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Eglises d'Istanbul

Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 17:49

Le quartier de Karaköy, situé de part et d'autre de l'extrémité nord du pont de Galata à Istanbul, accueille en journée dans ses nombreux commerces une population dense et active ainsi que des milliers de touristes débarquant des paquebots amarrés là. Il abrite également un certain nombre d'églises, dont certaines pour le moins bien cachées.

  

Il faut en effet lever les yeux et scruter attentivement les toits avant de découvrir dans un périmètre restreint pas moins de trois croix indiquant la présence d'églises russes orthodoxes singulières.

 

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        A l'intérieur de l'église russe orthodoxe Saint Pantaléon à Karaköy, Istanbul             

                  

Dédiées respectivement à Saint-André, Saint-Elie et Saint-Pantaléon, seul ce dernier lieu de culte est ouvert au public tous les jours. Pour s'y rendre, après avoir trouvé non sans peine l'immeuble sur lequel une petite plaque indique son nom en russe en en turc, il faut d'abord grimper au dernier étage - en l'occurrence au 6ème - comme pour les deux autres. 

 

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                           Le dernier escalier menant à l'église

 

En 1872, date de sa construction, l'édification d'églises ayant pignon sur rue est impossible mais rien n'interdit la présence de lieux de prière au sein de bâtiments existants. C'est donc là où ils habitent que les Russes d'Istanbul installent, en toute logique, leurs lieux de culte.

 

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                                 Une partie de l'iconostase

 

Avant la Première Guerre mondiale, les fidèles qui partent en pèlerinage pour Jérusalem font étape à Istanbul et peuvent ainsi se recueillir au passage.

 

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                        Une Bible de 1898 comprenant de nombreuses illustrations                  

                                        

Après la Révolution Bolchévique de 1917, des milliers de Russes fuient leur pays et se réfugient à Istanbul, principalement dans le quartier de Karaköy.

 

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                   Détail de l'iconostase de l'église Saint Pantaléon à Istanbul

 

En se promenant sur le balcon fermé qui ceint la chapelle de Saint-Pantaléon, la vue donne, d'un côté, sur le dôme de la proche église Saint-Elie  - Aya İlyas rus kilisesi - fermée depuis une dizaine d'années.

 

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                            Le dôme de la proche église russe Saint Elie

 

De l'autre côté, au 5ème étage de l'immeuble voisin, c'est l'église russe orthodoxe Saint-André - Aya Andreyi rus kilisesi - dont on aperçoit le toit surmonté de la croix. Le prêtre de cette dernière, âgé et malade, est peu souvent présent pour accueillir les rares visiteurs. 

 

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                        L'église russe orthodoxe Saint-André à Karaköy, Istanbul

 

Même en faisant sonner les cloches situées en haut de l'escalier, dans le couloir, la porte reste close...

                                          

Après avoir sonné à la porte d'entrée le matin, c'est le prêtre russe de l'église Saint Pantaléon qui accueille le visiteur, revêtu de sa soutane laissant apparaître visiblement... son pyjama et ses chaussons.

 

En son absence, c'est une femme d'origine russe habitant à l'étage inférieur et disposant des clés qui vous ouvrira.

 

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                  L'église russe orthodoxe Saint Pantaléon de Karaköy à Istanbul


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Des offices sont célébrés tous les samedis à 17 h, regroupant environ une dizaine de fidèles, ainsi que le dimanche matin à 8 h où une trentaine de personnes assistent en moyenne.


 


 


Par Nat - Publié dans : Eglises d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 19:00

Derrière une lourde porte située dans une ruelle du centre de Hasköy, ancien quartier juif de première importance sur la rive est de la Corne d'Or à Istanbul, se trouvent les surprenants vestiges d'une des deux plus importantes synagogues dans ce secteur par le passé, la synagogue Major.

  

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          Un décor presque irréel à l'ombre d'un bâtiment de Hasköy à Istanbul


Ce sont des juifs séfarades venus de l'île de Majorque qui l'auraient fait construire, mais quand exactement, nul ne le sait.

 

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                  Derrière cette porte, les restes de la synagogue Major

 

Avram Galante, un des principaux spécialistes de la question juive en Turquie, indique que Fatih Sultan Mehmet a donné l'autorisation à un commerçant nommé Abraham de rénover la synagogue qui existait avant la conquête de Constantinople en 1453, fait enregistré dans un document officiel que le Grand Rabbin Rafael Saban (1890-1960) aurait vu.

 

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De nombreux incendies ont lieu à Hasköy et à chaque fois, la synagogue Major bénéficie de travaux de remise en état. En 1923 néanmoins, à la suite d'un nouvel incendie, la petite salle de prière est totalement et définitivement anéantie.

 

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          Dans ce qu'il reste de l'ancienne salle de prière de la synagogue Major

 

La communauté juive restante se déplace progressivement vers les quartiers de Galata et de Şişli et manque de moyens financiers pour effectuer les travaux de réhabilitation nécessaires.

 

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            Il règne là une ambiance très particulière, empreinte de nostalgie

 

Ce qu'il reste de la synagogue sera définitivement fermé à la prière en 1962 après la mort du Rabbin Haribi Avram Eskenazi. Durant le dernier quart du XXème siècle, de nombreuses synagogues d'Istanbul sont abandonnées, voire vendues...

 

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Une partie des lieux sera ensuite utilisée par une fonderie de pièces en aluminium ainsi qu'un atelier de caoutchouc, tous deux encore en fonction aujourd'hui et qui vous seront présentés sous peu.

 

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                            La synagogue Major à Hasköy, Istanbul

 

Après avoir franchi la porte principale du bâtiment, au-dessus de laquelle est gravée une inscription en hébreu, et emprunté une partie de l'étroit couloir donnant au fond sur l'atelier de fonderie, une seconde porte donne sur ce qu'il reste aujourd'hui de la synagogue, en l'occurrence une salle de prière.

 

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 Au-dessus de la porte donnant sur la rue, "Kal Kadoş Major" en hébreu, autrement dit "synagogue Major"


Une lumière blafarde permet d'admirer le très beau plafond en bois agrémenté de différents ornements d'un autre temps.

 

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Les anciennes ouvertures figurant sur les façades ont depuis longtemps été maçonnées, vouées au silence...

