17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 13:54

La petite ville égéenne de Tire située à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Selçuk est essentiellement connue et courue pour son traditionnel marché du mardi, un des plus typiques de Turquie.

Elle récèle aussi de nombreux trésors cachés, vestiges de la période ottomane, et qui lui confèrent un attrait tout particulier.

Rue de Tire

Rue de Tire

Cour de Tire

Cour de Tire

Dans les ruelles étroites et pentues de la vieille ville se trouvent de nombreuses anciennes demeures traditionnelles. Couvertes de toits de tuiles, parfois agrémentées de jolis moucharabieh, certaines ont fait l'objet de travaux de restauration, d'autres s'en verraient enrichies...

 

 

Ancienne demeure de Tire

Ancienne demeure de Tire

Maisons de Tire

Maisons de Tire

Plusieurs mosquées méritent d'être visitées, notamment Yeşil İmaret camii, connue également sous le nom de Yahşi Bey camii, première mosquée en Turquie érigée avec un demi-dôme. Halil Yahşi, commandant sous les ordres du sultan Murat II, a ordonné sa construction en 1441.

 

Yeşil İmaret Camii, Tire

Yeşil İmaret Camii, Tire

Son minaret orné de faïences vertes est à l'origine de son nom le plus usité. Cet édifice a servi durant un temps de lieu d'ermitage à des derviches tourneurs.

 

Yeşil İmaret Camii, Tire

Yeşil İmaret Camii, Tire

Le complexe de Yoğurtluoğlu qui date du XVème siècle abrite la mosquée du même nom ainsi qu'une ancienne medrese - école coranique - qui ont fait l'objet d'une restauration complète en 2005.

Les coupoles de plusieurs hammams se dessinent au hasard de la promenade. Deux d'entre eux parmi la vingtaine que comprenait Tire ont été remis en état ; dans l'un des deux sont exposées à présent d'anciennes machines à tisser et l'autre appelé "Eski-yeni hammam" (littéralement "ancien-nouveau"), construit au XVème siècle est le seul actuellement en service de nos jours. Ce dernier avait déjà été réhabilité une première fois en 1876 pour une somme de 6952 kuruş.

 

Eski-yeni hammam, Tire

Eski-yeni hammam, Tire

Second hammam restauré à Tire

Second hammam restauré à Tire

Un hammam de Tire parmi bien d'autres...

Un hammam de Tire parmi bien d'autres...

Le bedesten, autrement dit ancien marché couvert, abrite encore une cinquantaine de commerces qu'il est agréable de découvrir. Appelé aussi "Kapan han", ses deux portes d'accès étaient chaque fois refermées à l'heure de la prière du soir.

 

Bedesten, Tire

Bedesten, Tire

Bedesten de Tire

Bedesten de Tire

Tout près de là, les vestiges du "Kutu han", caravansérail construit en 1441, sont envahis d'herbes folles. A l'origine, trois niveaux composaient l'édifice avec 80 magasins. Deux graves incendies survenus en 1857 et 1916 ont provoqué de gros dégâts... et malheureusement sa perte. Il semblerait qu'une remise en état soit projetée...

 

Kutu han, Tire

Kutu han, Tire

Il est possible d'entrer dans la cour de "Çöplüce han", un autre petit caravansérail édifié également au XVème siècle, doté d'un étage seulement et de 23 pièces. Aujourd'hui, quelques chaises permettent d'y boire un thé au milieu de la vigne vierge et de rosiers grimpants.

 

Çöplüce han, Tire

Çöplüce han, Tire

Le musée de Tire ouvert en 1946 abrite une collection d'objets et de monnaies antiques ainsi qu'un département ethnographique permettant de mieux connaître le passé récent des habitants de la ville.

Plusieurs cafés très agréables, dont Ali Efe, le plus connu situé dans les hauteurs de la vieille ville, permettent de profiter de la pause pour observer les anciens, la tête recouverte d'un béret ou d'une casquette, palabrer des heures durant autour d'une table.

 

Au café Eli Efe à Tire

Au café Eli Efe à Tire

Ne quittez pas cette sympathique petite ville sans avoir goûté aux délicieux köfte de Tire accompagnés d'un ayran maison, ce yaourt liquide additionné d'eau et de sel et particulièrement rafraîchissant... Afiyet olsun ! Grand bien vous fasse !

Köfte de Tire, la spécialité locale

Köfte de Tire, la spécialité locale

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 08:46

La Turquie ne manque pas de marchés colorés et typiques. Dans la région égéenne, le plus représentatif est assurément celui qui se tient tous les mardis dans la sympathique petite ville de Tire, à 38 km au nord-est de Selçuk.

 

 

                                           Marché de Tire, Turquie

Marché de Tire, Turquie

Plus de 1700 producteurs issus d'une soixantaine de villages aux alentours se retrouvent là pour ce rendez-vous hebdomadaire où les meilleurs produits du terroir sont proposés.

                                            Au marché de Tire

Au marché de Tire

 

Les clients n'hésitent pas à faire des dizaines de kilomètres pour remplir leurs paniers de délicieux fruits et légumes, d'herbes et plantes qu'on ne trouve parfois ailleurs, mais également de produits laitiers, de pains paysans et d'autres victuailles en tous genres.

                                                 Marché de Tire en Turquie

Marché de Tire en Turquie

Les touristes qui ont la chance de découvrir ce marché qui compte parmi les plus authentiques du pays ne seront pas déçus.

