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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 05:20

En revenant de Gökçeada, une halte s'impose pour découvrir le tekke de derviches tourneurs à Gelibolu.



Afficher Gelibolu, Dardanelles sur une carte plus grande

 

Cette ville située à l'entrée du Détroit des Dardanelles est plus connue pour sa situation stratégique lors des conflits qui ont rempli les pages d'histoire du pays et pour ses restaurants de poissons que pour ce lieu mystique.

Pourtant, c'est le plus grand lieu d'exhibition de sema de Turquie, les fameuses danses des derviches en communion avec Dieu.

 
                                           La façade visible à l'arrivée

                

Il a été construit il y a 400 ans environ mais la date exacte est inconnue. Ce dont on est sûr, c'est qu'elle est antérieure à 1621. Il fût l'objet d'une reconstruction partielle en 1840, sous le règne du Sultan Abdülmecit.

 

La signature de ce dernier est d'ailleurs inscrite sur une porte de pierre extérieure qui date de la même année. En 1900, une autre partie a été restaurée durant la période de règne du sultan Abdülhamit.

 

 

Ce lieu était longtemps situé en zone militaire. Une caserne et des postes de sentinelle sont d'ailleurs visibles tout autour, ce qui donne un sentiment étrange au cadre.

Durant la Première Guerre Mondiale, le dernier saint, Burhaneddin Dede, ainsi que 7 derviches ont intégré le Régiment mevlevi du 4ème corps d'armée ; ils sont restés durant 3 ans à Damas en Syrie.

 

Le mevlevihane a servi accessoirement d'arsenal et a été également à un moment sous le contrôle de la force ennemie.

                
                        Des stèles funéraires d'anciens derviches y sont exposées

  
                                 Ce sont des poupées de cire qu'on voit ici

A partir de 1949, on y sert des repas aux pauvres avec les recettes d'une taxe appelée Tımar prélevée sur les recettes fiscales.

Cet endroit a ainsi connu un passé assez tumultueux alors qu'il est sensé être un lieu de rencontre, d'échanges, de recueillement et de prière.

 

La dernière restauration du mevlevihane de Gelibolu a commencé en 1994 après le rachat par l'administration générale des vakıf (fondations pieuses).

 

 

L'inauguration officielle date du 17 septembre 2005, et c'est à présent un bâtiment somptueux que l'on peut découvrir, soit à l'occasion d'une simple visite que lors d'une démonstration de sema.


Published by Nat - dans Soufisme
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 05:40

J'aurais bien envie de vous faire connaître encore des tas de lieux, de moments et d'émotions sur cette île si riche à mes yeux, mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Par exemple, Ince Burnu ("le nez fin"), tout à fait à l'ouest de l'île est en fait le point le plus à l'ouest.... de la Turquie. Une plage de sable, quelques oliviers et la mer à perte de vue.




Je voulais  encore parler du boucher de Yeni Bademli, le village où nous étions, qui nous a préparé de l'agneau au four, cuit durant 3 heures dans le four à pain situé dans la même rue, un régal pour les papilles et les sens : de l'épaule, de la cuisse et des côtes, mélangées avec des tomates, des poivrons, des épices, ... je vous laisse imaginer....

 
                       Double casquette de pension et de boucher

 

L'akya, cet étrange et impressionnant poisson qui peut peser jusqu'à 60 kg et qui a été pêché à environ 40 m de profondeur de la plage voisine par le fils du boucher, je tenais à vous le présenter...  En français, on l'appelle la liche... 

 

Le pain frais et chaud, je voudrais vous le faire goûter, que ce soit des pide, ces espèces de galettes absolument délicieuses ou bien différentes sortes de pain tout aussi appétissantes.
 

 

Et Kaleköy "le village du château", minuscule havre de paix perché au-dessus de la mer à 10 mn à pied à peine de la pension, vous voulez peut-être le connaître de même que les ruines qu'on voit de loin. C'est d'ailleurs le plus vieux village de l'île.