 

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Quatre poteaux de pierre supportent une élégante petite voûte, ceinte de délicates parures travaillées dans le bois.

 

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Le sol est encore recouvert de milliers de billes de verre, témoins de l'exposition Molecular Istanbul réalisée par l'artiste Serge Spitzer dans le cadre d'Istanbul 2010, capitale culturelle européenne.

 

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       Un mur de parpaing cache l'ancien Hekhal où se trouvaient les rouleaux de la Thora


Ce dernier explique le choix de ce lieu par la recherche de "quelque chose de merveilleux oublié par le temps".

 

Ce ne sont pas les galeries d'art qui manquent à Istanbul pour une telle exposition, mais la synagogue Major incarne selon Serge Spitzer, et à juste titre selon moi aussi, "bien plus Istanbul".

 

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La découverte imprévue d'un tel lieu ne laisse incontestablement pas indifférent, témoin du passé multiculturel et cultuel de cette ville incomparable qu'est Istanbul.

 

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                          Une étoile de David sculptée dans le plafond

 

En quittant les lieux, je découvre en haut du bâtiment, le décor de l'ancien mikve (bain rituel) servant de dépôt pour des matériaux inutilisés des ateliers.

 

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                  Il était une fois le mikve de la synagogue Major à Hasköy...

 

Et je me mets un instant à rêver, à essayer de m'imaginer ce que pouvait être la vie de ces communautés juives venues il y a si longtemps de la lointaine Espagne s'installer sur les rives de la Corne d'Or à Istanbul.

 

On aperçoit d'ailleurs l'autre rive du toit qui abrite ce qu'il reste de la synagogue Major...

 

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             Ce toit de tuiles ne laisse augurer qu'il abrite les restes de la synagogue Major

 

C'était une autre époque, c'était il y a bien longtemps...

 



Par Nat - Publié dans : Eglises d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 08:01

Dans le quartier de Hasköy situé sur la rive Est de la Corne d'Or à Istanbul, connu comme étant jadis un des quartiers juifs les plus importants de la ville - 25 000 juifs et une vingtaine de synagogues à la fin du XIXème siècle - se trouve la très belle église Aya Paraskevi.

 

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                      Dans l'église Aya Paraskevi de Hasköy à Istanbul


En ce jour du mois d'août, mon regard est attiré par un ancien mur situé quelque peu en hauteur et visible de la route principale. Cherchant à en savoir plus, j'interroge un proche commerçant qui m'indique alors la porte d'une église toute proche en contrebas du mur où je pourrais peut-être avoir des réponses à mes questions...

 

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L'ancien mur en hauteur par lequel cette découverte imprévue a commencé... et la porte qui mène à l'église


Ignorant  l'existence de ce lieu de culte chrétien à Hasköy - le seul encore existant en tant que tel de nos jours dans ce coin d'Istanbul - je ne pouvais que m'empresser de sonner à la grande porte d'entrée derrière laquelle se profile un beau clocher.

 

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                  Le clocher d'Aya Paraskevi kilisesi à Hasköy, Istanbul


Derrière les murs d'enceinte, on découvre là une histoire très ancienne et riche. En effet, cette église grecque orthodoxe a été construite en 1692 sur l'emplacement de trois anciens lieux de culte en pierre dont aucun n'a résisté aux tremblements de terre.

 

Le premier remonte au VIème siècle sous Justinien. En fait, durant la période byzantine, ce quartier était fréquenté à la belle saison par la bourgeoisie qui y possédait ses résidences d'été.

 

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L'autel se trouvant derrière l'iconostase est le seul vestige restant de la toute première église construite sous Justinien


C'est Saint-Constantin II Brâncoveanu, prince de l'ancienne principauté de Valachie et actuelle région de Roumanie, qui fait bâtir l'église visible de nos jours pour l'offrir à la communauté grecque de Constantinople.

 

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                            Dans la cour de l'église Aya Paraskevi de Hasköy


Les façades de l'édifice actuel sont en pierre, comme les précédents, par contre le toit et les supports sont en bois. La partie avant par laquelle il faut passer pour accéder à l'intérieur de l'église a été ajoutée en 1830.

 

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                               La partie ajoutée en 1830


En 2004, la communauté orthodoxe roumaine de Turquie  - pour laquelle un prêtre, installé à Taksim est nommé en 2001 - signe une convention avec le patriarcat oecuménique de Fener, responsable des lieux, pour les utiliser durant cinq ans, concession renouvelée depuis pour une période identique.

 

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      Durant une célébration de la communauté roumaine orthodoxe de Turquie


Vers 1540, un historien allemand du nom de Gerlach visite cette église et fait état de quatre icônes, à savoir celles de Sainte-Paraskevi et de la Vierge à gauche, celles du Christ et de Saint-Jean-Baptiste sur le côté droit de l'iconostase actuelle, icônes mentionnées comme étant miraculeuses.

         

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      L'icône de Sainte-Paraskevi, patronne de l'église fêtée tous les 26 juillet

 

Celle du Christ est endommagée en 1912 par un turc qui lance à 4 reprises sa lance sur l'icône et se retrouve immédiatement paralysé. 

 

Il prie Dieu pour retrouver la santé et s'engage à se convertir au christianisme si son voeu est exaucé... et c'est ce qu'il fera, ayant été écouté. C'est dans cette même église qu'il sera baptisé.

 

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  L'icône du Christ sur laquelle les quatre marques de lance sont parfaitement visibles


A droite de l'iconostase se trouve le tombeau abritant une partie des reliques de Sainte-Arghira, seconde patronne de l'église, née en 1688 et martyrisée en 1725.

 

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                     Le tombeau abritant une partie des reliques d'Aya Aghira

 

Ses reliques ont été découvertes en 1735 dans l'ancien cimetière situé au fond du jardin. Elles reposent dans un tombeau à l'abri d'un petit monument où ont lieu des miracles durant une dizaine d'années...

 

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Au fond du jardin dans lequel se trouvait l'ancien cimetière, le monument abritant l'ancienne tombe d'Aya Aghira

 

En 1955,  durant le confit qui oppose la communauté turque à celle de Grèce, des pillards ouvrent la sépulture et sortent les reliques pour les brûler. Elles sont sauvées in extremis par l'administrateur de l'église.

