7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 16:32

A 7 kilomètres à peine du charmant village d'Ağlasun situé dans la province de Burdur s'étend, en plein coeur des montagnes du Taurus, un site antique d'un intérêt majeur et qui fait de plus en plus parler de lui ces dernières années, Sagalassos.

Chemin de l'agora supérieure et du nymphée antonin de Sagalassos

Chemin de l'agora supérieure et du nymphée antonin de Sagalassos

Ses vestiges, disséminés à une altitude comprise entre 1450 et 1600 mètres, démontrent que s'installer sur une montagne aussi abrupte n'est pas le fruit du hasard.

 

En effet, la proximité de dizaines de sources, la richesse géologique du sous-sol, que ce soit en argile utilisée pour la poterie, en pierre de taille de qualité et en minerai, constituent des atouts indéniables, tout comme la configuration des lieux qui en font une cité protégée et sûre.

Vue sur la montagne de l'agora inférieure de Sagalassos

Vue sur la montagne de l'agora inférieure de Sagalassos

Des traces de présence humaine remontant à 10 000 av. J.-C. et des premières sédentarisations vers 6500 avant notre ère ont été trouvées dans la région. A cette époque déjà, on y fabriquait de la céramique.

 

Les Louvites, peuplades Indo-Européennes, migrent vers l'Anatolie vers 2300/2200 et peu après 1200 av. J.-C., les Pisidiens vont peupler cette zone géographique.

 

Plus tard, la culture hellénique va se retrouver à Sagalassos qui devient rapidement une ville indépendante dotée d'institutions autonomes. 

Vue sur l'agora inférieure et la rue à colonnades de Sagalassos

Vue sur l'agora inférieure et la rue à colonnades de Sagalassos

Grâce à sa prise de contrôle de nombreuses vallées environnantes durant son histoire, Sagalassos bénéficie de la richesse des terres fertiles de la vallée d'Ağlasun et est reliée aux principales voies de communication anatoliennes pendant la période romaine, alors que la ville est à son apogée.

 

C'est l'empereur romain Auguste qui est assurément le personnage le plus influent de toute l'histoire de la région. Avec le 1er siècle de notre ère commence une période de grande prospérité pour la cité qui bénéficie d'investissements importants dont une route qui la relie à la mer, favorisant ainsi sa croissance.

 

L'économie de Sagalassos est basée sur la production et l'exportation de céréales et d'olives, de bois ainsi que d'une céramique de qualité à engobe rouge.

Les thermes impériaux de Sagalassos

Les thermes impériaux de Sagalassos

Probablement dans le cadre d'une de ses trois visites effectuées en Asie Mineure entre 124 et 132 ap. J.-C., l'empereur Hadrien décide de détacher la ville de la province de Galatie et de l'incorporer à celle de la Lycie-Phamphylie.

 

Ce choix va radicalement changer l'histoire de Sagalassos qui devient le siège du culte impérial pour toute la Pisidie et reçoit le titre honorifique de "Première ville de Pisidie."

 

L'activité économique et architecturale devient intense et c'est le début d'une prospérité qui perdure jusqu'au 3ème siècle.

Détail du nymphée antonin de Sagalassos

Détail du nymphée antonin de Sagalassos

Après les influences grecques et la frénésie romaine, Sagalassos connaît à partir du 4ème siècle de notre ère la christianisation qui s'accompagne d'importantes réformes politiques. C'est seulement un siècle plus tard que la christianisation devient visible à travers l'apparition d'églises.

 

Deux importants tremblements de terre survenus au début du 6ème et du 7ème siècle ainsi qu'une  épidémie de peste vers 541-542 vont entraîner le déclin progressif de la cité. Celle-ci continue néanmoins à compter des agriculteurs jusqu'au 13ème siècle, période où va se développer Ağlasun.

Péristyle de la villa urbaine de Sagalassos

Péristyle de la villa urbaine de Sagalassos

La ville va alors être entièrement abandonnée et ce n'est que le 20 novembre 1706 que l'on entend à nouveau parler d'elle grâce à Paul Lucas, diplomate français au service de Louis XIV qui redécouvre ses ruines lors d'un long voyage effectué sur ordre du roi en Grèce, en Asie Mineure, en Macédoine et en Afrique.

 

Jusqu'à la fin du 19ème siècle, les archéologues sont bien plus intéressés par les fouilles grandioses sur les sites antiques de la côte égéenne que par Sagalassos ; seul le comte polonais Karol Lanckoroński lui accorde un intérêt scientifique.

 

Quelques chercheurs s'intéressent à l'un ou l'autre aspect des vestiges au 20ème siècle mais c'est réellement à partir de 1983 que les choses s'accélèrent...

Détail d'un chapiteau ionique, Sagalassos

Détail d'un chapiteau ionique, Sagalassos

Marc Waelkens, professeur belge en archéologie à l'Université de Leuven, se rend à Sagalassos le 23 août 1983 en compagnie du Docteur Anglais Stephen Mitchell, initiateur d'un vaste projet appelé "Projet Pisidie".

 

Le Pr Waelkens ne sait pas encore, lors de sa première visite du site, qu'il va lui consacrer le reste de sa carrière, soit trente années. Il dirige d'abord quatre campagnes de fouilles sous la direction du Dr Mitchell puis obtient en 1990, en son nom propre, le permis de fouiller la cité et de prospecter le territoire.

 

Depuis la saison 2014, c'est le Pr Dr Jeroen Poblome, également de l'Université de Leuven et qui travaille sur Sagalassos depuis 1991 aux côtés de Marc Waelkens parti à la retraite l'an passé, qui a pris la relève de la direction des fouilles.

