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Sud et Sud-Ouest de la Turquie

Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 14:31

Article réalisé avec le concours d'Yves-Marie Laouenan et de  LDSlogo

 

Pour boucler cette série d'articles sur les sites de Xanthos et du Létôon qui font l'objet de fouilles françaises depuis des dizaines d'années, je souhaite vous présenter succinctement une bonne partie des membres du cru 2010 de la mission archéologique.

 

L'honneur revient à Jacques des Courtils, directeur de la mission de Xanthos. Le présenter en quelques lignes n'est guère aisé, son pedigree nécessitant bien plusieurs pages.

 

Docteur de 3ème Cycle en Antiquités grecques et romaines et Docteur d'Etat, diplômé de l'E.N.S., agrégé de Lettres classiques, membre de l'Ecole Française d'Athènes, il assure aujourd'hui des fonctions de professeur d’histoire de l’art antique et d’archéologie à l’université Michel de Montaigne-Bordeaux.

 

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       Jacques des Courtils, direction de la mission archéologique française de Xanthos

 

Directeur de l'U.F.R. d'histoire de l'art et archéologie, membre de l'Institut Ausonius (Unité Mixte de recherche du CNRS et de l'Université de Bordeaux, il s'est vu confier la direction de la mission de Xanthos en 1996, après en avoir été membre à partir de 1984.

 

Le CV de Laurence Cavalier, directrice de la mission du Létôon, n'est pas moins éloquent. Maître de conférences en  histoire de l'art antique à l'Université de Bordeaux, responsable pédagogique et membre du comité de pilotage "Recherche" de l’Institut Ausonius, responsable scientifique du projet de modélisation 3D du site de Xanthos, je ne citerai que ces fonctions parmi beaucoup d'autres.

 

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Laurence Cavalier, à droite, en compagnie d'Alim Karaca, maire de Kumluova et de son épouse, ainsi que de Hakan, responsable de fouilles-adjoint du Létôon

 

Si Laurence a été nommée chef de mission pour le site du Létôon en 2008, c'est depuis 1999 qu'elle travaille sur place aux côtés de Jacques des Courtils.

 

De nombreuses publications portent la griffe de ces deux scientifiques de renom.

 

Historien, archéologue et professeur d'archéologie grecque à Paris I Sorbonne, Francis Prost a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire et l'archéologie du monde grec. Après de nombreux travaux effectués en Grèce notamment sur l'île de Delos, il débarque  pour la première fois à Xanthos en 2005. L'an passé, il y dirige les travaux sur le secteur de l'agora romaine de la partie lycienne.

 

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                                                  Francis Prost

 

Enora, doctorante en archéologie, réalise sa thèse sur deux endroits différents, Paris I et l'école française d'Athènes. Pour sa première année à Xanthos, elle gère deux sondages dans l'agora romaine de la partie lycienne.

 

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                                               Enora

 

Camille, archéo-anthopologue, titulaire d'un master pro en archéométrie obtenu en 2007, travaille pour la première fois à Xanthos après avoir opéré dans les catacombes à Rome. Elle est chargée d'ouvrir de savoir s'il y a bien des tombes dans le prolongement du decumanus. 

 

Elle opère en tandem avec Laetitia, en seconde année de master en archéologie également à Bordeaux et qui prépare un mémoire sur l'archéologie funéraire et dont c'est aussi le premier séjour ici.

 

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                                 Laetitia                                                   Camille

 

Hakan, surnommé le roi, maître de conférences à l'Université d'Ankara en archéologique classique, est doctorant en droit. Responsable de fouilles adjoint au Létôon, il travaille notamment sur les inscriptions du monument Arrounti.

 

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                                        Hakan

 

Son épouse, Elif, architecte-restauratrice indépendante et doctorante en conservation, passe 10 jours à Létôon. Elle manie crayon et règle pour effectuer des relevés et dessiner divers monuments du site, notamment le monument Arrounti. informations qui seront ensuite digitalisées.

 

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                                            Elif

 

Halil, archéologue au musée d'Ephèse, et Sevim, archéologue au musée de Fethiye, sont respectivement commissaires du site de Xanthos et de celui du Létôon, nommés par le Ministère turc de la Culture et du Tourisme. Leur mission consiste à vérifier le travail réalisé sur place par les fouilleurs, le respect du droit, le contrôle des visiteurs. Des comptes-rendus avec explications, plans et photos sont préparés périodiquement par les commissaires et envoyés au service dont ils dépendent.

 

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                                Halil                                          Sevim

 

A ce propos, il est intéressant de noter que le site de Xanthos est rattaché à Antalya et celui du Létôon à Muğla...

 

Sur chaque site, un gardien de fouilles, embauché par la mission française, assure deux tâches particulières.

 

Ömer, en poste à Xanthos depuis 1994, et son homologue du Létôon, Sadık - qui a démarré là comme ouvrier il y a 10 ans de cela -, sont chargés de trouver les ouvriers pour chaque saison de fouilles. Ils constituent ensuite les équipes de travail et assurent le relais entre la mission et les ouvriers.

 

En dehors de la période de fouilles, ils sont également chargés de la surveillance du site, assurée en relais avec l'autre agent de sécurité embauché par le Ministère Turc de la Culture et du Tourisme.

 

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                       Ömer                                                 Sadık

 

Ömer et Sadık, comme sans doute leurs collègues précités, établissent mensuellement un compte-rendu d'activités transmis au musée d'Antalya pour Xanthos et à celui de Muğla pour le Létôon.

 

Cécile, doctorante en archéologie grecque, vient régulièrement à Xanthos depuis 1984 où elle a beaucoup travaillé sur les céramiques. En tant que responsable du dépôt, son principal problème réside dans le manque de place, pièces et caisses s'ajoutant perpétuellement. Tout est classé ici par US (Unité stratigraphique correspondant à la couche) ainsi que par secteur et par sondage. 

   

Pour son premier séjour à Xanthos, Thierry, doctorant en archéo-céramologie, inventorie du matériel au dépôt. Dans chaque catégorie (amphore, culinaire,...), il identifie le type de la pièce et la date. Sur les sachets qui accueillent les pièces vont figurer date, lieu, n° de l'US numéros du secteur et de la couche de la trouvaille. 

 

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                                Cécile                                              Thierry

 

Marie-Camille, doctorante à l'Université de Poitiers, étudiante en céramique culinaire dans le département des antiquités, a passé une semaine sur les deux sites pour étudier des céramiques à l'occasion de son 3ème séjour.

 

Şehrigül, conservatrice-restauratrice en free-lance, vient depuis 9 ans à Xanthos. Spécialisée dans la restauration et la stabilisation des mosaïques, il est certain que le travail ne manque pas pour elle sur place.

 

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                                            Şehrigül

 

Pour sa première expérience à l'étranger, Isabelle, titulaire d'un doctorat en archéologie et adjointe à la Conservation au musée de Chauvigny, est venue au Létôon pour étudier durant une semaine des objets en bronze et en plomb.

 

Séverine, maître de conférence en histoire de l'art et archéologie antique à l'Université de Poitiers n'en est pas à son premier séjour. Depuis 1996, elle revient presque tous les ans. Après avoir participé aux fouilles dans le théâtre du Létôon, elle a été chargée, en 2002, du rangement du dépôt du site. En 2010, elle est venue étudier la céramique culinaire durant deux semaines.

 

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                                             Séverine

 

Suzanne, franco-turque, est en 2ème année de master en archéologie Asie Mineure à l'Université de Bordeaux. Pour la première fois au Létôon, elle travaille sur 4 sondages, cherchant à prouver que ces terrasses ont été aménagées et équipées à l'époque hellénistique. On suppose qu'il y avait peut-être là des salles de banquets utilisées lors des sacrifices...