 

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                       La sépulture d'Aya Aghira jusqu'en 1955 


En 1961, une partie des reliques sont transférées dans le tombeau nouvellement installé dans l'église et une autre dans la cathédrale Saint-Georges du Patriarcat de Fener. Tous les ans, le 30 avril, celles-ci reviennent à Hasköy le temps d'une cérémonie commémorative.                     

       

Dans l'ancien cimetière de l'église étaient également enterrés six patriarches grecs de Jérusalem  ainsi que des notables chrétiens (grecs, arméniens, roumains, serbes...). 

Leurs reliques ont depuis été déplacées dans d'autres cimetières de la ville et il ne reste plus aujourd'hui que les pierres tombales ornant le jardin.

 

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 Pierre tombale de l'évêque grec Calinic installé un temps en Roumanie et visible dans la partie ajoutée de l'église


Deux restaurations récentes ont permis à l'église Aya Paraskevi de retrouver sa splendeur passée. La première,  en 1990, a été financée par Çarkos, un armateur grec.

 

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                           La très belle iconostase de l'église Aya Paraskevi à Hasköy


D'autres travaux ont lieu en 2004, grâce à la participation de Mircea Lucescu, célèbre entraîneur de football roumain ayant notamment entraîné les clubs turcs de Galatasaray et Beşiktaş.

 

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                 Détail de l'iconostase de l'église Aya Paraskevi à Hasköy


Ce dernier a également offert deux icônes toujours visibles sur place. La première représente Saint-Constantin II Brâncoveanu - donateur de cette église - avec ses quatre fils. Parlant turc mais refusant de se convertir à l'islam, il subira le 15 août 1714 le même sort que ses enfants, tous décapités sur ordre du sultan Ahmet III.

 

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                        Saint-Constantin II Brâncoveanu et ses quatre fils


Saint-Stéphane le Grand, roi de Moldavie, illustre la seconde icône.

 

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                       Saint-Stéphane le Grand, roi de Moldavie

 

Le Père Sergiu Vlad, actuellement en charge de la paroisse, accueille une quarantaine de fidèles pour la liturgie dominicale et jusqu'à 700 lors de certaines célébrations importantes telle Pâques. Certains paroissiens font parfois plusieurs centaines de kilomètres pour assister au culte...

 

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                     Le père Sergiu durant une liturgie dominicale

 

Avant 2004, seules avaient lieu une célébration mensuelle ainsi que celle du 26 juillet en l'honneur de Sainte-Paraskevi, patronne de l'église.


La communauté roumaine d'Istanbul est particulièrement active et des manifestations sont organisées régulièrement, tels les récents concerts donnés par le choeur Bisericci Stfântul Nicolae tant durant la messe qu'après.

 

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            Le choeur roumain Bisericci Stfântul Nicolae le 4 septembre dernier


Je vous propose d'ailleurs d'écouter ici un extrait de leur prestation du 4 septembre dernier.

 

En conclusion, grâce à ces pans de murs visibles un peu plus haut - et qui sont finalement ceux d'une ancienne école grecque ayant brûlé en 1912 - c'est une bien belle découverte parmi les innombrables richesses méconnues d'Istanbul qu'il m'a été permis de faire ce jour-là.

 

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           Une église orthodoxe parmi bien d'autres à Istanbul, celle d'Aya Paraskevi

 


Un grand merci au Père Sergiu pour le temps qu'il a bien voulu me consacrer ainsi que les différentes informations fournies dans le cadre de la préparation de cet article.

 


Par Nat - Publié dans : Eglises d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Mercredi 7 septembre 2011 3 07 /09 /Sep /2011 07:19

Dans le quartier d'Ayvansaray entouré par les murailles historiques de la vieille ville d'Istanbul, des cloches retentissent soudain allègrement, déchirant le silence matinal.

 

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                        Dans l'église Panaya Suda d'Ayvansaray à Istanbul


Après avoir contourné un mur qui à laisse à peine entrevoir ce qui se cache derrière et dépassé l'ancienne porte principale, on emprunte une entrée plus petite qui permet de voir d'où provient le carillon.

 

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                       La main qui permet d'actionner les cloches

 

C'est celui de l'église grecque orthodoxe Panaya Suda, appelée aussi Meryem Ana kemeri kilisesi, autrement dit  "l'église de la ceinture de la Vierge Marie".

 

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                             Détail de l'iconostase de Panaya Suda kilisesi

 

Panaya Suda fait partie des 180 églises orthodoxes que comptait Istanbul il y a un siècle, lorsque la population d'origine grecque dépassait 200 000 âmes.

 

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L'histoire des lieux remonte en fait bien plus loin dans le temps. Selon l'historien Theophanes, un fou qui a voulu se tuer est emprisonné là en 810 par l'empereur Nicéphore 1er.

 

Bien plus tard, dans un inventaire appelé liste Tryphon et datant de 1583 figure Payana Suda.

 

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             Détail de l'iconostase de l'église de la ceinture de la Vierge Marie


De même, l'historien français Charles du Fresne, appelé Sieur du Cange, recense l'église lors de sa venue à Constantinople au XVIIème siècle. Il la mentionne sous le nom de Theotokos Eğri Porta, faisant référence à la toute proche porte d'Eğri située dans les murailles.

 

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                         Derrière une des portes de l'iconostase...


En 1764, sur la liste des églises et écoles de ce secteur réalisée par le patriarche Samuel, elle figure en tête sous le nom de Panaya Eğrikapı.

 

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                  Détail de l'iconostase dans l'église Panaya Suda d'Istanbul


Plusieurs inscriptions visibles sur place indiquent que ce lieu de culte a été reconstruit à deux reprises, dont la dernière fois au XIXème siècle, apparemment en 1830. Il se pourrait qu'il ait été rebâti en lieu et place d'une église portant le nom de Nikita.

 

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       Bartholomeos 1er, patriarche oecuménique de Constantinople, officie en ce 31 août


Sur le côté est, un escalier permet d'accéder à un ayazma, à savoir une source sacrée, spécificité des églises orthodoxes.

 

Ces fameuses sources constituaient souvent les dépôts d'eau pour la ville et avoir ainsi le contrôle de ce bien si précieux et d'en être le gardien conférait un pouvoir important à l'église.