 

 

                                             Jour de marché à Tire

Jour de marché à Tire

Les trottoirs des rues principales mais également les innombrables ruelles étroites sont utilisés par les commerçants qui installent leur marchandise dès le lever du jour.

 

                                     Mardi, jour de marché à Tire

Mardi, jour de marché à Tire

Que ce soit sur des toiles posées à même le sol, dans des cagettes débordant de produits ou sur des étalages plus conventionnels, tout est bon pour vendre.

                                 Au marché hebdomadaire de Tire

Au marché hebdomadaire de Tire

Après avoir humé et goûté à des fruits de saison ou à quelques olives, rien de tel pour observer tranquillement l'ambiance des lieux qu'en s'attablant à un des nombreux cafés situés sur le parcours.

Le spectacle est omniprésent au marché de Tire. Bon nombre de femmes portent le şalvar, ce pantalon bouffant traditionnel. Ici, les visages sont grillés par le soleil, les mains abîmées par le dur labeur, et les tenues colorées.

                                          Au marché de Tire

Au marché de Tire

Cette ville comporte encore bien d'autres attraits que nous découvrirons lors d'un prochain billet.

 

 

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 14:26

Parmi les images emblématiques d'Istanbul figure en bonne place la magnifique mosquée Mecidiye, plus connue du public sous le nom de mosquée d'Ortaköy et située à côté du premier pont qui enjambe le Bosphore.

 

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                               Mosquée Mecidiye à Ortaköy, Istanbul

 

Sa réouverture officielle, après plus de trois ans de travaux de restauration, a eu lieu le 6 juin 2014 à l'occasion de la grande prière du vendredi et en présence du Premier Ministre.

 

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              Dans la salle de prière de la mosquée Mecidiye d'Ortaköy à Istanbul                 

 

Le sultan Abdülmecid Ier donne ordre de construire ce lieu de culte de style néobaroque en 1854 au célèbre architecte arménien Nikogos Balyan. Ce dernier est également connu pour avoir réalisé la mosquée de Dolmabahçe et cosigné avec son père Garabed Balyan la réalisation du palais du même nom, tous deux situés à quelques centaines de mètres à peine d'Ortaköy.

 

Deux années sont nécessaires pour édifier la mosquée Mecidiye sur les rives du Bosphore, dans ce village de pêcheurs du nom d'Ortaköy.

 

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                                    Ortaköy, son pont et sa mosquée...

 

L'intérieur de la mosquée est constamment baigné de lumière grâce à la combinaison de l'eau et du ciel qui lui confère un cachet à la finesse tout particulière.

 

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                               Minbar de la mosquée d'Ortaköy à Istanbul

 

En 1894, un grave tremblement de terre fragilise les fondations de la mosquée et en 1984, un incendie occasionne également d'importants dégâts. Deux premières séries de travaux de réhabilitation sont alors réalisées pour parer au plus pressé.

 

Entre 2011 et 2014, ce sont finalement plus de 3,5 millions d'Euros, soit plus du double de l'estimation initiale, qui sont dépensés pour mener à bien cette nouvelle restauration d'envergure qui permet à la mosquée Mecidiye de retrouver son éclat d'antan.

 

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                                    Bienvenue à la mosquée d'Ortaköy !

 

Pas moins de 50 artisans se relaient ainsi sur place tous les jours durant plus de trois ans !

 

Les façades extérieures tout comme les deux minarets, particulièrement ternis sous l'effet de la pollution ambiante, font l'objet d'un sablage complet.

 

Le sol en béton armé est remplacé par un parquet, la coupole originale est consolidée par une double paroi en béton armé et des pieux sont forés dans les fondations pour les renforcer contre les risques de tremblement de terre.

 

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                              Décor raffiné de la mosquée d'Ortaköy à Istanbul

              

De nouvelles fenêtres sont conçues pour protéger ce lieu de culte de l'air et de l'eau, l'ornementation en fer forgé de chaque fenêtre est remise en état ; la décoration de la coupole est totalement refaite à la feuille d'or.

 

Qu'il s'agisse aussi des remises en peintures intérieures et extérieures ou du remplacement des portes en bois et des tapis, rien n'est oublié !

 

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                          Coupole de la mosquée Mecidiye d'Ortaköy à Istanbul

 

Les innombrables touristes qui affluent en permanence dans ce coin d'Istanbul ne manqueront pas de se rendre dans cette mosquée à la décoration raffinée et dont les superbes lustres ne sont pas sans rappeler ceux visibles dans de nombreux palais.

 

 


 


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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 14:35

Suite au décret impérial du 6 janvier 1830 signé par le Sultan Mahmut II qui reconnaît les privilèges et immunités accordés aux communautés chrétiennes de l'Empire ottoman, les Arméniens Catholiques d'Istanbul élisent leur Patriarche.

 

Ils unissent ensuite leurs efforts pour construire à Constantinople Saint-Sauveur de Galata, leur première église nationale qui sera suivie de 11 autres lieux de culte.

 

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                Entrée de l'église arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

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Le quartier de Kemeraltı est habité par des notables et des familles aisées de la communauté et ceci explique l'emplacement choisi. Au départ, le choix se porte sur Pera où résident la plupart des fidèles mais quelques obstacles obligèrent à envisager la construction dans un quartier plus éloigné.

 

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                   Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

Le Sultan Mahmut II signe en septembre 1831 l'autorisation d'ériger cette église, décision ensuite soumise aux différentes autorités politiques et urbanistiques. Les propriétaires des 10 maisons existant sur l'emplacement choisi, tous catholiques, sont indemnisés.

