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Thrace

Vendredi 11 février 2011 5 11 /02 /Fév /2011 05:59

Entre 1870 et 1912, Karaağaç, le "Petit Paris" d'Edirne, vit sa période de gloire et attire des touristes, venus notamment d'Europe et d'Istanbul, désireux de se divertir dans cette agglomération qui réunit en son sein toutes formes d'amusement.


La Première Guerre Balkanique va opposer, d'octobre 1912 à mai 1913, la Ligue balkanique constituée par la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro, à l'Empire ottoman. Ce sont les Bulgares, désireux de s'approprier notamment la Thrace, qui vont envahir Karaağaç. Le peintre Hasan Rıza, directeur de l'école artistique de garçons d'Edirne et habitué des lieux de divertissement locaux, meurt d'ailleurs en martyr durant cette invasion.

 

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Le traité de Londres, signé le 30 mai 1913, va mettre fin à cette guerre en répartissant certains territoires ottomans entre les différents alliés. Karaağaç, situé au nord-ouest de la ligne de démarcation appelée Midye-Enez, sera dorénavant occupée par les Bulgares. Mais ces derniers ne se satisfont pas de cette répartition et provoquent le début de la Deuxième Guerre balkanique qui a lieu du 16 juin au 18 juillet 1913 et les oppose aux Serbes et aux Grecs, leurs anciens alliés.


Le 23 juillet, le commandant Enver, blessé durant les affrontements, revient à Edirne. Les autorités ottomanes publient une information selon laquelle l'armée a pu traverser la rivière Meriç. Le 1er septembre 1913 est créé un gouvernement du nom de “République communale de Thrace de l’Ouest”, gouvernement confirmé le 29 septembre de la même année lors de la signature du traité de Constantinople entre l’Empire ottoman et l’Etat bulgare. Selon ce dernier, seuls Karaağaç et Dimetoka restent propriétés ottomanes.


Durant la Première Guerre Mondiale, les Bulgares ont besoin de terres de l’Empire ottoman pour entrer dans l’alliance germano-austro-ottomane. Dans le cadre du traité de Sofia signé le 6 septembre 1915,  Karaağaç, située à la frontière de la Thrace, est donnée aux bulgares.

 

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                              L'ancienne gare de Karaağaç à Edirne


L’évacuation de la partie sud-ouest de la Thrace commence. Le 15 octobre 1919, Karaağaç, Dimetoka, Sofulu, Dedeağaç, Gümülcine et Iskeçe sont laissés par la Bulgarie à l’autorité de l’armée française au titre de “Gouvernement de Thrace entre Alliés”. Karaağaç, au même titre que Iskeçe et Gümülcine, devient le haut-lieu de ce gouvernement d'une durée de vie d'environ 7 mois.

 

Après le traité de Neuilly signé le 27 novembre 1919 entre les Alliés et la Bulgarie, les discussions dans les coulisses diplomatiques grecques avec ledit Gouvernement vont aboutir à l’organisation d’un référendum organisé le 14 mai 1920 dont il résulte la  cession de la Thrace de l’Ouest à la Grèce.


Sans perdre de temps, les Grecs occupent leur nouveau territoire et le Gouvernement disparaît de facto aux alentours du 23 mai 1920. S'appuyant sur les accords de la conférence de San Remo, la Grèce commence le 20 juillet 1920 à attaquer la Thrace orientale.


Durant l’occupation grecque, seuls deux côtés résistent, l’un à Uzunköprü, l’autre autour de Karaağaç. Cette résistance de 5 jours, du 20 au 25 juillet, est appelée “La bataille de Karaağaç”.

 

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        L'ancienne gare de Karaağaç qui abrite aujourd'hui le Rectorat de l'Université de Thrace

 

Le traité de Sèvres du 10 août 1920, redéfinit une nouvelle fois les frontières de plusieurs pays. Karaağaç, inclus en Thrace de l'Ouest, fait désormais officiellement partie de la Grèce.


