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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 06:09

Il y a 13 ans jour pour jour, le 24 août 2003, j'arrivais à Üçhisar en Cappadoce pour passer mes premiers jours comme résidente en Turquie et établir mon premier permis de séjour touristique à Nevşehir.

Üçhisar en Cappadoce et son fameux château réalisé sur le rocher du village

Üçhisar en Cappadoce et son fameux château réalisé sur le rocher du village

A l'époque, c'était plus simple dans certaines villes du pays qu'à Istanbul même et c'est accompagnée de mon plus vieil ami turc – et francophone - Murat, que je connais depuis 1998, que je me suis rendue à la police des étrangers pour déposer ma demande, boire un thé avec les policiers au passage et récupérer le précieux sésame deux jours après...

Mon plus vieil ami turc Murat

Mon plus vieil ami turc Murat

C'est de la terrasse de Taka Evi, le magnifique hôtel de Murat, que j'admire aujourd'hui la vue extraordinaire sur la Vallée des Pigeons et le Parc National de Göreme inscrit en 1985 sur la liste du Patrimoine Mondial de l'Unesco.

 

A l'occasion de cet anniversaire, j'ai décidé de revenir aux sources et de faire une petite pause ici en observant le chemin parcouru et tout ce que j'ai vécu depuis 13 ans au pays du simit...

De la terrasse de Taka Evi à Uçhisar

De la terrasse de Taka Evi à Uçhisar

En 1998, lorsque j'ai mis la première fois les pieds en Turquie, je ne pouvais guère m'imaginer à l'époque que ce pays allait m'accueillir quelques années plus tard et m'offrir une seconde vie bien différente de la première.

 

Que de belles rencontres, qu'il s'agisse de turcs habitant ici ou dans d'autres pays, de Français, de Belges, d'Italiens, de Syriens, d'Irakiens et bien d'autres personnes venues des quatre coins de la planète et que j'ai croisées à Istanbul ou ailleurs lors de mes voyages.

 

Combien de lieux magiques m'ont émerveillée, enchantée, interpelée, parlée, tant dans la ville monde dont le Bosphore relie l'Europe à l'Asie dans un environnement unique qu'en Anatolie ou en Roumélie, la partie européenne de la Turquie.

La Cappadoce fait partie de ces lieux magiques que j'aime tant

La Cappadoce fait partie de ces lieux magiques que j'aime tant

Que de moments voire d'événements émouvants et forts vécus au fil de ces 13 années, que jamais je n'aurais imaginé connaître durant mon existence et qui continuent de me transformer.

 

Il me faudrait bien 10 vies pour découvrir et faire découvrir ce pays que j'aime tant, qui m'a donné bien plus que simplement la nationalité.

Taka Evi à Üçhisar, là où j'ai posé mes valises pour mes 13 ans de vie en Turquie

Taka Evi à Üçhisar, là où j'ai posé mes valises pour mes 13 ans de vie en Turquie

Toutes ces rencontres et ces découvertes ne sont finalement, à mon sens, pas le fruit du hasard mais bien le kısmet (la chance) et le kader (le destin) qui sont les miens ici.

 

Je suis heureuse d'avoir en moi cette moitié de bretzel et cette moitié de simit qui vont bien de pair, cette double culture d'une richesse inestimable, des valeurs précieuses à entretenir et dont je vais continuer de faire bon usage.

Un vieux rêve réalisé ce matin à l'aube pour fêter mes 13 ans de vie en Turquie, un vol en montgolfière

Un vieux rêve réalisé ce matin à l'aube pour fêter mes 13 ans de vie en Turquie, un vol en montgolfière

Merci aussi à ceux et celles - pas nombreux au début - qui ont cru en cette aventure que j'ai décidé de vivre en venant m'installer en Turquie et tous ceux et celles qui depuis font partie de mon quotidien, que j'ai eu l'occasion de connaître grâce à ce site ainsi qu'au groupe FB qui porte le même nom, pour tout ce qu'ils m'ont apporté, tous nos échanges, les liens amicaux tissés, les rencontres visuelles qui ont parfois suivi les rencontres virtuelles.

 

Avec ces 13 ans au pays du simit, j'ai de quoi écrire des centaines de pages pour constituer un ou plusieurs livres.

 

En cliquant ici, vous pourrez accéder à la version turque de cet article.

 

http://www.takaev.com/

 

 

10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 17:07

Troisième lecture achevée de "Soufi mon amour" d'Elif Shafak, ce livre qui m'a le plus marqué à ce jour et auquel je n'avais pas encore consacré d'article par faute de temps ou peut-être parce que ce n'était pas encore le moment...

 

Par où commencer ? Il y a tant de choses à dire sur cet hymne à l'amour...

 

“Soufi mon amour” d'Elif Shafak

Deux rencontres, une connue du grand public, celle de Rumi le 31 octobre 1244 avec son miroir le derviche errant Shams de Tabriz, le genre de rencontre qu'on ne fait qu'une fois dans sa vie... et une autre, contemporaine, celle d'Ella, la quarantaine, mariée, mère de famille à la vie confortable et tranquille, trop tranquille.

 

Cette femme, chargée par une maison d'éditions de procéder à la lecture du roman “Doux blasphème” écrit par Aziz - un photographe soufi - va découvrir à la fois un monde de philosophie et de tolérance qu'elle ignorait totalement mais aussi l'Amour... Une autre rencontre qu'on ne fait également qu'une fois durant son existence.

 

Deux destins passionnants, à des années lumière l'un de l'autre...

“Soufi mon amour” d'Elif Shafak

Les leçons de vie se succèdent au fil des pages et des chapitres d'une part à Konya où Mevlâna Celâleddin Rumi et Shams se découvrent, se trouvent enfin, des mois durant lesquels le derviche errant va transmettre à son miroir ses connaissances, mais aussi sagesse, compassion, patience et l'abandon de l'ego, sans aucun doute la chose la plus difficile pour chacun d'entre nous.

 

 

Règle 19 de Shams de Tabriz : "Si tu veux changer la manière dont les autres te traitent, tu dois d'abord changer la manière dont tu te traites. Tant que tu n'apprends pas à aimer, pleinement et sincèrement, tu ne pourras jamais être aimé. Quand tu arriveras à ce stade, sois pourtant reconnaissant de chaque épine que les autres pourront jeter sur toi. C'est le signe que, bientôt, tu recevras une pluie de roses."

Elif Şafak, İstanbul mars 2015

Elif Şafak, İstanbul mars 2015

Cette tranche de vie et la disparition de l'être aimé va transformer Mevlâna en poète mystique, en écrivain de l'amour, en un des plus grands penseurs et sages de tous les temps...

 

Quant à Ella, sa rencontre avec Aziz, d'abord à travers les feuilles du livre qu'il a écrit, puis par échanges électroniques avant de faire réellement sa connaissance, va amener cette femme à changer de vie, à découvrir en elle une autre personne ouvrant grand la porte à l'Amour.

“Soufi mon amour” d'Elif Shafak

Règle 38 de Shams de Tebriz : "Il n'est jamais trop tard pour se demander : "Suis-je prêt à changer de vie ? Suis-je prêt à changer intérieurement ?" Si un jour de votre vie est le même que le jour précédent, c'est sûrement bien dommage. A chaque instant, à chaque nouvelle inspiration, on devrait se renouveler, se renouveler encore. Il n'y a qu'un moyen de naître à une nouvelle vie : mourir avant la mort."

Précepte de Rumi

Précepte de Rumi

Chacun de nous a un jour la possibilité de changer sa façon de voir le monde, de regarder l'Autre avec des yeux nouveaux et d'adopter les 40 règles de l'Amour de Shams de Tabriz qui ponctuent les moments forts de ces deux histoires.

 

Difficile de ne pas rester insensible à cet appel à une nouvelle façon de vivre, à la résonance des mots, du sens de la vie, à tirer profit de cette leçon qui peut donner un éclairage nouveau sur l'essence même du mot “Amour”... A chacun d'écouter son coeur et d'ouvrir une nouvelle page de sa propre histoire, si c'est le moment.