 

Après la démolition de ces immeubles, la dimension mentionnée dans le Décret impérial n'étant pas atteinte, il faut acheter un terrain voisin afin de pouvoir construire à la fois l'église, le baptistère ainsi que la salle de réunions prévus dans le projet.

 

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          Autel principal de l'église arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

Les travaux de creusement des fondations sont interrompus en raison d'une épidémie de peste emportant chaque jour des centaines d'habitants d'Istanbul.

 

Monsieur Bédros Yaghlikdjian, notable de la communauté, fait venir de Rome une image de la Sainte-Vierge. Celle-ci est promenée en procession dans le quartier de Galata sur ordre de l'autorité ecclésiastique et l'épidémie s'arrête net.

 

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 Autel du baptême de Jésus - Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

L'image miraculeuse de la Vierge portant dans ses bras l'enfant Jésus, tous deux couronnés, est exposée depuis lors sur un autel spécialement élevé dans l'église.

 

Chaque année, le 25 mars, l'image fait l'objet d'une procession solennelle à la fin de la Grand-Messe. A la fin du XIXème siècle, cette tradition est reportée au lundi de Pâques, tradition toujours encore respectée de nos jours.

 

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 L'image miraculeuse de la Vierge portant l'enfant Jésus de l'église arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

La pose de la première pierre a lieu le 12 mai 1832 en présence des Autorités religieuses des diverses confessions de la ville et de la foule de fidèles.

 

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  Saint-Pierre et Saint-Paul, église arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

Près de deux ans sont nécessaires pour la construction de l'église et des bâtiments annexes. Cet édifice, qui compte beaucoup pour la communauté arménienne catholique de la ville, érigé au prix de nombreux sacrifices, est consacré et ouvert au culte samedi le 13 janvier 1834, fête de la circoncision de Jésus.

 

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 Autel de Notre Dame douloureuse, église arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

Le nom de Saint-Sauveur donné à cette occasion fait référence au Christ, sauveur de l'homme.

 

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          Baptistère - Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur de Galata à Istanbul

 

L'église a bénéficié de deux restaurations importantes, l'une à l'extérieur entre 1959 et 1960 et l'autre à l'intérieur entre 1965 et 1966.

 

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                Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul         

 

Le culte hebdomadaire a lieu tous les jeudis à 10 h 30 et chaque Lundi de Pâques à 11 h 30 se déroule la procession de la Vierge Miraculeuse.

 

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           Eglise arménienne catholique Saint-Sauveur à Galata, Istanbul

 

Cet article a pu être publié grâce à l'aimable autorisation de Monseigneur Khazzoum, êvêque arménien catholique de Turquie.

 

 


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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 03:51

Jean XXIII et Jean-Paul II, les deux papes canonisés le 27 avril 2014 par l'actuel pape François, ont tous deux eu l'occasion de venir à Istanbul. Si le second s'y est juste rendu en visite le 29 novembre 1979, Jean XXIII, quant à lui, y a vécu durant presque une décennie.


Il arrive à Istanbul le 5 janvier 1935 en tant que délégué apostolique pour la communauté catholique de Turquie et de Grèce et y reste jusqu'en 1944.

 

                             55 juillet 1935 - Angelo Roncalli, photo Abdullah

Angelo Roncalli en juillet 1935 à Istanbul, photo des archives de la Fondation Jean XXIII à Bergame, Italie


Angelo Roncalli séjourne dans l'immeuble de la délégation - aujourd'hui nonciature - situé dans une petite rue tranquille à l'arrière de la cathédrale du Saint-Esprit. Cette voie porte d'ailleurs le nom de "Papa Roncalli Sokağı" depuis le 10 décembre 2000 suite à la décision prise à l'unanimité par le Conseil Municipal de la mairie de l'arrondissement de Şişli deux mois auparavant.

 

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             La rue "Papa Roncalli" à Istanbul et l'immeuble où il a séjourné de 1935 à 1944


Cet homme affable qui aime le peuple turc, comme il l'écrit dans son journal en 1939, apprend la langue turque et étonne les fidèles lors de la messe de Noël de 1935 en lisant l'Evangile en turc alors que le français était utilisé jusque là. A partir de cette date, lectures et prêches se font désormais en turc.


Durant son séjour en Turquie, il oeuvre pour établir des relations respectueuses avec les autorités étatiques du pays et aide la Grèce ainsi que ses habitants, notamment les enfants particulièrement touchés par la faim, lors de l'embargo durant la Seconde Guerre Mondiale. De même, il contribue à sauver la vie de plusieurs milliers de Juifs avec l'aide de Von Papen, alors Ambassadeur d'Allemagne en Turquie.

 

  Consécration de Mgr Descuffi en tant qu'archevêque d'Izmi

Consécration de Mgr Descuffi en tant qu'archevêque d'Izmir - 20.02.1938 - photo des archives de la Fondation Jean XXIII de Bergame


Devenu le pape Jean XXIII en 1958, cet ami des Turcs reçoit le 11 juin 1959 la visite de Celal Bayar, Président de la République Turque, et des relations diplomatiques sont établies entre le Vatican et la Turquie. Le 29 février 1960, une décision historique est prise, celle d'ouvrir une Nonciature du Vatican à Ankara.

 

  Visite pastorale à Ankara le 11.04.1942

Visite pastorale d'Angelo Roncalli à Ankara le 11.04.1942 - photo des archives de la Fondation Jean XXIII à Bergame


Pour célébrer à sa façon la canonisation de "Papa Roncalli", le vicariat apostolique d'Istanbul a inauguré le 4 mai une exposition photos "Le Pape Jean XXIII, l'ami de tous", présentée dans la cour de l'église Saint-Antoine située sur Istiklal Caddesi à Istanbul  jusqu'au 30 juin 2014.