 

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                                          Suzanne

 

Anca, d'origine roumaine, vit en France. Après des études en lettres classiques, en archéologie et en histoire ancienne, et un séjour à l'IFEA (lien) d'Istanbul en tant que boursière, elle est en attente de poste en tant que maître de conférences.

 

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                                                Anca

 

Son premier séjour à Xanthos remonte à 2005 et en 2010, elle réalise des études urbanistiques en sondant au sud de la terrasse de l'agora romaine pour tenter de comprendre les fonctions et usages de ce secteur.

 

Emilie, doctorante en antiquité et architecture romaine, vient quasiment tous les ans à Xanthos depuis 2002. Elle connaît bien l'agora romaine du secteur appelé centre-ville, y effectuant des sondages depuis 4 ans. Son carnet de fouilles est rempli de relevés et de notes concernant les moindres murs, blocs et colonnes dégagés au fur et à mesure.

 

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                                             Emilie

 

Gizem, jeune architecte turque francophone  ayant bénéficié durant ses études d'un an en Erasmus à Paris, vient développer ici durant trois semaines son expérience en archéologie et en architecture archéologique. Elle crée notamment panneaux informatifs en trois langues pour Xanthos ainsi que des informations de sécurité, l'interdiction d'accès à certains endroits du site,...

 

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                                                 Gizem

 

Selin et Gökçe étudient dans la même classe d'architecture de l'Université ITÜ à Istanbul. Durant leurs deux semaines de séjour, elles dessinent et cotent à longueur de journée sur différents sondages.

 

C'est la première expérience de fouille étrangère pour Melike, étudiante en dernière année d'archéologie à l'Université d'Ankara, qui partira ensuite durant six mois en Erasmus à Bordeaux. Durant ses deux semaines à Xanthos, elle travaille sur le sondage dont s'occupe Anca, mais également au dépôt.

 

      étudiantes

                    Selin                             Gökçe                            Melike

 

Selda, archéologue et guide en free lance, passe deux semaines au Létôon pour la première fois. Travaillant sur un projet de verre antique, elle répertorie les pièces les plus importantes d'un secteur.

 

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                                                Selda

 

Grégory et Amanda, l'Alsacienne, étudiants à l'E.N.S. d'Architecture et de Paysage de Bordeaux, effectuent un séjour d'une semaine au Létôon afin de proposer ensuite un projet d'aménagement paysager du site, de façon à le mettre en valeur et à la rendre plus attractif pour les touristes. Tant les végétaux que les matériaux et la symbolique seront utilisés au maximum pour retranscrire l'histoire du lieu.

 

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                                          Grégory et Amanda

 

Si je ne connais pas les prénoms de tous les ouvriers de Xanthos et du Létôon, il en est un toutefois que je ne risque pas d'oublier, celui du discret Mustafa amca, dont la moustache l'est nettement moins.

 

72 ans, habitant Kınık, cela fait 40 ans qu'il travaille tous les ans à Xanthos sur les fouilles. L'âge aidant, il a abandonné pelle et pioche et manipule uniquement la brouette. Le reste de l'année, comme la plupart des ouvriers, ce sont les travaux agricoles - la production de tomates et de légumes y étant abondante - qui lui permettent de vivre. Mustafa amca a effectué sa toute première fouille avec Henri Metzger...

 

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                                              Mustafa amca

 

Je garde néanmoins en mémoire les visages de certains ouvriers avec qui j'ai eu l'occasion de passer un peu plus de temps. Malgré la difficulté du travail, l'humour reste de mise tout comme le sourire aux lèvres.

 

         ouvriers

                                  Quelques uns des ouvriers du Létôon

 

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                                             Quelques ouvriers de Xanthos

 

Meryem, la cuisinière, mérite également un petit hommage, tout comme son gendre Mevlut. Tous deux n'ont eu de cesse durant toute la durée de la mission 2010, de s'occuper du bien-être de chacun, principalement celui de l'estomac...

 

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                                Meryem                                      Mevlut

 

La diversité des compétences de ces hommes mais aussi de ces femmes - vous aurez constaté qu'elles sont nombreuses - est une richesse qui permet à chacun d'apporter sa pierre à l'édifice. Ce séjour de plusieurs jours à leurs côtés aura été une expérience d'un enrichissement extraordinaire qui m'aura également permis de palper au quotidien la passion qui anime ces chercheurs grâce à qui, la lumière se fait sur le passé.

 


 

Par Nat - Publié dans : Sud et Sud-Ouest de la Turquie - Communauté : Turquie
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Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 07:23

Article réalisé avec le concours d'Yves-Marie Laouenan et de LDSlogo

 

Cinq heures du matin, l'imam de Kumluova appelle ses ouailles à la première prière de la journée et invite par la même occasion les membres de la mission archéologique française du cru 2010 à émerger des bras de Morphée.


Quelques instants plus tard, une tirade déclamée en français de façon théâtrale prend la relève ; elle sera chaque jour différente...

 

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La maison de fouilles de la mission archéologique française située au-dessus du site du Létôon


Petit à petit, des yeux parfois encore bien ensommeillés et des pieds traînants prennent place autour des tables installées à l'extérieur pour partager le petit déjeuner.


On ne s'attarde pas trop longuement car dès 6 h, la journée de travail commence et pour beaucoup, il faut se déplacer jusqu'à Xanthos.


Les 44 ouvriers recrutés en 2010 pour travailler sur le site de Xanthos et les 21 opérant au Létôon arrivent la plupart sur des vespas ou des motocyclettes, moyens de transport particulièrement usités dans la région.

 

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                                    Garage à cycles à l'ombre des arbres


La distribution des tâches se fait rapidement et pelles, pioches et brouettes reprennent leur service quotidien avant que l'ardeur du soleil ne vienne ralentir la cadence au fur et à mesure que les heures passent.


Après s'être entretenu avec le gardien des fouilles, le chef de mission effectue un tour du site afin de s'enquérir des questions et des problèmes éventuels rencontrés par chaque équipe.

 

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Dans le cimetière byzantin mis au jour dans le prolongement du decumanus, l'ouverture des tombes requiert autorisations administratives et travail bien spécifique


Dans le théâtre, les restes des fresques en surface, particulièrement abîmées par le temps, font l'objet de soins intensifs. Après un nettoyage, les couleurs seront fixées et les bords consolidés par la restauratrice turque qui oeuvre régulièrement sur place depuis plusieurs années déjà.


Ces mesures de conservation indispensables permettent, tout comme celles opérées sur les innombrables mosaïques de Xanthos, de préserver au mieux ces fragiles richesses. 

 

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Au niveau de l'agora située en face du théâtre, la pelleteuse virevolte sans cesse pour déplacer des blocs particulièrement massifs qui vont être rangés de façon à être agréables à l'oeil des visiteurs.

 

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                                        A manipuler avec précaution !

 

 A quelques mètres de là, toujours dans l'agora, des restes de constructions sont explorés et la mise au jour se poursuit. Au fur et à mesure que le soleil se fait plus brûlant, c'est à tour de rôle que les ouvriers joueront de la pioche, tant le travail devient pénible.

 

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A 10 heures, la pause permet de reprendre son souffle ainsi que des forces grâce à l'absorption d'un en-cas bien mérité, partagé dans la bonne humeur.

 

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Après cet intermède, si nous faisions un tour au dépôt ! Sur chacun des sites, une construction abrite caisses et étagères où s'amoncellent les trésors découverts.


A la fin de chaque journée, une halte s'impose afin de déposer la "récolte" quotidienne. Identifié, décortiqué, nettoyé, chaque fragment de poterie, chaque ossement, chaque morceau de pierre ouvragée sera ensuite rangé après inventaire.


C'est une formidable oeuvre nécessitant beaucoup de patience qui s'effectue là, dans l'ombre, réalisé par des mains délicates qui voient passer petites et grandes trouvailles.

 

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                             Une partie du dépôt stock de Xanthos


C'est également ici que sont étudiées bon nombre de pièces, encore un travail de fourmi qui requiert connaissances et une certaine forme de placidité.