Après la guerre d’Indépendance, le Traité de Mudanya du 11 octobre 1922 stipule que la rivière Meriç constitue la frontière entre la Turquie et la Grèce. Dans le traité de Lausanne signé le 24 juillet 1923, dernier traité découlant de la Première Guerre Mondiale, 4 millions de francs or sont réclamés à la Grèce au titre de dommages de guerre suite aux dégâts causés en Anatolie par l'armée grecque.

 

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A côté de l'ancienne gare de Karaağaç, le "monument de Lausanne" inauguré le 19 juillet 1998, commémore le traité de Lausanne. Les trois colonnes qui le constituent symbolisent selon leur ordre de grandeur respective l'Anatolie, la Thrace et enfin Karaağaç. De même, tout près, un musée explique aux visiteurs le contenu dudit traité.


La Grèce ne peut s'acquitter de cette somme.  Comme solution et en guise d'indemnité de guerre, Karaağaç et les alentours de Bosnaköy sont donnés à la Turquie suite à la demande insistante du gouvernement turc. Il est décidé que Karaağaç et ses environs seront vidés de leurs occupants par les Grecs au plus tard le 15 septembre 1923, date de remise officielle des terres.


Le visage de Karaağaç change complètement après les échanges de populations. Le quartier catholique va disparaître. De nombreuses maisons en bois sont mises en vente mais aussi démolies au profit de nouvelles constructions en pisé ou en torchis. L'image de richesse de ce quartier pas comme les autres vit ses dernières heures...

 

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                         Certaines constructions ont résisté mieux que d'autres...


Malgré tout, en déambulant dans les rues de Karaağaç, quelques demeures d'un temps révolu ont résisté. Chacune composée de deux ou trois étages tout au plus, comprend un petit jardin. La pierre taillée, la brique, le marbre, le bois et le pisé sont les matériaux les plus utilisés. Les façades principales et les entrées sur la route ayant un balcon et de nombreuses fenêtres distinguent ces constructions des maisons de type ottomane.

 

Toutes ces demeures, construites à la fin du 19ème et dans le premier quart du 20ème siècle, constituent l'âme de Karaağaç, tout comme les cafés bordant la rue en face de l'ancienne gare, cette fameuse gare qui a offert son heure de gloire au "Petit Paris" d'Edirne... 

   

Sources historiques : Rabia Erdoğu "Bir aykırı Edirne mahallesi : Karaağaç"  

 

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Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 09:26

Comme je le soulignais dans le précédent article sur Karaağaç, quartier d'Edirne situé de l'autre côté de la rivière Meriç, la construction de la ligne ferroviaire et surtout d'une station entraîne des modifications sociales notoires.


Le Professeur autrichien Hochstetter, membre du groupe d’ingénieurs missionnés pour réaliser la voie de chemin de fer européenne, raconte qu’une colonie d’environ 25 familles françaises vit dans des maisons d’été à Karaağaç en 1869.


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      L'ancienne gare de Karaağaç, abritant aujourd'hui le rectorat de l'Université de Thrace


Cette communauté est composée de bourgeois dont certains font partie des Consulats telles les familles italienne Vernazza ou allemande Badetti. Toujours selon Hochstetter, un dénommé Monsieur Von Camerloher du Consulat autrichien a spécialement créé un cercle de relations avec des personnes haut placées pour apporter prestige et réputation à Karaağaç, parvenant d'ailleurs à ses fins. C'est lui qui ouvre un bar à bière ainsi qu'un local pour jouer aux quilles durant l’été.


Avec la création de la gare, la population augmente considérablement et, hormis de nouvelles habitations, de nombreuses réalisations de nécessité publique sont rapidement mises en place, tels des lieux de prière, des écoles, une poste, un cimetière,...

 

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   En face de la gare de Karaağaç,  les lieux de divertissement d'hier abritent les cafés d'aujourd'hui

 

Alors qu'au 17ème siècle, seule existe l’église St-Tiron et St-Stratilatis (qui sera d'ailleurs dénommée St-Teodore au 19ème siècle), l’arrivée à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle d’une population très cosmopolite entraîne la construction de lieux de culte adaptés aux différentes religions et croyances.