 

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           Exposition photos sur Jean XXIII dans la cour de l'église Saint-Antoine à Istanbul


Une soixantaine de photos issues des archives de la "Fondation Pape Jean XXIII" à Bergame en Italie et retraçant la vie et l'oeuvre d'Angelo Roncalli y sont exposées.

 

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           La vie de Jean XXIII en photos dans la cour de l'église Saint-Antoine d'Istanbul


Lors de l'inauguration faite en présence de Monseigneur Antonio Lucibello, nonce apostolique de Turquie, de Monseigneur Louis Pelâtre, vicaire apostolique d'Istanbul, du Père Orhan Çanlı représentant la communauté syriaque catholique et de Reuben Gauci, Consul Général de Malte, le Dr Rinaldo Marmara, Porte-Parole de la Conférence Episcopale de Turquie, a présenté une conférence sur cette tranche de vie de Jean XXIII à Istanbul.

 

Cliquez ici pour lire la version turque de l'article.

 

 


 

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 05:25

Si l'on vous parle des célèbres enquêtes du commissaire Maigret, vous les associerez sans doute immédiatement à Georges Simenon, écrivain belge de renom.

 

Mais saviez-vous qu'il était également reporter-photographe et que parmi les nombreux pays où il s'est rendu entre 1931 et 1935, une période où il travaillait en temps que tel, figure la Turquie ?

 

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                         Istanbul photographié par Georges Simenon en juin 1933

 

C'est cette tranche de vie bien moins connue du grand public que vous invite à découvrir le lycée français Notre Dame de Sion d'Istanbul depuis le 13 mars jusqu'au 4 mai prochain dans sa galerie.

 

Une centaine de photos prises par Georges Simenon, tant en France en suivant les cours d'eau, en Belgique, en Méditerranée, en Mer Noire, au Congo et au Soudan, en Italie, en Roumanie, en Bulgarie ainsi qu'en Turquie y sont exposées.

 

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       Les oeuvres de Georges Simenon, reporter-photographe exposées au lycée NDS d'Istanbul

 

Le regard de Simenon est celui d'un être pressé de découvrir le monde, animé d'une éternelle bougeotte et « à la recherche de l'homme tel qu'il est vraiment » comme il le dira lui-même plus tard.

 

Il n'a rien d'un touriste mais d'un observateur du monde en crise des années 30 et des gens qu'il croise au cours de ses voyages.

 

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                     Dans la maison du Peuple de Charleroi, photo de Georges Simenon

 

Il débarque à Istanbul le 1er juin 1933 avec son épouse Régine après avoir effectué la traversée depuis Marseille à bord du paquebot "Angkor" le 25 mai.

 

Le reporter souhaite, comme beaucoup d'écrivains occidentaux, découvrir cette ville-monde décrite par d'autres avant lui mais ce voyage a également un but bien précis. En effet, il veut effectuer pour le compte du quotidien Paris-Soir une interview de Léon Trotsky, homme politique soviétique exilé et qui séjourne depuis février 1929 sur l'île de Prinkipo à Constantinople, l'actuelle Büyükada faisant partie de l'archipel des îles des Princes au large d'Istanbul.

 

Simenon désire également faire le tour de la Mer Noire pour se faire une idée plus précise du littoral soviétique.

 

Durant son séjour à Istanbul, l'écrivain et son épouse sont vraisemblablement descendus au Pera Palace. Le 6 juin, le reporter monte à bord d'un bateau à vapeur à destination de Büyükada où il rencontre le révolutionnaire russe le lendemain. L'article du reporter belge fera la Une de Paris-soir les 15 et 16 juin 1933...

 

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                        "Chez Trostky" fait La Une de Paris-soir du 15 juin 1933

 

Quelques temps plus tard, Georges et Régine Simenon vont à Odessa avec un paquebot italien puis poursuivent leur périple jusqu'à Batum sur un bateau de croisière russe avant de revenir à Istanbul sur un autre paquebot italien en faisant une escale à Trabzon.

 

Les époux Simenon se rendent également en train à Ankara et ils ramènent de leur déplacement en Anatolie deux louveteaux et une chienne de race karabash...

 

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                        Dans les rues d'Ankara, photo de Georges Simenon prise en 1933

 

Le séjour turc du reporter et de son épouse s'achève le 19 juillet 1933 où ils quittent Istanbul à bord du "Théophile-Gauthier", un navire français qui les ramène à Marseille une semaine plus tard.

 

Simenon rédige plusieurs reportages consacrés à la Turquie et utilise des souvenirs empruntés de ce voyage dans une nouvelle, dans certains de ses romans ainsi que dans des écrits autobiographiques.

 

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             Devant l'embarcadère de Büyükada, photo de Georges Simenon en juin 1933

 

L'exposition "Georges Simenon, photographe-reporter, de la Belgique à la Turquie, 1931-1935", réalisée en partenariat avec le Consulat Général de Belgique à Istanbul, est visible à la galerie du lycée français Notre Dame de Sion - Cumhuriyet Caddesi No 127 - Harbiye jusqu'au 16 mai 2014 (sauf les dimanches) de 11h à 18h et jusqu’à 20h les soirs de spectacles et concerts.