                             Devant Yeni Bademli et Kaleköy au fond sur les hauteurs



A Kaleköy, c'est son église qui est abandonnée. Après avoir passé la tour qui abritait le clocher et traversé la cour, pas de porte à franchir, on entre et on regarde.

 



Délabrée, dépouillée, elle était sans doute belle et j'aurais aimé la connaître durant sa période de gloire à côté de l'école. Cette dernière, il y a 3 ans, je m'en souviens très bien, m'avait touchée, j'y voyais à travers la fenêtre un globe terrestre sur un bout d'étagère elle-même sur un bureau, oubliés tous trois....

Là, surprise, le bâtiment a été rénové et n'est même pas achevé, il abrite à présent la muhtarlik, autrement dit la mairie du quartier... Sa nouvelle façade rose profond tranche avec la grisaille d'il y a 3 ans....


                                           L'école de Kaleköy en août 2005

Eski Bademli également, j'aimerais tant vous emmener à sa découverte, village peuplé de 500 habitants... avant. Maintenant, c'est sur les cinq doigts de la main qu'ils se comptent en hiver...


                                      Jolie propriété de Yeni Bademli

Ici aussi, il y avait une fabrique d'huile d'olive fermée depuıs et tout au bout du village, à côté du lavoir presque tapi sous les feuilles, un magnifique platane d'environ 400 ans, qui lui... vit toujours ici...


                  Je présume que l'immeuble du bout est l'ancienne fabrique d'huiles...

  

Après la découverte d'une petite partie seulement de ses beautés, de ses trésors parfois cachés, de ses saveurs et de ses odeurs, comment ne pas aimer Gökçeada ?


3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 06:33

Une habitation m'ouvre la porte, un souffle de vie vient de m'appeler, de me happer presque. 

              

Sur une étagère, des médicaments oubliés, une boîte est en français, elle date de 1974... l'époque où les gens ont commencé à quitter les lieux. J'ai envie de pleurer tellement l'émotion est forte et j'ai du mal à quitter les lieux. Je touche ces quelques objets qui sont là depuis plus de 30 ans et qui ont une histoire.

  

Parfois, les portes sont closes, barricadées mais parfois elles vous invitent à venir voir ce qui s'y passe derrière, à vous imaginer la vie passée. 

                   

Certaines demeures sont devenues des greniers à foin, d'autres sont encore meublées...

              

Au hasard de mes incursions, je me retrouve nez à nez avec ... une vache et je me demande qui des deux a eu le plus peur sur le coup !

               


Hormis les traditionnels moutons et chèvres, il y a aussi quelques bovins qui errent à la recherche de qui, de quoi et... deux ânes magnifiques.

  


La célébration religieuse est terminée et à nouveau, des bruits s'élèvent à la sortie. Tout le monde se retrouve comme de bien entendu autour d'une table du café, sur la place des grands hommes.

               


 

Laissons ces braves gens converser entre eux sans troubler leur quiétude. Un dernier regard vers ce village encore plus troublant que les autres, en tout cas pour moi.

En repartant, un petit arrêt devant  la seconde église de Dereköy, Aya Marina, s'impose. Revêtue d'une robe de pierre tout comme son mur d'enceinte et son entrée, elle a fière allure.

 


 

La visite de Gökçeada s'achèvera avec le prochain article.

 


2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 06:15

Vous connaîtrez bientôt la plupart les coins et recoins de cette île grâce à nos balades quotidiennes depuis quelques jours.

Il y a un endroit que je ne vous ai pas encore fait découvrir, c'est mon village préféré, Dereköy à 15 km à l'ouest de Gôkçeada. Une fois de plus, cette visite se fera en deux parties.

   

C'était autrefois le plus grand avec ses 1950 maisons. Aujourd'hui, il est presque devenu un village-fantôme, il y reste à peine 25 personnes en hiver... des grecs d'un âge certain, les irréductibles.

La rue principale amène au seul café du village, lieu de rendez-vous stratégique. En descendant de la voiture, un chant brise le silence... Il vient de l'église voisine. 