L'agora supérieure, le nymphée antonin et le théâtre de Sagalassos

L'agora supérieure, le nymphée antonin et le théâtre de Sagalassos

Dans le prochain article, nous visiterons ensemble ce site qui sort de l'anonymat et retrouve ses lettres de noblesse grâce à l'union des efforts réalisés par les spécialistes belges et turcs.

 

 

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 06:06

Dans les montagnes du Taurus qui séparent le plateau anatolien de la côte méditerranéenne, de nombreux villages traditionnels méritent le détour et tout particulièrement celui d'Ağlasun.

Situé dans la province de Burdur, à 7 kilomètres du magnifique site antique de Sagalassos,  il ne peut que ravir les amateurs de la Turquie profonde et authentique.

Dans les rues d'Ağlasun

Dans les rues d'Ağlasun

A 1140 mètres d'altitude, ce charmant village constitue un point de chute idéal pour découvrir la région en profitant d'un environnement rural et montagnard de toute beauté où la quiétude est le maître mot.

Sur la place centrale à laquelle on accède dès l'arrivée, le regard est immédiatement attiré par un gigantesque et superbe platane. Il serait vieux de 1000 ans et figure sur la liste des arbres classés.

Les anciens aiment venir s'asseoir sur un des bancs installés sous les imposants branchages pour faire la causette et observer les allées et venues. Quelques villageois y vendent fruits et légumes à l'abri du soleil.

Le platane millénaire d'Ağlasun

Le platane millénaire d'Ağlasun

A l'arrière du platane, le traditionnel jardin de thé constitue le lieu de rendez-vous incontournable d'Ağlasun.

Situé dans un environnement végétal fort agréable, il abrite quelques éléments de colonnes et de piliers romains, tous répertoriés au musée de Burdur, formant ainsi un décor original.

 

Dans le jardin de thé d'Ağlasun en Turquie

Dans le jardin de thé d'Ağlasun en Turquie

Dans le jardin de thé d'Ağlasun

Dans le jardin de thé d'Ağlasun

Pour connaître les attraits du village et des alentours, l'agence de développement Méditerranée Ouest a réalisé en 2011 plusieurs brochures fort intéressantes dans le cadre de la valorisation et la promotion des ressources culturelles et naturelles d'Ağlasun dans la perspective du tourisme durable.

Demeure d'Ağlasun

Demeure d'Ağlasun

Plusieurs promenades y sont proposées, permettant ainsi de découvrir les nombreuses demeures traditionnelles ainsi que quelques vestiges bien cachés.

Maison traditionnelle d'Ağlasun

Maison traditionnelle d'Ağlasun

Derrière la frêle porte en bois d'une propriété située tout près de la place centrale se trouve un hammam seldjoukide de proportions modestes et composé de deux pièces.

Il faisait partie d'un caravansérail construit vers 1220 ap. J.-C. dont il ne reste malheureusement plus d'autre trace à ce jour.

Derrière cette petite entrée en bois se trouve un des trésors d'Ağlasun

Derrière cette petite entrée en bois se trouve un des trésors d'Ağlasun

Ancien hammam seldjoukide d'Ağlasun

Ancien hammam seldjoukide d'Ağlasun

Le quartier de Bala au nord-est de la place regroupe une importante concentration de maisons traditionnelles dont les plus vieilles ne dépassent néanmoins pas 100 ans.

Construites en pierre et en brique crue, elles permettent de se faire une idée de l'architecture en milieu rural de la région.

Maison traditionnelle d'Ağlasun

Maison traditionnelle d'Ağlasun

Le rez-de-chaussée permet d'abriter les bêtes durant la période hivernale et sert également de lieu de stockage.

Les tâches domestiques ainsi que les pièces de vie se trouvent à l'étage supérieur. Celui-ci comprend souvent une terrasse extérieure permettant de sécher fruits et légumes accrochés en guirlandes.

Maison traditionnelle d'Ağlasun dans le Taurus

Maison traditionnelle d'Ağlasun dans le Taurus

Demeure typique d'Ağlasun

Demeure typique d'Ağlasun

Ağlasun était doté de nombreuses fontaines monumentales, toutes approvisionnées en eau par les sources de Sagalassos.

Au détour des ruelles, il est possible de voir les traces de certaines d'entre elles, parfois agrémentées de belles ornementations.

Restes d'une ancienne fontaine monumentale d'Ağlasun

Restes d'une ancienne fontaine monumentale d'Ağlasun

La plus ancienne propriété du village, également située à Bala, abrite dans sa cour de biens curieux vestiges.

 

Une fois déplacée une partie des bottes de foin qui l'encombrent en été, apparaissent, d'un côté un sarcophage datant de l'époque romaine décoré d'un buste féminin et d'un beau visage d'homme, et de l'autre une imposante fontaine.

Sarcophage romain dans une propriété d'Ağlasun

Sarcophage romain dans une propriété d'Ağlasun

Ancienne fontaine dans une propriété d'Ağlasun

Ancienne fontaine dans une propriété d'Ağlasun

Un four réutilisant partiellement une urne à crémation antique trône également là ainsi que quelques éléments en pierre dont l'un pourrait avoir servi de pressoir à huile ou à raisin par le passé.

Dans la cour de la plus vieille maison d'Ağlasun, ce sarcophage romain et ce four

Dans la cour de la plus vieille maison d'Ağlasun, ce sarcophage romain et ce four

La mule semble intéressée par cette pierre, peut-être un ancien pressoir - Ağlasun, Turquie

La mule semble intéressée par cette pierre, peut-être un ancien pressoir - Ağlasun, Turquie

Le vendredi, Ağlasun est animé par son marché hebdomadaire particulièrement typique.

