Portraits de Turcs

Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 11:16

Il y a quelques semaines, ma route croise celle d'Adem dans un bus longeant le Bosphore sur la rive asiatique d'Istanbul. 


De ma discussion durant le trajet avec ce jeune homme enjoué résulte le désir de partager quelques heures avec lui et d'en savoir plus sur la situation des handicapés moteurs à Istanbul. Rendez-vous est pris un samedi matin d'octobre à Rumeli Hisarı, tout près de là où il habite depuis 25 ans avec ses parents.

 

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                    Adem dans un jardin à thé qu'il fréquente avec plaisir


Après son service militaire, Adem, originaire de Kars, travaille comme couturier et assemble des manteaux de cuir. A l'âge de 22 ans, sa vie bascule le jour où, pris d'un malaise en aidant un vieil oncle, il tombe du haut d'une terrasse. La nuque brisée et la moelle épinière touchée, il se retrouve paralysé des membres inférieurs.


Il passe près de six mois dans l'hôpital spécialisé de Haydarpaşa puis une période équivalente dans un centre de réhabilitation. Il y a 10 ans encore, notre rencontre aurait été impensable, Adem étant alors quasiment coupé du monde, ne pouvant sortir de chez lui.

 

Depuis l'entrée en vigueur le 1er juillet 2005 d'un décret concernant la prise en charge des infirmes et de leurs familles, la vie quotidienne des handicapés s'est considérablement améliorée au fil des années, notamment à Istanbul, les pouvoirs publics ayant fait beaucoup d'efforts dans ce domaine.


La mairie procède au recensement des infirmes en faisant du porte à porte. Les chiffres sont éloquents, près de 500 000 personnes sont concernées, soit environ 3,5 % de la population istanbouliote...

 

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     Un fauteuil électrique permet à Adem de disposer d'une autonomie importante


Une vingtaine de centres offrant des services variés vont fleurir aux quatre coins de la ville. Il suffit de composer le 153 pour disposer d'une panoplie complète de services gratuits des plus divers dont la liste est sans fin.


Adem peut disposer d'un véhicule aménagé et d'un assistant pour lui permettre d'aller aussi bien à un rendez-vous à l'hôpital qu'au cinéma, à la mosquée ou ailleurs et d'être ramené à son domicile à l'heure convenue.


Médecins et infirmières assurant les soins nécessaires sont envoyés à domicile tout comme des artisans pour effectuer par exemple les réparations sanitaires, électriques... etc.


Les handicapés qui ne sont pas assurés sociaux disposent de la carte verte pour une prise en charge entière des prestations médicales allant de la fourniture des médicaments à l'opération en passant par la mise à disposition d'un fauteuil roulant, la thérapie... etc.

 

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                               Adem, toujours le sourire aux lèvres


L'Etat turc verse également une allocation tant au handicapé lui-même qu'à la personne qui s'occupe de lui, en l'occurrence dans le cas d'Adem, à sa mère. Le montant cumulé de ces deux prestations se monte à environ 1000 TL par mois, soit 400 €.


Les frais de scolarité directs et annexes des enfants handicapés ou de parents handicapés sont aussi pris en charge.


Un village de vacances a été spécialement conçu pour accueillir les handicapés et leurs familles à Florya, quartier d'Istanbul au bord de la mer de Marmara.


Pour ce qui est des transports en commun, qu'il s'agisse des bateaux, du métro, du tram, des nouveaux autobus, du métrobus, ils sont accessibles aux personnes à mobilité réduite.

 

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                    A la sortie du bus, le jour de notre première rencontre


Si les handicapés ne payent pas un kuruş pour leurs déplacements avec les véhicules municipaux, les bus longue distance ou les trains, une réduction de 40 % est la règle pour les transports aériens. Les places de cinéma sont souvent gratuites, parfois à demi-tarif.

 

De nombreuses associations de handicapés travaillant en partenariat avec les municipalités existent à travers le pays, porte-paroles de cette population qui représente 8,5 millions de personnes en Turquie, mais aussi organisatrices d'activités culturelles et sportives, de rencontres, de sorties.


La législation actuelle en Turquie oblige les entreprises de plus de 100 salariés à embaucher 7 % de travailleurs handicapés dans le secteur public et 4 % dans le secteur privé.


D'après Adem, le regard que pose aujourd'hui sur lui son entourage, tant les voisins que les commerçants ou ceux qu'il croise régulièrement, est très différent de ce qu'il a connu par le passé. Il a fallu du temps pour se faire intégrer par la société.