 

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                      La source de l'église Panaya Suda à Ayvansaray


Tous les ans, le 31 août, on fête la ceinture de la Vierge et Bartholomeos 1er, patriarche oecuménique de Constantinople, officie pour l'occasion. Dans l'assistance, des fidèles d'origine grecque et roumaine se retrouvent là.

 

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                      Durant la liturgie célébrée par Bartholomeos 1er       


Hormis la représentation du Christ Pantocrator qui orne le plafond, de nombreuses icônes, dont certaines abîmées par le temps, représentent des scènes évangéliques telles que l'ascension, le baptême par Jean-Baptiste ou la première entrée de Jésus-Christ dans l'église porté par Saint-Siméon et entouré par la Vierge Marie et Anne, mère de Marie.

 

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                    Présentation de l'enfant Jésus porté par Saint-Siméon


Une autre icône de toute beauté, recouverte d'argent, montre la Vierge, Saint-Nicolas et l'apôtre André.

 

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                        La Vierge, Saint-Nicolas et l'apôtre André

 

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                          Scènes inférieures représentées sur l'icône

 

Le temps semble s'être arrêté dans cette église totalement ignorée des touristes, à l'abri des regards, dans un quartier peu connu de la ville dont pourtant l'histoire fut très riche.

 

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                             Autre détail de l'iconostase

 

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                       Une icône rongée par le temps...

 

Istanbul abrite encore bien des richesses pour qui prend la peine de les chercher...

 


Sources historiques : "Istanbul'da Tanzimat öncesi Rum Ortodoks kiliseleri" de Zafer Karaca

 

Par Nat - Publié dans : Eglises d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Mercredi 17 août 2011 3 17 /08 /Août /2011 11:30

 Parmi la dizaine d'églises et monastères de différentes confessions à Büyükada, la plus grande des îles des Princes dont l'ancien nom grec était Prinkipo, se trouve la belle église latine catholique de Saint-Pacifique (de Sanseverino).

 

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           En ce 15 août, l'église est bien remplie pour fêter l'Assomption de la Vierge Marie.

 

Située dans le centre du village, à deux cents mètres à peine de l'embarcadère, elle passe inaperçue pour la plupart des touristes qui empruntent soit une calèche, soit les voies principales pour leur balade du jour.

 

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Après avoir franchi un lourd portail de fer surmonté d'une croix et de la main de Saint-François d'Assise croisant celle du Christ, apparaît au fond du jardin la façade de l'église.

 

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           Derrière ce portail, l'église latine catholique Saint-Pacifique de Büyükada


Celle-ci offre au regard deux statues, à droite celle de Saint-Ignace de Loyola, fondateur de l'ordre des Jésuites et à gauche Saint-François. 

 

Au-dessus des vitraux de la porte se trouve également le même symbole que sur le portail.

 

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                                  Et si nous entrions ?


Dès le début du XIXème siècle, les franciscains de l'église Santa Maria Draperis de Beyoğlu à Istanbul - Draperis étant le nom de la famille ayant donné le terrain où se trouve le lieu de culte - célèbrent à Büyükada une messe dominicale durant la période estivale pour leurs fidèles.

 

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                                     Détail au-dessus de l'autel

 

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L'archange Saint-Michel terrassant le dragon, une des nombreuses et superbes statues de l'église Saint-Pacifique de Büyükada


La construction de ce lieu de culte débute en 1885 après l'obtention du permis délivré par les services administratifs de l'Empire ottoman et le financement est assuré par Ignazio Corpi, un banquier italien.

 

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 De part et d'autre de l'autel, deux splendides lieux destinés aux invités de marque à l'abri des regards

 

Les travaux sont confiés à un architecte italien du nom de Giacomo Leoni qui construit d'ailleurs également le palais du banquier à Tepebaşı ainsi que sa villa à Büyükada.

 

Le palais en question sera d'ailleurs utilisé comme siège de l'Ambassade des Etats-Unis durant les dernières années de règne du sultan Abdulhamit II avant de devenir Consulat des U.S.A. après la création de la République Turque et ce jusqu'en 2003.

 

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                       La chaire de l'église Saint-Pacifique de Büyükada

 

L'archevêque Rotelli va célébrer la première messe le 26 septembre 1886.

 

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En ce 15 août 2011, c'est le frère Ruben de l'église Santa Maria de Beyoğlu qui officie avec le frère espagnol Ricardo de Bebek séjournant là durant l'été

 

De style néo-gothique, l'église Saint-Pacifique comporte un superbe plafond en bois et d'intéressants tableaux et sculptures.

 

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Parmi les peintures, les traits de Saint-Ignace de Loyola prêchant de son fauteuil pourraient être ceux du généreux Corpi.  

 

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               Les traits de Corpi se confondent avec ceux de Saint-Ignace de Loyola

 

De même, les visages de son épouse et de ses deux filles servent de modèle sous des traits parfois bien étranges... tel celui de la Vierge Marie, de sa mère Sainte-Anne ou des anges qui entourent Saint-Pacifique...

 

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La Vierge Marie en blanc, Sainte-Anne, sa mère à ses côtés, et une jeune femme agenouillée, un tableau pour lesquelles Madame Corpi et ses deux filles ont prêté leur visage...

 

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Les deux anges entourant Saint-Pacifique ont également revêtu les traits des filles d'Ignazio Corpi


Délégué apostolique en Turquie entre 1935 et 1944, l'évêque Angelo Giuseppe Roncalli, futur pape Jean XXIII, dispose d'une résidence d'été à Büyükada et vient régulièrement célébrer la messe dans cette église toute proche.

 

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      Un tableau représente Jean XXIII en souvenir de ses célébrations à Saint-Pacifique


 

Compte-tenu de l'importante communauté chrétienne existant alors sur l'île, il y avait une fraternité franciscaine assurant des messes quotidiennes jusque vers 1950. Par la suite, au moins un frère vivait là, mais cela fait 25 ans qu'il n'y a plus de prêtre permanent à Saint-Pacifique.


Néanmoins, depuis une vingtaine d'années, des frères franciscains venus du quartier de Bebek à Istanbul y résident durant les trois mois d'été et y célèbrent ainsi la messe à plusieurs reprises durant la semaine et s'occupent parallèlement des jeunes qui sont en vacances.

