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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 06:30

Quand la vue embrase le Bosphore des hauteurs de mon quartier de Cihangir, elle croise et s'arrête sur une tour élevée au milieu des eaux près du quartier d'Üsküdar sur la rive asiatique d'Istanbul.

Il s'agit de Kız Kulesi, la tour de Léandre, dont les couleurs chatoyantes au soleil couchant semblent lui donner encore plus de mystère.


  

Deux légendes entourent en fait ce lieu. La première laissait croire longtemps que Léandre, personnage de la mythologie grecque, y est mort noyé qu'il traversait le détroit du Bosphore pour aller rejoindre la prêtresse Hero, sa maîtresse comme il le faisait chaque nuit. En fait, cette tragique légende est située près d'Abydos, dans les Dardanelles.

   

La seconde histoire rattachée à cette tour lui vaut son nom turc de Kız kulesi, la tour de la fille ou de la Vierge. Une prophétesse avertit un roi que sa fille, princesse d'une grande beauté, allait mourir à la suite de la morsure d'un serpent.

Pour éviter cette fin, le roi fit construire cette tour sur les eaux du Bosphore et y cacha sa fille. Son prétendant fit livrer à la jeune et princesse un panier de fruits dans lequel le reptile fut caché... La belle mourut comme la prédiction le disait...


            

Cette tour, qui aurait été fortifiée au XIIème siècle, a été utilisée pour défendre l'accès du Bosphore lors du siège de Constantinople.

 

Mais elle servit aussi de phare, de sémaphore, de lieu de quarantaine, de poste de douane, de maison de retraite pour les officiers de la marine. Une restauration y a été entreprise à la fin des années 90. A présent, elle abrite un restaurant. 

  

On y accède par bateau d'Ortaköy de jour ou de Kabataş en soirée. La situation de cet îlot est très particulière et la vue de toutes parts est fantastique. On y voit la pointe du sérail, Topkapı, Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue. 

 

En face, la tour de Galata dépasse de la colline de Beyoğlu, à droite le pont sur le Bosphore et la mosquée d'Ortaköy toute proche.

 

 
Elle fait partie en tout cas des images d'Istanbul. Attention toutefois lorsque vous irez, car il y souffle en permanence un vent qui non seulement décoiffe mais vous fait presque vous envoler par moments.   

 

                    

 

        


                           


















 













         





 

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18 juillet 2008 5 18 /07 /juillet /2008 06:40

Lorsque j'ai découvert cette ville en septembre 2007, je ne pensais pas trouver autant d'intérêt et de plaisir à l'arpenter en tous sens. Elle était alors en pleine cure de jouvence et pourtant  je la trouvais déjà attachante, séduisante.

Cette cité de plus de 100 000 habitants est située en Anatolie Centrale, à l'Est d'Ankara.



Tokat


Tous les envahisseurs de l'Anatolie sont passés par là, des Hittites aux Mongols, entre temps les Perses, Alexandre le Grand, les Romains, les Byzantins, les Seldjoukides et j'en oublie. Tokat a tenu une place importante, située à la croisée de voies commmerciales.

Les communautés juives, arméniennes et grecques y étaient particulièrement représentées. 

Son charme ne se découvre pas au premier abord. Une avenue interminable traverse la ville de part en part. D'un côté, un promontoire rocheux en haut duquel la fortereresse s'élève au-dessus de la vieille ville.

   

De nombreux monuments et habitations éveillent la curiosité. La medrese Gök, autrement dit l'école coranique bleue, par exemple. Construite en 1277, son nom évoque le ciel (gök), terme turc qui désigne le bleu et ici, la couleur des céramiques qui la composent.

 

Aujourd'hui, ce charmant bâtiment abrite un musée que je n'ai malheureusement pas eu le loisir de visiter cette fois-ci.

  

                    

Tout proche, le taş han, ancien caravansérail et atelier ottoman ; je n'ai aucune peine à recréer dans mon imagination la vie qui devait l'animer du temps de sa splendeur.
             


                  

Derrière cette bâtisse qui laisse rêveur, les ruelles abritent d'anciennes maisons ottomanes ainsi que des échoppes où l'artisanat local est bien représenté.

 

C'est surtout le cuivre qu'on travaille par ici mais également le yazma, cet art anatolien ancestral d'impression sur tissus à partir de pochoirs, de teintures et de tampons. Ce sont essentiellement des foulards et des nappes réalisées ainsi.