“Soufi mon amour” d'Elif Shafak

Règle 40 de Shams de Tebriz : "Une vie sans amour ne compte pas. Ne vous demandez pas quel genre d'amour vous devriez rechercher, spirituel ou matériel, divin ou terrestre, oriental ou occidental. L'amour n'a pas d'étiquettes, pas de définitions. Il est ce qu'il est, pur et simple. "L'amour est l'eau de vie. Et un être aimé est une âme de feu ! L'univers tourne différemment quand le feu aime l'eau."

 

Cliquez ici pour lire la version turque de l'article.

27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 04:56

Article publié dans le Petit Journal d'Istanbul - Edition du 27 juillet 2016

 

Rien de tel qu'une bonne glace lorsque le soleil est de la partie et que le rythme quotidien devient moins soutenu, que l'on profite des vacances ou non.

 

A Istanbul et dans de nombreuses villes de Turquie, il existe de nombreux artisans glaciers qui méritent d'être connus par les amateurs et dont voici une petite sélection non exhaustive.

 

 

Quelques bons glaciers à Istanbul et dans d'autres villes de Turquie

A Istanbul

 

Yaşar Usta

Prof. Dr. Ali Nihat Tarlan Cd No:33, Bostancı

Le stand situé devant la pâtisserie et dont l'adresse est la maison-mère ne paye pas de mine mais les connaisseurs ne s'y trompent pas depuis 45 ans. L'origine des fruits utilisés pour faire leurs sorbets (rares en Turquie, les glaces étant pour la plupart au lait) permet de faire un tour gustatif du pays.

La prune rouge (seul glacier à en proposer) ainsi que le citron ont un goût extraordinaire, les autres fruits rouges de même que la figue raviront également les palais.

Petit plus non négligeable quand les températures grimpent beaucoup : les boîtes isothermes en polystyrène pour la vente à emporter.

 

Yaşar Usta dispose de six succursales,3 sur la rive asiatique et 3 sur la rive européenne :

 

- Bağdat Caddesi No 348, Erenköy

- Koşuyolu Mah.Mehmet Akman Sok.No:75/2 - Acibadem

 

- Bakraç Sokak Hayat Apartmanı No 9/A - Cihangir

- 4.Levent Konaklar Mah. Akçam Cad. NO:17/F - Beşiktaş (la rue derrière les tours Sabancı)

- Osmaniye Mah. Şirin Sok.No:34/A - Bakırköy (en face du palais de justice de Bakırköy, à côté du barreau d'Istanbul)

 

18 sorbets et 17 parfums de glace, vous avez l'embarras du choix !

Yaşar Usta Dondurmacı à Bostancı... et dans d'autres succursales d'Istanbul

Yaşar Usta Dondurmacı à Bostancı... et dans d'autres succursales d'Istanbul

Meşhur Dondurmacı Ali Usta

Caferağa, Moda Caddesi No 176B – Moda/Kadıköy (non loin de l'embarcadère de Moda)

Il faut être patient le week-end en été, la file d'attente est parfois très longue

Cette adresse bien connue depuis 1969 dans le quartier propose d'innombrables parfums.

 

 

Roma Dondurmacı

Üsküdar Cad. No 39 (rue commerçante principale) - Şile

Cette enseigne qui existe depuis 1987 ne désemplit pas non plus à la belle saison.

Outre les parfums habituels, il faut absolument goûter la figue et le melon, exquis !

 

Roma Dondurmacı à Şile

Roma Dondurmacı à Şile

Damla – Tufan Kardeşler

Kurtuluş Caddesi No 110A - Kurtuluş/Şişli

 

La petite échoppe des frères Tufan, ouverte depuis 1994 dans le quartier après 5 premières années passées à Merter, accueille une clientèle d'habitués particulièrement importante accueillis avec le sourire et vient déguster notamment la glace au mastic, à la banane ou à la fraise, parmi toutes les variétés proposés, recouverte comme il se doit selon votre envie, par une petite glacure de chocolat parsemée de monceaux de noisettes et de noix de coco.

 

En hiver, les amateurs de boza viennent également s'approvisionner là.

Damla Dondurmacı à Kurtuluş

Damla Dondurmacı à Kurtuluş

Damla Dondurmacı à Kurtuluş

Damla Dondurmacı à Kurtuluş

Quelques autres découvertes en dehors d'Istanbul :

 

Rumeli Pastanesi

İnkilap Caddesi No 46, Çeşme

Cette entreprise familiale qui a ouvert ses portes en 1945 vous fera vivre une véritable aventure dégustative avec notamment ses glaces à la mandarine, au bâton de vanille, à la grenade ou à la pêche, myrtille, pomme verte, noix et raisin, melon,... parmi une quarantaine de parfums disponibles en été et plus d'une vingtaine en hiver.

Premier glacier en Turquie à avoir produit de la glace au mastic (damla sakızı) venant de l'île grecque voisine de Kos.

Classé par le quotidien Hürriyet parmi les 10 meilleurs glaciers du pays de 2006 à 2009 ainsi qu'en 2012, assurément encore aujourd'hui si le classement devait être réactualisé !

Depuis ce printemps, une succursale située 3011 Sok 86/a Dalyan Yolu üzeri (sur la route de Dalyan) à la sortie de Çeşme a ouvert ses portes !

 

Rumeli Pastanesi à Çeşme, un des meilleurs glaciers de Turquie

Rumeli Pastanesi à Çeşme, un des meilleurs glaciers de Turquie

Çınarlı Dondurmacı

Çınarlı/île de Marmara, au nord de l'embarcadère et après les deux petits restaurants sur la route le long de la plage.

Des glaces maison faites depuis deux générations avec du lait de chèvre.

Des fruits de l'île (mûre, arbousier, melon, zirdalı une variété de pêche,...) travaillés avec amour par Taner depuis deux générations.

Chez Taner, le glacier de Çinarlı sur l'île de Marmara

Chez Taner, le glacier de Çinarlı sur l'île de Marmara

Balaban Dondurma

Tahmis Çarşısı Sk – Edirne – (rue à l'ouest du Bedesten)

La griotte et le chocolat sont particulièrement savoureux à cette adresse où l'on trouvera également des baklavas et autres spécialités turques.

 

 

Lorsqu'on n'a pas de petit artisan à proximité, il reste Mado, une enseigne qu'on retrouve aux quatre coins d'Istanbul et dans toute la Turquie et qui constitue une valeur sûre.

 

Mado, une valeur sûre pour les glaces en Turquie

Mado, une valeur sûre pour les glaces en Turquie

Afiyet olsun ! Que cela vous fasse du bien !

11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 04:51

Article publié dans le Petit Journal d'Istanbul - Edition du 11 juillet 2016

 

A 2 h 30 d'hydroglisseur (deniz otobüsü) d'Istanbul au départ de l'embarcadère de Yenikapı, l'île de Marmara située sur la mer du même nom permet de s'évader et de se reposer un week-end ou plus pour ceux et celles qui ont envie et/ou besoin de recharger les batteries.

 

Le temps semble en effet s'y être arrêté et il y règne une nonchalance et une quiétude bien agréables, bien loin de l'agitation de la mégalopole.

 

La mosquée située dans la rue principale de Marmara

La mosquée située dans la rue principale de Marmara

Deuxième plus grande île de Turquie après celle Gökçeada, Marmara s'appelait jadis Prokonnesos – l'île aux chevreuils - et comportait une importante communauté grecque qui, dans le cadre du traité de Lausanne signé en 1923 et des échanges de population ayant suivi, ont été contraints de quitter les lieux.

 

Il reste encore des traces visibles du passé grec de Marmara, notamment certaines belles constructions traditionnelles caractéristiques. Des escaliers aux marches des plus irrégulières dégringolent des ruelles situées dans les hauteurs.

Ancienne maison grecque de Marmara et un des innombrables escaliers du village
Ancienne maison grecque de Marmara et un des innombrables escaliers du village

Ancienne maison grecque de Marmara et un des innombrables escaliers du village

Pour humer l'ambiance du village principal portant aussi le nom de Marmara, rien de tel que de prendre place à l'ombre des vignes qui couvrent une bonne partie des différents jardins à thé (çay bahçesi) situés le long de la rive et d'observer la vie de ses habitants en sirotant soit un thé, soit une limonade maison, soit en été la spécialité du lieu, le koruk suyu, jus de raisin vert préparé quotidiennement avec grand soin et additionné de sucre pour en réduire l'amertume.