 

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A l'issue de la célébration de l'Assomption, raisins - symbole de l'abondance - et pêches sont offerts aux fidèles

 

 

 

Les offices ont lieu en juin, juillet et août les mardis à 10 h 30, les samedis à 18 h 30 et les dimanches à 11 h.

 

Je tiens à remercier vivement Frère Ruben qui m'a autorisé à prendre des photos et m'a permis la réalisation de ce reportage.

 


 

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Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 12:06

Les deux bâtiments les plus représentatifs du paysage du quartier de Fener au bord de la Corne d'Or à Istanbul sont incontestablement le superbe lycée grec orthodoxe dominant la colline et l'imposante église Sainte-Etienne des Bulgares assise en contrebas, sur la rive.

 

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    L'église Saint-Etienne des Bulgares à Istanbul, dans le quartier de Fener au bord de la Corne d'Or


En 1849, la communauté bulgare orthodoxe d'Istanbul, jusque-là rattachée au Patriarcat grec orthodoxe de Fener qui exerce alors sa juridiction sur l'ensemble des pays balkaniques englobés dans l'Empire ottoman, réclame aux autorités son indépendance et l'autorisation de créer sa propre Eglise.

 

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                                L'église Saint-Etienne des Bulgares à Fener


Le prince Stéphane Bogoridi, haut fonctionnaire ottoman d'origine bulgare et qui vit à Istanbul, offre la même année à ses compatriotes pour leurs besoins religieux sa propriété de Fener, au bord de la Corne d'Or.


Le premier étage de la maison de bois qui se trouve notamment sur le terrain va être transformée en chapelle dont l'inauguration a lieu le 9 octobre 1849.


Par la suite, elle devient une petite église appelée Saint-Stéphane en hommage au protecteur du généreux donateur.

 

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            Avant celle qu'on voit de nos jours se dressait là une petite église en bois

    

En 1850, les deux maisons en pierre faisant également partie de la propriété sont démolies et leurs matériaux utilisés pour la construction d'une annexe de 3 étages servant d'abord de couvent, puis, bien plus tard, de siège à l'Exarchat bulgare qui sera maintenu jusqu'en 1912, lorsqu’éclate la guerre balkanique.


Les relations avec le Patriarcat grec de Fener continuent de s'envenimer, ce dernier refusant toujours la création d'une Eglise bulgare indépendante.  Cette dernière finit par voir officiellement le jour le 28 février 1870 après une âpre lutte durant de longues année, non pas sous forme de patriarchat mais d’exarchat géré par une assemblée composée d’évêques. Celle-ci va élire à sa tête Antim Ier le 16 février 1872, soit seulement près de deux ans après la naissance de l’Exarchat.

 

En 1890, l’Exarchat bulgare d’Istanbul reçoit l’autorisation du sultan de remplacer l’église en bois par une autre plus solide.

 

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     Une iconostase de toute beauté orne l'église Saint-Etienne des Bulgares à Istanbul


Sa particularité principale, du point de vue architectural, réside dans le fait que l'ensemble de cet édifice religieux est en métal, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. En effet, le sol ne peut supporter le poids d’une ossature en béton armé.


La  construction du nouvel édifice est confiée à Hovsep Aznavur, architecte arménien d'Istanbul, et c'est la société autrichienne R. Ph. Wagner à Vienne qui se voit chargée de la réalisation des pièces préfabriquées. Ces dernières, amenées par bateau via le Danube et la Mer Noire, seront assemblées et montées à Istanbul.

 

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A l'époque du montage de l'église, le lycée orthodoxe de Fener, construit en 1881,  autre image emblématique du quartier, surmontait déjà la colline de la Corne d'Or


Après un an et demi de travaux, l'église de style néo-classique et néo-baroque en profilé acier couvert de tôle et de fonte tenues par des soudures, des boulons et des rivets, est inaugurée le 8 septembre 1898.


D’une longueur de 32,50 mètres pour 12,50 mètres de large et 40 mètres de haut avec le clocher, elle pèse au total 500 tonnes.

 

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         Le clocher de l'église Saint-Etienne des Bulgares culmine à 40 mètres de hauteur


L’iconostase orthodoxe que l’on peut admirer a été réalisée, quant à elle, par la société moscovite Nikolaï Ahapkin. Les icônes peintes sont l’oeuvre de Klavdyi Lebedev, artiste russe. Quant aux six cloches, elles viennent également de Russie où elles furent moulées dans l'usine de Peter Olvyanchikov à Yaroslav.

 

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    Détail des icônes peintes figurant sur l'iconostase de l'église Saint-Etienne des Bulgares à Istanbul

             

Dédiée à Saint-Etienne, patron de la Bulgarie, elle peut accueillir 600 fidèles. Le jardin de l’église accueille les tombes de quelques militants religieux bulgares ainsi que de plusieurs métropolites.


En 2005, un jury composé d'ecclésiastiques, d'historiens de l'art et de professionnels du tourisme la classe parmi les dix plus belles églises de Turquie.

 

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                Une décoration métallique qui ne nuit guère au charme des lieux


Durant la seconde moitié du XIXème siècle, quelques églises en fer en pièces détachées de ce type sont réalisées par les anglais pour être livrées dans certaines de leurs colonies éloignées. De même, Gustave Eiffel fait aussi construire quelques exemplaires dont une notamment pour le Mexique ainsi qu’une autre destinée au Chili.

 


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Vendredi 18 février 2011 5 18 /02 /Fév /2011 07:31

L'église Sainte-Irène, érigée en 324 par l'empereur Constantin 1er sur l'emplacement d'un temple consacré à Aphrodite et dédié à la pensée divine, est alors la plus grande église de Byzance.

 

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                              Aya Irini, l'église Sainte-Irène d'Istanbul

 

L'ancienne cité grecque une fois devenue Constantinople en 330, Sainte-Irène devient cathédrale jusqu'à l'achèvement de sa voisine la basilique Sainte-Sophie en 360. Reliée autrefois directement à cette dernière, elles forment toutes deux l'ensemble ecclésiastique du patriarcat.

 

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              Des restes de l’antique temple d’Aphrodite sont visibles à l'extérieur


Une partie de la technicité visible à Sainte-Sophie est d'ailleurs héritée de celle qui l'a précédée, il suffit pour cela de comparer par exemple les élévations des deux monuments.


Sous Théodose, les assises du second Concile oecuménique ont lieu à Sainte-Irène en 381. 