 

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         Au dépôt du Létôon, on examine aujourd'hui une série de tessons de verre


Nous voilà de retour sur les fouilles où certains effectuent des travaux d'Hercule et l'expression "fort comme un turc" n'est pas usurpée, bien au contraire !

 

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Les outils se font lourds, les bras commencent à fatiguer, la besogne ici n'est pas de tout repos. 

 

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                          Un couvre-chef original pour se protéger de Râ


Pendant ce temps, d'autres manipulent crayons et règles pour coucher sur le papier qui, certaines pièces de monuments spécifiques, qui un emplacement délimité.


Les occupations sont ainsi parfois très solitaires, parfois opérées en commun.  

 

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Les outils s'avèrent de temps en temps insolites. Une cuillère non pas pour déguster un quelconque mets mais pour gratouiller la terre, un pinceau non pas pour étaler des couleurs sur une toile mais pour dégager précautionneusement un mince et fragile débris ou un fin scalpel se révèlent par moments indispensables.

 

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                                               L'anthropologue en pleine action

 

A 14 heures sonne le glas d'une journée de travail ordinaire. Les ouvriers grimpent sur leurs cycles pétaradants et les membres de la mission se retrouvent au Létôon autour du déjeuner.


Après le réconfort accordé aux estomacs, certains prendront un court moment pour se reposer. La plupart, toutefois, continuent encore et toujours à oeuvrer.


Armés de courage, quelques uns retournent sur le site pour avancer. D'autres se penchent sur la rédaction des documents administratifs indispensables. L'heure est plus aux tâches intellectuelles que manuelles dans l'après-midi.

 

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Comptes-rendus quotidiens, plans, cotations, travaux informatiques ou sur papier prennent toujours beaucoup de temps.

 

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                 Quand on est chef de mission, les signatures sont nombreuses...


La souriante cuisinière, embauchée pour la première fois l'an passé, s'active de son côté. C'est qu'il y en a des bouches à nourrir ! Auparavant, on fouillait et on préparait aussi les repas !

 

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L'heure la plus agréable est celle... de l'apéritif, moment privilégié avant le dîner.


Le sujet de conversation principal reste toujours... le travail, les fouilles, les petits problèmes du jour. Parfois, un événement insolite tel que la visite de petits visiteurs nocturnes poilus et inattendus, vient pimenter les échanges.


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                      Déjeuners et dîners se font toujours en plein air


Au milieu des coassements qui retentissent sur le site étendu au pied de la maison de fouilles du Létôon, chacun prend ensuite rapidement la direction de sa chambre, aux alentours de 21 h 30 ou 22 h.


C'est que demain, dès 5 h, il va falloir recommencer !

 


 

Par Nat - Publié dans : Sud et Sud-Ouest de la Turquie - Communauté : Turquie
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Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 07:58

Article réalisé avec le concours d'Yves-Marie Laouenan et de LDSlogo

 

Le sanctuaire lycien du Létôon dont vous avez découvert la belle légende ainsi que l'histoire ne peut que ravir les amateurs de vieilles pierres dans un cadre enchanteresque où l'eau prend une place importante.


Si le site est bien moins étendu que celui tout proche du Xanthos que nous avons arpenté longuement ensemble, il n'en demeure pas moins sûr que de nombreux vestiges sont encore enfouis dans les nombreuses couches d'alluvions qui ne facilitent d'ailleurs pas les recherches.

 

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           L'eau, la pierre, la végétation et la montagne harmonieusement unis au Létôon


Il a été possible d'apercevoir, à quelques reprises, lorsque la nappe phréatique est particulièrement basse, des éléments appartenant à des portiques plus anciens que ceux visibles des touristes.


Ces alluvions, qui ont progressivement enfoui le Létôon après son abandon au VIIème siècle, ont permis la préservation du temple de Léto dont 80 % des blocs ont été retrouvés sur place. 

 

 

L'édifice a été détruit en deux temps : ce fut d'abord la colonnade, permettant  aux premiers chrétiens de réutiliser le reste de la construction pour réaliser en partie l'église voisine érigée au Vème siècle ap. J.-C. Plus tard, les murs furent démontés pour récupérer le métal des scellements, sans doute au moment de l'abandon définitif du site.

 

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     Le puzzle pour reconstituer le temple de Léto nécessite encore bien des années de travail


Juste à côté du temple de Léto, de style ionique, se trouve celui du même ordre dédié à sa fille Artémis - le plus modeste des trois -, lui-même contigu à celui d'Apollon, dont les dimensions rivalisent avec l'édifice honorant sa mère.

  

De nombreux blocs de pierre ont été probablement subtilisés à l'époque byzantine aux ouvrages consacrés à Artémis et Apollon, également pour construire l'église nichée tout près de là, sur la limite sud du site.


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A l'avant-plan, les vestiges du monument érigé en l'honneur d'Apollon et à droite ceux du temple dédié à sa soeur Artémis ; à l'arrière-plan, les restes de l'église construite à l'époque byzantine


Le temple dorique dédié au fils de Léto abrite une mosaïque de toute beauté ornant le sol de l'enceinte sacrée. Décomposée en trois parties, chacune évoque Apollon, l'une des divinités grecques les plus connues.


La rosace du milieu, interprétée comme étant le soleil, se trouve entourée d'un côté par une lyre, instrument que l'on trouve souvent sur des représentations du dieu des arts et, de l'autre, un arc et un carquois en référence au dieu archer qu'il était également.


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                       Trois symboles d'Apollon réunis dans une seule mosaïque


Les trois temples, constituant un ensemble magnifique, s'élèvent en fait sur une esplanade taillée dans le rocher de la colline qui a subi différents aménagements au fil du temps. Bien avant ceux visibles aujourd'hui, trois autres temples avaient été édifiés par des tâcherons aux  environs de 400 av. J.-C., du temps du dynaste Arbinas, à l'origine du monument des Néréides de Xanthos. 

 

Au nord des temples, il est difficile d'apprécier, au vu de l'aspect actuel, ce que pouvait être l'imposant portique construit probablement vers la fin du IIème siècle av. J-C. Celui-ci, dont la façade originale était dorique, possédait deux nefs.

 

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                                 Vue partielle du portique nord


Parmi les trouvailles réalisées dans ce secteur par les membres de la mission archéologique française, une des plus intéressantes pour les visiteurs est certainement la base à bucranes de toute beauté.


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 Un bucrane - tête de boeuf décorée - parmi les nombreux taillés dans le portique nord du Létôon


Le théâtre, construit au milieu du IIème siècle av. J.-C., donc bien après les temples, et visiblement érigé à des fins religieuses, est accessible notamment par un chemin de pierre en escalier donnant sur un tunnel qui permet de se retrouver directement à l'intérieur de l'édifice.

 

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          Accès sud du théâtre orné d'une élégante façade sculptée au-dessus de la voûte

  

La partie centrale, réalisée à même la roche naturelle d'une petite butte, se trouve entourée de part et d'autre par des parties maçonnées.


Si le bâtiment de scène n'a guère survécu aux siècles écoulés, sa localisation a pu se faire à près de 3 mètres sous le niveau du sol actuel.


En empruntant le second tunnel côté nord, le visiteur peut voir le couvercle d'un sarcophage lycien ainsi que plusieurs tombes témoignant de la présence d'une nécropole bien avant la construction du théâtre.

 

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         Le théâtre du Létôon dont une partie a directement été réalisée dans le rocher

    

Après avoir traversé à nouveau l'esplanade des temples, la vue se porte sur le nymphée romain construit également au IIème siècle av. J.-C. Un portique semi-circulaire, agrémenté d'une colonnade, encadrait le bassin.


Une salle de taille importante avait été créée au centre du portique, à l'intérieur de laquelle, au vu de l'inscription trouvée sur place, trônait une statue de l'empereur Hadrien adulé dans de nombreuses régions grecques ou héllénisées visitées durant son règne.