Jardins à thé de Marmara
Jardins à thé de Marmara

Jardins à thé de Marmara

Koruk suyu, le jus de raisin vert servi en été à Marmara

Koruk suyu, le jus de raisin vert servi en été à Marmara

Quelques hommes, certains coiffés de casquettes, font la causette, jouent au backgammon ou lisent le journal. A côté, des femmes qui devisent bruyamment, une cigarette entre les lèvres.

 

Deux portraits d'Atatürk, accrochés l'un au-dessus du comptoir, l'autre tout près, meublent les lieux. Les jeunes et souriants serveurs de ce jardin à thé arborent fièrement deux drapeaux turcs - sinon rien - sur le recto de leurs polos et le nom du lieu où ils travaillent au verso.

Dégustation d'un verre de koruk suyu à la table d'un jardin à thé à Marmara

Dégustation d'un verre de koruk suyu à la table d'un jardin à thé à Marmara

Une autre table est occupée par deux amies Hülya et Zeliya, les mains protégées par des gants en caoutchouc, qui passent une bonne partie de la journée à nettoyer le raisin qui servira à réaliser le breuvage typique de Marmara.

Hülya et Zeliya préparent le raison destiné au koruk, boisson estivale de Marmara

Hülya et Zeliya préparent le raison destiné au koruk, boisson estivale de Marmara

L'avenue Atatürk – sur laquelle sont situés les jardins à thé donnant sur la mer – est aussi l'artère commerçante principale du village. On y fait ses emplettes quotidiennes mais on y flâne aussi – surtout le soir -, le nez au vent et prêt à saluer telle ou telle connaissance car ici tout le monde se connaît... et on vous reconnaît également rapidement... Quelques vieilles dames en şalvar côtoient d'autres en robe de plage courtes ou en short.

Sur l'avenue Atatürk de Marmara

Sur l'avenue Atatürk de Marmara

Le muezzin voisin invite les rares fidèles à la prière pendant qu'un chien s'arrête devant une pizzeria turque, semblant avoir un petit creux et attendant patiemment qu'un client veuille bien partager avec lui un bout de pide, cette délicieuse pizza turque croquante recouverte de fromage ou de viande soit hachée, soit en petits morceaux.

 

Juste au-dessus de la pâtisserie voisine, un balcon joliment fleuri attire le regard avec son arc de verdure du plus bel effet.

Marmara

Marmara

La verdure est omniprésente à Marmara, qu'il s'agisse des innombrables et majestueux platanes, des tonnelles couvertes de vignes, de fleurs dégageant des odeurs délicates, des herbes aromatiques ou destinées à réaliser quelques tisanes aux vertus apaisantes.

Beaucoup de verdure à Marmara

Beaucoup de verdure à Marmara

Ici, on se balade à pied ou à vélo – souvent équipé d'une remorque pour y mettre les provisions ou d'une cagette destinée au rejeton - , en scooter électrique... Les voitures y sont rares et n'ont pas le droit d'emprunter une bonne partie de l'artère principale, quel bonheur !

A Marmara, le vélo est roi !
A Marmara, le vélo est roi !

A Marmara, le vélo est roi !

Les haut-parleurs installés par la mairie permettent d'annoncer aux habitants les événements importants du jour, qu'il s'agisse du décès de l'un des leurs ou l'iftar – repas de rupture du jeûne pendant le Ramadan – offert justement ce soir par la municipalité à tout le monde sur l'avenue Atatürk, etc.

Soir de rupture de jeûne durant le mois du Ramadan, Marmara

Soir de rupture de jeûne durant le mois du Ramadan, Marmara

Jeudi, c'est jour de marché à l'ombre des platanes situés sur la place entre les jardins à thé et le port, une occasion supplémentaire de faire la causette et d'acheter un tee-shirt ou un accessoire pour la vie quotidienne à prix défiant toute concurrence.

 

 

Marché hebdomadaire à Marmara

Marché hebdomadaire à Marmara

Des marchands ambulants déambulent toute la journée avec leurs cargaisons de gâteaux secs ou d'ustensiles en bois, s'arrêtant régulièrement à l'ombre des arbres. Un homme prenant la tension propose ses services dans les différents jardins à thé et aux alentours.

Marchands ambulants, MarmaraMarchands ambulants, Marmara

Marchands ambulants, Marmara

Le soir venu, le marchand de barbe à papa ainsi que les petits stands vendant petits bijoux fantaisie ou idée de cadeaux à prix attrayants font des affaires.

Balade nocturne à Marmara

Balade nocturne à Marmara

Quelques hôtels et pensions ont pignon sur rue, notamment sur l'artère principale. L'endroit le plus agréable et le mieux situé reste incontestablement Mola Butik otel dont la magnifique terrasse surplombe leur petite plage privée contiguë à celle où règne le pétillant İbrahim, une des figures du village qui s'occupe de distribuer les places et de nourrir et d'abreuver ses clients.

Vue sur la mer de Marmara de la terrasse de Mola Butik Otel
Vue sur la mer de Marmara de la terrasse de Mola Butik Otel

Vue sur la mer de Marmara de la terrasse de Mola Butik Otel

Au fil des heures, les chaises longues sont occupées et les familles passent du bon temps dans l'eau et à faire des châteaux de sable comme au bon vieux temps. Quelques chiens errants des plus affables et faisant partie intégrante du paysage viennent leur rendent visite. Ils apprécient aussi de se baigner ou de poser l'arrière-train dans l'eau transparente avant d'aller s'écrouler pour une sieste bien méritée à côté de l'un ou l'autre transat, sans être dérangés par les moineaux venus faire provision de miettes de repas sur la plage.

 

Pendant ce temps, le marchand de maïs fait inlassablement l'aller-retour au-dessus de tout ce petit monde pour vendre ses épis bouillis.

Plage de Marmara
Plage de Marmara

Plage de Marmara

Vendeur de mais, Marmara

Vendeur de mais, Marmara

Après la station de minibus permettant de se rendre principalement dans le village voisin de Çinarlı ou celui de Saraylar situé à l'autre bout de l'île et renommé pour ses carrières de marbre blanc et les décorations ornant le bord de mer, le cimetière de Marmara abrite un mélange de tombes ottomanes traditionnelles et d'autres actuelles sur lesquelles on apprend par exemple que sont enterrés là d'anciens maires du coin, un petit bout d'histoire au milieu de la végétation ambiante.

Cimetière de Marmara

Cimetière de Marmara

Près du port s'amoncellent des filets de pêche offrant parfois un décor pour le moins original aux hommes venant durant l'été en fin de journée les remettre en état avant la reprise de la saison.

 

Les étrangers sont rares sur l'île, soit par ignorance de l'endroit, soit peut-être parce qu'elle est trop tranquille. Dans ce cas, ils peuvent toujours se rabattre sur l'île voisine d'Avşa - plus proche de Bandırma – connue pour ses plages et sa vie nocturne plus animée.

Une journée ordinaire à Marmara, un havre de paix à 2 h 30 d'Istanbul
Une journée ordinaire à Marmara, un havre de paix à 2 h 30 d'Istanbul

Marmara, c'est aussi le paradis des moules pour les amateurs, les meilleures du pays assurément ! Récoltées tous les matins durant l'année, vous pourrez les déguster au déjeuner ou au dîner, soit farcies (midye dolma), soit frites en brochettes (midye tava) – entourées d'une pâte à frire légère et accompagnées d'une sauce tarator à base de noix moulues, de jus de citron, de gousses d'ail et de pain rassis.

Brochettes de moules de Marmara, un must !

Brochettes de moules de Marmara, un must !

À déguster dans un des restaurants situés à côté du petit pont sous lequel passent les barques des pêcheurs pour revenir au bercail, sur fond de chansons de Tarkan ou d'autres chanteurs turcs à succès mais à un niveau sonore parfait qui permet de profiter tant de la vue que du repas.

Quelques bons restaurants de Marmara au bord de l'eau

Quelques bons restaurants de Marmara au bord de l'eau

Misya, société créée en 2012 et employant près d'une vingtaine de salariés, récolte et commercialise les moules locales que vous retrouverez sur les meilleures tables dans de nombreuses villes du pays.