C'est ainsi que voient le jour l’église arménienne St-Grégoire, la grecque St-Konstantinos et Eleni, la française St-Basile, les chapelles St-Antoine-de-Padoue et la bulgare St-Pierre -et-Paul. Des écoles et des séminaires sont construits à proximité de la plupart de ces églises dont les plus connues seront l’école française St-Basile - détruite en 1889 -, dépendant de la mission des frères assomptionnistes, et l’école grecque St-Teodoron.


Il existe en outre une école française de Commerce destinée aux garçons, deux écoles italiennes dont on ignore le nom, l’école primaire arménienne Torkomyan et l’école d’enseignement religieux St-Grégoire. Le bâtiment occupé aujourd'hui par l'école primaire Mustafa Necati était l’école allemande destinée aux enfants des familles de techniciens qui travaillaient à la réalisation de la voie ferrée et disposant d'un internat selon les brochures publiées en 1883.

 

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        L'arrivée du train à Karaağaç a transformé la vie quotidienne de ce quartier d'Edirne


Parmi la communauté française, 17 membres de la famille Gouttenoire-Barbier viennent s'installer en juin 1887 dans une ferme à quelques kilomètres à peine de Karaağaç. Cette demeure accueillera d'ailleurs durant quelque temps le Lyonnais Antoine Barbier, futur artiste peintre voyageur, qui deviendra après son passage à Andrinople, le peintre officiel de la jeune cour de Bulgarie.


Hôtels, restaurants, cafés et lieux de divertissement s’ouvrent également pour recevoir les voyageurs venus ou allant en Europe et faisant étape à Karaağaç. En peu de temps, toutes les structures sociales,culturelles et économiques mises en place contribuent au développement d'Edirne. L'activité devient incessante ; le petit lieu de villégiature qu’était autrefois Karaağaç devient le centre mondain de distractions et de spectacles d’Edirne et le surnom de "Petit Paris" attribué à ce coin de pays n'est donc pas usurpé.


Des groupes d'artistes venus d'Europe s'arrêtent à Karaağaç pour présenter leur spectacle avant de poursuivre leur route jusqu'à Istanbul, attirant de nombreux touristes qui vont passer une nuit dans les hôtels de Karaağaç, tels le Variété ou l'hôtel-restaurant Djanik.  

 

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                 La brasserie Bomonti de l'hôtel Djanik à Karaağaç, Edirne


D'autres hôtels tels Europe, Londino, Konstantinopolis ou Panellenion, mais aussi les cinémas Variété et Panellenion, le salon de danse Rosalato, le Café Chantant sont des lieux où les représentants de la bourgeoisie et les associations d’Edirne organisent leurs importantes réunions. Durant la guerre des Balkans, Mustafa Kemal Atatürk vient parfois seul, parfois avec quelques amis, passer des soirées dans des restaurants et casinos de Karaağaç qui lui rappellent sa ville natale de Thessalonique. 

 

Le plus connu de ces lieux de divertissement est le cinéma de plein air de l’hôtel Djanik, son restaurant, sa salle de jeux, sa brasserie Bomonti. Les films français Pathé sont projetés dans le cinéma de plein air du nom de Parc Orestiada et des bals organisés occasionnellement.

 

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                        Le bâtiment de l'ancienne brasserie Bomonti

 

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                A l'intérieur de l'ancienne Brasserie Bomonti à Karaağaç, Edirne


Certains musulmans ottomans fréquentent aussi ces établissements de loisirs. Parmi eux se trouve Hasan Rıza, peintre et directeur de l’école artistique de garçons d’Edirne.

 

Dans le prochain article, nous en saurons plus sur le déclin du "Küçük Paris".

 


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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 08:06

Le quartier de Karaağaç, situé sur la rive ouest de la rivière Meriç, se trouve à environ 4 km au sud-ouest du centre d'Edirne. L'ancienne Andrinople fut la capitale de l'Empire ottoman en 1361 et durant près d'un siècle jusqu'à la prise de Constantinople par Mehmet II le Conquérant en 1453.

