Du bretzel au simit

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Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 14 ans

77 prisons de Turquie présentent les productions de leurs détenus

Article publié dans le Petit Journal d'Istanbul - Edition du 16 mai 2016

 

Pour la 5ème année consécutive se tient actuellement à Istanbul et pour la première fois à l'embarcadère de Kadıköy – les années précédentes sur la place de la Liberté à Bakırköy - la foire aux produits et oeuvres artisanales fabriquées dans 77 prisons et centres de détentions turques.

Foire aux produits et oeuvres artisanales fabriqués dans les prisons de Turquie

Foire aux produits et oeuvres artisanales fabriqués dans les prisons de Turquie

Sur les 355 prisons que compte le pays - dont 291 fermées, 54 ouvertes et quelques établissements spécifiques - , 259 d'entre elles possèdent des ateliers de production dans lesquels l'an passé 45 000 détenus ont produit des denrées diverses et variées.

Foire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

Foire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

5ème Foire aux produits et ouvrages artisanaux fabriqués dans les prisons en Turquie à Istanbul

5ème Foire aux produits et ouvrages artisanaux fabriqués dans les prisons en Turquie à Istanbul

Ainsi, dans la prison “fermée” d'Uşak ce sont des vestes en cuir, dans celle de Konya des chaussures alors qu'à Niğde, on trouve les lampes traditionnelles turques, à Izmir des stores et à Mardin des bijoux traditionnels en argent pour ne citer que quelques exemples.

Vestes en cuir fabriqués par les détenus de la prison d'Uşak

Vestes en cuir fabriqués par les détenus de la prison d'Uşak

Dans les prisons dites “ouvertes” où les détenus sont obligés de travailler en vue de faciliter leur réinsertion et peuvent apprendre un métier s'ils n'en ont pas, les fabrications sont toutes aussi intéressantes qu'originales.

Foire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

Foire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

A Silivri par exemple, la production de champignons de couche a débuté il y a presque deux mois. Dans leur four, pas moins de 17 000 pains, destinés à alimenter les 10 prisons que comprend le campus carcéral, sont produits en moyenne quotidiennement mais aussi des gâteaux secs, les fameux “kurabiye” turcs.

 

A Edirne, toujours dans la prison “ouverte”, on produit du sucuk – saucisson fumé - , du pastırma – sorte de viande – grâce aux bovins élevés sur place mais aussi du riz, des oeufs, du miel,... vendus dans trois différents magasins de l'établissement pénitentiaire.

 

Sucuk fabriqués par les détenus de la prison "ouverte" d'Edirne

Sucuk fabriqués par les détenus de la prison "ouverte" d'Edirne

Dans celle “ouverte” de Dalaman – la 2ème plus ancienne de Turquie, ouverte en 1942 – on y exploite oranges et citrons et on y cultive tomates, concombres, aubergines, etc en plus de l'élevage de bovins. De même, différentes sortes de fleurs et de plantes vertes sont produites au sein de la jardinerie de cette prison.

Production d'oranges, de citrons et d'oeufs parmi d'autres produits issus de la prison "ouverte" de Dalaman

Production d'oranges, de citrons et d'oeufs parmi d'autres produits issus de la prison "ouverte" de Dalaman

A Ankara également dans la prison “ouverte”, l'imprimerie tourne à plein régime pour fabriquer les livres relatifs à la justice, mais aussi des cahiers scolaires, des carnets de notes,...

Livres et cahiers fabriqués par les détenus de la prison "ouverte" d'Ankara

Livres et cahiers fabriqués par les détenus de la prison "ouverte" d'Ankara

Cette idée du Ministère de la Justice de présenter à la population les productions réalisées au sein de l'univers carcéral a débuté à Ankara en 2001 puis s'est développée petit à petit.

 

A présent, tous les ans, de telles foires ont lieu dans la capitale turque, ainsi qu'à Izmir, Antalya, Elaziğ et Istanbul. Rize et Yozgat figurent également au programme des prochaines exhibitions.

Stand de la prison d'Elazig, roire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

Stand de la prison d'Elazig, roire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

Les statistiques établies entre 2006 et 2010 ont permis de constater qu'environ 40 % des détenus ayant travaillé durant leur incarcération ont trouvé du travail à la sortie. De nouvelles études sont en cours pour réactualiser ces données.

Stores fabriqués par des détenus de la prison d'Izmir

Stores fabriqués par des détenus de la prison d'Izmir

Les détenus qui travaillent dans ces ateliers de production propres aux prisons bénéficient de l'assurance sociale, d'un salaire et d'une participation aux bénéfices à la fin de l'année.

 

En outre, cette réinsertion par le travail est une étape importante et fondamentale de la réintégration sociale des prisonniers.

Kadıköy, Istanbul - 5ème Foire aux produits et ouvrages artisanaux fabriqués dans les prisons en Turquie

Kadıköy, Istanbul - 5ème Foire aux produits et ouvrages artisanaux fabriqués dans les prisons en Turquie

Cette année, c'est la prison “ouverte” de Maltepe qui est l'établissement organisateur, en collaboration avec la Division de la Promotion de la Direction des Foyers de Travail rattachée au Ministère de la Justice.

Production verrière fabriquée par les femmes détenues à la prison de Gebze

Production verrière fabriquée par les femmes détenues à la prison de Gebze

Les détenus de la prison de Sinop fabriquent des chemises...

Les détenus de la prison de Sinop fabriquent des chemises...

Les responsables de cette Direction souhaiteraient pouvoir disposer d'un appui dans un pays européen afin de pouvoir organiser une version plus réduite de cette foire (15 à 20 prisons) afin de présenter les produits culturels et artisanaux spécifiques aux régions turques (tapis, bijouterie, cotonnades, etc).

 

La foire est ouverte jusqu'au mercredi 18 mai inclus de 10 h à 20 h.

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René 16/05/2016 17:40

Oui cela existe aussi en France,mais à plus petite échelle et il n'y a pas d'ouverture vers l'extérieur.Des profs .animent des séquences (philo,maths) pour les détenus qui veulent préparer des examens . Il y a encore du "boulot" en France pour faire admettre la réinsertion .Beau travail,Nathalie,vous êtes une humaniste ?Cordialement

Nat 16/05/2016 18:12

Je connais certains "animateurs" qui interviennent dans les prisons en France mais c'est vrai que les actions de réinsertion sociales et professionnelles sont bien plus importantes en Turquie, cher René, comme quoi...

Jean-Pierre 16/05/2016 16:39

D

Vero 16/05/2016 12:39

Bonjour Nathalie ! Décidément, tu me surprendras toujours par la diversité des sujets que tu abordes dans tes articles. Très intéressant celui-ci, sur cette foire de présentation des réalisations de prisonniers turcs et sur ces intelligentes initiatives pour les occuper et les aider -certains- à réussir leur future réinsertion. Je me demandais si une telle foire existe aussi en France… je n'en ai jamais entendu parler. Bises et belle journée à toi.

Nat 16/05/2016 16:45

Le nombre de détenus ayant travaillé dans le cadre de ses productions pénitentiaires s'élève tout de même à plus de 40 000 personnes l'an passé, ce qui n'est pas négligeable. Si l'on ajoute tous ceux qui participent à d'autres activités rémunérés par le biais de conventions passées avec des entreprises extérieures plus toutes les autres, cela mérite je pense d'être connu. J'aimerais bien savoir s'il existe une telle foire en France, pour cela il faut déjà qu'il y ait ce genre de pratique, ce qui d'après mes informations, n'est de loin pas de mise Véro !