 

Les femmes revêtues de şalvar - pantalon bouffant traditionnel - sont nombreuses à y tenir de minuscules stands, parfois à même le sol, où elles proposent leur marchandise.

 

L'ambiance y est bon enfant et permet de faire provision de délicieux produits de la région à moindre coût.

 

               

Au marché du vendredi à Ağlasun,Turquie

Au marché du vendredi à Ağlasun,Turquie

Quelques anciens d'Ağlasun en grande discussion

Quelques anciens d'Ağlasun en grande discussion

Ağlasun est assurément un petit coin de pays où il fait bon vivre et qui offre la possibilité de s'oxygéner en alliant repos, belles balades et nombreuses découvertes culturelles dans la région.

 

 

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 14:07

C'était aujourd'hui le dernier jour d'ouverture de Pando, le célèbre kaymakçı de Beşiktaş à Istanbul, et l'occasion d'y déguster de délicieux petits déjeuners et surtout le kaymak-bal, en l'occurrence de la crème de lait épaisse et onctueuse nappée de miel de fleur.

Ce matin, devant Pando à Beşiktaş, la file d'attente ne désemplissait pas

Ce matin, devant Pando à Beşiktaş, la file d'attente ne désemplissait pas

En 1895, la famille Şestakov, qui a émigré de Manastir en Bulgarie à Istanbul, décide d'ouvrir en plein coeur du quartier commerçant de Beşiktaş cette adresse qui allait devenir ces dernières décennies une parmi les plus courues de la ville en la matière.

A l'époque, il y a beaucoup de "kaymakçı" en ville, que ce soit à Bebek, à Rumeli Hisarı, à Kabataş, à Fındıklı ou à Tophane. Tous vendaient du lait, du kaymak, des yaourts et du beurre.

Pando surveille ses dernières tablées

Pando surveille ses dernières tablées

Il y a 91 ans naissait Pando, dans une petite rue de Beşiktaş située à quelques pas du magasin.

En 1958, c'est lui qui reprend les affaires de ses parents et grands-parents en compagnie de sa délicieuse épouse Yuhanna. Du temps de son père, la boutique s'appelait Hayat süthanesi et c'est la population qui finit par lui donner son nom actuel de Pando kaymak.

 

Pando, une illustre figure de Beşiktaş

Pando, une illustre figure de Beşiktaş

Yuhanna, l'épouse de Pando

Yuhanna, l'épouse de Pando

Les 3-4 tables à l'intérieur et les quelques autres nombreuses en terrasse sont toujours occupées, été comme hiver. On vient parfois de loin pour s'y attabler.

 

Hélas, le local ne leur appartient pas et Pando se retrouve aujourd'hui expulsé par le propriétaire des lieux. Ce dernier n'a pas accepté la proposition de doublement du loyer faite par son locataire et préfère sans doute laisser la place à une marque étrangère dont il profitera bien plus...

 

La mobilisation des réseaux sociaux ainsi que du groupe de soutien qui s'était formé autour du couple n'y ont rien changé.

Pando au milieu de ses spécialités

Pando au milieu de ses spécialités

Pando et une de ses plus jeunes dernières clientes

Pando et une de ses plus jeunes dernières clientes

Avant l'ultime baisser de rideau, les fidèles se sont donné rendez-vous en masse aujourd'hui pour une dernière dégustation et pour assurer Pando de leur amitié.

 

La file d'attente ne désemplit pas dans la rue et nombreux sont ceux qui emportent avec eux un paquet rempli de kaymak préparé avec amour par Yuhanna.

 

Devant la vitrine de Pando à Beşiktaş, 24 août 2014

Devant la vitrine de Pando à Beşiktaş, 24 août 2014

Malgré son âge avancé, Pando veille, comme à son accoutumée, à ce que tout se passe bien au niveau des commandes et du service.

Le verbe haut, le regard furetant en permanence autour de lui, une serviette sur l'épaule et un verre de thé à la main, il mène de mains de maître sa petite équipe qui a fort à faire.

Dernières discussions entre Pando et ses clients

Dernières discussions entre Pando et ses clients

Derrière la vitrine, Yuhanna jongle une dernière fois avec adresse entre les verres de lait froid ou chaud, les assiettes de kaymak et de miel ainsi que la caisse.

Pendant ce temps, en cuisine, on s'affaire pour préparer omelettes et oeufs cuits au beurre, nature ou au fromage, également des must de cette adresse.

Yuhanna prépare ses dernières commandes de kaymak...

Yuhanna prépare ses dernières commandes de kaymak...

... tout en servant maints verres de lait froid ou chaud

... tout en servant maints verres de lait froid ou chaud

Même si ces braves et charmants commerçants méritent bien leur retraite, il est triste de constater qu'une nouvelle page d'histoire se tourne aujourd'hui à Istanbul.

 

Il ne restera bientôt plus que le souvenir de telles enseignes uniques, appréciées par la population pour leur authenticité, la qualité de leurs produits et l'ambiance chaleureuse qui y règne.

 

 

 

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17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 15:54

La petite ville égéenne de Tire située à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Selçuk est essentiellement connue et courue pour son traditionnel marché du mardi, un des plus typiques de Turquie.

 

Elle récèle aussi de nombreux trésors cachés, vestiges de la période ottomane, et qui lui confèrent un attrait tout particulier.

Rue de Tire

Rue de Tire

Cour de Tire

Cour de Tire

Dans les ruelles étroites et pentues de la vieille ville se trouvent de nombreuses anciennes demeures traditionnelles. Couvertes de toits de tuiles, parfois agrémentées de jolis moucharabieh, certaines ont fait l'objet de travaux de restauration, d'autres s'en verraient enrichies...