 

Les crevettes roses pêchées ici sont délicieuses et méritent d'être connues, la meilleure façon de les déguster étant incontestablement arrosées d'un filet d'huile d'olive de l'île.

 

 

Crevettes roses de Marmara

Crevettes roses de Marmara

res (böğürtlen), arbousier (dağ çileği) pêche de l'île (zirdalı) et autres fruits de Marmara servent à la réalisation de délicieuses glaces artisanales et de confitures qui feront la joie des gourmands.

 

Marmara constitue assurément un bout de Turquie authentique et préservé qui n'a pas beaucoup changé depuis une quinzaine d'années et où il fait bon vivre et passer quelques jours de vacances à un rythme paisible et réparateur.

Published by Nat - dans Marmara
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 06:11

Une vaste et lumineuse salle de sports dotée également d'une belle scène. Nous sommes début juin 2016 dans la prison L No 3 pour hommes étrangers – les femmes étant incarcérées à Bakırköy - située dans le campus pénitentiaire de Maltepe sur la rive asiatique d'Istanbul. Ce dernier comprend au total 5 prisons : 2 fermées pour turcs, 1 fermée pour étrangers, 1 pour enfants et jeunes et une prison ouverte.

 

Cet après-midi, comme tous les ans, a lieu un spectacle donné par quelques uns des 1582 détenus de 97 nationalités différentes incarcérés ici, un monde à lui tout seul...

Dans la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Dans la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Derrière les trois rangées destinées au protocole et à diverses autres personnes, la majorité des quelques 500 personnes rassemblées là sont des prisonniers assis sur des chaises ou sur les gradins.

 

Certains reviennent d'un tournoi de football et sont vêtus d'une tenue de sport. D'autres en chemise blanche et gilet sans manches effectuent le service pour les invités.

Dans la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Dans la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Après un message de bienvenue délivré par différents détenus dans leur propre langue puis en langue turque tous ensemble, une minute de silence suivie de l'hymne national turc vont précéder les discours d'ouverture prononcés par le le directeur de l'établissement Ziya Baytam et par le Procureur Général Fehmi Tosun.

 

Tous les Consuls ont été invités mais sont finalement représentés ce jour-là la Russie, l'Iran, la Pologne et le Kazakhstan.

Spectacle présenté par les détenus de la prison pour hommes  étrangers de Maltepe à Istanbul

Spectacle présenté par les détenus de la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Le spectacle, monté uniquement avec l'aide de personnel de la prison – enseignant, psychologiques et employés – ainsi que des détenus bénévoles à raison de 2 heures de travail par jour durant un trimestre, peut commencer.

 

Un groupe d'espagnols sera le premier à monter sur scène et à enflammer la salle avec des rythmes particulièrement animés. Il sera suivi de six hommes en pantalon noir et chemise blanche portant en guise de ceinture une étole rouge qui vont eux aussi enchanter le public avec leur danse rom.

Groupe de détenus espagnols dans la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Groupe de détenus espagnols dans la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Le groupe de danse rom de la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Le groupe de danse rom de la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Le groupe vocal L3 – du nom de l'établissement – composé de 7 interprètes en chemise et cravate prend la relève et chante en turc.

 

Le groupe vocal L3 de détenus de la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Le groupe vocal L3 de détenus de la prison pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Un jeune nigérien accompagné de musiciens iraniens va ensuite chanter aussi en turc.

 

L'auditoire applaudit à tout rompre les différentes prestations et manifeste bruyamment son enthousiasme.

Quelques heures dans la prison pour étrangers de Maltepe à Istanbul

Quatre hommes portant la tenue traditionnelle utilisée pour la danse harmandalı originaire de la région égéenne et de l'ouest du pays vont faire sensation.

 

Juste derrière les rangées officielles, un détenu, la soixantaine, portant une croix autour du cou, danse sur sa chaise.

Quelques heures dans la prison pour étrangers de Maltepe à Istanbul

Le spectacle s'achève avec une performance de break dance effectuée par un groupe de jeunes africains qui clôtureront ensuite cette après-midi récréative fort plaisante avec une danse traditionnelle turque - halai - qu'ils interprètent avec un gardien, celui ayant formé les danseurs qui se débrouillent aussi bien qu'un turc dans cet exercice.

Quelques heures dans la prison pour étrangers de Maltepe à Istanbul

Deux hommes ne peuvent résister à l'appel de la musique et se lèvent également pour danser, tout comme trois installés en haut des gradins, suivis par quelques membres du personnel.

 

Le personnel pénitentiaire est sympathique et affable, tout comme dans la prison Ümraniye T Tipi que je connais depuis deux ans et demie. On est loin de s'imaginer que prisonniers et gardiens peuvent faire bon ménage naturellement...en étant tout simplement et avant tout des hommes... Il suffit d'observer les échanges et l'ambiance chaleureuse qui règne pour y croire.

 

A la fin du programme, les artistes d'un jour se retrouvent sur la scène pour une joyeuse séance photos.

Quelques heures dans la prison pour étrangers de Maltepe à Istanbul

Les spectacteurs repartent doucement par groupes, les uns emportant leur chaise avec eux… mais surtout la plupart une étincelle de joie dans les yeux.

 

Dans cette prison de Maltepe réservée uniquement aux étrangers, 40 à 50 % des détenus exercent tous les jours une occupation et sur la semaine, quasiment tous – exceptés en cas de sanction disciplinaire - effectuent une ou plusieurs activités, qu'elle soit sportive, culturelle ou de formation.

Quelques heures dans la prison pour étrangers de Maltepe à Istanbul

Sont proposés ici des cours de turc, d'informatique, de design, d'électricité, du tennis de table, du football, du volley et du basket et un atelier de dessin et peinture.

 

De nombreuses œuvres réalisées à l'intérieur de l'établissement sont d'ailleurs exposées sur le parcours menant à la salle de sports et de spectacles.

 

Quelques heures dans la prison pour étrangers de Maltepe à Istanbul

En outre, certains détenus habitant en Turquie depuis longtemps connaissent bien le turc et aident les autres pour l'apprentissage de la langue.

 

Le directeur à la tête de cet établissement depuis un an après avoir été à la tête d'une prison de Diyarbakir, est secondé de 4 sous-directeurs. En outre, un Procureur de la République spécifique au campus y exerce ses fonctions.

 Ziya Baytam, le directeur de la prison L3 pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Ziya Baytam, le directeur de la prison L3 pour hommes étrangers de Maltepe à Istanbul

Une femme enseignante est responsable de la formation et la prison L3 pour étrangers de Maltepe compte aussi un médecin, trois psychologues ainsi qu'un travailleur social s'occupant de travaux psychologiques en groupes.

 

Les détenus sont regroupés par pays et/ou affinités culturelles et comme dans toutes les prisons turques, chaque cellule donne sur une cour accessible en permanence du lever au coucher du soleil.

Tableau réalisé par un détenu de la prison de Maltepe à Istanbul

Tableau réalisé par un détenu de la prison de Maltepe à Istanbul

De même, à Maltepe comme partout en Turquie, un aumonier envoyé par la Diyanet - Ministère du Culte - vient tous les jours apporter un réconfort spirituel aux prisonniers musulmans turcophones. Il n'y a pas de salle de prière – mescit - pour les détenus musulmans au sein de la prison, mais ils peuvent aménager un coin dans leur cellule pour prier, tout comme peuvent également le faire les prisonniers des différentes religions monocéphales reconnues.

 

Les livres sacrés sont autorisés, tout comme portraits ou statues de la Vierge, croix, etc qui fleurissent dans certaines cellules selon leurs occupants.

 

Ces trois heures passées au sein de la prison pour hommes étrangers d'Istanbul constituent une véritable note de couleur et d'espérance. L'humanisme existe, même là où les préjugés ont la vie dure.

Spectacle de break dance réalisé par des détenus de la prison pour hommes étrangers à Maltepe, Istanbul

Spectacle de break dance réalisé par des détenus de la prison pour hommes étrangers à Maltepe, Istanbul

Quelques heures dans la prison pour étrangers de Maltepe à Istanbul

Il est fort probable que le programme récréatif proposé soit réinscrit au calendrier à l'automne prochain, dans une version élargie et permettra ainsi à tous, sur la scène comme dans le public, d'oublier, pour un temps donné et différent pour chacun, qu'ils sont derrière les barreaux.