 

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                 Vue partielle du secteur du nymphée romain du Létôon


Dans le précédent article était évoquée l'importance des découvertes épigraphiques faites par la mission archéologique française qui oeuvre là depuis 1962.


Sur de nombreuses pierres, des textes en lycien, parfois doublés en grec, permettent de découvrir les us et coutumes de ceux qui ont foulé cette terre il y a si longtemps.

 

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                   Un livre d'histoire écrit sur les pierres du Létôon


Au pied de la falaise surplombant le site, le monument Arrountti, du nom d'une puissante famille avant vécu au IIème siècle de notre ère, apporte également, au fil des années de fouilles, des informations écrites sur cette période de l'histoire du Létôon. 

 

 10-novembre-2010 0959 copy           Une partie du monument Arrountti dont certains éléments racontent l'histoire de la famille              

   

 Il va sans dire que de nombreux paragraphes seraient encore nécessaires pour décrire beautés visibles ou à demi-cachées qu'offre ce lieu extraordinaire au passé prestigieux.


Les travaux réalisés sur place par la mission archéologique française depuis près de 50 ans tendent, ces dernières années, à miser sur la restauration - en particulier du temple de Léto - et sur l'aménagement et l'embellissement des lieux.


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                     Tête de lion sculptée sur un des blocs du temple de Léto


Si de nombreuses années de travail sont encore nécessaires pour transformer l'aspect  visuel du Létôon en un décor encore plus magique qu'il ne l'est déjà, chaque visiteur peut, pour l'heure, aisément user et abuser de son imagination pour faire revivre ce sanctuaire grâce au charme qu'il dégage.


Source : Guide de Xanthos et du Létôon de Jacques des Courtils - éd. Yayınları

 


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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 06:38

Article réalisé avec le concours d'Yves-Marie Laouenan et de LDSlogo

 

A cinq kilomètres à peine de Xanthos, l'ancienne capitale de la Lycie, le superbe site du Létôon a été érigé sur la rive droite du Xanthe, visiblement sur les lieux d'une source noyée de nos jours par la montée des eaux souterraines.


Ce lieu, également inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO depuis le 9 décembre 1988 tout comme son voisin, a été le principal sanctuaire religieux et fédéral des Lyciens et un lieu de pèlerinage de premier ordre construit en hommage à Léto et à ses enfants.

 

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                         L'eau et la pierre se marient harmonieusement au Létôon

 

 La légende entourant cette déesse, maîtresse de Zeus, ne manque pas de piquant. Héra, épouse trompée et assoiffée de vengeance, va obliger  Léto à s'enfuir. Elle accouche d'Apollon et Artémis, jumeaux fruits de cet amour interdit avec le roi des dieux, à Délos, dans les Cyclades, où elle s'est réfugiée. Poursuivant sa fuite avec ses enfants jusqu'en Anatolie, elle désire un jour abreuver ses petits dans une source mais des bergers l'en empêchent.


Furieuse, elle transforme ces derniers en grenouilles et des loups viennent à son secours pour la guider jusqu'à Xanthos où elle peut enfin donner à boire à ses enfants en toute quiétude. En guise de remerciement, elle va consacrer le fleuve à Apollon et baptiser la région Lycie, du grec lykos, le loup. Les coassements nocturnes des innombrables grenouilles qui hantent les nuits du Létôon seraient-ils ceux des descendants de ces bergers ayant subi les foudres de Léto ?

 

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                    Imaginez-vous les coassements des grenouilles dès la nuit tombée...  

 

 L'histoire du sanctuaire remonte à la même époque que celle de Xanthos. En effet, des poteries trouvées sur place, enfouies très profondément, attestent de la présence humaine aux environs de 700 av. J.-C.

 

Des aménagements successifs seront réalisés et des traces laissées par différents souverains de la capitale lycienne toute proche, notamment le roi Arbinas. En effet, des inscriptions sur pierre, découvertes lors des fouilles, évoquent, parfois en grec, son intervention quant à l'hellénisation du culte prodigué sur place.


C'est notamment grâce à Arbinas, à la fin du Vème siècle av. J.-C. que le modeste lieu voué à l'origine aux Elyanas, déesses féminines des eaux, va prendre de l'ampleur. Xanthos administre alors le Létôon où trois temples, respectivement dédiés à Léto et à ses enfants, vont être construits.

 

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                                       Le temple érigé en l'honneur de Léto

 

 De grands portiques prendront place progressivement ainsi qu'un théâtre érigé au milieu du IIème siècle av. J.-C.  Probablement, un stade, qui n'a pas encore été mis au jour, a complété le site.


Durant l'époque romaine, un lieu de culte dédié à l'empereur Hadrien sera adjoint au nymphée réalisé à cette période.


Plus tard, au VIème siècle, une église protobyzantine sera construite au sud des temples dont les pierres vont être utilisées, causant ainsi la destruction des édifices à la gloire d'Apollon et d'Artémis.

 

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                          A l'avant-plan, l'emplacement du nymphée romain


Le rôle fédéral de ce sanctuaire durant la période lycienne, alliant ainsi la religion et la politique, explique le nombre important de trouvailles épigraphiques faites par la mission française archéologique qui oeuvre sur place depuis 1962. Henri Metzger dirige le premier les fouilles du Létôon avant que Charles Le Roy ne devienne son successeur.


C'est ensuite Jacques des Courtils, directeur de la mission de Xanthos, qui en devient le responsable en 1996 avant que ne soit nommé en 2008 un chef de mission indépendant pour le site en la personne de Laurence Cavalier, Maître de conférences à l'Université de Bordeaux et qui travaille déjà depuis 1999 à ses côtés.

 

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 De gauche à droite Alim Karaca, maire de Kumluova, commune sur laquelle se trouve le Létôon, et son épouse, en visite sur le site, Hakan, archéologue et Maître de conférences à l'Université d'Ankara, Laurence Cavalier, responsable de la mission française archéologique du Létôon et Sevim, commissaire du Létôon

 

Dans le prochain article, nous déambulerons sur ce site très bucolique, abandonné au VIIème siècle, durant l'époque byzantine, pour des raisons ignorées à ce jour, et redécouvert en 1840 par Charles Fellows, ce voyageur anglais évoqué dans les précédents reportages.


 

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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 07:52

Article réalisé avec le concours de Yves-Marie LAOUENAN et de LDSlogo

 

 

En vous faisant découvrir récemment le magnifique site de Xanthos inscrit au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis fin 1988, j'ai évoqué très succinctement les vestiges encore visibles aujourd'hui sur place du monument des Néréides.


Dominant  la terrasse située en contrebas de l'agora inférieure du secteur romain, les deux assises du soubassement ne donnent qu'une piètre idée de l'édifice d'origine.


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                                   Assises en pierre du monument des Néréides à Xanthos

 

Ce dernier, dont la situation symbolique au-dessus de la porte de la ville a été parfaitement réfléchie par le personnage à l'origine de sa construction, figure parmi les plus somptueux de l'antiquité classique.


Ce magnifique ouvrage mélangeant allègrement des caractéristiques lyciennes et grecques aurait été réalisé en 390-380 av. J.-C. pour abriter la sépulture du roi Arbinas, dernier souverain de la dynastie harpagide qui règne au début du IVème siècle av. J.-C. sur Xanthos, capitale lycienne, mais aussi sur les villes voisines de Pinara, Telmessos (l'actuelle Fethiye) et Tlos.

 

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         Le monument des Néréides, visible au British Museum de Londres - crédit photo Francis Prost

 

Arbinas, élevé par un précepteur grec, conseillé par le devin grec Symmachos de Pellana, n'aura de cesse, durant son règne, d'imposer la culture grecque dans laquelle il baigne, en doublant notamment les textes lyciens par des inscriptions en langue grecque sur diverses constructions.