 

 

Ancienne demeure de Tire

Ancienne demeure de Tire

Maisons de Tire

Maisons de Tire

Plusieurs mosquées méritent d'être visitées, notamment Yeşil İmaret camii, connue également sous le nom de Yahşi Bey camii, première mosquée en Turquie érigée avec un demi-dôme. Halil Yahşi, commandant sous les ordres du sultan Murat II, a ordonné sa construction en 1441.

 

Yeşil İmaret Camii, Tire

Yeşil İmaret Camii, Tire

Son minaret orné de faïences vertes est à l'origine de son nom le plus usité. Cet édifice a servi durant un temps de lieu d'ermitage à des derviches tourneurs.

 

Yeşil İmaret Camii, Tire

Yeşil İmaret Camii, Tire

Le complexe de Yoğurtluoğlu qui date du XVème siècle abrite la mosquée du même nom ainsi qu'une ancienne medrese - école coranique - qui ont fait l'objet d'une restauration complète en 2005.

 

Les coupoles de plusieurs hammams se dessinent au hasard de la promenade. Deux d'entre eux parmi la vingtaine que comprenait Tire ont été remis en état ; dans l'un des deux sont exposées à présent d'anciennes machines à tisser et l'autre appelé "Eski-yeni hammam" (littéralement "ancien-nouveau"), construit au XVème siècle est le seul actuellement en service de nos jours. Ce dernier avait déjà été réhabilité une première fois en 1876 pour une somme de 6952 kuruş.

 

Eski-yeni hammam, Tire

Eski-yeni hammam, Tire

Second hammam restauré à Tire

Second hammam restauré à Tire

Un hammam de Tire parmi bien d'autres...

Un hammam de Tire parmi bien d'autres...

Le bedesten, autrement dit ancien marché couvert, abrite encore une cinquantaine de commerces qu'il est agréable de découvrir. Appelé aussi "Kapan han", ses deux portes d'accès étaient chaque fois refermées à l'heure de la prière du soir.

 

Bedesten, Tire

Bedesten, Tire

Bedesten de Tire

Bedesten de Tire

Tout près de là, les vestiges du "Kutu han", caravansérail construit en 1441, sont envahis d'herbes folles. A l'origine, trois niveaux composaient l'édifice avec 80 magasins. Deux graves incendies survenus en 1857 et 1916 ont provoqué de gros dégâts... et malheureusement sa perte. Il semblerait qu'une remise en état soit projetée...

 

Kutu han, Tire

Kutu han, Tire

Il est possible d'entrer dans la cour de "Çöplüce han", un autre petit caravansérail édifié également au XVème siècle, doté d'un étage seulement et de 23 pièces. Aujourd'hui, quelques chaises permettent d'y boire un thé au milieu de la vigne vierge et de rosiers grimpants.

 

Çöplüce han, Tire

Çöplüce han, Tire

Le musée de Tire ouvert en 1946 abrite une collection d'objets et de monnaies antiques ainsi qu'un département ethnographique permettant de mieux connaître le passé récent des habitants de la ville.

 

Plusieurs cafés très agréables, dont Ali Efe, le plus connu situé dans les hauteurs de la vieille ville, permettent de profiter de la pause pour observer les anciens, la tête recouverte d'un béret ou d'une casquette, palabrer des heures durant autour d'une table.

 

Au café Eli Efe à Tire

Au café Eli Efe à Tire

Ne quittez pas cette sympathique petite ville sans avoir goûté aux délicieux köfte de Tire accompagnés d'un ayran maison, ce yaourt liquide additionné d'eau et de sel et particulièrement rafraîchissant... Afiyet olsun ! Grand bien vous fasse !

Köfte de Tire, la spécialité locale

Köfte de Tire, la spécialité locale

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 10:46

La Turquie ne manque pas de marchés colorés et typiques. Dans la région égéenne, le plus représentatif est assurément celui qui se tient tous les mardis dans la sympathique petite ville de Tire, à 38 km au nord-est de Selçuk.

 

 

                                           Marché de Tire, Turquie

Marché de Tire, Turquie

Plus de 1700 producteurs issus d'une soixantaine de villages aux alentours se retrouvent là pour ce rendez-vous hebdomadaire où les meilleurs produits du terroir sont proposés.

                                            Au marché de Tire

Au marché de Tire

 

Les clients n'hésitent pas à faire des dizaines de kilomètres pour remplir leurs paniers de délicieux fruits et légumes, d'herbes et plantes qu'on ne trouve parfois ailleurs, mais également de produits laitiers, de pains paysans et d'autres victuailles en tous genres.

                                                 Marché de Tire en Turquie

Marché de Tire en Turquie

Les touristes qui ont la chance de découvrir ce marché qui compte parmi les plus authentiques du pays ne seront pas déçus.

 

 

                                             Jour de marché à Tire

Jour de marché à Tire

Les trottoirs des rues principales mais également les innombrables ruelles étroites sont utilisés par les commerçants qui installent leur marchandise dès le lever du jour.

 

                                     Mardi, jour de marché à Tire

Mardi, jour de marché à Tire

Que ce soit sur des toiles posées à même le sol, dans des cagettes débordant de produits ou sur des étalages plus conventionnels, tout est bon pour vendre.

                                 Au marché hebdomadaire de Tire

Au marché hebdomadaire de Tire

Après avoir humé et goûté à des fruits de saison ou à quelques olives, rien de tel pour observer tranquillement l'ambiance des lieux qu'en s'attablant à un des nombreux cafés situés sur le parcours.

Le spectacle est omniprésent au marché de Tire. Bon nombre de femmes portent le şalvar, ce pantalon bouffant traditionnel. Ici, les visages sont grillés par le soleil, les mains abîmées par le dur labeur, et les tenues colorées.