     

Là encore, j'aurais aimé passé bien plus de temps pour découvrir ces richesses.

Je grimpe doucement, traînant mon regard dans ces ruelles aux maisons ottomanes, où les enfants sont surpris de voir cette étrangère toute seule qui parle aussi leur langue et qui les fait rire.

 

Des femmes sont en train de préparer des dizaines de gözleme (pâte fine qui sera farcie au fromage, à la pomme de terre, à la viande par exemple, puis refermée sur elle-même telle une pizza calzone et cuite en quelques minutes à peine). On m'en prépare une au fromage à déguster immédiatement, brûlante, emballée dans du papier journal.

   

  
                                        Eğlinize sağlık hanım efendiler

Il y a quelques mosquées intéressantes cachées çà et là dans la vieille ville. Et à côté de l'Ulu Camii, l'une d'entre elles située tout en haut, en direction de la citadelle, une place de jeux. Une voix cristalline s'élève derrière moi, je reste scotchée.
                   

             L'Ulu Camii et une vue intérieure - son architecture s'intègre dans la tradition locale
                    

Un garçon d'une dizaine d'années à la voix d'or, perché sur son vélo et accompagné d'un copain ! J'en ai la chair de poule, les larmes me montent aux yeux, un gamin dont la voix mériterait d'être entendue par des spécialistes, des connaisseurs, une voix rare, un timbre, un ange vient de passer... J'ai échangé quelques paroles avec lui, pourquoi n'ai-je pas eu le réflexe de prendre ses coordonnées, même pas une photo... je m'en mords encore les doigts.

Après ce moment d'intense émotion, je redescends sur l'avenue principale pour découvrir Latifoğlu Konağı, demeure historique du XIXème siècle, une des plus belles en Turquie. Pas de chance, elle est fermée pour restauration... Après discussion, le responsable accepte toutefois de me laisser entrer et de me montrer une partie des pièces. Un vrai régal qui me donne encore plus envie de revenir à Tokat.

  
         
 
 
                
                      Cette maison mériterait un article à elle toute seule, une pure merveille !



De l'autre côté de l'avenue, un peu difficile à trouver, la maison d'Atatürk récemment restaurée et ouverte au public. Elle abrite un musée ethnographique depuis quelques mois à peine. Encore une belle construction typique, qui correspond à mes critères de beauté en la matière.


            

Un autre régal pour l'estomac cette fois, la spécialité locale, le Tokat kebabı à ne manquer sous aucun prétexte. C'est une brochette d'agneau et d'aubergine cuite à la verticale dans un four à bois.

 

Le jus de la viande arrose le légume et l'on rajoute en fin de cuisson tomates et poivrons... ainsi que de l'ail grillé servi en gousses, je me lèche encore les babines en évoquant ces moments...


           

Je dois absolument revenir dans cette ville au charme méconnu, où les touristes étrangers sont si rares, ce qui n'est pas fait pour me déplaire. Dans ces coins déjà reculés du pays, lorsqu'on ose aller à la découverte de ses richesses, quelle récompense !

    

 

J'y suis restée deux jours et cela ne m'a pas suffi pour dire. Les masseurs les plus réputés en Turquie viennent tous de Tokat, eux aussi je n'ai pas eu le temps de les voir... et de les tester.

 

 


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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 05:52

Après le billet sur les portes d’Istanbul   et cet autre sur les robinets et fontaines de la ville,  , je souhaitais compléter la série avec… des fenêtres et balcons.


               
 

Pourquoi, tout simplement car c’est de là que l’on voit ou qu’on est vu, qu’on peut épier en se cachant derrière le rideau ou un carreau…ou bien se montrer, pavaner !


                  


Sur la belle île de Büyükada
   où j’aime tant me promener, c’est une invitation permanente à découvrir des fenêtres de toutes sortes, des balcons et terrasses au charme parfois suranné.

 

 

              

Tout comme les portes, ces fenêtres ont une histoire. De temps en temps, les vitres sont abîmées par le temps, souvent elles étincellent et resplendissent au soleil. Leurs formes sont si diverses et variées, de la plus classique à la plus à la plus affriolante comme une femme qui vous envoûte… naturellement.

