décidé de mener des travaux de restauration pour un montant de 1,6 million de dollars.
Ceux-ci, d'une durée d'un an, ont démarré en avril 2008. Depuis juin 2009, un restaurant y a ouvert ses portes.
Façade principale et cour intérieure avant la restauration, photos trouvées sur le net
A quelques centaines de mètres du caravansérail, un bâtiment rectangulaire comprenant à l'intérieur un mihrab a visiblement fait office de mosquée durant un certain temps pour les habitants
du coin. Il n'est pas exclu qu'à l'origine, il ait servi de relais postal.
Le bâtiment situé à environ 400 m du
caravansérail
Entrer dans un tel lieu me fait revivre, l'espace d'un instant, un passé où les caravanes, les chameaux lourdement chargés de soie et de richesses diverses, traversaient le
pays pour venir faire commerce à Constantinople.
Si la machine à remonter le temps existait...
Par Nat
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Mercredi 7 octobre 2009
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Yeşildağ, autrement dit "la montagne verte", est le nom d'un village situé au sud du lac de Beyşehir, à une
trentaine de kilomètres de la ville de Beyşehir que vous avez découverte récemment.
Je fais un court arrêt pour m'approvisionner auprès d'un épicier. Le portail de la mairie de Yeşildag, située juste en face, me laisse pantoise. Il est orné de cigognes, allons donc !

De l'autre côté de la rue, quelques vieilles demeures ottomanes où la pierre et le bois se marient à merveille, attirent aussi mon regard.
Ce village, qui portait le nom de Kaşaklı jusqu'en 1956, a un charme certain.
C'est le genre d'endroit où l'on resterait volontiers plus longtemps pour s'en imprégner en arpentant
les ruelles de part et d'autre de la rue principale...
Mais voilà déjà que nous arrivons au bout de celui-ci. Un cimetière musulman sur la droite attire mon attention...
Il me semble bien apercevoir sur la cime d'un arbre... un nid de cigogne habité !
En avançant encore un peu, ce n'est pas seulement un mais plusieurs dizaines de nids installés là qui s'offrent à nos yeux ! En fait, nous sommes à Leylekler vadisi, la vallée
des cigognes.
Ces oiseaux migrateurs partent à la fin du mois d'août jusqu'au printemps suivant, mais le vide créé par leur absence est comblé jusqu'à leur retour habituel à la fin mars. En effet, la
mairie a prévu le coup depuis deux ans en mettant en place... des maquettes les représentant !
Par Nat
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Mardi 6 octobre 2009
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En longeant la rive est du lac de Beyşehir, un panneau brun indique "Eflatun pınar", un lieu perdu
dans la campagne.
W.J. Hamilton évoque pour la première fois en 1849 la découverte de ce site hittite de l'époque impériale qui apparaît au milieu d'arbres, entourant une source.
Cette civilisation venue en Asie Mineure au XXVIème siècle av. J-C. perdure jusqu'au VIIIème siècle av. J-C. Elle laisse derrière elle un certain nombre de vestiges,
notamment en Turquie.
La religion des Hittites reposait sur deux éléments essentiels qu'on trouve dans les villages d'Anatolie, la source et la montagne, souvent simple colline...
Eflatun Pınar est en fait un sanctuaire érigé en l'honneur de la source adorée...
Un premier monument comprend trois représentations de taureau.
Les dieux de l'Orage divinisés par les Hittites étaient en effet associés à cet animal.
Aucune inscription n'a été décelée à Eflatun Pınar, contrairement à d'autres monuments hittites qui comportent des écritures hiéroglyphiques... Les indices pour les archéologues sont ici
minimes.
Un temple de 3,34 m x 3 m a été érigé là pour honorer les dieux, c'est lui qui surprend le plus...
La disposition de ces constructions par rapport à la source, le triple disque solaire soutenu par des monstres humains à tête animale représentés ici, sont exploités par les spécialistes.