                                          Au marché de Tire

Au marché de Tire

Cette ville comporte encore bien d'autres attraits que nous découvrirons lors d'un prochain billet.

 

 

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 16:26

Parmi les images emblématiques d'Istanbul figure en bonne place la magnifique mosquée Mecidiye, plus connue du public sous le nom de mosquée d'Ortaköy et située à côté du premier pont qui enjambe le Bosphore.

 

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                              Mosquée Mecidiye à Ortaköy, Istanbul

 

Sa réouverture officielle, après plus de trois ans de travaux de restauration, a eu lieu le 6 juin 2014 à l'occasion de la grande prière du vendredi et en présence du Premier Ministre.

 

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              Dans la salle de prière de la mosquée Mecidiye d'Ortaköy à Istanbul                 

 

Le sultan Abdülmecid Ier donne ordre de construire ce lieu de culte de style néobaroque en 1854 au célèbre architecte arménien Nikogos Balyan. Ce dernier est également connu pour avoir réalisé la mosquée de Dolmabahçe et cosigné avec son père Garabed Balyan la réalisation du palais du même nom, tous deux situés à quelques centaines de mètres à peine d'Ortaköy.

 

Deux années sont nécessaires pour édifier la mosquée Mecidiye sur les rives du Bosphore, dans ce village de pêcheurs du nom d'Ortaköy.

 

  2014 5336 copy 2

                                     Ortaköy, son pont et sa mosquée...

 

L'intérieur de la mosquée est constamment baigné de lumière grâce à la combinaison de l'eau et du ciel qui lui confère un cachet à la finesse tout particulière.

 

                    2014 5355 copy

                               Minbar de la mosquée d'Ortaköy à Istanbul

 

En 1894, un grave tremblement de terre fragilise les fondations de la mosquée et en 1984, un incendie occasionne également d'importants dégâts. Deux premières séries de travaux de réhabilitation sont alors réalisées pour parer au plus pressé.

 

Entre 2011 et 2014, ce sont finalement plus de 3,5 millions d'Euros, soit plus du double de l'estimation initiale, qui sont dépensés pour mener à bien cette nouvelle restauration d'envergure qui permet à la mosquée Mecidiye de retrouver son éclat d'antan.

 

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                                      Bienvenue à la mosquée d'Ortaköy !

 

Pas moins de 50 artisans se relaient ainsi sur place tous les jours durant plus de trois ans !

 

Les façades extérieures tout comme les deux minarets, particulièrement ternis sous l'effet de la pollution ambiante, font l'objet d'un sablage complet.

 

Le sol en béton armé est remplacé par un parquet, la coupole originale est consolidée par une double paroi en béton armé et des pieux sont forés dans les fondations pour les renforcer contre les risques de tremblement de terre.

 

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                                Décor raffiné de la mosquée d'Ortaköy à Istanbul

              

De nouvelles fenêtres sont conçues pour protéger ce lieu de culte de l'air et de l'eau, l'ornementation en fer forgé de chaque fenêtre est remise en état ; la décoration de la coupole est totalement refaite à la feuille d'or.

 

Qu'il s'agisse aussi des remises en peintures intérieures et extérieures ou du remplacement des portes en bois et des tapis, rien n'est oublié !

 

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                          Coupole de la mosquée Mecidiye d'Ortaköy à Istanbul

 

Les innombrables touristes qui affluent en permanence dans ce coin d'Istanbul ne manqueront pas de se rendre dans cette mosquée à la décoration raffinée et dont les superbes lustres ne sont pas sans rappeler ceux visibles dans de nombreux palais.

 

 

 

 

 

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 16:35

Suite au décret impérial du 6 janvier 1830 signé par le Sultan Mahmut II qui reconnaît les privilèges et immunités accordés aux communautés chrétiennes de l'Empire ottoman, les Arméniens Catholiques d'Istanbul élisent leur Patriarche.

 

Ils unissent ensuite leurs efforts pour construire à Constantinople Saint-Sauveur de Galata - Sur Pırgiç -, leur première église nationale qui sera suivie de 11 autres lieux de culte.

 

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          Entrée de l'église arménienne catholique Saint-Sauveur (Surp Pırgiç) à Galata, Istanbul

 

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Le quartier de Kemeraltı est habité par des notables et des familles aisées de la communauté et ceci explique l'emplacement choisi. Au départ, le choix se porte sur Pera où résident la plupart des fidèles mais quelques obstacles obligèrent à envisager la construction dans un quartier plus éloigné.

 

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             Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur (Surp Pırgiç) à Galata, Istanbul

 

Le Sultan Mahmut II signe en septembre 1831 l'autorisation d'ériger cette église, décision ensuite soumise aux différentes autorités politiques et urbanistiques. Les propriétaires des 10 maisons existant sur l'emplacement choisi, tous catholiques, sont indemnisés.

 

Après la démolition de ces immeubles, la dimension mentionnée dans le Décret impérial n'étant pas atteinte, il faut acheter un terrain voisin afin de pouvoir construire à la fois l'église, le baptistère ainsi que la salle de réunions prévus dans le projet.

 

                      2014 1520 copy

Autel principal de l'église arménienne catholique Saint-Sauveur (Surp Pırgıç) à Galata, Istanbul

 

Les travaux de creusement des fondations sont interrompus en raison d'une épidémie de peste emportant chaque jour des centaines d'habitants d'Istanbul.

 

Monsieur Bédros Yaghlikdjian, notable de la communauté, fait venir de Rome une image de la Sainte-Vierge. Celle-ci est promenée en procession dans le quartier de Galata sur ordre de l'autorité ecclésiastique et l'épidémie s'arrête net.