 

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                           Façade côté ouest de l'église Sainte-Irène d'Istanbul


Sainte Irène, ravagée par les flammes en 532 durant la révolte de Nika - en même temps que Ste-Sophie -, est reconstruite en 540 durant le règne de l'empereur Justinien sous la forme d'une basilique à coupoles.

 

Détruite par un tremblement de terre en 740,  l'empereur Léon l'Isaurien la fait réparer et agrandir par la même occasion. La seule et simple croix ornant le choeur témoigne de cette période iconoclaste. C'est l'architecture de cette époque qui est encore visible dans sa forme actuelle.

 

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                            Sainte-Irène, première cathédrale de Constantinople


Après la conquête de Constantinople en 1453, Sainte-Irène ne sera pas transformée en mosquée, sort habituellement réservé aux églises, mais utilisée comme arsenal par les janissaires.


L'église se retrouve à l'intérieur de l'enceinte du Palais de Topkapı érigé en 1461-62, entourée par les bâtiments d'intendance du palais des sultans qui viennent prendre place autour d'elle, changeant résolument le visage du secteur. Située dans la première cour dite aussi cour des Janissaires, les visiteurs admirent cette construction byzantine avant de plonger dans l'univers ottoman.

 

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Le maréchal Ahmet Fethi Paşa se sert des lieux en 1846 pour y organiser une exposition. En 1869, l'église prend le nom de Müze-i Hümayun, musée impérial, accueillant régulièrement diverses présentations lorsque les lieux prévus pour cela viennent à manquer. En 1908, Sainte-Irène devient même durant un certain laps de temps... musée militaire.


Après une période d'inutilisation, la direction du musée Sainte-Sophie va prendre Sainte-Irène sous son aile protectrice.


En 1987, on y commémore le 1200e anniversaire du concile de Nicée (İznik).

 

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                            Décor de la coupole de l'église Sainte-Irène d'Istanbul


De nos jours, elle n’est ouverte au public que lors du prestigieux Festival de musique d’Istanbul qui a lieu tous les ans en juin, profitant de son acoustique exceptionnelle, ou, comme récemment, à l'occasion d'un symposium organisé entre ses murs.


L'église Sainte-Irène a été conçue selon un plan basilical à trois nefs avec une coupole surmontant la croisée, constituant ainsi un des premiers exemples de transition d'un plan basilical à un plan en croix.

 

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La basilique couverte de deux coupoles se termine à l'est en une abside polygonale percée de trois grandes fenêtres en plein cintre.


Côté ouest, l'abside est occupée par les gradins d'un synthronon, seul du genre à Istanbul - le second en Turquie se trouvant dans l'église Saint-Nicolas à Demre. C'est là que prenait place le clergé.

 

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Le décor se limite à la mosaïque de l'abside, une grande croix noire sur fond doré, à l'emplacement même où la tradition byzantine plaçait l'image de la Théotokos - mère de Dieu en grec. 

 

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C'est également la seule église byzantine à présenter un atrium d'origine, à savoir un parvis entouré de portiques qu'on retrouve dans les premières églises chrétiennes.

 

A l'intérieur, pierres et briques nues donnent le ton d'une sobriété poussée à  l'extrême, un tant soit peu déconcertante au premier abord.

 


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Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 07:32

 L'église de la Sainte-Trinité, Surp Yerrortutyun, située au fond d'une petite impasse donnant sur la grouillante İstiklal Caddesi, a été construite à l'origine par l'église catholique en 1699. Les informations historiques sur le bâtiment d'origine sont rares.


L'édifice brûle complètement en septembre 1762 et est reconstruit avec l'autorisation du Sultan Mustapha III. A compter de 1802, la Sainte-Trinité sert à l'église catholique romaine d'Istanbul.

 

En 1831, l'église brûle à nouveau entièrement, de même que la résidence de l'archevêque et la grande bibliothèque contiguës. Entre 1832 et 1835, une nouvelle construction est édifiée comprenant une chaire destinée à l'archevêque et un orgue est acheté.

 

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                          L'église de la Sainte-Trinité à côté d'Odakule


Pendant quelque temps,  l'église est utilisée par le Consulat autrichien. Les initiales de l'empereur François-Joseph 1er et le balcon construit à l'avant de l'édifice rappellent cette période.


En 1856, l'église devient la possession de l'Église catholique arménienne. Cette communauté de Pera devenant de plus en plus réduite, les services religieux réguliers prennent fin au milieu du 20ème siècle. Compte-tenu de sa non utilisation et du manque d'entretien, l'état de l'église se détériore petit à petit. Durant de nombreuses années, elle sert à diverses congrégations protestantes et orthodoxes.


Depuis juillet 2008, c'est la petite communauté luthérienne d'Istanbul, comprenant moins d'une centaine de fidèles, la plupart originaires des pays d'Europe du Nord, qui loue ce lieu de culte.

 

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       Peu avant la célébration du dimanche matin à l'église luthérienne d'Istanbul


L'histoire de l'église luthérienne en Turquie commence en 1709 lorsque la Suède envoie le premier prêtre luthérien à Constantinople. La même année, Karl XII, Roi de Suède, est vaincu par les Russes lors de la bataille de Poltava et s'échappe pour prendre refuge chez les Ottomans.


En 1741, le Parlement suédois décide de construire une église à Istanbul. Aux fonds votés pour la réalisation de celle-ci s'ajoutent d'autres venus d'Allemagne et de Finlande. Le bâtiment est construit en 1748 dans le jardin de l'Ambassade suédoise. En 1818, elle brûle complètement et une petite chapelle en bois de style gothique, toujours en place à ce jour, est édifiée en remplacement.

 

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Après 1884, le Gouvernement suédois ne couvre plus les dépenses de la chapelle, ni le salaire du prêtre. De 1885 à 1960, la communauté protestante grecque d'Istanbul se sert de la chapelle pour ses services religieux. Aux termes des activités de cette congrégation, elle est utilisée par plusieurs autres communautés protestantes.


Des services religieux luthériens sont organisés en 1999 dans la chapelle vide du Consulat de Suède par des Finlandais vivant à Istanbul. Lorsqu'un prêtre parlant turc est trouvé, ils sont effectués en turc.