 

Pourtant, nous sommes jeudi et non pas dimanche ! En fait, on célèbre en ce 24 juillet la mort de la mère de la Vierge Marie, voilà pourquoi... Heureusement que la tenancière du café était au courant...

               

Tous les habitants doivent être présents... Le poêle aussi, comme dans toutes les églises alentours. Quelques hommes à la voix grave chantent, ce sont eux qu'on entendait. 

  

La célébration est émouvante, le panier qui contient le pain à partager est prêt, les gens ont l'air de ne faire qu'un, d'être soudés jusqu'à leur dernier soupir. Leur foi les réunit. Autant les églises sont souvent désertes en France et manquent d'âme(s) dans tous les sens du terme, autant en Turquie, ici ou ailleurs, au gré de mes visites, je retrouve cette ferveur, cette union...

                   

                   

Mais comme l'office est bien long, je pars redécouvrir les ruelles et les maisons abandonnées à travers des chemins de pierre pentus où la végétation reprend parfois ses droits.

 
  
Je me souviens que le plus important des lavoirs de l'île se trouve juste à côté de l'église. Il est vraiment imposant de par sa taille et confirme bien à quel point le village était grand.

  

 

La visite de Dereköy se poursuivra à travers le prochain billet.

 


2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 06:10


Le relooking était un peu en suspens, il n'y a que 24 heures dans la journée aux dernières nouvelles et parfois ça ne suffit pas...

Si vous tapez sur "liste complète" dans "liste des articles récents", puis sur la page 4, vous descendez jusqu'à "Doğubayazit, un palais de conte de fées", proche de l'Iran, merveille architecturale.

   

Si vous avez un creux, vous continuez avec "Une petite faim dans les rues d'Istanbul" juste en dessous.

  

C'est à partir de cet article que le lifting a été opéré, on en profite pour faire un tour dans la belle ville d'"Urfa la Glorieuse" pour terminer par "Aujourd'hui la Turquie".

  
                                                   Le Gölbaşı d'Urfa, un coin que je ne me lasse d'admirer

1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 05:40

Sur la côte sud de l’île, à une dizaine de kilomètres de Gökçeada, après avoir serpenté en direction d'Aydıncık, tout près de la plage du même nom, une étrange étendue blanche, le lac salé.

 
                                                      Direction Tüz Gölü
 

Lorsqu’on s’en approche, on s’étonne que des taches noires apparaissent çà et là.... D’après les analyses effectuées, la quantité de soufre y est importante. Durant les mois d’été essentiellement, le mélange de sel, d’eau et de souffre forme de la boue, une boue qu’on badigeonne allègrement sur soi.


 
                                                            Le voici, le lac salé

En approchant, les taches vues de loin se révèlent être ... des hommes, des femmes, des enfants. 

  

Revêtus d’un maillot de bain ou d’un short et d’un tee-shirt, on avance doucement. En effet, ça croustille sous les pieds ! Les trous d’eau sont chauds, on trempe les mains pour recueillir le précieux mélange.

 

                

                                           Savonnage de boue

On vient y traiter ses rhumatismes, ses problèmes de peau, prendre un bain en toute liberté, s’enduire la peau en famille ou entre amis pour ressembler à un ramoneur.


               

                                             On frotte


Après une bonne dizaine de minutes, la peau commence à tirer, c’est bon signe ! Le masque de beauté a fait son effet, il est temps de filer vers la plage toute proche pour se débarrasser de cet encombrant revêtement.

 

Je n’ai jamais eu une peau aussi douce qu’après cette expérience, un vrai bébé !

 

Quant aux cheveux, ils ressemblent à de la soie, impressionnant ....
                  
 


Le tourisme de santé n’a pas encore démarré mais cela ne saurait tarder. Quand des petits malins auront compris la richesse de ces composants, il y en aura bien pour exploiter le filon.


 
 

En attendant, profitons-en librement pour notre plus grand bonheur !