 

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 Autel du baptême de Jésus - Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

L'image miraculeuse de la Vierge portant dans ses bras l'enfant Jésus, tous deux couronnés, est exposée depuis lors sur un autel spécialement élevé dans l'église.

 

Chaque année, le 25 mars, l'image fait l'objet d'une procession solennelle à la fin de la Grand-Messe. A la fin du XIXème siècle, cette tradition est reportée au lundi de Pâques, tradition toujours encore respectée de nos jours.

 

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 L'image miraculeuse de la Vierge portant l'enfant Jésus de l'église arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

La pose de la première pierre a lieu le 12 mai 1832 en présence des Autorités religieuses des diverses confessions de la ville et de la foule de fidèles.

 

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  Saint-Pierre et Saint-Paul, église arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

Près de deux ans sont nécessaires pour la construction de l'église et des bâtiments annexes. Cet édifice, qui compte beaucoup pour la communauté arménienne catholique de la ville, érigé au prix de nombreux sacrifices, est consacré et ouvert au culte samedi le 13 janvier 1834, fête de la circoncision de Jésus.

 

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Autel de Notre Dame douloureuse, église arménienne catholique Saint-Sauveur (Surp Pırgıç) à Galata, Istanbul

 

Le nom de Saint-Sauveur donné à cette occasion fait référence au Christ, sauveur de l'homme.

 

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          Baptistère - Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur de Galata à Istanbul

 

L'église a bénéficié de deux restaurations importantes, l'une à l'extérieur entre 1959 et 1960 et l'autre à l'intérieur entre 1965 et 1966.

 

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                  Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul         

 

Le culte hebdomadaire a lieu tous les jeudis à 10 h 30 et chaque Lundi de Pâques à 11 h 30 se déroule la procession de la Vierge Miraculeuse.

 

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                    Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

Cet article a pu être publié grâce à l'aimable autorisation de Monseigneur Khazzoum, êvêque arménien catholique de Turquie.

 

 

 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 05:51

Jean XXIII et Jean-Paul II, les deux papes canonisés le 27 avril 2014 par l'actuel pape François, ont tous deux eu l'occasion de venir à Istanbul. Si le second s'y est juste rendu en visite le 29 novembre 1979, Jean XXIII, quant à lui, y a vécu durant presque une décennie.


Il arrive à Istanbul le 5 janvier 1935 en tant que délégué apostolique pour la communauté catholique de Turquie et de Grèce et y reste jusqu'en 1944.

 

                             55 juillet 1935 - Angelo Roncalli, photo Abdullah

Angelo Roncalli en juillet 1935 à Istanbul, photo des archives de la Fondation Jean XXIII à Bergame, Italie


Angelo Roncalli séjourne dans l'immeuble de la délégation - aujourd'hui nonciature - situé dans une petite rue tranquille à l'arrière de la cathédrale du Saint-Esprit. Cette voie porte d'ailleurs le nom de "Papa Roncalli Sokağı" depuis le 10 décembre 2000 suite à la décision prise à l'unanimité par le Conseil Municipal de la mairie de l'arrondissement de Şişli deux mois auparavant.

 

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             La rue "Papa Roncalli" à Istanbul et l'immeuble où il a séjourné de 1935 à 1944


Cet homme affable qui aime le peuple turc, comme il l'écrit dans son journal en 1939, apprend la langue turque et étonne les fidèles lors de la messe de Noël de 1935 en lisant l'Evangile en turc alors que le français était utilisé jusque là. A partir de cette date, lectures et prêches se font désormais en turc.


Durant son séjour en Turquie, il oeuvre pour établir des relations respectueuses avec les autorités étatiques du pays et aide la Grèce ainsi que ses habitants, notamment les enfants particulièrement touchés par la faim, lors de l'embargo durant la Seconde Guerre Mondiale. De même, il contribue à sauver la vie de plusieurs milliers de Juifs avec l'aide de Von Papen, alors Ambassadeur d'Allemagne en Turquie.

 

  Consécration de Mgr Descuffi en tant qu'archevêque d'Izmi

Consécration de Mgr Descuffi en tant qu'archevêque d'Izmir - 20.02.1938 - photo des archives de la Fondation Jean XXIII de Bergame


Devenu le pape Jean XXIII en 1958, cet ami des Turcs reçoit le 11 juin 1959 la visite de Celal Bayar, Président de la République Turque, et des relations diplomatiques sont établies entre le Vatican et la Turquie. Le 29 février 1960, une décision historique est prise, celle d'ouvrir une Nonciature du Vatican à Ankara.

 

  Visite pastorale à Ankara le 11.04.1942

Visite pastorale d'Angelo Roncalli à Ankara le 11.04.1942 - photo des archives de la Fondation Jean XXIII à Bergame


Pour célébrer à sa façon la canonisation de "Papa Roncalli", le vicariat apostolique d'Istanbul a inauguré le 4 mai une exposition photos "Le Pape Jean XXIII, l'ami de tous", présentée dans la cour de l'église Saint-Antoine située sur Istiklal Caddesi à Istanbul  jusqu'au 30 juin 2014.

 

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           Exposition photos sur Jean XXIII dans la cour de l'église Saint-Antoine à Istanbul


Une soixantaine de photos issues des archives de la "Fondation Pape Jean XXIII" à Bergame en Italie et retraçant la vie et l'oeuvre d'Angelo Roncalli y sont exposées.