 

Cliquez ici pour lire la version turque de l'article.

16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 04:51

Article publié dans le Petit Journal d'Istanbul - Edition du 15 juin 2016

 

Samedi 11 juin 2016, la cathédrale du Saint-Esprit située à Harbiye près du centre névralgique de Taksim et qui a accueilli le 29 novembre 2014 la visite du Pape François, ressemblait à une fourmillière.

 

C'est en effet là qu'a eu lieu l'ordination épiscopale de Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, nouveau vicaire apostolique et évêque d'Istanbul succédant à Mgr Louis Pelâtre qui a fait valoir ses droits à la retraite après avoir été nommé à ses fonctions en 1992.

Ordination épiscopale du 11 juin 2016 en la cathédrale du Saint-Esprit à Istanbul

Ordination épiscopale du 11 juin 2016 en la cathédrale du Saint-Esprit à Istanbul

Le Saint-Père a choisi de nommer un prêtre bien connu dans le diocèse, franciscain mexicain, qui exerce ses fonctions en Turquie depuis plus de 10 ans au sein de l'église Santa Maria de Draperis située sur Istiklal Caddesi.

 

Ancien recteur de l’Université pontificale Antonianum de Rome, il est également responsable de la Fraternité Internationale pour le Dialogue œcuménique et interreligieux en Turquie et est devenu récemment Vicaire Général.

 

Au milieu le père Ruben Tierrablanca Gonzales avant son ordination et à droite le père Eleuthère, curé de la paroisse Santa Marie de Draperis à Istanbul

Au milieu le père Ruben Tierrablanca Gonzales avant son ordination et à droite le père Eleuthère, curé de la paroisse Santa Marie de Draperis à Istanbul

Cette consécration a été présidée par le cardinal argentin Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, assisté de Mgr Lorenzo Piretto, évêque d'Izmir et Mgr Paolo Bizzeti, vicaire apostolique d'Anatolie, officiant en tant que co-consécrants, ainsi que Mgr José Rodríguez Carballo, Ministre Général de l'Ordre des Frères Mineurs.

le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales et consécrateur principal de la cérémonie d'ordination

le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales et consécrateur principal de la cérémonie d'ordination

Mgr Aram Ateşyan, archevêque arménien apostolique de Turquie, Mgr Athenagoras, métroplite d'Ayvalık et représentant le Patriarcat Oecuménique de Constantinople ainsi Mgr Yusuf Çetin, métropolite syriaque orthodoxe ont tenu à assister à l'ordination, ainsi que certains prêtres de leurs communités respectives.

En partant de la gauche Mgr Aram Ateşyan, archevêque arménien apostolique de Turquie, Mgr Athenagoras, métroplite d'Ayvalık représentant le Patriarcat Oecuménique de Constantinople et Mgr Yusuf Çetin, métropolite syriaque orthodoxe

En partant de la gauche Mgr Aram Ateşyan, archevêque arménien apostolique de Turquie, Mgr Athenagoras, métroplite d'Ayvalık représentant le Patriarcat Oecuménique de Constantinople et Mgr Yusuf Çetin, métropolite syriaque orthodoxe

Bien entendu Mgr Louis Pelâtre, Vicaire Apostolique Emérite, Mgr Levon Zekyan, Archevêque Arménien Catholique, Mgr François Yakan, Vicaire Patriarcal des Assyro-Chaldéens de Turquie, ainsi que Mgr Yusuf Sağ, Vicaire Patriarcal des Syriens Catholiques, ont participé à cet événement.

photo de gauche au milieu Mgr François Yakan, Vicaire Patriarcal des Assyro-Chaldéens de Turquie, photo de droite Mgr Yusuf Sağ, Vicaire Patriarcal des Syriens Catholiques suivi de Mgr Levon Zekyan, Archevêque Arménien Catholique photo de gauche au milieu Mgr François Yakan, Vicaire Patriarcal des Assyro-Chaldéens de Turquie, photo de droite Mgr Yusuf Sağ, Vicaire Patriarcal des Syriens Catholiques suivi de Mgr Levon Zekyan, Archevêque Arménien Catholique

photo de gauche au milieu Mgr François Yakan, Vicaire Patriarcal des Assyro-Chaldéens de Turquie, photo de droite Mgr Yusuf Sağ, Vicaire Patriarcal des Syriens Catholiques suivi de Mgr Levon Zekyan, Archevêque Arménien Catholique

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales était entouré de deux prêtres assistants, en l'occurrence le père Anton Bulai, Chancelier du Vicariat Apostolique d'Istanbul et secrétaire de la Conférence Epicopale de Turquie, ainsi que le frère Julio Cesar Bunader, Vicaire Général de l'Ordre des Frères Mineurs (O.F.M).

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales entouré à gauche du père Anton Bulai, Chancelier du Vicariat Apostolique d'Istanbul et secrétaire de la Conférence Epicopale de Turquie, et à droite du frère Julio Cesar Bunader, Vicaire Général de l'Ordre des Frères Mineurs (O.F.M).

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales entouré à gauche du père Anton Bulai, Chancelier du Vicariat Apostolique d'Istanbul et secrétaire de la Conférence Epicopale de Turquie, et à droite du frère Julio Cesar Bunader, Vicaire Général de l'Ordre des Frères Mineurs (O.F.M).

Prêtres anglicans, protestants, luthériens et presbytériens, syriaques, arméniens se trouvaient à proximité des innombrables autres curés, pères et frères venus des paroisses d'Istanbul, Izmir, İskenderun,... ainsi que de l'étranger (France, Italie, Corée,...). La soeur du nouvel évêque avait également fait le voyage avec un groupe de mexicains.

 

 

De nombreux prêtres venus de toute la Turquie mais aussi de l'étranger...
De nombreux prêtres venus de toute la Turquie mais aussi de l'étranger...De nombreux prêtres venus de toute la Turquie mais aussi de l'étranger...

De nombreux prêtres venus de toute la Turquie mais aussi de l'étranger...

Les nombreux moments forts de cette célébration précédée par le passage de la Porte Sainte du Jubilé de la Miséricorde ont débuté par la lecture effectuée par le père Nicola Masedu, curé de la cathédrale du Saint-Esprit, de la lettre rédigée en latin reçue du Saint Siège désignant le nouveau vicaire apostolique d'Istanbul.

 

 

de gauche à droite en robe de bure le futur évêque Ruben Tierrablanca Gonzales, Mgr Louis Pelâtre, vicaire apostolique émérite et Mgr Lorenzo Piretto, évêque d'Izmir, après le passage de la Porte Sainte du Jubilé de la Miséricorde

de gauche à droite en robe de bure le futur évêque Ruben Tierrablanca Gonzales, Mgr Louis Pelâtre, vicaire apostolique émérite et Mgr Lorenzo Piretto, évêque d'Izmir, après le passage de la Porte Sainte du Jubilé de la Miséricorde

Lecture de la lettre papale nommant le nouveau vicaire apostolique d'Istanbul

Lecture de la lettre papale nommant le nouveau vicaire apostolique d'Istanbul

Après cette oralisation,le lecteur a montré la missive aux différents célébrants avant de la présenter à l'assemblée dans laquelle se trouvaient entre autres Martha Elena Federica Barcena Coqui, Ambassadeur du Mexique en Turquie, le Consul Général et le personnel du Consulat du Mexique à Istanbul, Federica Ferrari Bravo, Consule Générale d'Italie à Istanbul et Henri Vantieghem, Consul Général de Belgique à Istanbul ainsi que des diplomates représentant le Brésil, la Hollande et la Pologne.

 

Le Gouvernorat d'Istanbul, la mairie du Grand Istanbul, les mairies des arrondissements de Beyoğlu, Şişli et Beşiktaş ainsi que la Direction de la Sécurité de l'arrondissement étaient également représentés.