Avec le soutien de WBI (Wallonie-Bruxelles International, 25 affiches de films tirés de l'oeuvre de Simenon sont également visibles (par groupe de 10 personnes avec un minimum de deux visiteurs) au Consulat Général de Belgique d'Istanbul - Siraselviler Caddesi No 127 - Taksim sur rendez-vous téléphonique au 0212 243 33 00  ou par mail à istanbul@diplobel.fed.be   jusqu'au 9 mai prochain.

 


 


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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 16:26

Article publié dans le journal Zaman France du 17 mars 2014

 

Lien de l'article en cliquant ici.


 

A Istanbul, le monde de la culture s'ouvre de plus en plus aux différentes catégories de la société turque. Des musées aux livres en passant par la musique classique, les jeunes Turcs sont de plus en plus nombreux à intégrer la culture dans leur quotidien.

 

Depuis ces dernières années, les initiatives se multiplient en Turquie dans les différents domaines culturels, notamment à Istanbul, afin d'ouvrir les portes de façon plus large au public. Cette route de la démocratisation se tourne en premier lieu vers la jeunesse, les générations qui représenteront le pays de demain. La plupart des musées, qu'ils soient privés ou publics, reçoivent et organisent des visites pour les écoles.

 

Un certain nombre, tels Istanbul Modern, les musées Pera, Rahmi Koç, Sakip Sabanci, Santral Istanbul ou le musée d'art contemporain Elgiz, pour n'en citer que quelques uns, proposent des ateliers gratuits de dessin et de peinture, de découverte d'un artiste ou de différentes oeuvres et destinés aux jeunes de différents âges. Certains de ces workshops accueillent aussi gratuitement parents et enfants, une façon ludique de mener vers l'art en famille.

 

Des musées ...


Au musée Istanbul Modern, nous avons rencontré Şeyma Ç. Cette souriante jeune fille voilée de 18 ans, originaire d'Ankara, est à Istanbul depuis la rentrée passée. Elle vient de débuter ses études d'ingénieure d'exploitation à l'Université technique. Depuis son arrivée dans la capitale culturelle du pays, elle a visité la plupart des lieux historiques de la ville. Durant les vacances d'été, elle dit lire une vingtaine de romans.

 

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                                       Şeyma au musée Istanbul Modern

 

Un peu plus loin, dans ce musée qui ouvre ses portes gratuitement au public turc tous les jeudis en nocturne jusqu'à 20 h, un couple d'une cinquantaine d'années arpente les allées. Zeynep et son mari Haldun S., lui professeur de sociologie dans un lycée de la rive asiatique et elle, à présent femme au foyer, sont friands de la culture sous toutes ses formes.

 

Jusqu'à l'âge de 40 ans, explique Haldun, son environnement familial lui permettait d'avoir accès à la culture uniquement à travers les livres. Depuis son mariage avec Zeynep il y a quelques années à peine, c'est en couple qu'ils visitent les lieux culturels d'Istanbul, d'Izmir, Ankara, Afyon et Kütahya, mais aussi à l'étranger (ils étaient récemment en Grèce et en Iran). Zeynep dévore environ 70 livres par an tout comme son mari, même si cette quantité a baissé depuis qu'ils sont ensemble et s'ouvrent vers le monde culturel extérieur.

 

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                                            Zeynep et Haldun à Istanbul Modern


Au musée Pera, c'est Kübra qui fait découvrir les dessins de Picasso actuellement exposés sur place aux élèves de son atelier de dessin installé dans un quartier de la ville. Ces jeunes âgés de 8 et 10 ans semblent intéressés par les explications de leur professeur et posent des questions fort pertinentes.

 

 

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                        Kübra explique Picasso à ses petits élèves au musée Pera

 

Des livres ...

 
L'ouverture à la culture commence dès le plus jeune âge et la plupart du temps par le livre, premier "outil" culturel que l'on tient entre ses mains.

 

Lors de la tenue de la grande foire aux livres d'Istanbul qui se tient tous les ans en novembre à Tüyap, le nombre d'éditeurs présents est passé de 28 en 1982 à 690 en 2013. 455 000 visiteurs se sont rendus à Beylikdüzü pour la dernière édition.

 

Les personnes ayant tenu un stand l'an passé sont unanimes pour reconnaître que la population qui s'y rend est de plus en plus éclectique et ne se limite plus aux intellectuels et aux élèves des écoles qui certes y viennent en grand nombre. Des familles de classe moyenne ainsi que des groupes de femmes voilées venues des quatre coins de la ville se sont rendus en masse à ce rendez-vous annuel où le livre est roi.

 

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                                            Foire aux livres Tüyap en novembre 2013


Le Ministère de la Culture a également fait des efforts pour attirer ses citoyens vers les musées en créant la "carte musées" dès 2008. La version basique coûte 30 TL (soit un peu moins de 10 €) et permet deux accès gratuits dans chacun des 300 musées nationaux du pays durant un an. Elle a été délivrée à 4.430.315 exemplaires depuis sa création jusque fin 2013.

 

La seconde version, d'une valeur de 50 TL (environ 16 €) et qui a vu le jour début 2011 donne un accès illimité dans les 300 musées mais également dans de nombreux musées privés, elle permet aussi de bénéficier de réductions lors d'expositions, de représentations théâtrales ainsi que dans les boutiques des musées. Elle s'est vendue à 50.123 exemplaires depuis sa création jusqu'à la fin de l'année 2013.

 

Et de la musique...