 

31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 05:45

A Tepeköy, on célèbre tous les 15 août l’Assomption qui fait de ce lieu le rendez-vous de tous les grecs des alentours. Pour les chrétiens, le jour de la mort doit être un jour de fête car la personne qui meurt accède à la vie réelle aux côtés de Dieu. 

  
                                   Evangelistas kilisesi dans le centre de Tepeköy

Même si un habitant d'Imroz n’était pas présent à cette date, il ferait tout pour venir au moins passer cette journée sur place et prier la Vierge.

 

Le 14 août, plusieurs grandes bêtes (vaches, taureaux) sont sacrifiées et la viande mise à cuire toute la nuit, dans la cour de l'église, dans d'immenses marmites. Le bouillon de viande servira à la préparation de keşkek, des plats à base de viande en fines lamelles et de blé battu longuement cuit à petit feu. 

 
                                                         L'entrée de l'église

 
  

Le 15 août au matin, à la fin de la célébration, la viande est bénite par le métropolitain avant d'être offerte en partage à toutes les personnes présentes. Tout le monde se rend ensuite en procession jusqu'au cimetière et chaque possesseur d'une tombe attend devant celle-ci.

 

Des douceurs posées sur un grand plateau sont distribuées une à une. De cette façon, les vivants montrent aux morts qu'ils ne les oublient pas et gardent leurs souvenirs gravés en eux.

  

Les distractions commencent l'après-midi sur la place du village. Les tables et chaises sont mises en place, on mange, on boit, on chante, on se taquine et on se provoque... mais sans que cela ne dégénère en querelle. Seuls amusements et danses sont au rendez-vous !

 

Les jeunes qui viennent ici passer quelques jours avec leurs aïeuls sont mis à contribution et tous les bénéfices retirés de cette journée versés au profit du village.

 
                                               Préparatifs en août 2005

 

J’ai eu l’occasion d’assister à la préparation des manifestations il y a 3 ans mais je ne connaissais pas alors tout ce qui se passait avant... encore une bonne raison pour prévoir d’y retourner à ce moment précis.

Tepeköy restera aussi pour moi un souvenir "gustatif", on dit bien que les sentiments passent par l'estomac... Quel plaisir de déguster là une assiette de fava (fèves), du yunan çacığı (çacik grec réalisé avec du yaourt filtré), du sahanda peynir, mélange de fromages de chèvre et de brebis grillés avec de l'huile d'olive, de la tomate, du poivron et des épices.

  
                                                               favas

    
                                        çacik grec on ne peut plus onctueux

 
                                                   le sahanda peynir

C'est surtout... le sauté de sanglier plus que tout qui m'a conquis, un mets que je n'avais pas eu l'occasion de manger depuis bien longtemps. Rien que pour ça (et tout le reste aussi évidemment), je reviendrai bien volontiers à Imroz.

      

Autant la plupart des moutons et chèvres sont peureux, autant cet énergumène, par l'odeur alléché, est venu à notre table au cas ... où un mets s'envolerait par mégarde...

  

Il est environ 14 h au moment où nous quittons le village... il n’y a plus personne à la terrasse du café, tout le monde fait sans doute la sieste....

  

Je vais aller faire de même, mais avant un petit tour à "çınar altı", soit "sous le platane", cet arbre de 630 ans, protégé, qui pose majestueusement à quelques centaines de mètres de là. 

                  

Une vue magnifique se dégage car on domine la mer et on voit juste en face à 18 milles, l'île de Samotras toujours cachée dans les nuages...

 


Difficile de ne pas aimer Tepeköy n'est-ce pas ?

30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 17:52


.... une alsacienne expatriée en Egypte et qui vient de découvrir mon blog apparemment aujourd'hui, Chris !!!

Ce n'est pas seulement un çay auquel tu vas avoir droit quand tu viens à Istanbul mais au moins à un dessert de ton choix. Je t'attends avec impatience pour faire plus ample connaissance...