Le monument des Néréides tire son nom de la mythologie grecque, des nymphes de la mer, filles de Nérée et de Doris, représentées comme de belles jeunes filles à la chevelure ornée de perles dont la mission consiste à accompagner les âmes des morts.


Un certain nombre de statues les évoquant sont visibles, tant sur l'édifice même, au milieu des colonnes, qu'autour de celui-ci.

 

                                                

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    Voluptueuse Néréide entourant le monument au British Museum - crédit photo Francis Prost


Néanmoins, certaines marques iconographiques y figurant, telles certains animaux marins, évoquent une identité plus lycienne, peut-être les Eliyana, nymphes locales en relation avec l'eau.


Charles Fellows, voyageur anglais ayant découvert Xanthos en 1838 alors qu'il effectuait un déplacement en Asie Mineure, requiert et obtient les premières autorisations administratives pour réaliser des fouilles sur le site.

 

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                                                 Charles Fellows, crédit internet

 

En 1842 et en 1844, le monument des Néréides va être quasi entièrement amené à Londres par Charles Fellows. Il sera superbement reconstitué au British Museum, premier musée public au monde créé en 1753, devenant un de ses plus beaux joyaux.


Le tombeau, tout de marbre blanc, y compris la charpente et la toiture, a semble-t-il été réalisé par des artisans grecs, voire athéniens au vu de certains éléments décoratifs de ce monument exceptionnel qui a tout d'un temple ionique.

 

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                                                     Crédit photo Francis Prost

 

 Les sculptures, tant au niveau des frises de bas-reliefs superposées couronnant le socle que celles des frises ornant le mur de la cella - enceinte sacrée abritant des lits en pierre supposés être des lits de table destinés aux banquets funèbres - sont d'une richesse incroyable.

 

Les décors représentent des scènes de guerre, de chasse, de banquets, d'offrandes, mais également d'une audience accordée par un personnage habillé à la perse abrité du soleil par un serviteur tenant un parasol. 

 

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                    Un corps et des formes plus vrais que nature - crédit photo Francis Prost

 

 

Si le monument des Néréides a trouvé sa place au British Museum, Jacques des Courtils, directeur de la mission française archéologique de Xanthos, dans ses songes les plus extravagants, rêve de trouver un mécène lui offrant l'opportunité de recréer, en lieu et place, une copie digne de ce nom de cet édifice prestigieux qui fait partie intégrante de la suprématie de l'ancienne capitale lycienne.


Et si un jour ce rêve devenait réalité... Il est toujours permis d'espérer, tout particulièrement en ce début d'année où les voeux sont de circonstance !

 


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Lundi 20 décembre 2010 1 20 /12 /Déc /2010 06:23

Reportage réalisé avec le concours de Yves-Marie LAOUENAN et de  LDSlogo.jpg

 

 

En découvrant le magnifique site de Xanthos présenté dans les deux derniers reportages, vous avez pu lire que les archéologues français ont obtenu en 1950 le droit d'y pratiquer des fouilles.


Ces dernières ont débuté dès l'année suivante sous le contrôle du Ministère Français des Affaires Etrangères dont elles dépendent toujours. Pierre Demargne et Pierre Devambez dirigeront les fouilles les premières années.

 

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           Secteur de fouilles dans l'agora romaine supérieure du "centre de la ville" à Xanthos


Etendues à partir de 1962 au site voisin du Létôon que nous découvrirons sous peu,  la direction de ces dernières reviendra à Henri Metzger puis à Charles Le Roy.  


A ce jour, et depuis 1996, Jacques des Courtils, professeur d'archéologie à l'Université de Bordeaux, en est le chef de mission, épaulé par Laurence Cavalier, Maître de conférences à l'Université de Bordeaux, qui oeuvre à ses côtés depuis 1999 et nommée en 2008 chef de mission à part entière des fouilles du Létôon.

 

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              Jacques des Courtils, chef de la mission archéologique de Xanthos


Grâce à l'importance des vestiges laissés par la civilisation lycienne et aux résultats des fouilles menées, Xanthos et le Létôon ont intégré le 9 décembre 1988 la liste des sites inscrits au Patrimoine Mondial de l'Unesco.


L'Etat Français apporte une participation financière annuelle aux travaux, de l'ordre d'environ 50.000 €/an pour les deux sites, auxquels se sont ajoutés cette année 20.000 € exclusivement destinés au Létôon.


De même, le CNRS contribue en finançant le voyage de chercheurs (5 en 2010) et en envoyant des aides matérielles.

 

 10-novembre-2010 1594 copy                                        Sur le site du Létôon


La répartition du budget annuel classique se répartit comme suit :


- 15 % pour les salaires des deux gardiens turcs (un sur chaque site) embauchés à l'année qui surveillent les lieux de nuit

- 30 à 40 % pour le travail de fouilles proprement dit (rémunération des ouvriers - 44 à Xanthos et 21 au Létôon pour l'édition 2010)

- le reste pour les frais de mission, de fonctionnement et d'intendance.

 

L’Association pour la valorisation de Xanthos et du Létôon, créée en 2001 dans le cadre de la réalisation d'une exposition à Bordeaux pour présenter les travaux des fouilles, a été réactivée il y a 2-3 ans et comprend actuellement une soixantaine de membres.

 

   

Une enveloppe de quelque 3.000 € a pu être dégagée par elle pour cette édition annuelle.


Un accord a été conclu en 2003 entre la Mission Française et deux professeurs canadiens qui développent un programme de recherches universitaires sur les deux sites, apportant dans leurs bagages un financement de l'ordre de 10 à 30.000 €/an.


Le prix mondial d'archéologie Cino del Duca, d'un montant de 200.000 , a été attribué fin 2009, sur proposition de l'Académie Française, par la Fondation Simone et Cino Del Duca abritée par l'Institut de France, une récompense appréciée à sa juste valeur après trois dépôts de candidature !


Ce prix contribue à la valorisation des deux sites avec pour projet principal, sur Xanthos, le dégagement et la mise en valeur de la grande avenue reliant le "Pilier Inscrit" au Monument des Néréides avec une présentation de ce dernier. Ce projet représente à lui seul trois ans de travail !

 

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           Le niveau de chantier, outil de travail indispensable sur un chantier de fouilles


Les travaux réalisés sur place, notamment ces 7 dernières années, ont transformé la vision offerte aux touristes, notamment grâce au dégagement de la voie romaine, couverte jusque là par la végétation, et à la mise au jour encore plus récente d'une église et d'un cimetière byzantin.


Tous les étés, durant en moyenne un mois, Xanthos et le Létôon voient ainsi s'affairer les équipes de la mission dont les tâches ne sont pas que scientifiques et historiques.

 

  Déplacer les lourdes pièces amassées entre l'agora et le théâtre nécessite l'intervention de machine


La mise en valeur, hors budget annuel habituel, constitue une part importante des travaux réalisés ; c'est grâce à elle que les visiteurs - environ 30 000/an actuellement - seront tentés de plus en plus par la découverte de ces terres chargées d'histoire depuis des millénaires.


Jacques des Courtils, chef de la mission, estime à environ 15 % la surface du site de Xanthos fouillée à ce jour. Cela donne une idée du nombre d'années durant lesquelles la passion de ces chercheurs et étudiants en archéologie, que nous aurons également l'occasion de côtoyer de plus près à l'occasion d'un prochain article, peut encore être assouvie...

 


 

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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 06:25

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Après avoir pris connaissance de l'histoire complexe et mouvementée de Xanthos, c'est une longue balade sur place que je vous propose aujourd'hui.

 

Si Xanthos représente avant tout un héritage unique laissé par le peuple de Lycie, les vestiges visibles de nos jours ne reflètent pas toujours, pour le non-initié, la grandeur de celui-ci.