Finalement, sa vie quotidienne ressemble à celle de monsieur tout le monde en Turquie et c'est tant mieux. Toujours actif et indépendant, constamment sur pieds par le passé, il vaque aujourd'hui à ses occupations, fait ses courses, fréquente le jardin à thé où nous nous sommes revus, va prier à la mosquée. Il apprécie qu'on le regarde comme un être humain, pas comme quelqu'un de différent...

 

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Adem, qui caresse tous les matins l'espoir de pouvoir marcher à nouveau un jour, se donne les moyens d'améliorer ses capacités motrices. Il y a deux mois, il a subi une opération d'une jambe à l'hopital Sabanci de Baltalimanı. Ayant perdu une quantité de sang considérable, la seconde n'a pu être traitée en même temps mais cette intervention qu'il souhaite devrait intervenir dans les semaines à venir.


Sous peu, il devrait pouvoir commencer à faire construire à Beykoz une maison de plein-pied qui lui permettra d'être encore plus autonome et d'envisager de travailler soit à domicile, soit à l'extérieur, peut-être dans une centrale d'appels pour le service clientèle d'une banque comme cela lui a été proposé à plusieurs reprises.


Je ne suis pas sortie indemne de ces heures passées avec Adem. Je garde l'image de son sourire radieux, de son humour, de sa capacité à s'émerveiller des belles choses qui l'entourent, de sa curiosité et de son optimisme :  " La mission de chacun sur cette terre est de vivre tel qu'il est. La vie est belle, je suis libre et heureux... " me dit-il en substance.


Il est aussi gentleman assurément, pour preuve son aide proposée pour porter mon sac...

 


Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Istanbul
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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 07:35

 Mimar Koca Sinan ibn Abd al-Mannan, plus connu sous le nom de Mimar Sinan, autrement dit l'architecte Sinan, d'origine arménienne, est né dans le village d'Ağırnas près de Kayseri, en Cappadoce le 15 avril 1489.

 

Il apprend en partie le métier de maçon et de charpentier aux côtés de son père, avant d'être recruté dans le cadre du devşirme - recrutement de jeunes garçons chrétiens convertis à l'Islam et qui auront un devoir d'allégeance totale au sultan - mis en place par Murat Ier.

 

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                        Statue de Mimar Sinan à Büyükçekmece, Istanbul


Après avoir servi l'armée notamment dans la cavalerie, il intègre le corps des techniciens avant de devenir ingénieur en génie militaire, construisant ponts et fortifications.

 

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                                   Le pont érigé par Sinan à Büyükçekmece


Il devient le plus grand bâtisseur de l'ère ottomane durant le règne des sultans Soliman le Magnifique,  Selim II et Murat III.


Les plus vieux documents relatant sa vie et ses travaux sont 7 livrets remplis de notes datant du XVIème siècle, appelés Tezgiretül-Ebniye et Tuhfetü'l-Mimarin.


Il va jouer un rôle particulièrement important quant à la conception et la mise en oeuvre des chefs-d'œuvre architecturaux symbolisant la force de l'Empire ottoman.

 

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                                  La mosquée de Selimiye à Edirne


Inspiré par le savoir des seldjoukides et des Byzantins, Sinan va créer un style bien particulier, aux formes arrondies et harmonieuses, jouant avec les volumes et la lumière pour en tirer le meilleur.


On retrouve la griffe de Sinan sur 107 mosquées, 52 salles de prières, 45 tombeaux, 74 collèges de théologie, 8 écoles coraniques, 6 écoles primaires, 3 hôpitaux, 22 hospices, 6 couvents de derviches, 31 caravansérails, 38 palais, 5 villas, 8 citernes, 56 hamams, 9 ponts et 7 aqueducs.

 

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                       La mosquée Süleymaniye sur une des collines d'Istanbul


Sa première oeuvre, réalisée sous le règne de Soliman, est en fait le complexe de Hasköy construit en 1539 pour Hürrem, l'épouse du sultan.


Sinan considère que la mosquée Şehzade d'Istanbul représente son travail d'apprenti, la Süleymaniye un travail de maçon et la Selimiye à Edirne comme l'oeuvre d'un maître-maçon.

 

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                                           Mimar Sinan


Décédé à Istanbul le 17 juillet 1588 à l'âge de 99 ans, il repose désormais dans un tombeau érigé tout près de la mosquée de Soliman et du sultan qui lui a donné ses lettres de noblesse.