                   

30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 06:20

 A 10 km à l’ouest du centre de Gökçeada dont les derniers montent en lacets de façon assez vertigineuse, vous voici dans le village le plus haut perché de l'île.
 

Je ne peux parler de Tepeköy en une fois, le billet serait bien trop long. Je vous propose donc de le faire en deux parties, pour mieux comprendre, humer l’air qu’on y respire, entendre les gens qui y parlent, s’y sentir un peu présent...


 
 

                      

Il y règne une ambiance toute particulière qui me “parle” beaucoup. Tout d’abord celle de l’école primaire, ouverte à tous vents elle aussi.

 

Sa visite provoque beaucoup d’émotion : les planchers et plafonds éventrés, les longs tableaux où des dessins et des phrases sont écrites, un banc d’écolier abandonné. 

            

 

 

J’entends presque la voix du maître énoncer son cours et les enfants répéter machinalement.... 


  
 

              

En approchant de la place centrale, à droite le café sous la treille où tous les grecs du village commencent à se réunir, il n’est même pas 10 h du matin. Ils sont encore environ 25 à vivre ici en hiver alors que dans les années 60, la population de Tepeköy se montait à... 1500 âmes.


 
 

Après avoir dégusté un nouveau dibek kave (cf. billet d’hier), je décide de me mêler doucement à ces hommes pour la plupart âgés et dont les mots en turc ont un accent grec absolument charmant.

 

En fait, le café n’appartient à personne ... mais à tous. Ils achètent en commun le café qui est vendu à un prix dérisoire, aucun bénéfice n’en est tiré, si ce n’est ... le rachat des nouveaux ingrédients.

 

  

L’ambiance est bon enfant et la plupart acceptent de se faire “tirer le portrait” que je vais leur transmettre dans les tous prochains jours comme promis.


                   

                                                Le doyen, 91 ans
 

                  

                  

En haut du village, dans un paysage idyllique d’arbres, certains fruitiers, l’imposante colline de 670 m juste derrière, le cimetière grec et sa chapelle. Des tombes de différentes époques, certaines très vieilles enfoncées dans la terre et dont juste un bout dépasse, d’autres plus récentes aux inscriptions parfois incompréhensibles.

 

 

La clé de la chapelle est sur la porte, il suffit de la tourner pour allumer une bougie devant une icône et se recueillir quelques instants avant de refermer soigneusement.


 
 

 

                 

Un peu plus loin, sur un chemin si étroit qu’on peut à peine passer, un jardinet magique tenu par une charmante vieille dame, grecque elle aussi. 

 

Au hasard de la conversation, elle fait savoir qu’elle produit du vin “maison”, une espèce de vin cuit absolument délicieux que je vois très bien accompagner du melon... ou un gâteau au chocolat...


              

                                                 Bientôt mûr
 

            
                            La meilleure amie de la productrice de vin

Toujours autant de chèvres et de moutons qui s’enfuient souvent en nous voyant ou qui jouent à cache-cache en passant les portes ouvertes des maisons abandonnées.... 
 

                 
 

C’est vraiment un endroit attachant où le temps semble s’être arrêté, suspendu.

 

On peut y passer des heures à arpenter tranquillement les ruelles souvent désertes pour s'imprégner de l'ambiance des lieux.

 

              

29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 06:25

Avant de commencer la lecture de ce billet je vous propose de cliquer ici afin d'écouter la musique qui accompagne celui-ci pour être dans l'ambiance...

A 3 kilomètres à l’ouest du chef-lieu se trouve perché dans les hauteurs le petit village de Zeytinli ou Zeytinliköy (Aghii Theodori en grec), autrement dit le « village de l’olive ». Il fallait bien qu’un endroit au moins porte ce nom, compte-tenu du nombre impressionnant d’oliviers sur cette île : environ 150 000 arbres….dont certains ont près de 600 ans.


               

               
                               Le transport local le plus pratique
 

En grimpant la route sinueuse qui y mène, une église orthodoxe attire l’attention, celle de la Vierge Marie (Meryem Ana kilisesi) construite en 1775 et restaurée à l’ancienne depuis mon dernier passage il y a 3 ans.