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       A droite du sarcophage surélevé, un monument peu banal, le pilier des Harpyies

 

La langue des Lyciens, gravée sur pierre, peut être déchiffrée en partie par les linguistes car l'alphabet lycien est dérivé du grec avec quelques adaptations.

 

Un très bel exemple apparaît sur le "Pilier inscrit" situé près de l'entrée de l'agora et raconte visiblement l'histoire de la dynastie harpagide, tirée du nom de Harpage mentionné dans la première partie de l'article consacré à Xanthos.

 

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                                        Le "Pilier inscrit"

 

Le "Pilier inscrit", sur lequel des inscriptions recouvrent les quatre faces, repose sur un soubassement de deux degrés ; la hauteur totale originale de ce monument, dont les pièces du haut sont aujourd'hui cassées, atteignait 8,50 m.

 

La partie inscrite, représentant à elle seule 4,04 m de haut, supportait une chambre funéraire sur laquelle reposait une sorte de trône en pierre comportant des accoudoirs ornés de têtes de lions.

 

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                                    Détail du "Pilier inscrit"

 

Le travail remarquable de la pierre, autre caractéristique des Lyciens, peut paraître moins "visuel" que celui effectué par les Romains et les Byzantins, et pourtant...

 

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Partie inférieure d'un pilier funéraire en limite de l'acropole lycienne permettant d'avoir un aperçu de la finesse du travail effectué ; le haut a disparu, recouvert par le rempart byzantin

 

Hormis les sarcophages aux configurations habituelles et connues visibles sur le site de Xanthos, l'un d'entre eux, le pilier des Harpyies, le plus ancien d'ailleurs, daté de 480 av. J.-C. environ, présente des caractéristiques originales.

 

Des créatures monstrueuses, mi-femmes, mi-oiseaux, identifiées aux Harpyies de la mythologie grecque, ornent les bas reliefs de marbre blanc. Le style de ces décors laisse à supposer que le sculpteur était grec. Ce tombeau a abrité le corps d'un souverain lycien dont le nom n'est malheureusement pas connu.


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  Sculptures mises en scène figurant sur le haut du pilier des Harpyies - photo crédit Francis Prost

 

En contrebas de l'acropole lycienne, et tout à côté du pilier des Harpyies ainsi que du sarcophage élevé, se dresse le théâtre romain de 8000 places construit au IIème siècle ap. J.-C.

 

Un premier théâtre avait été érigé là et dont il ne subsiste aujourd'hui que de maigres traces.

 

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                              Sur les gradins du théâtre de Xanthos


Certains endroits, tels l'agora romaine face au théâtre ou le secteur appelé "centre ville", au sud du decumanus - l'axe principal est-ouest de la cité romaine, font l'objet depuis cette dernière décennie, de fouilles importantes.

 

Même si ces dernières ont permis la mise au jour d'un ensemble important de traces de l'époque romaine, les visiteurs auront sans doute un peu de mal à apprécier visuellement l'importance de ces découvertes.

 

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                  L'agora supérieure du secteur romain appelé "centre de la ville"

 

Si les monuments de Xanthos les plus proches les uns des autres peuvent être visités rapidement en une bonne heure, le curieux ne manquera pas de consacrer trois heures pour une visite plus approfondie du site.

 

Cela lui permettra de découvrir une partie des 25 ha du site qui s'élève notamment sur la colline de la face nord, abritant une nécropole lycienne digne d'intérêt.

 

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    Quelques unes des tombes rupestres lyciennes traditionnelles de la nécropole de la colline

 

Avant de grimper sur le flanc de la colline, on peut admirer un monument funéraire appelé "sarcophage des danseuses".

 

Très abîmé visiblement par des actes de vandalisme à l'époque moderne, il a fait l'objet d'une récente restauration qui lui aura permis de retrouver une partie de son prestige.

 

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                 Une scène de guerre sculptée sur le côté est du couvercle

 

La partie longiligne du couvercle, orné de quatre tenons représentant des têtes de lion, est habillée de différentes scènes.

 

Les deux côtés latéraux comportent d'élégants personnages féminins face à face, vêtus de chitons, et qui semblent effectuer des danses rituelles religieuses, sans doute funéraires.

        

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                        Danseuses ayant donné leur nom au monument

 

Plus haut, dans la montée, la tombe aux lions se révèle dans toute sa beauté, que finalement peu de touristes prendront le plaisir d'admirer, faute de consacrer du temps à cette partie du site.

 

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                                             La tombe aux lions

 

Le bas-relief, de toute beauté, datant du IVème siècle av. J.-C., représente un taureau attaqué par deux lions.

 

La scène, saisissante de vérité, ne peut que ravir les yeux, tant les détails sont particulièrement travaillés.

 

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           Détail de la tombe aux lions dans la nécropole lycienne de Xanthos

 

Au hasard de la promenade, différents sarcophages apparaissent çà et là, au milieu de la végétation.

 

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                                           Une tombe parmi tant d'autres

 

Le haut de la colline permet au visiteur de découvrir, en un lieu unique, les trois types de sépultures caractéristiques de la Lycie classique.

 

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                   Le "Pilier de l'acropole" domine les tombes rupestres

 

Hormis le "Pilier de l'acropole" du milieu du IVème siècle av. J.-C., à priori dernier ouvrage de ce genre réalisé par les Xanthiens, d'une hauteur totale de 7,49 m, se trouve un ensemble de tombes rupestres familiales bien conservées.

 

Juste en face, le socle d'un sarcophage, appelé de Payava, nom du Xanthien dont il aura été la dernière demeure, apparaît dans toute sa nudité.


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                                     Le sarcophage de Payava

 

Les parties supérieures du monument, à savoir les bas-reliefs de la base, la cuve et le couvercle, ont été emportées au XIXème siècle à Londres. Il faut tenter d'imaginer ce que pouvait être cet ouvrage dont la hauteur atteignait... 7,85 m.

 

Il est impossible de présenter en aussi peu de lignes la totalité des tombes en tous genres de Xanthos. Toujours est-il que ce serait bien dommage de ne pas faire un détour par cette nécropole qui permet en outre, de jouir d'une vue panoramique sur l'acropole lycienne, le théâtre et l'agora.

 

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            Vue panoramique d'une partie du site de Xanthos visible du haut de la colline

 

De même, les amateurs de mosaïques seront gâtés. En effet, des surfaces importantes au sol en sont recouvertes, certaines visibles facilement, d'autre moins.

 

Dans l'acropole lycienne, des formes et dessins géométriques ou des décors végétaux, parfois de couleur (bleu, blanc, rouge...), ornent de vastes surfaces sur les sols des demeures.  

 

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                           Détail d'une mosaïque de l'acropole lycienne 

 

De même, dans le secteur byzantin de la cathédrale, la décoration se révèle par endroits dans toute sa splendeur.

 

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       Sous le bidim protecteur, de merveilleuses fresques recouvrent une bonne partie du sol 

 

Une des plus belles compositions, est sans conteste ce superbe lapin de petite taille, également situé dans ce secteur, et qu'on finit par trouver après avoir minutieusement observé le sol de part et d'autre.


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Résumer les milliers d'années d'histoire se trouvant à Xanthos n'est guère aisé, mais se laisser aller à rêver à ces civilisations prestigieuses qui en ont fait la grandeur me semble plus facile.

 

Faire revivre, avec un peu d'imagination, ce que pouvait y être la vie, tant du haut de l'acropole lycienne, que de la voie romaine ou encore des alentours de la cathédrale, permet d'achever en beauté la visite des lieux.

 

 

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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 06:44

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La Turquie regorge, tant sur sa côte égéenne que méditerranéenne, d'innombrables sites antiques de tout premier ordre dont certains sont finalement peu connus, le prestige écrasant de lieux aussi célèbres qu'Ephèse ou Aspendos les reléguant au second plan.

 

Et pourtant, nombre d'entre eux méritent largement le détour, tel Xanthos, inscrit depuis le 9 décembre 1988 au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, situé entre Fethiye et Kaş, sur la "Voie lycienne".