 

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En février 2005, l'Eglise luthérienne d'Istanbul se fait enregistrer auprès de l'administration turque. En novembre 2006, en plus de la Congrégation d'Istanbul, des membres des congrégations luthériennes de Peştera en Roumanie, de Bulgarie et de Mannheim en Allemagne rejoignent l'Eglise.

 

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                Quelques toiles ornent l'intérieur de l'église de la Sainte-Trinité


Les nouveaux occupants de la maison de Dieu étudient les possibilités de rénover le bâtiment afin que celui-ci retrouve plus de dignité.

 


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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 12:14

Sur les collines de Pera, ancienne appellation de Beyoğlu, en plein coeur d'Istanbul, une vigne, acquise par le Roi de France à la fin du XVIème siècle, est restée propriété du pays.

Sur cette terre qui abrite depuis quatre siècles le Palais de France, résidence actuelle du Consul Général d'Istanbul, se trouve également le plus ancien lieu de culte latin de Pera encore en activité, l'église Saint-Louis des Français.


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                        Façade principale de l'église Saint-Louis des Français d'Istanbul

Deux chapelles existaient à l'origine. L'une, située à l'intérieur du Palais même, a été construite sur ordre d'Henri de Gournay, comte de Marcheville, ambassadeur de France de 1631 à 1639, et destinée à son usage personnel.

L'autre, extérieure, abritait la paroisse des catholiques français d'Istanbul et le couvent des Pères Capucins français. Les premiers Capucins sont arrivés là à la fin du XVIème pour s'occuper du lieu réservé au culte.


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             Plaque commémorative de la construction sur la façade extérieure de l'église
  
La chapelle qu'on aperçoit apparemment à cette époque du sérail, est bien trop visible au goût du grand amiral, le Kapudan Pacha. En effet, selon lui, le sultan, commandeur des croyants, doit afficher haut et fort son statut de meilleur défenseur du monde musulman.

En janvier 1634, il envoie ses soldats détruire la chapelle extérieure et l'Ambassadeur de Marcheville fait disparaître rapidement la seconde, intérieure.Tous les lieux de culte des catholiques de la ville sont mis sous scellés et une importante amende collective doit être payée par les ouailles.

 

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                              L'intérieur de l'église Saint-Louis des Français d'Istanbul


La loi interdit l'ouverture de toute nouvelle église et les célébrations ont lieu durant plusieurs années... dans un placard... que l'on referme soigneusement après chaque office. La situation s'apaise au fil du temps et à partir de 1642, la messe est à nouveau célébrée dans une salle attenante au Palais. 

 

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                                  L'entrée de l'église surmontée de l'orgue

La première église érigée vers 1660, en bois, est bénie le 25 août 1673, jour de la Saint-Louis, ancien roi de France décédé le 25 août de l'an 1270 et canonisé par l'église catholique vingt-sept ans après sa mort. 

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Comme de nombreuses églises de Français à l'étranger - telles celles de Lisbonne, Moscou ou Rome - elle porte ainsi le vocable de Saint-Louis des Français.

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                        Louis IX de France plus connu sous le nom de Saint-Louis

Dès 1673, elle est déclarée "chapelle ministérielle" et devient paroisse au début du XVIIIème siècle. 

En 1685, elle obtient l'autorisation d'abriter les sépultures des "Ambassadeurs, religieux et autres personnes de distinction".

 

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Cette plaque in memoriam évoque Max Fourchon, ancien secrétaire à l'Ambassade, Louis-Jean Henri Comte de Vaujany, capitaine d'armes et François Belin, Consul Général, tous trois enterrés dans cette église 

Grâce à la générosité de Roland Puchot,  Comte des Alleurs et 29ème Ambassadeur de France en Turquie et de celle des fidèles, la maison de Dieu subit de nombreuses transformations entre 1747 et 1755.

En 1788, le Père Godefroy de la Porte, futur archevêque de Naxos en Grèce, fait reconstruire un édifice en pierre. En 1831, le terrible incendie de Pera fait disparaître tant le Palais que l'église. Il faudra attendre 1847 pour que les deux bâtiments renaissent de leurs cendres, tous deux réalisés par l'architecte Pierre Laurecisque.

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Sur la droite de cette plaque commémorative parmi tant d'autres, il est rendu hommage à la mémoire d'Eugénie, épouse de l'architecte de l'église Pierre Laurecisque, décédée en 1847 au Palais de France à l'âge de 26 ans et inhumée dans cette église. Sur la gauche, c'est la mémoire de Pierre, fils d'Eugénie et Pierre, décédé à l'âge de 7 ans, qu'il est fait mention

Durant la première guerre mondiale, l'Ambassade est transformée en hôpital militaire turc et l'église - tout du moins le choeur - devient un temps mosquée de l'hôpital. La cave-cimetière est pillée, on cherche l'or qui pourrait avoir été enseveli avec les corps. Les restes ont depuis été transférés au cimetière latin de Feriköy.

                        
                                            En poussant un banc latéral...

Hormis les nombreuses plaques laissant entrevoir quelques pages d'histoire, l'orgue possède également son histoire. Il est construit à l'origine par Charles Mutin, successeur de la célèbre maison Cavailler-Coll, pour le prince Ibrahim Tevfik Efendi, fils de Mehmet Burhaneddin Efendi, membre de la famille impériale, amateur de musique et lui-même musicien. Cet orgue a vécu ses premières années dans le konak situé dans l'enceinte du Palais de Yıldız à Istanbul. 

 

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A la chute de l'Empire ottoman, le Prince part en exil et meurt à Nice quelques années plus tard. En 1925, l'orgue est racheté par les Capucins pour la somme de 37.500 Francs  avec l'aide du Père Hervé, alors supérieur des Capucins. Il est réinstallé à l'église Saint-Louis pour remplacer celui démonté lors de la premiere guerre mondiale et qui a mystérieusement disparu.

                       
                                    Le superbe orgue Mutin-Cavallier-Coll

Même si les vitraux de l'église n'ont que peu de valeur, attardons-nous toutefois sur celui de l'Ecce homo. Le 20 novembre 2003, la veille du Christ-Roi, il perd sa couronne suite aux déflagrations lors de l'attentat perpétré contre le Consulat britannique situé à Beyoğlu.