 

 


Karaağaç, quartier d'Edirne

 

La traversée de la Meriç s'effectue par le plus vieux pont de la ville, Gazi Mihal köprüsü, construit entre 1261 et 1282 durant la dernière période de l'Empire byzantin sur ordre de l'empereur Michel VIII.

 

Il tire sa dénomination actuelle du commandant d'une troupe de cavalerie ottomane à l'origine de sa première restauration en 1420.

 

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      Le pont Gazi Mihal reliant le centre d'Edirne à Karaağaç, crédit photo Martine Juszcsak


Les informations quant à la naissance de Karaağaç sont limitées. Il semble que la création de ce qui a été d'abord un village s'est faite sur les restes de la ville antique Orestiada, dont le nom provient d'Oreste, fils d'Agamemnon, héros de la guerre de Troie.


Avant la domination ottomane, certains pensent que Karaağaç était une petite agglomération. Selon les travaux historiques menés par Dr Rifat Osman, célèbre historien, Karaağaç était un village du nom de Maraş lors de la conquête d'Edirne. En 1543, celui-ci est scindé en deux, Yeni Maraş (nouveau Maraş) et Eski Maraş (ancien Maraş)... qui deviendra ensuite Karaağaç.


En 1636-37, Abdurrahman Hibrî Çelebi évoque dans un de ses ouvrages le point de rencontre des rivières Meriç et Arda dont le nom équivaut à "Vieux Maraş". L'agglomération a pris son nom contemporain - l'arbre noir - de la forêt environnante.


Durant la seconde moitié du 17ème siècle, les occidentaux qui venaient visiter Edirne parlaient déjà de Karaağaç dans leur journal de voyage. L'orientaliste français Antoine Galland ainsi que le voyageur anglais Dr John Covel sont les premiers à avoir donné des informations sur la vie culturelle et sociale de ce coin de pays bien particulier. Selon Covel, il y avait à peu près 50 familles grecques qui y vivaient et près de 10 fermes et résidences d’été de familles turques.

 

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              Une ambiance bien rurale de nos jours à Karaağaç


De même, toujours au vu des écrits du voyageur, se trouvait là une petite église consacrée à Hagios Teodoros Tiron et Hagios Teodoros Stratilatis. Covel dit que, selon les croyances populaires, ces saints guérissaient ceux qui avaient les yeux malades et des assiettes en formes d'oeil étaient déposées dans cette église en guise de dons et de remerciements. En outre, Covel raconte qu’il y avait à Karaağaç la plus importante source de fabrication de vins, le plus grand négociant étant... le prêtre de l’église.


A Edirne et aux alentours, de nombreux visiteurs, parmi lesquels d’importantes figures turques, venaient ici pour boire du vin.


Au XIXème siècle, un certain Georges Keppel venu en voyage raconte que des musulmans de l’Empire ottoman ainsi que des familles européennes d’Edirne possèdaient leurs résidences d’été à Karaağaç.

 

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                         Vieille demeure abandonnée à Karaağaç


Un contrat est signé le 17 avril 1869 avec le baron Maurice de Hirsch, fondateur de la Compagnie des Chemins de fer d'Orient pour la réalisation des voies ferroviaires européennes dont la ligne Istanbul-Edirne -Sarımbey dont les travaux débutent en 1870.

 

La structure sociale de la petite agglomération va subir des transformations conséquentes avec la construction d'une station de train.

 

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                       Edirne, tout le monde descend... à Karaağaç


La première gare, réalisée selon le modèle allemand, n’est plus visible de nos jours. Celle appelée "ancienne gare" a été construite par l’architecte turc Kemalettin. La date de début de réalisation se situe entre 1911 et 1913.

 

Nous découvrirons dans le prochain article pour quelles raisons Karaağaç a hérité du surnom de "Küçük Paris, "le petit Paris"...

 


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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 11:11

En juillet dernier, vous avez découvert Kıyıköy, paisible village de pêcheurs situé au bord de la Mer Noire.

 

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Pour oublier l'hiver qui commence à se faire sentir, je vous propose de retourner quelques minutes à Kıyıköy, en compagnie de Sezen Aksu, une de mes chanteuses turques préférées.
              