 


Xanthos

 

Visiter Xanthos, situé au bord de l'estuaire du Xanthe, revient à faire un voyage dans le temps qui remonte jusqu'à 7 siècles av. J.-C., des tessons de poterie de cette époque attestant de l'occupation du site.

 

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    Vue panoramique partielle du site de Xanthos, notamment l'acropole lycienne et le théâtre


Les Lyciens en firent leur prestigieuse capitale mais Romains et Byzantins y laissèrent également des traces importantes par la suite.


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             L'acropole lycienne, surplombant le théâtre de Xanthos, et ses demeures


Xanthos est à l'origine un réduit fortifié érigé sur la rive gauche du Xanthe, petit fleuve appelé aujourd'hui Eşen Çayı, et qui dévale les proches montagnes du Taurus.

 

La mer, qui, aujourd'hui, se trouve à quelques kilomètres de là, s'échoue à l'époque plus près du site dont elle est séparée par un marécage.

 

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                            Vue sur le Xanthe du haut de l'acropole lycienne


Xanthos la lycienne, plus grand ville de la région, connaît son apogée entre  546 - lors de sa conquête par le général perse Harpage - et 334 av. J.-C. où Alexandre le Grand va à son tour conquérir la région et l'intégrer au monde grec.

 

De cette période dite "classique", elle hérite son nom qui signifie en grec "blond" ou "jaune".


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Tombeau lycien dans l'agora romaine, formé d'un soubassement à degrés et comprenant une chambre basse partiellement taillée dans la pierre


La Lycie est donnée à l'île de Rhodes qui l'administre de 188 à 166 av. J.-C. Après une période de guerre civile, Xanthos et les alentours intègrent la province romaine de Lycie nouvellement créée, avant d'être rattaché en 395, lorsque meurt l'empereur Théodose, à l'empire romain d'Orient.

 

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            Le decumanus de Xanthos, dont la mise au jour, débutée il y a 5 ans, se poursuit


Du V au VIIème siècle, Xanthos est chrétienne et connaît ainsi sa dernière période de grandeur. Elle devient même au Vème siècle le siège d'un évêché.

 

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              A l'intérieur du siège de l'évêché de Xanthos à l'époque byzantine

 

Les razzias des Perses suivies par celles de la flotte arabe, la peste et les tremblements de terre vont avoir raison de Xanthos qui va mourir à petit feu après cette ultime époque de gloire.


Pendant la période byzantine, sur le site alors occupé par des tribus - turcomans ou turcmènes - une église et un cimetière ont été érigés. Mis au jour récemment, ils pourront, après études scientifiques, apporter plus de renseignements sur cette ère.

 

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 Le cimetière byzantin, objet de fouilles approfondies durant la mission 2010, et à l'arrière-plan l'emplacement de l'église de la même période


Des villageois, derniers Lyciens devenus Grecs Byzantins, demeurent là, dans les ruines d'un passé prestigieux révolu, à l'arrivée des Turcs, et survivent aux troubles du Moyen-Age.


Kınık, nom d'une tribu turcmène, est attribué au village dont dépend aujourd'hui Xanthos.


Lors d'un déplacement effectué en Asie Mineure en 1838, le voyageur anglais Charles Fellows découvre le site de Xanthos où vivent alors pauvrement quelques paysans grecs, les autres habitants de Kınık s'étant installés à quelques centaines de mètres au pied du site.

 

C'est lui qui, le premier, obtient des autorisations officielles pour mener des fouilles, notamment en 1842 et 1844.


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Les vestiges du monument des Néréides de Xanthos, découvert en 1840 par Charles Fellows, visible aujourd'hui au British Museum de Londres où il a été entièrement reconstitué


A la fin du XIXème siècle, un épigraphiste et un architecte autrichiens effectuent des prospections à trois reprises, recueillant les inscriptions antiques.


En 1950, le gouvernement turc concède la fouille de Xanthos à la France qui souhaite entretenir ses relations diplomatiques avec la Turquie.

 

Grâce au travail réalisé par les scientifiques français en partenariat avec les confrères turcs, elle contribue ainsi à la recherche et à la préservation des cultures et des vestiges laissés par les civilisations passées.


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Sarcophage lycien surélevé, datant du IVème siècle av. JC. Si le sarcophage s'est avéré vide, comme toujours, un vase en faïence égyptienne ainsi que quelques bijoux, exposés aujourd'hui au musée d'Antalya, ont été découverts dans le soubassement creux

 

Nous aurons l'occasion de faire connaissance avec cette mission dans le cadre de plusieurs articles à venir, mais avant cela nous poursuivrons par une petite visite guidée du site dès demain.


 

Sources : Guide de Xanthos et du Létôon de Jacques des Courtils - éd. Yayınları

 

 


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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 16:54

A une vingtaine de minutes en bateau à moteur de la proche et agréable cité de Dalyan visitée ensemble récemment, le site antique de Kaunos offre aux visiteurs un voyage sur les traces d'une ville antique autrefois importante.

 

Les dernières demeures de ses souverains successifs ne sont autres que les tombes lyciennes creusées dans la roche sur la rive nord de la rivière Dalyan.

 

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                  Sur l'emplacement du temple voisin de l'agora à Kaunos


Si Kaunos existait visiblement déjà au IX ou au Xème siècle av. J.-C., les informations recueillies grâce à Hérodote mettent en exergue l'importance de Kaunos tant du point de vue géographique que politique en 540 av. J.-C.

 

Selon l'historien grec, le dignitaire Mède Harpagos mène cette année-là une expédition contre les Cariens, les Cauniens et les Lyciens. La Carie, tout comme la Lycie, sont alors de grands territoires incluant de nombreuses villes et villages et le nom de la cité est mentionné comme un territoire propre entre les deux précités.  

 

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                Depuis 1967, des fouilles sont menées par les archéologues turcs


Kaunos est le centre d'un territoire portant le même nom et incluant un certain nombre de villes et villages sous son contrôle. Revendiquant une origine crétoise, les fondateurs de la ville sont néanmoins des peuplades d'Anatolie. De par leur langue, leurs coutumes et traditions et leur religion - ils ont leurs propres dieux -,  ils se distinguent  de leurs voisins en formant ainsi un groupe anatolien bien particulier.


Grâce aux découvertes archéologiques, on sait que Kbid sera le premier nom connu de cette cité, utilisé jusqu'à la fin du 6ème siècle av. J.-C. La ville est rebaptisée Kaunos après sa colonisation par les Hellènes à la fin du 4ème siècle av. J.-C. En 387 av. J.-C,. après la signature d'un traité de paix, Kaunos est dirigée par la dynastie locale des Hecatomnids et désormais une ville carienne.

 

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                          L'escalier qui permet de descendre vers l'agora et le temple


Durant la période chrétienne, son histoire sera  longue et importante. Pendant la période de l'antiquité tardive, Kaunos reste dans l'empire Romain oriental et adhère à l'église lycienne jusqu'au milieu de la période médiévale, période durant laquelle elle porte deux noms Kaunos-Hagia.


Le peuple habitant là est décrit comme "malsain, au teint verdâtre" en raison de la malaria, grandement favorisée par les lagunes alentours infestées de moustiques.


Durant sa période de gloire, la ville possède deux ports, un à usage militaire, l'autre pour le commerce des marchandises, notamment celui du sel... et des esclaves. L'ensablement de la rade à la fin de l'époque byzantine sera fatale à l'économie de Kaunos.

 

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                        Les ports s'élevaient là, la mer depuis s'est retirée considérablement


Et si nous allions approfondir ensemble la découverte de ce site au charme indéniable.


Le théâtre romain, occupé aujourd'hui par les chèvres, d'une capacité de 5000 places, se révèle bien conservé et particulièrement imposant avec ses 76 m de diamètre. Des arches situées au nord-est et au sud-est permettent d'accéder à la scène, malheureusement disparue aujourd'hui.