 

Je me souvenais de sa blancheur qui m’avait frappé à l’époque, là ses murs sont recouverts de pierre comme les maisons traditionnelles du coin.

 

  

Mais comme ça monte difficilement, ce n’est pas le moment de s’arrêter en route… Un parking est aménagé à peine plus loin, à l’entrée du village, en contrebas de l’ancienne école primaire et … d’une autre église, celle de Saint-Georges (Aya Yorgi kilisesi) qui date de 1784 qui a également eu droit à un ravalement.

 

 
                                  Aya Yorgi kilisesi en 2008 et en bas en août 2005

 

Cet établissement scolaire, dont la communauté d'origine grecque venait d'achever la construction lorsque les écoles grecques ont été interdites sur l'île, est aujourd'hui en ruine et ouvert à tous vents.

 

On y entre pour découvrir les salles de classe, les planchers et plafonds effondrés, un banc de classe abandonné, les tableaux encore recouverts d’écritures… autre temps !

 

    
                                          L'ancienne école primaire de Zeytinli

La rue principale est pavée à l’ancienne et il faut faire attention de ne pas se tordre la cheville. Elle est étroite et il vaut mieux l’emprunter à pied. 

   
                                                      La rue principale

Dans le virage, un brouhaha naît et grandit au fur et à mesure qu’on s’en approche. C’est normal car trois cafés se font face ! C’est le lieu de rassemblement tant des grecs qui habitent encore ici (environ 70 à 80) que des quelques touristes. 
        
                  

   
Là, on a presque changé de pays… on se croit vraiment en Grèce : on y boit du « dibek kave » en écoutant des airs grecs célèbres, les conversations y commencent par « Kalimera » (bonjour) ou « Kalispera » (bonsoir).

 

Les tenanciers sont des « figures » de Zeytinli, il y avait « madame » à présent décédée et dont le fils a repris l’affaire, le lieu de rendez-vous de la gente féminine, un couple charmant, pas tout jeune et à l’accent chantant tient le second café, le dernier est occupé par un homme un peu rustre … et où les clients se font plus rare.  

 

  

Quel est donc ce café qui ressemble étrangement au café turc ? Le dibek est en fait un mortier de bois qui sert à moudre les fèves de café.

 

Une fois réduites en fine poudre, elles sont mélangées avec l’eau et le tout est bouilli sucré ou pas, selon la demande du consommateur.

 

                

Dans ce village, on peut aussi déguster du sakız muhallebi qui est en fait une spécialité turque….

 

C’est un dessert à base de lait et de gomme arabique absolument exquis qui se déguste recouvert d’un soupçon de cannelle.

 

        

Il y avait à Zeytinli deux fabriques d’huile d’olive, un moulin à eau, un autre à vent et un atelier qui produisait des tuiles.

 

En se promenant dans les ruelles étroites du village, nous avons découvert deux anciens lavoirs comme on en trouve partout ici. Ils sont composés de quelques bassins de pierre peu profonds où le linge était frotté, d’une fontaine où l’eau continue de couler inlassablement et d’un conduit de cheminée destiné à faire bouillir cette eau.

 

  

Le chemin qui monte après le deuxième lavoir mène vers… une 3ème église, Aya Dimitri Kilisesi, resplendissante au soleil dans sa robe blanche.

 

  

            

Zeytinli est l’ancien village grec qui compte encore le plus d’habitants, une petite dizaine de turcs y habite dont un peintre venu s’y installer en 1992 après avoir habité près du Bosphore… et qui m’a gentiment ouvert les portes de son jardin pour y découvrir le paysage environnant.

 

En 1990, sa population se montait à 155 personnes, à présent elle s’établit en-dessous de 100 durant les mois d’hiver…

   
                                                Cette demeure est bien habitée

                       

 

 

La vie est bien plus perceptible ici que dans d’autres lieux que je vous ferai découvrir les prochains jours.

 


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