La musique classique est un art qui s'ouvre également de plus en plus au peuple. Une initiative fort louable est réalisée par la Fondation "De la Musique pour la Paix" située dans le quartier Edirnekapı à Istanbul. Depuis 2005, elle offre la possibilité à des jeunes issus de milieux défavorisés d'apprendre à jouer de la musique gratuitement en faisant entendre par cet art la voix de la paix. Des milliers d'enfants ont depuis neuf ans pu bénéficier de cette formation.

 

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                    Concert donné par l'orchestre de la Fondation "Musique pour la Paix"


La jeunesse turque actuelle intègre la culture dans son quotidien et c'est à travers elle que celle-ci se répand dans les familles et les amène à faire des découvertes riches et illimitées.

 

Par ailleurs, qu'il s'agisse d'initiatives publiques ou privées, le nombre d'expositions et de concerts gratuits proposés tant par les centres culturels des banques que par de grandes écoles ou des galeries ne cesse de croître à Istanbul. Ceux et celles qui ont découvert ces possibilités ne s'en privent d'ailleurs pas et ils auraient bien tort de le faire n'est-ce pas ?

 


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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 04:30

Article publié dans Lepetitjournal.com d'Istanbul - édition du 22 janvier 2014

 

 

A la sortie d'Ümraniye sur la rive asiatique d'Istanbul, tout près de la voie de contournement, a été ouverte en 2007 la prison T Tipi. 338 employés s'occupent là de quelques  920 détenus  âgés de 18 à 70 ans avec une moyenne  de 25-30 ans.

 

La première fois que j'y ai mis les pieds en décembre dernier, j'ai immédiatement ressenti une ambiance et une atmosphère très particulières. Le personnel rencontré était souriant, aimable et semblait heureux de travailler là.

 

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                                L'entrée de la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

 

Vendredi 17 janvier 2014, depuis quelques heures déjà, la pression monte dans l'attente de cette après-midi pas comme les autres. Une fois arrivée, je dois faire le tri scrupuleux de ce que j'ai le droit de prendre avec moi, mon portable et mes clés étant soigneusement rangés dans une armoire bien fermée. Je découvre ensuite un lecteur optique dernier cri qui enregistre l’image de mes yeux pour l'identification aux passages des  différentes portes et grilles de sécurité.

 

Je souhaite immédiatement voir la salle de sports où se déroulera la cérémonie à laquelle je suis venue assister afin de connaître la configuration des lieux. Un employé me guide à travers les couloirs où je vois des murs aux couleurs claires, une salle où sont exposées de beaux ouvrages tels des maquettes et des tableaux réalisées par des détenus. Avant d'arriver dans le vaste complexe sportif, j'aperçois au passage des couloirs plus étroits latéraux de part et d'autres et où se trouvent des cellules.

 

Une fois franchie la porte de la salle de sports, je suis projetée de plein fouet dans le vif du sujet. 17 prisonniers revêtus d'une tenue de derviche tourneur sont en train de peaufiner les dernières répétitions du premier sema  - la danse mystique des derviches - qu'ils vont effectuer devant les autorités et quelques invités dont le sheik mevlevi de Galata Hüseyin Top, arrivé pour la répétition générale, et le sheik mevlevi de Galata, Nail Kesova.


Je demande à rester sur place pour commencer à faire quelques photos et plonger dans cette ambiance surréaliste. Le soleil entre généreusement par deux des grandes fenêtres  et me fait de suite penser à une belle chanson française "entrer dans la lumière"... Les visages que je vois sont encore un peu tendus et je peux le comprendre, le mien l'étant aussi à ce moment-là.

 

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Une partie des semazen durant la répétition générale en présence de leur professeur Murat Gürsoy et du sheik mevlevi Hüseyin Top

 

Cela fait à présent plus de huit mois - presque le temps d'une grossesse - que toutes les semaines, à raison de 3 séances de 2 heures (2 fois par semaine au début de la formation)  le mevlevi Murat Zahid Gürsoy fait découvrir le monde de Mevlâna et enseigne entre ces murs la philosophie du plus grand penseur mystique de tous les temps et à l'origine de la création de l'ordre des derviches tourneurs. Le grand jour est arrivé, ce beau bébé qui a grandi patiemment à l'ombre des barreaux va être présenté !

 

Comment Rumi est-t-il entré en prison ? Il y a environ 1 an et demi, Mehmet Çıtak, à la tête de la prison T Tipi d'Ümraniye depuis 2011, fait venir dans l'établissement qu'il dirige un groupe mevlevi afin de présenter un sema.  A l'issue de la cérémonie, il se pose la question suivante : "Et pourquoi pas nous ?"

 

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                       Mehmet Çıtak, directeur de la prison d'Ümraniye T Tipi à Istanbul

 

Il interroge Ömer Gökduman, le professeur des lieux chargé de l'enseignement. Ce dernier a déjà mis en place deux projets dans cette prison-modèle ouverte sur la culture : deux pièces de théâtre, en 2011 "Duvarların dili" (La langue des murs) écrite et réalisée par un prisonnier, interprétée par des condamnés mais aussi orchestrée techniquement par des détenus (son, lumière, direction artistique) et la seconde en 2012  "Bana bir şeyhler oluyor" (Il m'arrive des choses) écrite par Yılmaz Erdoğan et réalisée par Reyhan Ulu dans laquelle des détenus jouent aux côtés d'acteurs confirmés. Ömer Gökduman est emballé par la proposition et se met au travail.

 

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   Ömer Gökduman, professeur chargé de l'enseignement à la prison d'Ümraniye d'Istanbul

 

Il s'agit d'abord de trouver la personne capable d'ouvrir à ces hommes la porte de l'amour, de la tolérance, de l'humilité et qui porte vers la lumière. La perle rare étant trouvée, un dossier administratif est constitué et soumis au Ministère Turc de la Justice  qui avalise rapidement le projet. 