 

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                                                 Le tombeau de Sinan


L'Académie ainsi que l'Université des Beaux-Arts d'Istanbul portent le nom de ce prestigieux architecte.

 



Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Turquie
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 17:01

En juin dernier, vous avez fait la connaissance de deux charmantes étudiantes turques, Merve et Begüm, parties toutes deux à Mulhouse, dans mon memleket, pour y réaliser un semestre dans le cadre de leurs études pour devenir traductrices-interprètes.


Merve part la première le 5 septembre dernier et atterrit à l'aube, accueillie par un couple d'amis mulhousiens venus la cueillir à la descente de l'avion. Ils ont immédiatement répondu "présents" lorsque j'ai adressé un mail à toutes mes connaissances alsaciennes pour les informer que cette jeune étudiante ne pouvait de suite intégrer sa chambre universitaire et cherchait une solution de dépannage à l'arrivée.


Sa première impression fut un sentiment de peur, du fait d'être seule, sans amis à ses côtés. "Où suis-je, qu'est-ce que je fais ici ?" sont les questions qui lui sont venues à l'esprit.


Un tour de ville lui permet de prendre quelques repères, de faire connaissance avec cet environnement inconnu.

 

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     Merve fait connaissance avec Emma, la célèbre cigogne ! Crédit photo Hubert Longépé


Le lendemain, Merve se rend au foyer de l'Université de Haute-Alsace où elle sera logée. Peu d'étudiants étrangers sont arrivés, les cours débutant le 13 septembre. Le premier soir sur place, des larmes vont couler sur ses joues. Malgré ses 20 ans, Merve est autonome depuis presque trois ans, puisqu'elle fait ses études à Istanbul alors qu'elle est originaire de Bursa. Mais là, le fait d'être à l'étranger, de ne connaître personne, de ne pas pouvoir appeler un proche, change forcément la donne.


Begüm arrive le 9 septembre avec son père et sa venue ressemble plus, sur le moment, à des vacances. Après une escapade d'une journée tous les trois à Paris, puis à Strasbourg. nos deux Erasmus se retrouvent dans leur petite chambre universitaire. 

 

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                Begüm devant la collégiale de Thann - crédit photo Hubert Longépé


Tous les amis que Merve et Begüm se sont faits depuis qu'elles vivent à Mulhouse sont... étrangers. Les premiers d'entre eux, avec lesquels Merve fait connaissance à son arrivée , sont une jeune italienne et un marocain qui effectue un master. Et les étudiants français, dans tout ça ? Dans le bâtiment où elles sont hébergées, il n'y a que des étrangers, soit.


Les cours certes ne sont pas vraiment prévus pour qu'on y parle... autre chose que ce qui est nécessaire, mais durant les récréations ou le déjeuner,... elles sont "comme des étrangères". La communication ne se fait pas comme en Turquie, de manière spontanée... Les échanges entre ces ceux catégories d'étudiants restent strictement "scolaires" et en-dehors, ils ne se fréquentent pas... et c'est bien dommage !


Seule une jeune franco-espagnole vivant en Espagne et qui a terminé sa période estudiantine mulhousienne en décembre était plus proche.

 

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            A la découverte des marchés de Noël alsaciens - crédit photo Hubert Longépé


Hormis certains de mes amis alsaciens qui ont la bienveillance et la gentillesse d'inviter nos deux charmantes étudiantes, qui à partager un repas, qui à leur faire visiter un peu la région, les échanges avec la population locale reste bien limités...


Nos deux Erasmus mettent ce peu d'entrain de la plupart des Français, notamment des étudiants, à aller vers l'autre, à communiquer avec l'étranger, sur le compte de la timidité...


Merve et Begüm devaient rester jusqu'au 25 janvier en Alsace. Leurs professeurs mulhousiens estiment que 4 mois sont insuffisants pour parfaire la langue. Une seule des deux peut, au départ, prétendre rester jusqu'en juin. Finalement, grâce à l'intervention d'Oya Soner, leur dynamique professeur de français de l'Université de Marmara à Istanbul, elles peuvent chacune bénéficier d'une extension jusqu'à la fin de l'année scolaire.

 

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              A vélo dans le vignoble du Rangen = crédit photo Hubert Longépé


Pour financer ces frais supplémentaires imprévus, elles doivent trouver des petits boulots. Les premières recherches n'ont pas abouti, ni dans le domaine du fast food, ni pour du baby-sitting... Peut-être que des restaurateurs ou des épiciers turcs de Mulhouse pourront leur proposer quelques heures de travail rémunérées par semaine...