                         


KIYIKÖY, SUPERBE VILLAGE DE PECHEURS AU BORD DE LA MER NOIRE



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Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /Juil /2009 07:27

J'ai entendu parler il y a longtemps de ce village situé au bord de la Mer Noire à environ 150 kilomètres du centre d'Istanbul, sur la  partie occidentale de la Turquie.



Kıyıköy

            
C'est à Kıyıköy que j'ai souhaité prendre rendez-vous en mai dernier pour faire connaissance avec Romar1, l'occasion pour moi de découvrir en même temps ce coin de la Thrace.

 

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                                       Premières images de Kıyıköy

Une quiétude particulière se dégage de cet endroit charmant qui vit au rythme des pêcheurs. La majeure partie des heures passées là l'ont été au port, au milieu des chalutiers amarrés et des filets reposant sur les berges.

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Il y règne une atmosphère légère, nonchalante. Les seuls bruits de Kıyıköy sont les moteurs des embarcations qui rentrent et qui sortent du port à toute heure et... le coassement des grenouilles, peut être aussi nombreuses ici que les individus.

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Les quelque 2300 habitants de Kıyıköy, qui s'appelait autrefois Medea, vivent surtout de la pêche et de l'exploitation forestière, mais également du tourisme en saison. Plusieurs pensions accueillent des visiteurs venus principalement d'Istanbul.

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                                     Coucher de soleil sur les forêts des alentours

Il est difficile de s'imaginer que cette cité si paisible aujourd'hui, qui portait aussi dans l'Antiquité le nom de Salmydessos, ait eu un passé mouvementé. Elle fut occupée tour à tour par les Perses, les Macédoniens, les Romains et bien d'autres civilisations encore tout au long de son histoire. Son port tenait une place importante en Thrace.

   Romar1-045-copy.jpg                            Quelques bateaux vivent leurs derniers instants à terre

Plus tard, les Byzantins et les Ottomans se sont battus près de Kıyıköy au milieu du XIXème siècle. Les orthodoxes étaient, semble-t-il, nombreux à vivre là durant l'empire ottoman.

Autrefois, les maisons de pierre et de bois étaient nombreuses à Kıyıköy. Ces dernières subsistent encore et sont visibles lorsqu'on arpente les rues du centre situé en hauteur.

L'accès se fait par une porte monumentale taillée dans les murs d'enceinte de l'ancien château qui date également du règne de Justinien, au VIème siècle.

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                    Les murs de la citadelle qui permettent d'accéder au centre de Kıyıköy

A quelques centaines de mètres à peine du centre du village se trouve un lieu étonnant taillé dans la roche à l'orée d'un bois, Aya Nikola Manasteri, le monastère Saint-Nicolas.

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                                                  Aya Nikola Manasteri

Ce monument, à l'architecture originale et intéressante, a vu le jour également au VIème siècle, durant le règne du célèbre empereur byzantin Justinien.

                          
                                    Enfilade de portes à l'intérieur du monastère

Selon les documents historiques, une construction en bois, servant d'annexe, a été réalisée devant la masse rocheuse au XIXème siècle mais n'existe plus à ce jour.

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Le monastère comprend au rez-de-chaussée, la chapelle et au sous-sol, le lieu d'où jaillissait une source considérée comme sacrée.

Les cellules des moines ainsi que leurs lieux de vie communs occupent le reste du site.

                          
                      Des marches taillées à même le rocher permettent de siéger en hauteur

Aux alentours, de nombreuses grottes mériteraient bien une promenade approfondie...

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                                La salle voûtée de l'ancienne source sacrée

Le retour se fait par un lieu romantique à souhait, au bord d'une des deux rivières qui se jettent ensuite dans la Mer Noire. 

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 Une rangée de petits jardins soigneusement entretenus au milieu d'une des deux rivières et d'une petite route

Un pont de bois, des herbes un peu folles, des endroits aménagés pour profiter du bon temps, des barques à louer pour la promenade, le décor est planté.

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Il est difficile de résister au charme de cet endroit, propice au délassement et à l'évasion, où le temps semble s'être arrêté.