                


Les balcons et terrasses vous donnent envie de s’y asseoir pour prendre le temps comme on sait le faire si bien en Turquie. Un thé à la maison, vous regardez les nuages (lorsqu’il y en a), les massifs de fleurs qui apportent leur touche à la beauté des alentours.


 


Vous écoutez les sabots des chevaux qui passent dans la rue, tirant les calèches remplies de personnes heureuses de passer quelques heures en ces lieux,…

                 


Les fenêtres, les balcons et les terrasses laissent libre cours à votre imagination. Derrière ces rideaux, que d’histoires, des tranches de vie, des amours passionnés… ou passés.
               
 

Selon la hauteur où vous trouverez, vous semblez dominer un peu la situation, être en position de force. Mais il fait si bon également vous retrouver au même niveau que les autres, être plus humble et plus humain.

                 


Ce n’est pas parce que vous croyez conquérir ainsi le monde du haut de cette fenêtre ou de ce balcon que c’est le cas.

                         
          Rassurez-vous ma p'tite dame, ce n 'est pas à vous que je m'adresse en ces termes...

 

 


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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 06:11


La Turquie occupe la 59ème position mondiale pour son taux d'inflation (8,39 % en 2007) alors que dans les années 90, elle était en 4ème ou en 7ème position...

Cette année, le taux annoncé par les instituts de statistiques sera plus proche des 10 % officiels. Au quotidien, c'est autre chose.

Quand on sait que l'électricité vient d'augmenter de 22 % ce 1er juillet, on peut se poser des questions.  Avec ça, on va être branché !

   
                          Factures de gaz, d'électricité, d'eau, tout augmente !


L'essence en Turquie est plus chère que dans tous les pays européens.

Ici comme ailleurs, le panier de la ménagère est rempli de certaines denrées ou d'objets qu'on n'utilise pas tous les jours.

Dans tous les pays, l'inflation grimpe de façon inquiétante. Pourquoi ne pas revenir à des systèmes d'échanges commerciaux comme il y a des siècles, sans argent. Tu me donnes du blé, je te donne du sucre en contrepartie . Les dérapages seraient peut-être maîtrisés un tant soit peu.

   

On peut aussi vivre d'amour et d'eau fraiche, c'est bien moins onéreux...

La Turquie arrive en 55ème position des pays les plus riches au monde avec un PNB de 10 738 USD par habitant, le plus élevé étant une fois de plus le Luxembourg qui affiche 117 231 USD, la France en 18ème position, l'Allemagne en 19ème.

Par contre, s'il existait un classement de la richesse d'un pays par rapport à son hospitalité et à la chaleur des gens qui le peuplent, la Turquie serait sans nul doute dans le tiercé de tete, peutêtre même sur la plus haute marche...

Ce billet, je le voulais un peu aigre-doux volontairement. Tout cela pour dire que même si tout n'est pas rose (d'ailleurs où est-ce que ça l'est ?), la notion de richesse... ou de pauvreté ne peut pas seulement se comptabiliser sur le contenu d'un portefeuille ou de certaines apparences mais de quelque chose de bien plus profond et de réel, l'etre humain.
                                 

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Published by Nat - dans Economie
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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 06:40


On célèbre aussi la Fête Nationale Française en Turquie. Cet évènement annuel a lieu dans le somptueux décor du Palais de France à Beyoğlu, le lieu de résidence du représentant consulaire de l'Etat à Istanbul.

   

Après avoir montré patte blanche pour vérifier si vous êtes bien inscrit sur la longue liste et passé le contrôle de sécurité, vous pouvez traverser une partie du Palais.

 

C'est Madame Christine MORO, Consule Générale de France, son époux Louis MORO, Monsieur Alain DUBUY, Consul Général  Adjoint,  Monsieur le Général Jean-Claude MARBEC (en poste à l'OTAN à Izmir) ainsi que son épouse Madame Fatiha MARBEC, qui accueillent les 2000 invités. Un accueil personnalisé pour chaque hôte, on serre la main, un petit mot gentil de bienvenue.

 
De gauche à droite, Madame Moro, Consule Générale de France, son époux Monsieur Louis MORO, Monsieur Alain Dubuy, Consul Général Adjoint, Monsieur le Général Jean-Claude Marbec et son épouse

                         

Vous avez tout juste le temps d'admirer une des salles de réception qui donne sur le jardin où se tiennent les réjouissances que des garçons vous attendent déjà au pas de la porte pour vous proposer des rafraîchissements.