Concernant la ville où elles passent le plus clair de leur temps depuis septembre, contrairement à la frénétique Istanbul, à 21 h à Mulhouse, voire même plus tôt "il n'y a plus un chat dehors".

 

Les sorties en soirée sont rares, car les dessertes en transports en commun... le sont aussi, passée l'heure du dîner. Après les cours qui se terminent en général à 17 h, elles préparent le repas, puis regardent un film sur l'ordinateur, jouent au poker ou papotent avant d'aller s'endormir dans les bras de Morphée.

 

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Les apprenties-cuisinières dans la cuisine commune de l'étage - crédit photo Hubert Longépé


Les week-ends, les activités sont peu nombreuses, les magasins étant fermés le dimanche et la ville endormie, tout comme Merve et Begüm... bien souvent !


Lorsque je leur demande, quelle est à leurs yeux la plus grande différence entre la Turquie et la France, les réponses sont très différentes. Pour Merve, c'est le petit déjeuner ! Dans son pays d'origine, celui-ci est salé, accompagné de thé alors que dans l'hexagone, la tendance est plutôt aux croissants, aux céréales, au Nutella et au café. De même, le fait de terminer les repas principaux en France par le fromage l'a beaucoup étonnée !


Pour Begüm, c'est le comportement des automobilistes qui s'arrêtent pour laisser traverser les piétons et ignorent visiblement qu'ils disposent d'un klaxon. On est bien d'accord, ça change radicalement d'Istanbul !

 

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                   Begüm et Merve durant leurs vacances semestrielles à Istanbul


Elles ont aussi constaté que dans les cafés, la musique est en sourdine alors qu'il est parfois bien difficile de trouver un lieu vraiment tranquille en Turquie où le téléviseur, ou la musique, est branché en permanence et offre ses décibels aux clients.


Certaines découvertes culinaires régionales telles le bretzel, la quiche lorraine et le vin blanc d'Alsace... ont plu aux papilles turques, contrairement au munster et à son odeur...


Le plus mauvais souvenir à ce jour, a un visage bien différent pour chacune.  Merve a eu un choc lorsque le jour de son inscription dans l'établissement scolaire, on lui a fait la remarque que c'était la première fois qu'il y avait une étudiante turque alors que son pays d'origine ne faisait pas partie de l'Union Européenne ! Bienvenue en France !

 

De même, lors d'un cours spécifique pour les Erasmus, le professeur demande à chaque élève d'évoquer le principal problème selon lui dans son propre pays. Une étudiante répond qu'avant il y avait le communisme, maintenant l'islam... Merve et Begüm étant alors les seules musulmanes de la classe, le professeur change de sujet, estimant celui-ci sans doute trop sensible...

 

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                     Deux jolies fleurs turques au milieu des fleurs alsaciennes


Begüm a eu quelques soucis administratifs pour la délivrance de sa carte de séjour et s'est retrouvée confrontée à une employée de l'O.F.F.İ. à Strasbourg peu aimable et serviable. Grâce aux interventions téléphoniques d'un autre étudiant, puis de la responsable des étudiants Erasmus à Mulhouse, tout a fini par rentrer dans l'ordre heureusement.


Hormis ces petits désagréments, les bons moments sont bien plus nombreux. Quelques sorties, organisées, soit pour les Erasmus, soit entre amis, leur ont permis de découvrir Strasbourg, Colmar, la route du Vin et certains villages, la proche ville de Freiburg en Allemagne, mais aussi Amsterdam (vive les low-cost) et Barcelone où elles iront en février.

 

Si Merve a l'habitude d'une certaine forme de liberté, son amie apprécie cette expérience... même si elle aime aussi la vie en famille, les deux apportant des aspects positifs et négatifs. La distance aidant, il est tout de même plus difficile de refuser à sa fille d'aller à Barcelone que de l'empêcher d'aller voir une amie qui habite dans le quartier voisin...

 

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                      Escapade à Kaysersberg - crédit photo Hubert Longépé

 

Mais revenons au cours - une vingtaine d'heures/semaine - qui se déroulent en français, hormis ceux de langue étrangère évidemment. Merve s'est mise à l'espagnol depuis la rentrée, langue apprise depuis un an par Begüm, en plus de l'anglais que toutes les deux pratiquent.