Présentation de la lettre papale par le père Nicola Masedu aux différents co-célébrants puis à l'auditoire
Présentation de la lettre papale par le père Nicola Masedu aux différents co-célébrants puis à l'auditoire

Présentation de la lettre papale par le père Nicola Masedu aux différents co-célébrants puis à l'auditoire

Dans l'assemblée Federica Ferrari Bravo, Consule Générale d'Italie à Istanbul et Henri Vantieghem, Consul Général de Belgique à Istanbul

Dans l'assemblée Federica Ferrari Bravo, Consule Générale d'Italie à Istanbul et Henri Vantieghem, Consul Général de Belgique à Istanbul

Après l'homélie, le cardinal Sandri a posé au futur nouvel évêque, comme le veut la règle, la série de questions concernant son engagement à maintenir la foi et à s'acquitter des devoirs de sa charge, et auxquelles le père Ruben a répondu par l'affirmative.

 

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, nouvel évêque d'Istanbul,  répond aux différentes questions posées par le cardinal Sandri

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, nouvel évêque d'Istanbul, répond aux différentes questions posées par le cardinal Sandri

Ce dernier a ensuite été invité à s'allonger devant l'ordonnant et l'auditoire se mettant à genoux durant les litanies des saints entonnées d'une voix magnifique par le frère İosif Robu de l'église Saint-Antoine.

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, nouvel évêque ordonné à Istanbul

Le futur évêque s'est alors agenouillé devant le consécrateur pour recevoir l'imposition des mains, d'abord par le cardinal, puis par les autres évêques consacrants.

Mgr Levon Zekyan, archevêque arménien catholique de Turquie, impose les mains sur la tête du nouvel vicaire apostolique d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales

Mgr Levon Zekyan, archevêque arménien catholique de Turquie, impose les mains sur la tête du nouvel vicaire apostolique d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales

Mgr Sandri a ensuite placé le livre des Evangiles ouvert au-dessus de la tête du futur évêque avant de dire la prière d'ordination.

Le livre des Evangiles est ouvert au-dessus de la tête du futur évêque avant la lecture de la prière d'ordination (crédit photo O.F.M.)

Le livre des Evangiles est ouvert au-dessus de la tête du futur évêque avant la lecture de la prière d'ordination (crédit photo O.F.M.)

La célébration s'est poursuivie par l'onction de la tête de l'ordonné par le cardinal qui lui a ensuite remis le livre des Evangiles avant de lui passer l'anneau, symbole de fidélité, à l'annulaire de la main droite.

 

 

Onction du nouveau vicaire apostolique d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales par le cardinal Sandri
Onction du nouveau vicaire apostolique d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales par le cardinal Sandri

Onction du nouveau vicaire apostolique d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales par le cardinal Sandri

L'anneau, symbole de fidélité, est mis à l'annulaire de la main droite du nouveau vicaire apostolique d'Istanbul

L'anneau, symbole de fidélité, est mis à l'annulaire de la main droite du nouveau vicaire apostolique d'Istanbul

Le consécrateur a alors posé la mitre sur la tête du nouveau vicaire apostolique avant de lui remettre entre les mains la crosse puis l'inviter à s'asseoir sur la cathèdre.

 

Paré de tous ses ornements épiscopaux, le nouvel évêque a reçu un baiser de paix du cardinal, puis de tous les évêques et prêtres réunis autour de l'autel.

Le nouvel évêque d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales reçoit la mitre des mains du cardinal Sandri

Le nouvel évêque d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales reçoit la mitre des mains du cardinal Sandri

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales prend place sur la cathèdre

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales prend place sur la cathèdre

De gauche à droite Mgr Lorenzo Piretto, évêque d'Izmir, le cardinal Leonardo Sandri, le nouveau vicaire apostolique et évêque d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales et en flou Mgr Louis Pelâtre, vicaire apostolique émérite

De gauche à droite Mgr Lorenzo Piretto, évêque d'Izmir, le cardinal Leonardo Sandri, le nouveau vicaire apostolique et évêque d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales et en flou Mgr Louis Pelâtre, vicaire apostolique émérite

Mgr Paolo Bizzeti, vicaire apostolique d'Anatolie

Mgr Paolo Bizzeti, vicaire apostolique d'Anatolie

A l'issue de la célébration eucharistique, Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales a fait un aller-retour par l'allée centrale jusqu'au fond de la nef afin de bénir l'assemblée pendant que le père Claudio Monge, curé de la paroisse Saint-Pierre et Paul de Galata, et qui dirigeait les chants, a réalisé la prouesse de faire chanter le Jubilate Deo en canon par 800 personnes de différentes langues et rites, moment particulièrement chaleureux et émouvant.

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, nouvel évêque ordonné à Istanbul
Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, nouvel évêque ordonné à Istanbul

Le nouvel évêque a pris la parole pour remercier notamment tous ceux et celles qui l'ont accompagné pour cet événement et pour évoquer son engagement au sein de ses nouvelles fonctions.

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, nouvel évêque ordonné à Istanbul
A gauche le nouvel évêque d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales et à droite son prédécesseur Mgr Louis Pelâtre

A gauche le nouvel évêque d'Istanbul Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales et à droite son prédécesseur Mgr Louis Pelâtre

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, nouvel évêque ordonné à Istanbul

Avant la procession finale qui a clôturé cette magnifique et rare cérémonie agrémentée également par les choeurs chaldéen, syriaque catholique et arménien catholique, le nouveau vicaire apostolique a signé le registre, suivi des différents co-célébrants.

Mgr Ruben Tierrablanca Gonzales, nouvel évêque ordonné à Istanbul

En cliquant ici, vous pouvez lire la version turque de l'article.

 

 

23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 04:31

 

Article publié dans le Petit Journal d'Istanbul - Edition du 23 mai 2016

 

28 détenus de la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul, acteurs, régisseurs, aides, ont vécu depuis le début de l'automne 2015 une belle aventure à travers "La vie consignée", la nouvelle pièce de théâtre montée et interprétée sur place.

 

Le groupe de théâtre composé de détenus de la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul avec le directeur Mehmet Çitak et la réalisatrice Pınar Gordie

Le groupe de théâtre composé de détenus de la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul avec le directeur Mehmet Çitak et la réalisatrice Pınar Gordie

La première représentation officielle a eu lieu récemment devant un parterre composé, entre autres, de Henri Vantieghem, Consul Général de Belgique à Istanbul, Uğur Seçgin, Substitut du Procureur Général d'Istanbul rive anatolienne et de son épouse, de Zekeriya Şen, Procureur d'Istanbul rive anatolienne, des directeurs des prisons de Maltepe, etc...

 

Les officiels lors de la première représentation de "La vie consignée" à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Les officiels lors de la première représentation de "La vie consignée" à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Début août 2015, l'actrice et réalisatrice Pınar Gordie reçoit un appel de la prison par lequel on lui fait savoir que l'établissement lui demande si elle veut bien enseigner le théâtre et réaliser la 4ème pièce à monter à Ümraniye.

Pınar Gordie, réalisatrice de la pièce de théâtre "La vie consignée" montée et présentée en prison

Pınar Gordie, réalisatrice de la pièce de théâtre "La vie consignée" montée et présentée en prison

Sans hésiter, elle accepte de relever ce défi et de se lancer dans ce pari auquel elle n'était pas préparée un seul instant, n'ayant jamais travaillé auparavant dans un tel environnement.

 

Une fois toutes les formalités administratives accomplies, la première rencontre avec le groupe de détenus se fait de façon très dynamique. De suite, Pınar Gordie les fait monter sur scène et c'est parti pour une séance de travail active !

 

"La vie consignée", une pièce de théâtre pas comme les autres

"La vie consignée", une pièce de théâtre pas comme les autres

Seuls 4 détenus avaient déjà goûté aux planches lors de la réalisation de Definename un an plus tôt et donc de l'expérience en la matière.

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Pour les autres, le travail des deux premiers mois à raison de 3 jours/semaine consiste à apprendre à s'exprimer correctement, à bouger et à entrer dans la peau de différents personnages avec qui il va falloir faire bon ménage.

 

Après cette période indispensable pour tout débutant et néanmoins importante pour les autres aussi, Pınar Gordie cherche une pièce qui évoque la prison et permette aussi de se divertir.