                       
            Le vitrail a été restauré peu après l'attentat mais la couronne n'est plus de mise

Quelques superbes statues visibles dans l'église, notamment celle, dans le sanctuaire, du Christ en croix entouré de Saint-Jean et de la Vierge, sont l'oeuvre de Luigi Bresciani.

Cet ébéniste devenu sculpteur a vécu durant 20 ans, en Bulgarie puis en Turquie, aux côtés de Monseigneur Roncalli, délégué apostolique, devenu ensuite le pape Jean XXIII.

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Résumer ici en quelques lignes la présence de la communauté des Capucins à Istanbul durant 374 ans, jusqu'en 1999, est impossible. Plusieurs articles seraient nécessaires pour cela.

Après une période de transition où l'intérim a notamment été assurée par le Frère Aloys Bailly, l'église Saint-Louis des Français se trouve à présent prise en charge par les Franciscains depuis 2003. 

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Ces derniers, venus d'abord à deux - puis à trois et aujourd'hui à quatre - s'occuper de la proche église Sainte-Marie Draperie, se sont vu confier par l'évêché la reprise en mains de l'église Saint-Louis.

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Les cultes y ont lieu toutes les semaines, le samedi à 18 h et le dimanche à 11 h.


Je tiens à remercier chaleureusement le Frère Gwénolé pour le temps qu'il a bien voulu me consacrer et pour les documents qu'il m'a fournis dans le cadre de la préparation de cet article.

Par Nat - Publié dans : Eglises d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /Août /2009 07:54

Beşiktaş, ce quartier très vivant d'Istanbul sur la rive européenne, abrite une des plus belles églises de Turquie, l'église arménienne Surp Asdvadzadzin (Meryem ana).

Il suffit de grimper la rue pentue située à l'arrière du marché aux poissons pour découvrir sur le mur d'enceinte la plaque indiquant le nom de l'édifice. Par le passé, les arméniens étaient nombreux à vivre à Beşiktaş, aujourd'hui la communauté n'est composée que d'environ 150 personnes.

Une école arménienne se trouve non loin de là, récemment vendue au musée privé de Pera qui va la transformer en centre artistique.

                      

Ce dimanche d'août, en fin de matinée, la lourde porte est ouverte. Dans la cour, le gardien, avisé de ma visite, m'invite à suivre la fin du culte.

L'extérieur ne donne qu'une vague idée de la richesse du lieu. 

 

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                              Clocher vu de la rue lorsque le portail est fermé

Il est difficile de s'imaginer, en voyant cette façade, ce qui vous attend une fois l'entrée franchie.

                            

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Une quinzaine de fidèles, tout au plus, sont réunis là, la plupart d'un âge certain, les femmes à gauche, les hommes à droite. En hiver, c'est une petite trentaine au maximum qui vient suivre le culte dominical durant une heure et demie. 

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Le culte, entièrement en arménien, est assuré par le père Antreas Hagopyan. Un homme et une femme, dont les cheveux sont drapés d'un léger voile blanc, tous deux vêtus d'une soutane, animent la célébration de leurs chants.

Deux autres religieux assistent le père, l'un agite régulièrement le marwahto, cet éventail en argent dont les bruits dégagés par les grelots éloignent les mauvais esprits et qu'on retrouve aussi chez les syriaques, l'autre un encensoir. L'heure est à la prière et l'atmosphère particulièrement recueillie.

                    

Nous sommes dans une église arménienne apostolique dont le rite est proche de celui des orthodoxes.

A plusieurs reprises, un lourd rideau gris est tiré devant l'autel. Durant les 40 jours de carême qui précèdent Zadig, la Pâques, celui-ci sera de couleur noire. Par contre, lors de la célébration pascale, la tenture ainsi que la décoration se déclinent en rouge.

C'est également ce jour-là que le ravissant meuble posé à gauche dans l'entrée de l'église sera exposé lors de la célébration, source de lumière et paré de fleurs.

                     
                                     Tour de lumière exposée à Pâques

C'est en décembre 2007 que le jury du quotidien turc Hürriyet, composé de religieux, d'historiens de l'art, de sculpteurs et d'agents du tourisme culturel, liste les dix plus belles églises de Turquie L'église arménienne de la Vierge Marie de Beşiktaş arrive en troisième position.

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Cette église a été construite en 1838 sur l'emplacement d'une chapelle en bois par Garabet Amira Balyan, membre de la très célèbre famille d'architectes arméniens, auteurs de plus de 70 édifices divers à Istanbul. Le plus célèbre réalisé par Garabet Balyan et son fils Nigoğayos n'est rien de moins que le  somptueux palais de Dolmabahçe, construit entre 1842 et 1853.

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                           Le triangle équilatéral dans lequel figure l'oeil, symbole de la Trinité


A l'époque, tout bâtiment autre qu'une mosquée ne pouvait avoir de dôme. Pourtant, cette église arménienne traditionnelle en possède bien un, d'ailleurs splendide.

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Il est impossible de deviner son existence de l'extérieur, celui-ci étant dissimulé par un toit. La prouesse architecturale est de taille !

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                                                  Détail du centre du dôme

          
De part et d'autre de la nef, entre les colonnes surmontées de riches décorations, une dizaine de toiles, de grande taille, représente les 12 Apôtres.

                      

La position du soleil à cette heure-ci provoque un faisceau de lumière rouge, presque irréel, qui vient éclairer Saint-Jacques !

                      

Un autre Saint (mais lequel ?) expose son visage dont le regard porte vers le ciel...

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La décoration est riche, particulièrement au niveau de l'autel. Il faudrait bien plus de temps pour observer chaque détail, chaque partie ouvragée.

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Les arcades abritent des stucs finement travaillés représentant des compositions florales agrémentées de grappes de raisins. 

Ces motifs semblent bien être la marque de fabrique de Garabet Amira Baylan puisqu'on les trouvent également au Palais de Dolmabahçe.


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D'autres peintures, de tailles diverses, viennent compléter le décor de cette église qui mérite le détour.

                              

Même si le portail de la belle église Surp Asdvadzadzin est fermé lors de votre passage, n'hésitez pas à activer la sonnette. Le gardien se fera un plaisir de vous la faire visiter ; par contre pour les photos, il faudra d'abord obtenir une autorisation du patriarcat arménien...



Par Nat - Publié dans : Eglises d'Istanbul - Communauté : Istanbul
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