 


 

 

Des airs de Piaf et d'autres grands interprètes de la chanson française envahissent le jardin tout entier.

Pour vous faire patienter jusqu'au discours, des amuse-gueule vous sont offerts et les discussions vont bon train. On se retrouve avec les représentants des différents corps consulaires d'Istanbul, ceux des entreprises françaises implantées ici, les expatriés, les différents membres des communautés religieuses francophones,...

 

                    

 

Le personnel de service est fin prêt, tant les cuisiniers que les garçons qui vont remplir les verres de vin et les coupes de champagne.

  

  

   

Le discours commence avec un léger retard, saluer 2000 personnes prend tout de même un peu de temps....

C'est la première allocution du 14 juillet à Istanbul pour Madame la Consule Générale ; elle est faite en français mais également pour une grande partie du texte en turc, exercice difficile pour chaque nouveau diplomate. Les thèmes abordés sont entre autres la récente fusillade devant le Consulat des Etats-Unis à Istanbul, la Présidence française de l'Union Européenne durant 6 mois et qui vient de démarrer,  l'environnement. C'est d'ailleurs sur le thème de l'eau (Traces, reflets, échos de l'eau - Turquie/France) qu'a été réalisée la plaquette commémorative offerte à chaque invité à la sortie.

                 

L'hymne national français retentit, suivi par l'hymne national turc, moment d'émotion  !


 

                 
              Madame la Consule Générale chante aussi la Marseillaise comme il se doit

La déclaration est terminée et Madame MORO invite tout le monde à profiter du délicieux buffet, de la musique ! Et que la fête commence !

                   

 

Dans la douceur du soir, les convives apprécient les mets français et turcs proposés, discutent, échangent leurs cartes de visite et se donnent rendez-vous pour ce très agréable rendez-vous l'année prochaine.

 


 

 


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14 juillet 2008 1 14 /07 /juillet /2008 06:14

On ne peut parler de Pierre Loti sans associer le café qui porte le nom de cet ami et amoureux de la Turquie. La situation particulière de ce lieu juché sur les hauteurs du cimetière d'Eyüp est situé sur les contreforts de la Corne d'Or, un environnement de choix...


     
                          Le cimetière d'Eyüp en arrière-plan, au bord de la Corne d'Or

Il y a quelques années à peine, il fallait gravir les marches en suant à grosses gouttes pour s'y rendre. Depuis 2005, un téléphérique permet d'y accéder plus facilement à condition de ne pas avoir le vertige.
                  
  

 

Il grimpe en un rien de temps, longeant les tombes pour arriver à quelques pas du célèbre café.

Une maison de bois à l'intérieur typique, dehors des dizaines de petites tables d'où la vue, par temps dégagé, permet de voir le palais de Topkapı et les minarets de Sainte-Sophie.

 

C'est là que Pierre Loti, l'écrivain français turcophile, venait paraît-il se reposer à l'ombre des tonnelles lors de ses voyages à Istanbul.


   


                  



Ce lieu est prisé par les familles turques,
en particulier le week-end. On vient s'y promener, boire un thé en dégustant un simit.

 

Même en hiver, il est souvent difficile de trouver une place et il faut parfois patienter.



Les serveurs ont de quoi faire pour satisfaire les clients qui ne cessent d'affluer.

             

 

La promenade à travers le cimetière est particulièrement agréable.

 

Les tombes ottomanes aux formes différentes pour les hommes et les femmes sont belles à regarder. Leurs formes, leur implantation au milieu de la végétation et elles font bon ménage avec les sépultures actuelles.

 

               


     

Elles penchent parfois, sont plus ou moins proches les unes des autres et donnent une image de désordre presque joyeuse. Même si un tel endroit est plutôt synonyme de peine et de tristesse, ici c'est un lieu de promenade, de divertissement....aussi.

Essayez d'imaginer un café au milieu du Père Lachaise où l'on viendrait profiter du paysage...

            
 

                 


Tout près de l'entrée du café, quelques vendeurs ambulants comme partout. Un en particulier m'amuse toujours, celui qui vend du macun.

 

Cette pâte à base de miel et qui peut se trouver dans une diversité de parfums ou d'épices, a des vertus aphrodisiaques... On l'appelle d'ailleurs  "l'aphrodisiaque des sultans", le Mesir Macunu ! A consommer avec modération.....