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul
« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Kent Hikayeleri”, autrement dit “Histoires citadines” écrite par le scénariste Ömer Pınar en 2004 sera la pièce retenue. L'auteur explique : « Les vies des personnes peuvent changer très vite. Vous pouvez peut-être faire des plans par rapport à votre avenir mais le destin va trancher et rien ne se passera comme vous l’avez programmé. Je voulais expliquer de façon humoristique qu’il n'est pas facile de connaître l’humain. »

 

Pınar Gordie en tant que régisseur va en changer le nom, enlever des passages et en ajouter d'autres.

 

 

"La vie consignée", pièce de théâtre montée et interprétée par des détenus de la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

"La vie consignée", pièce de théâtre montée et interprétée par des détenus de la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

L'histoire :

 

Şener travaille pour le chef de clan Zalim surnommé "le cruel". Un jour, ce dernier se dispute avec Şehsuvar, un autre chef, au sujet d'un boeuf et le tue avec son revolver.

 

Pour ce délit, le jeune Şener, âgé de 15 ans, va endosser le rôle du criminel et être condamné à 15 ans d'emprisonnement.

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Les années passent et il sort de prison. On lui avait dit qu'un certain Mahmut Şevket Stendhal lui donnerait un magot à la sortie pour l'indemniser de cette période passée derrière les barreaux. Il rencontre dans un café Mustafa qui val l'aider dans ses recherches mais ce dernier a une dette envers la Mafia.

 

A la recherche de cet homme, Şener et Mustafa vivent plusieurs aventures. A chaque fois, Şener se dit : "Pourquoi suis-je sorti ? J'étais plus en sécurité à l'intérieur." et explique la difficulté et la noirceur de la vie à l'extérieur.

Le jeune Şener et 15 ans plus tard...Le jeune Şener et 15 ans plus tard...

Le jeune Şener et 15 ans plus tard...

Il a quitté la prison avec une petite valise remplie de ses espoirs et de ses rêves mais la malchance ne le quittera pas. Vie consignée...

 

Şener est une jeune homme comme les autres ; quant à Mustafa, on va lui donner raison tout en connaissant ses erreurs. En réalité, la vie consignée, c'est l'histoire de chacun d'entre nous.

 

Une tragédie qui fait beaucoup rire mais aussi réfléchir, voire pleurer...

Le jeune Şener et celui qui sort de prison 15 ans après...

Le jeune Şener et celui qui sort de prison 15 ans après...

Cette expérience unique en milieu carcéral a permis d'apprendre à Pınar Gordie qu'il faut toujours croire et ne jamais flancher.

 

Seul établissement pénitentiaire en Turquie à monter des pièces de théâtre interprétées par des prisonniers, la prison T Tipi d'Ümraniye a souhaité, une fois de plus, faire appel à une femme, les expériences passées ayant montré que celles-ci étaient bien plus productives.

 

 

 

Les régisseurs de la pièce de théâtre "La vie consignée"

Les régisseurs de la pièce de théâtre "La vie consignée"

Henri Vantieghem, Consul Général de Belgique à Istanbul, a livré ses impressions :

« Une visite des plus instructives qui a permis de constater le bon niveau de traitement humain des détenus dans la prison T Tipi d'Ümraniye.

L'activité théâtrale dont nous avons été les témoins, comme d'autres activités auparavant montrées dans le petit film de présentation de l'établissement, est une fenêtre ouverte depuis la prison de l'esprit sur le monde et permet une réflexion sur le sens des actes, même criminels, et sur le sens de la vie en général.

Le détenu, bien qu'il ait été reconnu coupable d'un crime, reste un homme qui durant sa punition, doit avoir la chance de s'améliorer. Le théâtre offre cette possibilité.

Nous avons fait pendant les quelques heures de la visite l'expérience de ce que raconte la vie en prison. Par le théâtre, on nous a parlé des sentiments des détenus et anciens détenus ; de leurs peurs et espoirs, de la privation de la liberté et de la chaleur de la famille. Cette activité évoque aussi quelques bribes de leur passé et leur permet de le revivre ou de le rejouer, pour envisager un futur plus serein et en dehors de la criminalité.»

 

Henri Vantieghem, Consul Général de Belgique à Istanbul avec Pınar Gordie, réalisatrice de "La vie consignée" lors du premier gala

Henri Vantieghem, Consul Général de Belgique à Istanbul avec Pınar Gordie, réalisatrice de "La vie consignée" lors du premier gala

Pour Fehmi Tosun, Procureur Général d'Istanbul rive anatolienne : « L'art est le médicament de l'âme humaine. Parmi les ramures de l'art, le plus important et le plus efficace est le théâtre... miroir de l'être humain. En plus de se découvrir soi-même et en faisant vivre d'autres pensées, cela empêche de rester enfermé sur soi et permet d'aller plus loin, car le théâtre est l'art de mettre en scène nos songes, nos rêves, nos pensées. »

 

Fehmi Tosun, Procureur Général d'Istanbul rive anatolienne

Fehmi Tosun, Procureur Général d'Istanbul rive anatolienne

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Uğur Seçgin, Substitut du Procureur Général d'Istanbul pour la rive anatolienne, explique :

«Une société où il n'y a pas de solidarité, où les individus ne sont pas responsables les uns des autres, est un chaos.

Le développement culturel, dont le théâtre est l'un des facteurs essentiels qui y pourvoit, est important pour les individus et la société. Le théâtre transmet l'art aux individus et le fait vivre. Il éveille les gens sur les problèmes individuels ou de société et transmet des messages. Le développement de l'esprit doit se nourrir avec le théâtre.

En tant que détenus, personnes isolées de la société, aux libertés limitées, aux espoirs affaiblis tant qu'ils sont à l'intérieur de nos établissements, ils seront tournés vers l'avenir avec de nouveaux espoirs grâce aux activités sociales et culturelles. Ceux qui font du théâtre et les spectateurs y gagnent. »

 

 

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Pour Zekeriya Şen, Procureur de la République d'Istanbul rive anatolienne : «Ce genre d'activités artistiques permet sans doute aux détenus de faire preuve de bienveillance, de changer leur comportement et leur redonne confiance en soi.»

 

Quant à Mehmet Çitak, directeur de la prison T Tipi d'Ümraniye, voici son avis : « Même si la société reste assez muette et indifférente au sujet des prisons, il faut admettre le délit mais sa prévention existe ; nous travaillons assidûment pour inciter les coupables à suivre des activités sociales et culturelles pour qu'ils se réintègrent dans la société. »

Mehmet Çitak, directeur de la prison T Tipi d'Ümraniye

Mehmet Çitak, directeur de la prison T Tipi d'Ümraniye

Devrim, un des acteurs, livre ses sentiments : «Dehors, je n'ai jamais été au théâtre, je trouvais ça absurde mais pour que le temps passe plus vite, j'ai commencé à en faire et chaque jour qui passe, c'était un divertissement plus important... Si dehors, on m'avait dit, tu porteras des vêtements de femme, une perruque, tu te maquilleras, jamais je n'aurais accepté de le faire. Je pense qu'avec l'art, la vision du monde d'une personne change. Ici, je ressens de la joie et du bien-être et j'attends avec impatience que mes enfants me voient jouer. Heureusement que j'ai commencé à faire du théâtre...»

 

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Pour Ferhat, jouant un rôle de policier dans la pièce : « J'ai retrouvé avec le théâtre les espoirs que j'avais perdus. Je me suis redécouvert, j'ai changé ma façon de voir la vie. Le théâtre représente les pas qui mes préparent pour l'avenir, comme la joie d'un enfant qui apprend à marcher et qui désire découvrir le monde. »

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Et comme dit Ayhan, autre acteur : «La vie est d'ailleurs une pièce de théâtre, l'existence une scène. En fait, sans nous en rendre compte, nous sommes des figurants sur cette scène.»

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul
« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

Trois autres représentations publiques ont été organisées afin qu'un maximum de personnes intéressées, tant par le théâtre que par les efforts de réinsertion culturelle et sociale en faveur des détenus, ainsi que les familles de ceux-ci, puissent passer un moment à la fois agréable et inoubliable dans un univers mal connu.

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul
« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

De ce fait, ce dernier est malheureusement trop souvent dépeint de façon bien plus noire qu'il ne l'est systématiquement. Des actions positives et bénéfiques y sont créées pour des personnes qui, bien qu'ayant commis des actes plus ou moins graves, sont avant tout des êtres humains dotés d'une sensibilité que parfois leur vie a réduite ou modifié...