Certains cours, dispensés uniquement aux Erasmus, et qui suivent le même programme qu'auraient Merve et Begüm dans leur classe en Turquie, accueillent environ 25 élèves. Les autres, auxquels assistent une trentaine de jeunes, la plupart français, permettent à Merve et Begüm d'étudier par exemple les techniques d'expression française orales et écrites, la critique littéraire. La littérature francophone, facultative, est dispensé à 3 élèves, un vrai cadeau pour nos deux charmantes étudiantes qui ont quasiment le professeur pour elles toutes seules ! Les unités manquantes, telles par ex. la littérature turque, devront être rattrapées au retour à Istanbul pour leur validation.


Des examens semestriels ont eu lieu en décembre pour chaque cours et les résultats sont plus qu'encourageants pour toutes les deux. Les professeurs français ont en tout cas la cote et semblent faire preuve de patience et de bon vouloir pour que leurs élèves étrangers puissent suivre les cours de façon satisfaisante.

 

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     Sourire aux lèvres à l'heure de notre rendez-vous devant le Consulat de France d'Istanbul


Begüm aimerait bien poursuivre ses études, à l'issue de l'année qu'il lui reste à faire en Turquie, avec un master en France. Merve serait bien tentée aussi par le même parcours à la Sorbonne, mais tout est question de finances, car faire des études, qui plus est à l'étranger, est bien coûteux !


Même si Merve et Begüm ont été ravies de passer leurs vacances semestrielles dans leurs familles respectives, Mulhouse et leurs amis venus des 4 coins de l'Europe leur manquent. Begüm est repartie hier et Merve viendra la rejoindre le 2 février pour attaquer cette seconde partie de l'année scolaire après avoir rechargé les batteries en Turquie.

 

Kolay gelsin kızlar !

 


Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Istanbul
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Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 07:38

 

Le charbon est produit en grande quantité en Turquie, notamment dans la région houillère de Zonguldak en Mer Noire, mais également à Samsun, Manisa...

 

A Istanbul, en dévalant la pente de la Süleymaniye en direction du grand boulevard qui relie la Corne d'Or à l'aqueduc de Valens, j'ai traversé le quartier un peu sinistre de Hoca Gıyasettin.

 

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    Çà et là, quelques anciennes belles demeures en bois évoquent le passé du quartier

 

Bien que ce jour-là, la majorité des habitants du pays profitaient des jours de congés de la fête du sacrifice, la porte d'un dépôt bien sombre était ouverte et à l'intérieur se trouvait Ersin.

 

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                                     Ersin dans son dépôt de charbon

 

Originaire de la région de Mardin, il est venu tenter sa chance à Istanbul il y a 6 ans de cela, le travail étant bien trop rare par chez lui.

 

Le charbon qu'il manipule à longueur de journées est destiné à alimenter les narguilés ainsi que les mangal - barbecues locaux - et les nombreux ocakbaşı.

 

Le client appelle le distributeur de charbon pour passer sa commande qui lui sera ensuite livrée.


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                                  Le visage se détend, un sourire finit par apparaître


Ersin n'est pas très à l'aise lorsque je commence à lui poser des questions, s'inquiète de me voir prendre des notes dans le carnet qui ne me quitte jamais à l'extérieur...

 

Lorsque je lui demande si je peux prendre quelques photos de lui et de son environnement quotidien, il hésite, puis m'accorde sa confiance en échange d'une promesse, celle de lui amener les tirages.

 

J'aurais aimé en savoir un peu plus sur sa vie de tous les jours, son travail mais pour l'heure, je sais juste qu'il n'est retourné qu'une seule fois dans sa région natale depuis qu'il vit à Istanbul. Lorsque je lui donnerai ses photos, je poursuivrai sans doute la discussion, pour mieux connaître Ersin, kömürcü à Istanbul.

 


Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Istanbul
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Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 16:55

"Hurdacı, hurdacııııııı" crie-t-il à tue-tête pour prévenir les habitants de son passage, poussant devant lui sa charrette.

 

Ce n'est pas à proprement parler un ferrailleur car il récupère  en fait absolument tout ce dont vous voulez vous débarrasser, du plastique à la ferraille en passant par les livres et la vaisselle, la liste n'étant pas exhaustive.

 

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                       Charrette de hurdacı dans les rues de Beşiktaş, Istanbul


Ils sont ainsi des centaines dans les rues d'Istanbul mais également dans les autres villes de Turquie à vivre du commerce du bric-à-brac.

 

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J'ai récemment croisé à Yeniköy une charrette de hurdacı portant le nom de son propriétaire, Ali. Une jante, deux vélos, quelques morceaux de tôle attendent sagement leur dernier voyage.