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Un restaurant sans prétention, situé à l'arrière du port, où le poêle trône au milieu de la salle et où le poisson est aussi délicieux que le service est sympathique

Le jour se lève doucement et le port a encore les yeux ensommeillés... La plupart des bateaux dorment encore...

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                                                5 h 40, un matin de mai

Il faut reprendre la route... ou plutôt la mer, le moteur d'une barque se fait déjà entendre et nous précède.

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Je ne manquerai pas de retourner à Kıyıköy y poursuivre mes découvertes et me laisser porter par la sérénité ambiante. 

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Görüşürüz Kıyıköy, surtout que rien n'y change...


           

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Samedi 29 décembre 2007 6 29 /12 /Déc /2007 09:20

On ne peut évoquer la Turquie sans ses innombrables mosquées. Chacune est différente mais pour certaines d'entre elles, on reconnaît la touche du maître en la matière,Sinan, le célèbre architecte (mimar) ottoman.
 

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Sinan, né en 1489 dans un village d'Anatolie Centrale, est issu d'une famille chrétienne arménienne. Recruté par le sultan Selim Ier et converti à l'islam, il devient l'architecte du sultan Süleyman et de ses deux successeurs Selim II et Murat III.

A sa mort en 1588, l'oeuvre de Sinan compte plus de 450 mosquées et monuments divers (mausolées, caravansérails, fontaines ottomanes, aqueducs, ponts, hammams, etc), dont plus de 300 rien qu'à Istanbul. 

Il repose dans un mausolée proche de la mosquée de Soliman le Magnifique, autre superbe réalisation érigée sur une des collines d'Istanbul.

Dans mon tiercé de tête de mes mosquées préférées, les trois ont été réalisées par ce génie. Il s'agit de la merveilleuse Selimiye construite dans la ville d'Edirne, le petit bijou aux faïences bleues d'Iznik qu'est Rüstem Paşa à Eminönü et l'élégante Atik Valide dans les hauteurs d'Üsküdar, ces deux dernières étant à Istanbul.

                 

Aujourd'hui, je vous propose de visiter la Selimiye considérée par son constructeur comme son chef d'oeuvre, et dont je partage l'avis !

Edirne, ville de 115 000 habitants située dans la Thrace, tout près des frontières avec la Grèce et la Bulgarie, abrite une des mosquées les plus connues construites par Sinan, la Selimiye.

                                   
Cet édifice a été construit en 6 ans, de 1569 et 1575 au sommet d'une petite colline dans le centre de la ville. Ses quatre minarets de près de 71 m de haut sont imposants. Le mur d'enceinte donne déjà le ton de ce qui attend le visiteur !

La majestueuse mosquée se cache entre les arbres dans un parc où il fait bon se promener.
                                
Dans la cour, la traditionnelle fontaine aux ablutions et déjà quelques belles images s'offrent à vos yeux.
 

 
                       

                                                                
Quand on lève le nez, voici une des petites coupoles extérieures, un régal pour les yeux !
   

Mais c'est à l'intérieur que l'art de Sinan se révèle dans toute sa splendeur.


                         
Huit piliers, des arches et des contreforts sur lesquels repose la couple, des centaines de petites fenêtres à tous les niveaux de l'édifice afin que la lumière baigne au maximum les lieux.

Les couleurs et l'harmonie sont parfaites ! C'est de l'Art avec un grand A !

           


           





                


La coupole de la salle de prières fait plus de 31 m de diamètre et se trouve à 54 m au-dessus du sol. Sinan la considère comme son chef-d'oeuvre, devenu symbole de l'architecture ottomane à son apogée.

 

                      
Si vous avez l'occasion de passer à Edirne, prenez le temps de vous y attarder !

              


              

Je tire mon chapeau à mimar Sinan pour avoir été le créateur de telles beautés qui font la réputation d'une des périodes de gloire de la Turquie dans son histoire. 

Je connais peut-être un dixième de ses oeuvres, il me reste encore de quoi voir !


Par Nat - Publié dans : Thrace - Communauté : Turquie
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