    

Le vendeur de macun s'ennuie, mais aussitôt un client arrivé, il concocte la friandise avec dextérité.


              

 

Le café Pierre Loti est assurément un lieu où il fait bon se poser. Selon les heures, l'ambiance y sera différente, douce et tranquille de bon matin, plus animée durant la journée, particulière lorsque les muezzin environnants appellent à la prière et sans doute particulière au coucher du soleil ou la nuit venue.

 

 

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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 21:19


.... dans le "ravalement de façade" des anciens billets...

Pour y accéder, toujours dans la liste des articles récents, cliquer sur "liste complète" en haut aller sur la page 4, descendre jusqu'à "bonne année" !



             
                                      Ex magasin Vakko sur Istiklal Caddesi à Istanbul

Suite au prochain épisode...

Bonne nuit les petits !

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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 09:30

Après avoir publié récemment mon billet sur Pierre Loti, je n’ai pu m’empêcher de relire son œuvre la plus connue, Aziyadé.

 

Extrait :

 

Nous traversons en courant Sali-Bazar (Salı pazarı), Tophané (Tophane), Galata. Nous voici au pont de Stamboul. La foule se presse sous un soleil brûlant ; c’est bien le printemps, pour tout de bon, qui arrive comme moi je m’en vais. La grande lumière de midi ruisselle sur tout cet ensemble de murailles, de dômes et de minarets, qui couronnent là-haut Stamboul ; elle s’éparpille sur une foule bariolée, vêtue des couleurs les plus voyantes de l’arc-en-ciel.

Les bateaux arrivent et partent, chargés d’un public pittoresque ; les marchands ambulants hurlent à tue-tête, en bousculant la foule.

……Nous nous arrêtons à Stamboul, sur la grande place de Jeni-djami, devant la mosquée. Pour la dernière fois de ma vie, je jouis du plaisir d’être en Turc, assis à côté de mon ami Ahmet, fumant un narguilhé au milieu de ce décor oriental.

 

  
                               La mosquée de la Valide et la Jeni Djami ne font qu'une

Ce roman quasi biographique paraît en janvier 1879. C'est le premier livre d’un jeune marin rochefortais : Aziyadé, Stamboul 1876-1877.
L’auteur, Julien Viaud, n’est pas encore Pierre Loti. Mais la Turquie est déjà sa « seconde patrie », et l’amour pour Aziyadé une passion.

 

On a beaucoup écrit sur cette femme mystérieuse, sur l’impossibilité pour une musulmane de harem d’avoir eu pareille aventure amoureuse avec un chrétien de passage.

 

                

Loti croise treize ans plus tôt la route de celle qui donne le titre à son livre. Cette jeune femme circassienne appartient au harem d’un riche vieillard d’Istanbul. Elle rencontre d’abord le jeune officier à Salonique ; un amour interdit et impossible commence alors. Loti lui promet d’attendre son retour en Turquie puisqu’il doit s’y rendre.


Avec ce livre, on plonge dans le quotidien d'Istanbul, on y retrouve les bruits, les couleurs, les odeurs, le pouls de la ville. L'auteur y décrit ces quartiers que je connais bien, Foundoucli (Fındıklı), Eyoup (Eyüp) et Fanar (Fener).

 

Le récit se déroule sur fond historique et politique : le sacre tumultueux du sultan Abdülhamid, la crise des Balkans, le traité de San Stefano qui met la Turquie hors du territoire européen (!). Le turcophile Loti réussit à l'époque, avec cet ouvrage, à retourner l'opinion occidentale en faveur des turcs.... 

 

   
                                    Les caïques et les bateaux au temps de Loti

 

La fin de l’histoire est presque l’entière et triste vérité ; quand Loti reviendra à Istanbul  dix ans plus tard, il y apprendra qu’Aziyade est morte d’amour, ne pensant jamais le revoir. Sauf que l’auteur ne mourra pas au combat comme dans son livre…

Second extrait :

 

Aziyade te fait dire qu’elle ne vit pas sans toi ; qu’elle ne voit pas le moment de ton retour à Constantinople ; qu’elle ne croit pas qu’elle puisse jamais voir tes yeux façe à face et qu’il lui semble qu’il n’y a plus de soleil.

 

  
                   
                          Reproduction du livre "La maison de Pierre Loti à Rochefort" 

                               Loti dans le salon turc de sa demeure rochefortaise


Ce roman fait l’objet d’une suite titrée : Fantôme d’Orient paru en 1892.