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Ali n'est pas loin, devisant avec l'agent de sécurité qui campe dans sa guérite devant un yalı des bords du Bosphore, deux mondes opposés à quelques mètres à peine l'un de l'autre...


Originaire de la province de Niğde, en Anatolie Centrale, Ali est hurdacı depuis vingt ans déjà. Six jours sur sept, il arpente vaillamment avenues et rues du secteur qu'il couvre avant d'aller déposer son butin dans le dépôt du quartier affecté au stockage temporaire de tous ces objets dépourvus de leur propriétaire.

 

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                 Ali, sympathique hurdacı travaillant dans les rues de Yeniköy à Istanbul


Certaines entreprises spécialisées, notamment dans le domaine du fer, du chrome et du plastique, viennent ensuite récupérer le matériel usagé aux fins de recyclage ou d'évacuation.


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La rétribution versée aux hurdacı varie fortement selon le matériau et le cours de celui-ci.

 

Si le fer est payé 3 kuruş/kg (environ 0,015 €/kg), l'aluminium se négocie à 2 TL (1,02 €/kg), le chrome à 3 TL (1,53 €/kg), le laiton à 5 TL (2,55 €/kg) et le cuivre à 8 TL (4,8 €/kg).

 

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                   Il vaut mieux se couvrir la tête lorsqu'on passe la journée au soleil...


Ali a été étonné d'apprendre par des membres de sa famille vivant en Allemagne et en France l'existence des déchetteries où chacun vient déposer lui-même ce dont il ne veut plus alors que c'est son gagne-pain en Turquie.

 

Autres habitudes, autres us que les décideurs, du haut de leur tour d'ivoire, oublient bien souvent de prendre en compte lorsqu'ils prennent des décisions en vue "d'harmoniser" les modes de fonctionnement.

 

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              Pour voir la vie en bleu et juste avec deux roues au lieu des trois habituelles...


Il semblerait qu'environ 15 % de la population en Turquie vit grâce aux petits métiers de la rue, cela en représente des familles...


Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Turquie
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Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 09:30

J'ai découvert lundi soir, à l'occasion d'un des concerts offerts durant plus d'une semaine par la Mairie de l'arrondissement de Beyoğlu, dans le cadre de la 5ème édition du Festival des Mains d'Or - auquel j'ai consacré un article hier -, un virtuose turc de la clarinette, Hüsnü Şenlendirici.

 

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                        Hüsnü Şenlendirici et sa clarinette, un duo enchanteur

 

Natif de Bergame sur la côte égéenne, Hüsnü a grandi avec la musique, entouré par ses deux grands-pères jouant clarinette et trompette et son père Ergün également trompettiste. Il commence à manier la clarinette à 5 ans et apprend la musique égéenne et anatolienne jusqu'à l'âge de 12 ans.

 

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Après avoir passé deux ans dans la section de formation du Conservatoire National de musique turque de l'Université Technique d'Istanbul, il  intègre le groupe "Magnetic Band" du célèbre percussionniste turc Okay Temiz et participe également à plusieurs festivals internationaux avec le groupe Laço créé par son père.

 

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                       Entouré de talentueux musiciens sur la scène de Taksim

 

En 1996, Hüsnü s'associe avec le groupe funk new yorkais Brooklyn Funk Essentials pour sortir un album et donner de nombreux concerts, puis crée le groupe Laço Tayfa. Quatre ans plus tard, un premier album solo "Bergama Gaydası" va voir le jour. Il sera le début de la reconnaissance de son  immense talent au niveau national et international !

 

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Ahmet Misbah Demircan, maire de Beyoğlu, entouré d'une délégation de Tunis, est venu applaudir le virtuose

 

En outre, en 2002, Hüsnü participe au projet "Soleil d'Anatolie" monté notamment par le Ministère de la Culture et donne une série de concerts pour l'occasion.

 

Ses compositions  illustrent également des films, des séries télévisées, des publicités.

 

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Ce concert a réellement été une découverte musicale pour moi, aux antipodes des genres que j'apprécie et écoute habituellement. La Turquie a vraiment donné naissance  à de grands noms de la musique et de la chanson, je suis ravie d'en avoir connu un de plus !

 

Une courte vidéo enregistrée lors du concert est disponible ici pour vous donner une idée du talent de Hüsnü.

 

   

Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Turquie
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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 06:01

Samedi dernier, en plein coeur de l'après-midi, mon regard est attiré par un homme circulant dans les rues de mon quartier avec sa meule à pédale sur le dos.