De même, les statues assises, dont, à gauche, une représentation masculine coiffée d'un bonnet pointu et, à droite, une femme revêtue d'un voile dit "hathorien", permettent aux chercheurs
d'aller plus loin dans leurs investigations.
Les statues pourraient être des représentations divines, celle de droite ayant un pendant identique sous forme de deux statuettes trouvées sur le site hittite de Alaca Höyük en
Turquie.
La direction des musées de Konya a entrepris des travaux de restauration et de fouilles en 1996.
Eflatun pınar n'attire pas les foules et les villageois des alentours vaquent à leurs occupations champêtres estivales...sans se soucier de ces pierres qui évoquent un passé peu connu.
A quelques mètres du site, la roue d'un moulin à eau nous ramène à une époque bien moins lointaine que celle des Hittites...
Par Nat
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Lundi 5 octobre 2009
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La visite de l'intéressante ville de Konya entamée depuis une semaine se termine aujourd'hui dans un lieu
superbe, la medrese Karatay, située à côté de la colline d'Alaeddin.
Elle porte le nom de Celaleddin Karatay, chambellan d'Alaeddin Keykubad 1er, ce puissant Sultan seldjoukide déjà évoqué dans différents articles.
La medrese Karatay
Karatay était auparavant ancien secrétaire et garde du corps du Sultan Izzedin, le frère aîné d'Alaeddin. Il devint aussi commandant d'armée chez les goulam, ces chrétiens
enlevés à leur famille encore enfants pour être éduqués et convertis à l'Islam afin de servir le Sultan.
Le somptueux portail
Cette école coranique, construite en 1251, est la plus grande de l'époque. On y enseignait également les mathématiques et l'astronomie. A l'intérieur, le bassin central, de
forme carrée, permettait aux étudiants de travailler avec pour fonds musical le clapotis de l'eau.
La coupole et l'eyvan, partie ouverte destinée aux études et située dans le fond du bâtiment, sont décorés de somptueuses faïences seldjoukides se déclinant en noir, en blanc
et en plusieurs tons de bleu.
Toute la base du dôme comporte des inscriptions arabes qui reproduisent le premier chapitre du Coran. Les triangles partant du dôme portent les noms des prophètes et des califes ayant
succédé à Mahomet.
Devenue musée en 1955, cette medrese abrite à présent de splendides collections de céramiques et de faïences.
Vases, assiettes ou lampes à gaz ottomane du XIXème siècle joliment ouvragées ne sont qu'une mince partie des oeuvres exposées là.
C'est tout particulièrement la collection de céramiques seldjoukides du Palais de Kubad Abad http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-34707780.html qu'il faut venir admirer ici.
Elles ont été mises au jour dans les années 65-66 lors des fouilles entreprises à cette époque par le Professeur Katarina Otto.
Ces céramiques étonnantes font revivre l'ambiance et les personnages de l'époque qui ont vécu à Kubad Abad.
Les scènes représentées sont d'une finesse incroyable.
Le bleu utilisé de façon intense sur les céramiques de l'époque ne fait qu'accentuer la beauté de celles-ci.
Les derniers travaux de restauration de cette medrese entrepris en novembre 2006 ont permis de découvrir un chenal couvert par 43 rondins de bois. Cette dernière trouvaille est
visible grâce à la couverture de verre qui a été installée depuis lors.
Avant de quitter ce bel endroit, je vais m'incliner sur le tombeau de Celaleddin Karatay qui repose ici pour
l'éternité, dans cet univers qu'il a côtoyé tout au long de sa vie.
Le tombeau de Celaleddin Karatay
Un album accessible à partir de la page d'accueil du blog regroupe
un certain nombre de photos prises au musée Karatay et complète la visite des lieux.