 

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           La vie de Jean XXIII en photos dans la cour de l'église Saint-Antoine d'Istanbul


Lors de l'inauguration faite en présence de Monseigneur Antonio Lucibello, nonce apostolique de Turquie, de Monseigneur Louis Pelâtre, vicaire apostolique d'Istanbul, du Père Orhan Çanlı représentant la communauté syriaque catholique et de Reuben Gauci, Consul Général de Malte, le Dr Rinaldo Marmara, Porte-Parole de la Conférence Episcopale de Turquie, a présenté une conférence sur cette tranche de vie de Jean XXIII à Istanbul.

 

Cliquez ici pour lire la version turque de l'article.

 

 


 

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 07:25

Si l'on vous parle des célèbres enquêtes du commissaire Maigret, vous les associerez sans doute immédiatement à Georges Simenon, écrivain belge de renom.

 

Mais saviez-vous qu'il était également reporter-photographe et que parmi les nombreux pays où il s'est rendu entre 1931 et 1935, une période où il travaillait en temps que tel, figure la Turquie ?

 

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                         Istanbul photographié par Georges Simenon en juin 1933

 

C'est cette tranche de vie bien moins connue du grand public que vous invite à découvrir le lycée français Notre Dame de Sion d'Istanbul depuis le 13 mars jusqu'au 4 mai prochain dans sa galerie.

 

Une centaine de photos prises par Georges Simenon, tant en France en suivant les cours d'eau, en Belgique, en Méditerranée, en Mer Noire, au Congo et au Soudan, en Italie, en Roumanie, en Bulgarie ainsi qu'en Turquie y sont exposées.

 

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       Les oeuvres de Georges Simenon, reporter-photographe exposées au lycée NDS d'Istanbul

 

Le regard de Simenon est celui d'un être pressé de découvrir le monde, animé d'une éternelle bougeotte et « à la recherche de l'homme tel qu'il est vraiment » comme il le dira lui-même plus tard.

 

Il n'a rien d'un touriste mais d'un observateur du monde en crise des années 30 et des gens qu'il croise au cours de ses voyages.

 

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                     Dans la maison du Peuple de Charleroi, photo de Georges Simenon

 

Il débarque à Istanbul le 1er juin 1933 avec son épouse Régine après avoir effectué la traversée depuis Marseille à bord du paquebot "Angkor" le 25 mai.

 

Le reporter souhaite, comme beaucoup d'écrivains occidentaux, découvrir cette ville-monde décrite par d'autres avant lui mais ce voyage a également un but bien précis. En effet, il veut effectuer pour le compte du quotidien Paris-Soir une interview de Léon Trotsky, homme politique soviétique exilé et qui séjourne depuis février 1929 sur l'île de Prinkipo à Constantinople, l'actuelle Büyükada faisant partie de l'archipel des îles des Princes au large d'Istanbul.

 

Simenon désire également faire le tour de la Mer Noire pour se faire une idée plus précise du littoral soviétique.

 

Durant son séjour à Istanbul, l'écrivain et son épouse sont vraisemblablement descendus au Pera Palace. Le 6 juin, le reporter monte à bord d'un bateau à vapeur à destination de Büyükada où il rencontre le révolutionnaire russe le lendemain. L'article du reporter belge fera la Une de Paris-soir les 15 et 16 juin 1933...

 

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                        "Chez Trostky" fait La Une de Paris-soir du 15 juin 1933

 

Quelques temps plus tard, Georges et Régine Simenon vont à Odessa avec un paquebot italien puis poursuivent leur périple jusqu'à Batum sur un bateau de croisière russe avant de revenir à Istanbul sur un autre paquebot italien en faisant une escale à Trabzon.

 

Les époux Simenon se rendent également en train à Ankara et ils ramènent de leur déplacement en Anatolie deux louveteaux et une chienne de race karabash...

 

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                        Dans les rues d'Ankara, photo de Georges Simenon prise en 1933

 

Le séjour turc du reporter et de son épouse s'achève le 19 juillet 1933 où ils quittent Istanbul à bord du "Théophile-Gauthier", un navire français qui les ramène à Marseille une semaine plus tard.

 

Simenon rédige plusieurs reportages consacrés à la Turquie et utilise des souvenirs empruntés de ce voyage dans une nouvelle, dans certains de ses romans ainsi que dans des écrits autobiographiques.

 

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             Devant l'embarcadère de Büyükada, photo de Georges Simenon en juin 1933

 

L'exposition "Georges Simenon, photographe-reporter, de la Belgique à la Turquie, 1931-1935", réalisée en partenariat avec le Consulat Général de Belgique à Istanbul, est visible à la galerie du lycée français Notre Dame de Sion - Cumhuriyet Caddesi No 127 - Harbiye jusqu'au 16 mai 2014 (sauf les dimanches) de 11h à 18h et jusqu’à 20h les soirs de spectacles et concerts.


Avec le soutien de WBI (Wallonie-Bruxelles International, 25 affiches de films tirés de l'oeuvre de Simenon sont également visibles (par groupe de 10 personnes avec un minimum de deux visiteurs) au Consulat Général de Belgique d'Istanbul - Siraselviler Caddesi No 127 - Taksim sur rendez-vous téléphonique au 0212 243 33 00  ou par mail à istanbul@diplobel.fed.be   jusqu'au 9 mai prochain.

 


 


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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 18:26

Article publié dans le journal Zaman France du 17 mars 2014

 

Lien de l'article en cliquant ici.


 

A Istanbul, le monde de la culture s'ouvre de plus en plus aux différentes catégories de la société turque. Des musées aux livres en passant par la musique classique, les jeunes Turcs sont de plus en plus nombreux à intégrer la culture dans leur quotidien.

 

Depuis ces dernières années, les initiatives se multiplient en Turquie dans les différents domaines culturels, notamment à Istanbul, afin d'ouvrir les portes de façon plus large au public. Cette route de la démocratisation se tourne en premier lieu vers la jeunesse, les générations qui représenteront le pays de demain. La plupart des musées, qu'ils soient privés ou publics, reçoivent et organisent des visites pour les écoles.