 

Le voyant poser son outil de travail devant quelques commerces, je lâche tout pour aller à sa rencontre, ne voulant pas rater cette occasion de découvrir, et  vous faire découvrir, ce métier en voie de disparition.

 

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                                  Mehmet bey et sa meule sur le dos


Mehmet bey, originaire d'un village de la région de Konya en Anatolie Centrale, exerce le métier de rémouleur - bileyici en turc  - depuis plus de trente ans ! 

 

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                                                 séance d'aiguisage

 

Il aiguise son premier couteau à l'âge de 16-17 ans mais devient rémouleur à 21 ans, après avoir été agriculteur dans son village.

 

Son grand-père, rémouleur  de profession, lui a transmis à la fois son savoir... mais également sa magnifique meule en bois de gürgen qui affiche plus de 50 ans de bons et loyaux services.

 

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                        Des gestes répétés des milliers de fois depuis plus de 30 ans...

 

Actuellement, Mehmet arrive difficilement à joindre les deux bouts. A l'époque où ses affaires étaient florissantes, sa pierre à meuler lui tenait deux mois, à présent, il la remplace ... après plus de six mois d'utilisation.

 

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Pour aiguiser un couteau, il faut compter 10 minutes de travail pour empocher au final 1,5 TL (moins de 0,80 €), pas de quoi faire fortune...

 

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                        Après l'aiguisage, le couteau est bien huilé... et avec le sourire

 

Mehmet parcourt ainsi, depuis 1973, les rues d'Istanbul, après avoir sillonné celles d' Isparta en 1978, de Manisa et d'Izmir en 1985.

 

Arpentant cinq jours par semaine, entre 8 et 10 heures par jour, les quartiers de Cihangir, de Fatih, d'Aksaray, d'Eyüp de Gaziosmanpaşa, il propose ses services à sa clientèle de fidèles, en particulier bouchers et restaurateurs.  

 

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 Combien reste-t-il de rémouleurs en Turquie, très peu c'est certain !

 

Même s'il n'existe aucun chiffre officiel, les couteaux fabriqués en Chine, remplaçant peu à peu le traditionnel couteau fabriqué dans le pays (cf. mon article intitulé Ramazan bey, coutelier à Karamanmaraş),  réduisent  considérablement le travail des rares rémouleurs encore en place.

 

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                        La dernière étape de travail consiste à affûter le couteau


Mehmet bey se souvient qu'il y a 20 ans,  à chaque coin de rue de Beyoğlu, on voyait un rémouleur allant de maison en maison.


Il pourra toucher une retraite - bien méritée - d'ici 3 ans car d'ici là, il aura cotisé à titre individuel assez longtemps pour cela.

 

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                               Mehmet bey, sympathique rémouleur de Cihangir à Istanbul  

 

 

D'ici là, je sais où le trouver pour le saluer car je connais à présent le jour et le créneau horaire  pour le croiser dans les rues de Cihangir. Hayırlı işler size dilerim !

 


 

 

Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Istanbul
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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 18:07

 

...alors que je rentrais à une heure tardive, quelques passagers à peine, certains déjà passablement endormis...

 

La pluie tombe à verse, et à un arrêt, un marchand ambulant monte avec son chargement de sandwichs au fromage blanc agrémenté de quelques rondelles de concombre et de tomate, précautionneusement couverts d'un plastique pour les protéger...

 

Songeur, il se demande visiblement comment il va arriver à bon port sans pour autant perdre ce qui lui permet de gagner difficilement quelques sous...

 

 

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Nous n'avons pas eu le temps de parler assez longtemps pour que je connaisse au moins son prénom, que déjà il repartait affronter les trombes d'eau que le ciel déversait sur Istanbul...

 

 

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Je n'ai eu que le temps de lui souhaiter bonne chance, kolay gelsin, et de lui demander s'il  acceptait d'être pris en photo !

 


Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Istanbul
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Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 06:50

"Ne mutlu Türküm diyene", cette célèbre phrase de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République de Turquie, et qui signifie "Heureux celui qui dit je suis turc", je peux désormais la faire mienne !


C'est en effet ce mardi matin 6 juillet que j'étais convoquée devant la Commission chargée de l'attribution de la nationalité turque. J'y ai vécu un des moments parmi les plus forts de mon existence, bien plus stressant que n'importe quel examen passé jusque là.


Combien de fois auparavant suis-je venue dans ces locaux de l'İl Nüfüs ve Vatandaşlık Müdürlüğü,  la Direction Départementale de la Population et de la Nationalité, situés dans le quartier de Çemberlitaş ? Entre le recueil des informations, le dépôt de mon dossier finalisé le 14 mai 2009 après plusieurs tentatives infructueuses, je n'ai pas totalisé mes allées et venues.