Murat Gürsoy explique qu'au démarrage des cours, ces prisonniers étaient agressifs, problématiques, leurs dialogues pauvres. Ils ne faisaient confiance à personne et petit à petit, leur comportement a changé. Ils ont regretté les erreurs faites, leur regard a changé, ils ont commencé à avoir des pensées positives et constructives. Ils ont appris à rêver, leur conversation s'est normalisée, ils ont de nouveau montré du respect et donné de l'amour...

 

  Derviches tourneurs de la prison d'Ümraniye à Istanbul

                      Détenus semazen à la prison d'Ümraniye à Istanbul


Ce programme de formation scolaire complet qui a débuté le 8 mai 2013 augure d'une perspective très large. S'il le faut, cette formation pourra encore durer des années.

 

Qu'ont appris ces hommes durant ces presque neuf mois ? Murat Gürsöy répond : "A aimer, à avoir confiance, à croire en quelque chose d'impossible. Avec de l'amour, de la patience, de la foi, ils ont appris à tout surmonter. Ils ont appris qu'avec l'amour on peut gravir une immense montagne. Ils regardent à présent le monde à travers une fenêtre normale, avec amour, avec motivation, leur lendemain avec espoir. Ces cours ont constitué en même temps une thérapie pour eux."

 

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                                  Murat Gürsoy, enseignant mevlevi

 

De l'histoire musulmane à celle d'Istanbul (la romaine, la byzantine, l'ottomane, la réelle Istanbul aux 7 collines) en passant par la vie du prophète Mohamed, Mevlâna, sa famille, ses professeurs, ses écrits, les tekke de derviches d'Istanbul, de la Turquie et du monde, la situation actuelle de ces couvents, la famille Çelebi (descendants en ligne directe de Mevlâna), les sheiks, le sema, les semazen, la formation de 1001 jours appelée çile et ce qu'est l'ordre mevlevi, tout cela figure au programme de cette formation hors du commun.

 

Près de 9 mois plus tard, en l'occurrence vendredi dernier, Vehbi Kadri Kamer, Président de la Chambre de la Direction Générale des Prisons du Ministère de la Justice se rend à la prison T Tipi d'Ümraniye pour assister au premier sema présenté par des condamnés en Turquie... et sans doute de part le monde !


Après les discours des personnalités présentes, cinq semazen prennent tour à tour la parole pour exprimer leur gratitude mais aussi des poèmes écrits de leur plume et évoquant les valeurs qui leur ont été enseignées. Le directeur va ensuite échanger quelques mots chaleureux d'encouragement avec Mehmet qui a la lourde tâche d'endosser la tenue de dede, du maître...

 

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               Hikmet, représentant des détenus semazen de la prison d'Ümraniye


La cérémonie peut commencer ; quatre derviches musiciens et chanteurs accompagnent le rituel. Tant les officiels que le personnel venu nombreux assister à cette représentation sont sous le charme.

 

A l'issue de la présentation, Vehbi Kamer vient féliciter les "apprentis derviches" et évoque la possibilité d'étendre cette formation aux autres prisons du pays. Ayant eu l'occasion de visiter toutes les prisons en Turquie, il déclare lui-même être surpris de l'ambiance exceptionnelle qui règne dans ces murs...

 

  Vehbi Kadri Kamer, Pst de la Chambre de la direction Gle d

 Au centre, Vehbi Kadri Kamer, Président de la Chambre de la Direction Générale des Prisons du Ministère Turc de la Justice, s'entretenant avec les prisonniers semazen et leur professeur


Les officiels ayant quitté la salle, les sheik mevlevi Hüseyin Top et Nail Kesova échangent cordialement avec les semazen, donnant au passage quelques conseils sur des détails techniques quant à la position des mains, les déplacements, etc. Comme le leur dit Hüseyin Top, chaque être humain peut faire des erreurs mais il a l'occasion de se racheter... et c'est une occasion unique qui est donnée là de trouver le bon chemin...

 

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               Un geste plein de douceur du sheik mevlevi Hüseyin Top pour Erdinç

 

Après cet échange chaleureux et très émouvant pour tous et les dede étant repartis, nous pouvons nous asseoir ensemble durant quelques minutes afin que je puisse recueillir les sentiments de quelques membres de cette nouvelle et belle petite famille.


Tous connaissaient déjà au moins le nom de Mevlâna comme tout turc qui se respecte mais sans pour autant savoir ce qu'il a prôné, écrit et ce dont il a été à l'origine.

 

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    La troupe au grand complet entourant les sheik mevlevi de Galata Hüseyin Top et Nail Kesova


Ali, tout sourire, m'explique qu'une annonce a été faite concernant cette proposition d'enseignement. Les personnes intéressées ont dû rédiger une demande pour y participer. Ce qu'il retient de ces mois passés avec son professeur, c'est l'apprentissage de l'humilité mais aussi celui de constituer une famille en quelque sorte.

 

Hikmet et sa moustache à la Dali dit avoir appris la patience et l'amour. Pour Erdinç, sans doute le plus jeune de la troupe, il est important pour lui d'être accepté, admis, d'être considéré comme un "ami de Dieu".

 

Adem dont j'ai observé le recueillement et la conviction qui le portent, a découvert la philosophie de Mevlâna ainsi que le vocabulaire propre aux  derviches.