Par Nat
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Mardi 29 septembre 2009
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Les deux sites les plus connus de la ville de Konya, sont bien évidemment le musée Mevlâna auquel je
consacrerai un article spécifique, et Alaeddin tepesi, la colline d'Alaeddin, situés de part et d'autre de l'avenue Mevlâna.
Alaeddin tepesi
Les çay bahçesi - jardins à thé - installés sur cette colline sont envahis en
permanence par la population locale. C'est aussi là que se trouve la plus grande et la plus ancienne mosquée de la ville, Alaeddin Camii.
Alaeddin Keykubad Ier, qui a régné sur le sultanat seldjoukide de Roum entre 1219 et 1231, l'a fait construire par un architecte de Damas. Ouverte en 1221, elle a subi de nombreux embellissements
et restaurations au fil des siècles.
L'intérieur comprend de nombreuses colonnes de marbre ornées de chapiteaux romains et byzantins ainsi qu'un
mihrab en marbre ceint de très belles calligraphies en faïence bleue et noire.
Tout près de la colline Alaeddin, se trouve la seule église existant encore dans la ville, l'église Saint-Paul avec sa façade de style franco-gothique. Elle a été
construite en 1910 par les Pères Assomptionnistes.
Saint-Paul, à l'occasion de son premier voyage en Asie Mineure, a été chassé d'Antioche et est venu prêcher à Iconium, l'actuelle Konya. Il y a fondé une communauté chrétienne.
Aujourd'hui, c'est une toute petite communauté italienne qui s'occupe de cette église.
L'intérieur de l'église, très sobre, évoque le souvenir de deux disciples de Saint-Paul, Saint-Timothée et Sainte-Thècle http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-31382374-6.html.
De l'autre côté du boulevard Mevlâna, un peu plus au nord, la mosquée Şems-i Tebrizi abrite le tombeau de Şemseddin Tebrizi, soufi iranien qui a occupé une place de choix dans
la vie et la spiritualité de Mevlâna.
Tombeau
de Şemseddin Tebrizi,décédé en 1244
En poursuivant la balade en direction du musée Mevlâna, quelques beaux bâtiments administratifs sont visibles, tel celui de la poste.
La poste à l'arrière-plan
Non loin de là, les bureaux de la Préfecture de Konya se trouvent dans un immeuble de trois étages érigé en 1885-86 avec des pierres provenant du mur
d'enceinte de l'ancien château de la ville.
La préfecture de Konya
Lorsqu'on parcourt les rues de Konya, on tombe immanquablement sur une des dizaines d'échoppes vendant des mevlâna şekeri, ces bonbons
blancs qui sont une des spécialités de la ville.
Arrêtons-nous à la Selimiye Camii dont la construction a été faite à la demande de Selim II, alors gouverneur de la ville. Elle s'est achevée en 1567 alors
qu'il est devenu sultan entre temps.
Selimiye Camii, située avant l'entrée du musée
Mevlâna
L'architecture de cette mosquée est typiquement ottomane. Une petite curiosité se trouve à l'intérieur... en l'occurrence le petit dôme cylindrique de couleur
verte situé sur le minbar. Il ressemble parfaitement à celui qui couvre le toit abritant le tombeau de Mevlâna...
Nous entrerons bientôt dans un lieu spirituel hors du commun qui accueille à la belle saison 8 à 9000 visiteurs par jour...
Par Nat
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Lundi 28 septembre 2009
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Konya, perchée à 1016 m d'altitude sur le plateau de l'Anatolie Centrale, compte près d'un million
d'habitants et représente la 6ème plus grande ville de Turquie.
Son histoire remonte à plus de 2000 ans av. J-C. à l'époque des Hittites qui l'appelèrent Kuwanna
avant que les Phrygiens ne lui donnent le nom de Kowania. Ce fut Iconium pour les Romains et enfin Konya pour les Turcs.