 

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             l'İl Nüfüs ve Vatandaşlık Müdürlüğü, un bâtiment administratif parmi tant d'autres



La patience a été de mise durant ces longs mois d'attente et je me souviens de l'émotion ressentie début juin dernier, lorsque je suis ressortie de ces bureaux avec entre les mains, cette convocation tant attendue, tant espérée.


Il m'est difficile de résumer en quelques lignes les plus de douze questions posées durant les seulement sept minutes durant lesquelles a duré mon entretien, tant l'échange était à la fois bref mais intense.

 

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 Avant le passage devant la Commission, quelques prises de vue sur la mer de Marmara toute proche où attendent des dizaines de cargos


Et lorsque la discussion s'est achevée et qu'il m'a été demandé de chanter l'İstiklal Marşı, l'hymne national turc c'est debout, les yeux fermés durant un temps,  la main sur le coeur, la voix émue mais portée par tout l'amour que je porte à mon pays d'adoption, qui m'a offert une seconde naissance depuis presque sept ans, que j'ai interprété sans faux pas cet hymne qui me fait vibrer à chaque fois que  je l'entends.

 

Artık ben Türküm ! Désormais, je suis turque... et fière de l'être !

 

 

Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Istanbul
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Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 11:40

Des étudiants turcs Erasmus, il y en avait sans doute une bonne centaine vendredi soir dans les jardins du Palais de France qui les accueillait.


J'ai souhaité échanger un mot avec quelques-uns et c'est sans hésitation que je me suis rendue à une table où étaient assises quatre jeunes filles. En entamant la discussion avec l'une d'entre elles, la surprise fut de taille ! En effet, c'est à Mulhouse, ma ville natale, qu'elle sera du 5 septembre au 25 janvier prochain pour poursuivre ses études de traductrice-interprète à l'Université de Haute-Alsace !


La souriante Merve, puisque c'est ainsi qu'elle s'appelle, a 19 ans.  Habitant Bursa, elle termine sa première année à l'Université de Marmara, établissement réputé d'Istanbul. C'est donc depuis un an seulement qu'elle se familiarise avec la langue française qu'elle n'avait jamais étudié auparavant.

 

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                                                       Merve Aygün

 

Avant d'aller à Mulhouse, Merve se rendra pour la première fois en France en août prochain, durant trois semaines, pour participer dans la Sarthe à un camp de restauration de train.

 

Begüm, quant à elle, a 22 ans, et termine sa quatrième année dans le même établissement que Merve et suit le cycle de formation identique à la prénommée.

 

Une année de préparation permet aux étudiants d'apprendre les bases du français avant de poursuivre leurs années universitaires normales.

 

Begüm a souhaité bénéficier d'un Erasmus afin d'améliorer sa connaissance de la langue de Molière.

 

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                                                Begüm Haciisaoğlu

 

Avec Merve, elles seront hébergées au foyer de l'Université mulhousienne, les frais étant pris en charge par leurs familles respectives.

 

Begüm fait partie des premiers élèves qui ont pu apprendre le français à Marmara Üniversitesi, cette langue y étant seulement enseignée depuis quatre ans. En outre, cet établissement n'est affilié au programme Erasmus que depuis une année.

 

Durant le cycle 2010-2011, 15 élèves de la pétillante professeur de français, Oya Soner - Maître de Conférence ayant fait ses études à Strasbourg - vont partir en Belgique, en Suisse et en France durant six mois.

 

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Oya Soner, Maître de Conférences et professeur de français à l'Université Marmara, entourée de Begüm et Merve

 

Ce sont finalement quatre jeunes qui se rendront à Mulhouse, les deux autres y seront durant le second semestre scolaire.

 

Je souhaite de tout coeur que Merve, Begüm ainsi que les deux autres étudiants concernés, soient aussi bien accueillis à Mulhouse que l'a été leur professeur et que la communication entre jeunes alsaciens et jeunes turcs va permettre à chacun de mieux se connaître, de vivre ensemble, de découvrir et faire découvrir les cultures respectives.

 

On compte sur vous les jeunes et ... je compte sur mes lecteurs de Mulhouse et environs pour partager un peu de temps avec ces charmantes ambassadrices de la Turquie  !

 


 

Par Nat - Publié dans : Portraits de Turcs - Communauté : Istanbul
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