 

Un certain nombre, tels Istanbul Modern, les musées Pera, Rahmi Koç, Sakip Sabanci, Santral Istanbul ou le musée d'art contemporain Elgiz, pour n'en citer que quelques uns, proposent des ateliers gratuits de dessin et de peinture, de découverte d'un artiste ou de différentes oeuvres et destinés aux jeunes de différents âges. Certains de ces workshops accueillent aussi gratuitement parents et enfants, une façon ludique de mener vers l'art en famille.

 

Des musées ...


Au musée Istanbul Modern, nous avons rencontré Şeyma Ç. Cette souriante jeune fille voilée de 18 ans, originaire d'Ankara, est à Istanbul depuis la rentrée passée. Elle vient de débuter ses études d'ingénieure d'exploitation à l'Université technique. Depuis son arrivée dans la capitale culturelle du pays, elle a visité la plupart des lieux historiques de la ville. Durant les vacances d'été, elle dit lire une vingtaine de romans.

 

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                                       Şeyma au musée Istanbul Modern

 

Un peu plus loin, dans ce musée qui ouvre ses portes gratuitement au public turc tous les jeudis en nocturne jusqu'à 20 h, un couple d'une cinquantaine d'années arpente les allées. Zeynep et son mari Haldun S., lui professeur de sociologie dans un lycée de la rive asiatique et elle, à présent femme au foyer, sont friands de la culture sous toutes ses formes.

 

Jusqu'à l'âge de 40 ans, explique Haldun, son environnement familial lui permettait d'avoir accès à la culture uniquement à travers les livres. Depuis son mariage avec Zeynep il y a quelques années à peine, c'est en couple qu'ils visitent les lieux culturels d'Istanbul, d'Izmir, Ankara, Afyon et Kütahya, mais aussi à l'étranger (ils étaient récemment en Grèce et en Iran). Zeynep dévore environ 70 livres par an tout comme son mari, même si cette quantité a baissé depuis qu'ils sont ensemble et s'ouvrent vers le monde culturel extérieur.

 

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                                            Zeynep et Haldun à Istanbul Modern


Au musée Pera, c'est Kübra qui fait découvrir les dessins de Picasso actuellement exposés sur place aux élèves de son atelier de dessin installé dans un quartier de la ville. Ces jeunes âgés de 8 et 10 ans semblent intéressés par les explications de leur professeur et posent des questions fort pertinentes.

 

 

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                        Kübra explique Picasso à ses petits élèves au musée Pera

 

Des livres ...

 
L'ouverture à la culture commence dès le plus jeune âge et la plupart du temps par le livre, premier "outil" culturel que l'on tient entre ses mains.

 

Lors de la tenue de la grande foire aux livres d'Istanbul qui se tient tous les ans en novembre à Tüyap, le nombre d'éditeurs présents est passé de 28 en 1982 à 690 en 2013. 455 000 visiteurs se sont rendus à Beylikdüzü pour la dernière édition.

 

Les personnes ayant tenu un stand l'an passé sont unanimes pour reconnaître que la population qui s'y rend est de plus en plus éclectique et ne se limite plus aux intellectuels et aux élèves des écoles qui certes y viennent en grand nombre. Des familles de classe moyenne ainsi que des groupes de femmes voilées venues des quatre coins de la ville se sont rendus en masse à ce rendez-vous annuel où le livre est roi.

 

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                                            Foire aux livres Tüyap en novembre 2013


Le Ministère de la Culture a également fait des efforts pour attirer ses citoyens vers les musées en créant la "carte musées" dès 2008. La version basique coûte 30 TL (soit un peu moins de 10 €) et permet deux accès gratuits dans chacun des 300 musées nationaux du pays durant un an. Elle a été délivrée à 4.430.315 exemplaires depuis sa création jusque fin 2013.

 

La seconde version, d'une valeur de 50 TL (environ 16 €) et qui a vu le jour début 2011 donne un accès illimité dans les 300 musées mais également dans de nombreux musées privés, elle permet aussi de bénéficier de réductions lors d'expositions, de représentations théâtrales ainsi que dans les boutiques des musées. Elle s'est vendue à 50.123 exemplaires depuis sa création jusqu'à la fin de l'année 2013.

 

Et de la musique...

La musique classique est un art qui s'ouvre également de plus en plus au peuple. Une initiative fort louable est réalisée par la Fondation "De la Musique pour la Paix" située dans le quartier Edirnekapı à Istanbul. Depuis 2005, elle offre la possibilité à des jeunes issus de milieux défavorisés d'apprendre à jouer de la musique gratuitement en faisant entendre par cet art la voix de la paix. Des milliers d'enfants ont depuis neuf ans pu bénéficier de cette formation.

 

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                    Concert donné par l'orchestre de la Fondation "Musique pour la Paix"


La jeunesse turque actuelle intègre la culture dans son quotidien et c'est à travers elle que celle-ci se répand dans les familles et les amène à faire des découvertes riches et illimitées.

 

Par ailleurs, qu'il s'agisse d'initiatives publiques ou privées, le nombre d'expositions et de concerts gratuits proposés tant par les centres culturels des banques que par de grandes écoles ou des galeries ne cesse de croître à Istanbul. Ceux et celles qui ont découvert ces possibilités ne s'en privent d'ailleurs pas et ils auraient bien tort de le faire n'est-ce pas ?

 


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Published by Nat - dans Publications
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  • : Faire connaître la Turquie et ses habitants avec les yeux d'une alsacienne qui y vit depuis 11 ans
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