 

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 Du haut des gradins, la vue s'étend d'un côté vers les montagnes avoisinantes, de l'autre jusqu'à la mer

 

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                   Une chèvre, parmi tant d'autres, accepte de prendre la pose...


Depuis 1967, des fouilles sont menées par les archéologues turcs en partenariat avec l'Université Başkent à Ankara qui met d'ailleurs en place progressivement d'intéressants panneaux explicatifs permettant de connaître l'avancée des travaux et de se faire une idée de certains lieux avant et après les fouilles...

 

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  A côté de l'entrée du théâtre, des travaux récents ont permis d'exhumer une fontaine intéressante.


En contrebas du théâtre se profilent les restes de la palestre où était enseigné et pratiqué l'athlétisme. Juste à côté se trouvent les ruines d'une église byzantine du VIème siècle appelée "l'église au dôme", constituant un des exemples les mieux conservés de cette époque et de ce type en Anatolie.

 

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                                        Kubbeli kilise ou l'église au dôme


Le bâtiment, de plan carré, comprend trois travées dont celle au centre était surmontée d'un dôme, les autres étant voûtées. L'accès se faisait par trois portes situées à l'ouest. Les chapelles attenantes côté ouest ont été ajoutées ultérieurement.

 

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                            L'intérieur de l'église au dôme - site de Kaunos


De superbes mosaiques mises au jour lors des fouilles peuvent être admirées.

 

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                                           Détail de mosaique - Kaunos


La balade se poursuit par un escalier qui dévale vers une plate-forme occupée par de nombreux vestiges.

 

Le plus imposant est celui du temple érigé là durant la seconde moitié du 1er siècle de notre ère sur une terrasse artificielle donnant sur l'agora et le port. La cour, de 30,50 x 35 m, ceinte d'une galerie de colonnades, abrite un temple de près de 10 m x 7 construit en hommage à Zeus Soteros.

 

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                  Terrasse surplombant l'emplacement de l'ancien port de Kaunos


La structure en demi-lune pourrait être un sanctuaire. Une construction de forme pyramidale et d'une hauteur originale de 3,50 m semble correspondre à une pierre vénérée, considérée comme "la maison de Dieu", en référence à Basileus Kaunios, dieu-roi de Kaunos, qui n'a pas de représentation figurative.

 

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Un peu plus en contrebas, au sud-est de l'agora du port, se trouve le nymphée romain dédié à l'empereur Vespasien, découvert en 1969, et dont la restauration, selon la configuration initiale, a commencé en 2005.

 

Sur cette fontaine qui a servi durant environ quatre siècles, des inscriptions sur la façade donnant sur le port révèlent le règlement douanier de celui-ci et donnent une idée précise sur l'importance de la vie économique de la ville.

 

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                          Le nymphée romain en cours de restauration


Après avoir déambulé dans l'agora de taille conséquente, un tour du côté des thermes romains s'impose. Ils permettent de se faire une idée assez précise de leur ampleur et de leur prestance.

 

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                                      Les thermes romains de Kaunos


Bien d'autres ruines, de moindre importance, disséminées au milieu de la végétation, méritent néanmoins qu'on s'y attarde.

 

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Une visite approfondie du site nécessite au bas mot deux bonnes heures, compte-tenu de l'étendue de celui-ci. Les paysages alentours offrant de très belles vues, il fait bon s'arrêter régulièrement pour diriger son regard tant en direction de la mer que des montagnes environnantes. 

 

Je vous propose de terminer cette visite en images par ce diaporama.

 

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Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 10:54

En arrivant à Dalyan, le ton est immédiatement donné quant à l'emblème de ce petit coin de paradis du sud de la Turquie,  la tortue mais pas n'importe laquelle, l'espèce Caretta Caretta ou caouanne !

 

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                     L'emblématique tortue Caretta Caretta sur la place de Dalyan

 

Le nom anglais (loggerhead) de ces tortues de mer, qui figurent parmi les plus grandes,  vient de la taille importante de la tête  dont la largeur peut atteindre 25 cm.

 

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           Empruntons le delta pour aller à la rencontre des tortues Caretta Caretta

 

Les adultes  peuvent peser jusqu'à 160 ou 180 kg et dépasser le mètre. Leur carapace de couleur brune rougeâtre abrite des nageoires relativement courtes munies de deux griffes.

 

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                   Voici le lieu de rendez-vous, proche de la plage d'İztuzu


Dalyan constitue depuis bien des années un endroit particulièrement convoité par les promoteurs. En 1986, certains veulent faire construire un hôtel sur la  belle plage de sable fin d'İztuzu.

 

Ce site de la côte méditerranéenne figure parmi ceux  choisis par ces tortues Caretta Caretta (tout comme, par exemple, la plage de Patara à environ 130 km à l'est de Dalyan) pour y déposer leurs oeufs tous les ans entre juin et septembre.

 

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                     Le ponton qui permet d'accéder à la plage toute proche


David Bellamy, militant écologiste anglais de renommée mondiale, intervient alors et monte une campagne musclée pour empêcher la réalisation de cet hôtel.

 

İztuzu est ainsi défini comme secteur environnemental protégé, la tortue Caretta Caretta étant considérée comme en danger, menacée tant par le développement du tourisme que la capture par les pêcheurs. 

 

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                                Crabe au menu du petit déjeuner...

 

Les femelles déposent, tous les 2 ou 3 ans seulement, à environ 40 ou 50 cm de profondeur dans le sable, une centaine d'oeufs, et cela de 4 à 7 fois durant la saison. 

 

Si elles sont dérangées durant leur tâche, elles ne recouvrent pas les oeufs, abandonnant leur nid pour retourner directement à l'eau.

 

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                                Elles éclaboussent, les Caretta Caretta !

 

Une bande de sable est protégée en permanence durant la pondaison et la plage interdite d'accès entre 18 h et 9 h, les tortues effectuant leur ponte durant la nuit.

 

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                            Deux tortues sont au rendez-vous ce matin...

 

La température ambiante durant la période d'incubation, variant entre 45 et 65 jours, va déterminer le sexe des nouveaux-nés.

 

Les jeunes tortues à peine nées - également durant la nuit  -et grandes de 5 cm seulement vont immédiatement se diriger vers la mer.

 

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                         ... intéressées par ce casse-croûte tombé du ciel...

 

La lumière pouvant les détourner de la direction souhaitée et ainsi les mettre en danger face à des oiseaux avides de chair fraîche, aucune construction proche ni présence humaine n'est tolérée.

  

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                                         Bon appétit !

 

Carnivores, les Caretta Caretta sont munies de machoires puissantes qui leur permettent de croquer les proies les plus dures telles que crabes, moules et mollusques qu'elles chassent au fond de la mer.

 

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                                  Ça croque sous la dent, impressionnant !

 

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                            Le crabe va disparaître en quelques secondes à peine

 

Le delta de Dalyan abrite également une autre sorte de tortue, d'eau douce cette fois-ci, la Trionyx Triunguis, appelée aussi tortue molle du Nil, qui peut faire jusqu'à 1 m, voire 1,20 m.

 

Recouverte d'une carapace épaisse mais molle, elle est munie d'une tête triangulaire, d'un museau semblable à un tube respiratoire et de nageoires munies de 3 griffes chacune.

 

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Cette tortue se nourrit essentiellement de poissons, de vers, de mollusques et de crabes. Douée pour la plongée sous-marine, elle peut rester jusqu'à 15 h sous l'eau sans remonter à la surface...

 

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                                          Sur le chemin du retour...

 

La tortue Trionyx Triunguis, dont environ 1000 adultes seulement sont encore répertoriés en Méditerranée, figure en 1996 sur la liste rouge de l'I.U.C.N. (International Union for the Conservation of Nature) et fait également partie des espèces protégées dans le delta de Dalyan.

 



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