 

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                   Adem, en avant-plan et ses 16 compagnons de cellule semazen

 

Murat se lève et insiste pour que je prenne note de ce qui suit et qui est important pour lui et ses compagnons. "Le prophète Mohamet dit que même si une personne qui a la foi se trouve loin du sommet de la montagne et qu'il est dans le besoin, Dieu lui envoie quelqu'un pour lui expliquer le bien et le mal... et c'est ce qui leur est arrivé avec leurs professeurs..."

 

Depuis le démarrage de cette formation sans précédent en Turquie et dans le monde, des compagnons de cellule ont émis le souhait de vouloir en bénéficier également.

 

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                            Salih, un des semazen de la prison d'Ümraniye

 

Mehmet Çıtak, directeur de la prison, me fait savoir lors de l'entretien qui suit que le groupe constitué va poursuivre sa formation et que d'autres vont être créés vu la demande. J'en profite pour l'interroger sur les liens qu'il entretenait auparavant avec Mevlâna... C'était, selon ses termes, de la "sympathie". Il avait eu l'occasion d'assister à plusieurs reprises à des sema mais ne connaissait pas pour autant la symbolique de la danse ni des différents vêtements portés.

 
  Entrer dans la lumière...

 Entrer dans la lumière... au sens propre comme au sens figuré pour ces condamnés "apprentis derviches"

               

A Ümraniye, 260 condamnés suivent également des cours d'écriture, de lecture et une scolarité de niveau collège, lycée et faculté, 22 prisonniers bénéficient de cours de théâtre, 53 font du dessin et de la peinture, 130 des maquettes en tissu et nouage, 42 apprennent à jouer du ney et du bağlama, 20 la cuisine, 14 suivent des cours d'informatique. Les prisonniers bénéficient également d'une salle de sports fermée et de deux ouvertes.

 

Finalement, c'est l'ensemble des personnes qui habitent ces lieux, certaines pour quelques heures par jour, d'autres pour des durées bien plus longues, qui a bénéficié des leçons de vie et de tolérance apprises et diffusées par  le professeur mevlevi Murat Zihad Gürsoy et le résultat est on ne peut plus édifiant et positif. Vivre ensemble avec ses différences, se respecter, s'accepter, c'est vraiment ce que j'ai ressenti au sein de cette prison.

 

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                      Premier sema dans la prison-modèle d'Ümraniye à Istanbul

 

Ce centre pénitentiaire constitue un modèle dans le genre qui, sans aucun doute, fera des émules dans les mois et les années à venir.

 

On ne ressort pas indemne de quelques heures passées dans cet univers carcéral hors normes  et à l'antipode de certaines idées préconçues qui ont la vie dure ...  J'ai vu briller dans les yeux de ces 17 hommes une petite lumière, une petite flamme qui ne demande qu'à grandir et je suis certaine qu'elle va se développer...

 

  Cérémonie de sema à la prison d'Ümraniye à Istanbul

            Derviches tourneurs prisonniers à la centrale pénitentiaire d'Ümraniye d'Istanbul

 

C'est seulement lorsqu'ils sont sortis de la salle de sports et que je les ai suivis du regard, après les avoir salués une dernière fois, vêtus de leur manteau noir sur leur jupe blanche, le sikke - chapeau traditionnel de derviche - posé sur leur tête, regagner leurs cellules à pas feutrés en empruntant un étroit couloir, que je me suis rendue compte que j'étais dans un lieu pas tout à fait comme les autres...

 

En cliquant sur le lien ci-après, vous pouvez visionner un diaporama photos sur cet événement hors du commun http://youtu.be/Ji1kiA5UTNU

 

La version turque de cet article est visible en cliquant ici.


 

"Une bougie qui allume une autre ne perd rien de sa lumière." (Hz Mevlâna)


 


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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 05:38

Encore une année qui se termine, avec des moments de bonheur et d'autres plus sombres. Gardons en souvenir les plus intenses, ceux qui nous ont fait vibrer, ceux dont nous nous rappellerons avec le sourire aux lèvres et heureusement il y en a eu également.

 

    9-copie-1.jpg

Prizren (Kosovo), ancienne ville de l'Empire ottoman où la langue turque est encore omniprésente

 

Du Kosovo à Chypre Nord, de Konya à Istanbul, ma route de 2013 aura été parsemée d'embûches certes mais surtout de belles découvertes et de magnifiques rencontres, celles qui font du bien au coeur et à l'âme.

 

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                             Famagusta, mon coup de coeur à Chypre Nord

 

Je vous propose de continuer l'année prochaine à explorer ensemble, tranquillement, les innombrables richesses d'Istanbul et de la Turquie, de pousser des portes cachées, de découvrir ensemble des lieux intéressants et des personnes passionnantes qui resteront gravés dans notre mémoire..., en tout cas je le souhaite.

 

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De gauche à droite Nadir dede, Indira Melloul, animatrice de séminaires de danses derviches et Esin Çelebi, 22ème arrière-petite-fille de Rumi à la Fondation Internationale Mevlâna à Konya

 

En cliquant ici, je vous invite à faire un petit come back sur cette année qui s'achève.

 

Belle et heureuse année 2014 à tous et à toutes et merci pour votre fidélité !

 


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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 05:21

Le 17 décembre 2013, comme tous les ans, était commémoré, entre autres à Istanbul, le 740ème anniversaire de la mort de Rumi par les mevlevis.

 

Je vous invite à lire mon article sur ce sujet publié hier dans "le petit journal.com d'Istanbul" en cliquant ici.

 

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