Konya est pour moi synonyme du sultanat seldjoukide de Roum dont elle fut la capitale de 1150 à 1300 mais aussi de mevlevi, l'ordre musulman soufi fondé au XIIIème siècle dans cette ville
par Celaleddin Rumi qui devint Mevlâna, leur guide.
Le dôme
cannelé de couleur turquoise du musée Mevlâna de Konya
J'ai découvert Konya la toute première fois en juillet 1998, lors de mon premier périple en
Turquie. Je me souviens avoir été étonnée par son dynamisme économique - déjà à l'époque - et par les richesses de son glorieux passé qui s'offraient à mes yeux.
La mosquée seldjoukide Alaeddin située sur la colline du même
nom, au coeur de la ville
Je suis retournée à deux reprises depuis lors pour approfondir la découverte de cette ville qui mérite, selon moi, bien deux jours de visite pour en faire un tour complet. Nous allons
d'ailleurs la sillonner ensemble durant plusieurs jours.
Les témoignages seldjoukides sont encore nombreux à Konya, certains connus d'autres moins telle Sırçalı Medrese, école coranique construite en 1242. Elle est réputée pour ses superbes
faïences bleues décorant l'eyvan, partie extérieure où les cours étaient dispensés par temps chaud.
Cette medrese abrite depuis 1960 le petit musée des monuments funéraires ainsi que le tombeau du vizir Bedreddin Muhlis qui est à l'origine de sa construction. Des stèles
romaines, byzantines, seldjoukides et ottomanes y sont exposées de façon chronologique.
Contrairement aux deux autres medrese les plus célèbres de Konya, la cour intérieure de Sirçalı est à ciel ouvert.
Ince Minare Medresesi, l'école coranique au minaret effilé, édifiée pour sa part en
1264 par le vizir Sahip Ata Fahreddin Ali, est bien plus fréquentée que la précédente.
Située sur le boulevard circulaire de la colline Alaeddin, ce monument figure parmi les chefs d'oeuvre de l'architecture seldjoukide.
On ne peut rester indifférent à la beauté du monumental portail délicatement ouvragé et orné de sourates coraniques.
Le minaret, décoré de tuiles bleues, dont la partie haute a été détruit par la foudre en 1901, est également un parfait exemple de l'architecture seldjoukide
Cette superbe medrese héberge le musée de sculpture sur bois et sur pierre. Mais avant de contempler les pièces exposées, lever les yeux est bien agréable
et permet d'admirer le dôme.
La partie extérieure de l'édifice est en pierres taillées tandis que les murs intérieurs sont composés de briques, dont l'agencement est particulièrement harmonieux.
La visite de ce musée permet de découvrir notamment des sculptures sur pierre intéressantes. L'art seldjoukide fait en effet abstraction de l'interdit islamique de représentation
humaine ou animale.
Pierre provenant de l'ancien château de Konya - période seldjoukide -
XIIIème siècle
Inscription sur pierre avec l'aigle seldjoukide provenant de l'ancien château de
Konya
Avant de clôre pour aujourd'hui la première partie de la visite
de la riche Konya, je vous propose de faire un détour par l'Aziziye Camii construite en 1875 et située dans le marché.
Son style baroque ottoman surprend et les deux minarets surmontés d'un petit balcon couvert sont
très élégants.
A présent, j'hésite entre la dégustation d'un simit ou une barbe à papa avant de continuer demain ensemble notre visite...
Et pourquoi pas les deux....
Par Nat
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Vendredi 25 septembre 2009
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Pour compléter l'article d'hier sur ce grenier à blé qu'est l'Anatolie Centrale http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-34707919.html, quelques photos prises cet été dans la région de Beyşehir.
La betterave sucrière (pancar en turc) est également produite en grande quantité aux côtés du
blé.
A gauche un champ de blé, à droite un autre de
betterave sucrière, dans le village de Budak Köyü
Dans tous les villages des alentours, le boulgour sèche au soleil durant deux à trois jours.