 

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Published by Nat - dans Pierre Loti
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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 19:26


Si vous tapez à droite dans la case des articles récents, juste sous la pub, sur "liste complète", ensuite sur la page 4 et que vous descendez jusqu'au billet "joyeux Noël", à partir de ce dernier et jusqu'à la fin, les modifications d'écritures et les agrandissements de photos ont été faits.

Cela fait 6 articles de plus aujourd'hui dans l'air du temps ! A présent, repos !


          

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12 juillet 2008 6 12 /07 /juillet /2008 16:46

Bozcaada, dont le nom grec est Tenedos, est une petite île de 6 km de long sur la mer Egée et située à l'entrée du détroit des Dardanelles, à l'ouest de la Turquie. 

     Carte Bozcada
      
C'est aux abords de cette île, selon la légende, que le navire qui avait laissé le cheval de Troie dans la ville du même nom, se serait caché. Si l'on remonte dans le temps, Tenedos a été fondée par des Eoliens, tribu de la Grèce antique.

Elle a toujours fait l'objet d'âpres discussions par les puissances maritimes de Venise et de Gënes, également par les Byzantins et les ottomans, de part sa situation stratégique à l'entrée du détroit des Dardanelles.

Sa population actuelle se situe aux alentours de 2500 habitants, presque tous turcs et musulmans alors qu'en 1908, ses 5000 âmes étaient de langue grecque et orthodoxe. Par contre, en plein coeur de l'été, c'est entre 25 et 30 000 personnes qui occupent l'île. Pourtant, on ne les voit pas, où pouvent-ils donc bien se cacher, je me le demande encore.

 

Au moment de la Guerre des Balkans, l’île, occupée par les Grecs, leur appartient de 1912 à 1923. Elle sert de base aux forces anglaises et françaises lors de la Bataille des Dardanelles et redevient possession de la Turquie le 20 septembre 1923 à la signature du traité de Lausanne.

En arrivant par le ferry, on aperçoit immédiatement l'imposante forteresse du XVème siècle à l'entrée du port. Les habitations du seul bourg sont toutes regroupées tout autour de ce dernier, d'un côté plus turques et de l'autre... plus grecques. En effet, les maisons y sont blanches et les volets souvent bleus, comme là-bas !

 
                     

             

Une végétation opulente inonde les ruelles étroites et pavées où la recherche de l'ombre est la principale préoccupation pour s'abriter de l'intensité du soleil.

 

 

Tout le long de la rive sud, à l'opposé, de superbes plages de sable où l'on vient rôtir des heures durant car la baignade y est d'une fraîcheur insoupçonnable. Dommage car j'ai rarement vu une eau aussi belle et propre qu'à Bozcaada.

  

Deux mosquées et une église grecque, rarement ouverte, sont les représentantes religieuses de l'île, de même qu'un tout petit monastère grec dans les hauteurs face à l'une des plages les plus courues, celle d'Ayazma.

  

                                          L'église grecque et son clocher

                  

L’économie de l’île repose sur le tourisme et la viticulture car rien d'autre ne pousse sur cette terre argileuse.  Les vignes couvrent l’île sur 1065 hectares et Bozcaada est passé dans la littérature vinicole avec des raisins aux noms imprononçables tels que Çavuşüzüzmü par exemple.

 

Amateur de bons vins que je suis, mon palais n'a pas apprécié le goût très particulier de ces breuvages...

  

L'activité n'est pas très intense sur place, on vient pour se reposer, bronzer... et profiter ce jour de juillet 2007 d'un groupe folklorique de jeunes géorgiens qui ont effectué leur représentation sur la place principale.

    

                                

Vers la fin de l'après-midi, les touristes, turcs en majorité, réfléchissent à la composition de leur dîner, plutôt poissons ou plutôt spécialités grecques ? En fonction du choix, il faudra se diriger d'un côté ou de l'autre du village.


                                         

 

Les pensions sont nombreuses et pour toutes les bourses. De même, il est facile de se loger chez l'habitant à moindre coût même si aucune pancarte "pansiyon" n'est accolée devant les demeures. On reconnaît ceux qui recherchent un toit et on vous accoste complaisamment.

             

Bon séjour ! Vous repartirez frais et reposé après avoir passé quelques jours dans ce petit coin de paradis.

 


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