Une scène insolite, presque poétique, se dégage devant mes yeux lorsque j'observe cette
femme tamiser les grains de boulgour.
Une autre scène, vue de nombreuses fois mais que j'aime toujours à regarder, lorsqu'à la fin de la journée,
les tracteurs rentrent après une rude journée...
Dans un village, un étrange chargement attire mon regard, mais qu'est-ce donc ?
Ces bottes bien sèches ne sont rien d'autres que du nohut, le fameux pois chiche
!
Je n'avais encore jamais vu sous sa forme initiale ce légume bien connu et très apprécié en Turquie, il
suffisait de venir là pour le découvrir.
Par Nat
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Jeudi 24 septembre 2009
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Même si la part de l'agriculture dans le P.I.B. turc, qui représentait 35 % en 1970, n'en représente plus que
22 % en 1980 et 12,4 % fin 2003, on voit bien, en circulant dans la région de Konya et de Beyşehir, en Anatolie Centrale, qu'on se trouve là dans le grenier à blé de la
Turquie.
Des champs s'étalent à perte de vue sur des dizaines de kilomètres à la ronde.
A l'arrière-plan le lac de Beyşehir
Le blé est cultivé à grande échelle en Turquie depuis environ 6000 ans. Il est apparu il y a des milliers
d'années en Anatolie de l'Est et des épis fossilisés datant de 6700 ans av. J-C y ont été découverts. Au Musée des Civilisations Anatoliennes d'Ankara, une cérémonie d'offrande de blé au roi
Araras, 800 ans av. J-C., est d'ailleurs représentée sur un bas-relief.
Bas-relief de la période hittite exposé au Musée des Civilisations Anatoliennes d'Ankara - un
épi de blé est visible dans la partie supérieure entre les deux premiers personnages - photo fournie par Richard Lejeune
Les céréales dominent la production agricole du pays - 53 % de la surface emblavée en 2003 - en raison des conditions
climatiques semi-arides qui le caractérisent dans de nombreuses régions. Le blé est la principale céréale cultivée, suivi par l'orge.
Le plateau d'Anatolie Centrale est une région dont l'altitude moyenne est de 1000 m et où les précipitations y sont insuffisantes. Les
relevés pluviométriques montrent de grandes différences selon les endroits et les années. C'est pourtant là que 50 % de la production nationale de blé se fait.
Le blé produit en Turquie occupait une superficie de près de 8,2 millions d'ha dans les années 60. La surface cultivée a augmenté faiblement
mais constamment pour atteindre les 9,6 millions d'ha en 2004, avec une production de 21 millions de tonnes cette année-là.
Le blé et l'orge ont vu augmenter leur part dans la superficie totale de céréales produites alors que le riz et les autres céréales ont diminué. L'orge, seconde céréale la plus importante,
s'étend sur 3,6 millions d'ha pour une production annuelle de 9 millions de tonnes.
La production de blé est concentrée dans la région méditerranéenne, en Anatolie du Sud-Est, en Anatolie occidentale, en Anatolie
Centrale et en Marmara occidentale. L'Anatolie Centrale possède la plus grande superficie en blé avec 1,44 millions d'ha suivie par l'Anatolie occidentale (1,34 millions d'ha) puis
l'Anatolie du Sud-Est (1,18 millions d'ha).
La politique gouvernementale turque a pour objectif l'autosuffisance pour ce qui est des produits de base. Toutefois, l'offre de la Turquie
sur les marchés mondiaux fluctue fortement, la production étant tributaire des conditions climatiques. Lorsque ces dernières sont favorables, la Turquie devient exportateur net, dans le cas
contraire, elle devient importateur net pour toutes les principales céréales, ce qui a souvent été le cas durant la dernière décennie.
Tous les renseignements économiques et historiques ont été tirés de différentes études réalisées par le Département des
Sciences Economiques de l'Université Technique du Moyen-Orient à Ankara.
Par Nat
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