« La vie consignée » à la prison T Tipi d'Ümraniye à Istanbul

En cliquant ici et , vous pourrez voir deux extraits de cette pièce.

 

En cliquant ici, vous pourrez lire la version turque de l'article.

 

"Tu peux être tout, mais l'important, c'est d'être un homme dans la vie." (Şems Tebrizi)

Published by Nat - dans Publications
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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 04:27

Article publié dans le Petit Journal d'Istanbul - Edition du 16 mai 2016

 

Pour la 5ème année consécutive se tient actuellement à Istanbul et pour la première fois à l'embarcadère de Kadıköy – les années précédentes sur la place de la Liberté à Bakırköy - la foire aux produits et oeuvres artisanales fabriquées dans 77 prisons et centres de détentions turques.

Foire aux produits et oeuvres artisanales fabriqués dans les prisons de Turquie

Foire aux produits et oeuvres artisanales fabriqués dans les prisons de Turquie

Sur les 355 prisons que compte le pays - dont 291 fermées, 54 ouvertes et quelques établissements spécifiques - , 259 d'entre elles possèdent des ateliers de production dans lesquels l'an passé 45 000 détenus ont produit des denrées diverses et variées.

Foire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

Foire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

5ème Foire aux produits et ouvrages artisanaux fabriqués dans les prisons en Turquie à Istanbul

5ème Foire aux produits et ouvrages artisanaux fabriqués dans les prisons en Turquie à Istanbul

Ainsi, dans la prison “fermée” d'Uşak ce sont des vestes en cuir, dans celle de Konya des chaussures alors qu'à Niğde, on trouve les lampes traditionnelles turques, à Izmir des stores et à Mardin des bijoux traditionnels en argent pour ne citer que quelques exemples.

Vestes en cuir fabriqués par les détenus de la prison d'Uşak

Vestes en cuir fabriqués par les détenus de la prison d'Uşak

Dans les prisons dites “ouvertes” où les détenus sont obligés de travailler en vue de faciliter leur réinsertion et peuvent apprendre un métier s'ils n'en ont pas, les fabrications sont toutes aussi intéressantes qu'originales.

Foire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

Foire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

A Silivri par exemple, la production de champignons de couche a débuté il y a presque deux mois. Dans leur four, pas moins de 17 000 pains, destinés à alimenter les 10 prisons que comprend le campus carcéral, sont produits en moyenne quotidiennement mais aussi des gâteaux secs, les fameux “kurabiye” turcs.

 

A Edirne, toujours dans la prison “ouverte”, on produit du sucuk – saucisson fumé - , du pastırma – sorte de viande – grâce aux bovins élevés sur place mais aussi du riz, des oeufs, du miel,... vendus dans trois différents magasins de l'établissement pénitentiaire.

 

Sucuk fabriqués par les détenus de la prison "ouverte" d'Edirne

Sucuk fabriqués par les détenus de la prison "ouverte" d'Edirne

Dans celle “ouverte” de Dalaman – la 2ème plus ancienne de Turquie, ouverte en 1942 – on y exploite oranges et citrons et on y cultive tomates, concombres, aubergines, etc en plus de l'élevage de bovins. De même, différentes sortes de fleurs et de plantes vertes sont produites au sein de la jardinerie de cette prison.

Production d'oranges, de citrons et d'oeufs parmi d'autres produits issus de la prison "ouverte" de Dalaman

Production d'oranges, de citrons et d'oeufs parmi d'autres produits issus de la prison "ouverte" de Dalaman

A Ankara également dans la prison “ouverte”, l'imprimerie tourne à plein régime pour fabriquer les livres relatifs à la justice, mais aussi des cahiers scolaires, des carnets de notes,...

Livres et cahiers fabriqués par les détenus de la prison "ouverte" d'Ankara

Livres et cahiers fabriqués par les détenus de la prison "ouverte" d'Ankara

Cette idée du Ministère de la Justice de présenter à la population les productions réalisées au sein de l'univers carcéral a débuté à Ankara en 2001 puis s'est développée petit à petit.

 

A présent, tous les ans, de telles foires ont lieu dans la capitale turque, ainsi qu'à Izmir, Antalya, Elaziğ et Istanbul. Rize et Yozgat figurent également au programme des prochaines exhibitions.

Stand de la prison d'Elazig, roire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

Stand de la prison d'Elazig, roire aux produits fabriqués par les détenus des prisons turques à Kadıköy

Les statistiques établies entre 2006 et 2010 ont permis de constater qu'environ 40 % des détenus ayant travaillé durant leur incarcération ont trouvé du travail à la sortie. De nouvelles études sont en cours pour réactualiser ces données.

Stores fabriqués par des détenus de la prison d'Izmir

Stores fabriqués par des détenus de la prison d'Izmir

Les détenus qui travaillent dans ces ateliers de production propres aux prisons bénéficient de l'assurance sociale, d'un salaire et d'une participation aux bénéfices à la fin de l'année.

 

En outre, cette réinsertion par le travail est une étape importante et fondamentale de la réintégration sociale des prisonniers.

Kadıköy, Istanbul - 5ème Foire aux produits et ouvrages artisanaux fabriqués dans les prisons en Turquie

Kadıköy, Istanbul - 5ème Foire aux produits et ouvrages artisanaux fabriqués dans les prisons en Turquie

Cette année, c'est la prison “ouverte” de Maltepe qui est l'établissement organisateur, en collaboration avec la Division de la Promotion de la Direction des Foyers de Travail rattachée au Ministère de la Justice.

Production verrière fabriquée par les femmes détenues à la prison de Gebze

Production verrière fabriquée par les femmes détenues à la prison de Gebze

Les détenus de la prison de Sinop fabriquent des chemises...

Les détenus de la prison de Sinop fabriquent des chemises...

Les responsables de cette Direction souhaiteraient pouvoir disposer d'un appui dans un pays européen afin de pouvoir organiser une version plus réduite de cette foire (15 à 20 prisons) afin de présenter les produits culturels et artisanaux spécifiques aux régions turques (tapis, bijouterie, cotonnades, etc).

 

La foire est ouverte jusqu'au mercredi 18 mai inclus de 10 h à 20 h.

6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 04:40

Article publié dans le Petit Journal d'Istanbul - Edition du 6 avril 2016

 

Comme tous les ans à pareille époque, Istanbul se pare de superbes ornements de tulipes aux quatre coins de la ville. Elle honore cette fleur dont elle a fait son symbole à travers son Festival de la Tulipe dont l'inauguration officielle est prévue le 9 avril 2016 à 13 h au parc d'Emirgan.

 

 

 

Parc d'Emirgan, Istanbul

Parc d'Emirgan, Istanbul

Istanbul s'habille de 1001 tulipes

 

Le sultan Soliman le Magnifique a été le premier, au XVIème siècle, à donner ses lettres de noblesse à cette « plante-turban » - comme elle était appelée en Perse - en organisant chaque printemps, à la pleine lune, des fêtes coûteuses et somptueuses en l'honneur des « lali », premier nom local transformé depuis en « lale ».

Villa jaune au parc d'Emirgan, Istanbul

Villa jaune au parc d'Emirgan, Istanbul

Istanbul s'habille de 1001 tulipes

Les premières tulipes ne viennent pas de Hollande comme beaucoup auraient tendance à le penser mais des prés d'Anatolie et de Mer Noire où elles ont d'abord poussé à l'état sauvage avant d'être produites à Istanbul…

Parc d'Emirgan, Istanbul

Parc d'Emirgan, Istanbul

Par la suite, quelques graines et bulbes sont envoyés clandestinement à Vienne en 1554 - les tulipes n'ayant pas le droit, à l'époque, de quitter la capitale ottomane - par Ogier Ghislain de Busbecq, botaniste flamand et ambassadeur de la monarchie autrichienne auprès de l'empire ottoman, à trois de ses amis.

 

Le résultat obtenu avec ces échantillons convainc l'un d'entre eux qui emmène sa collection de spécimens en Hollande où il s'installe et y débute la commercialisation de la fleur.

Istanbul s'habille de 1001 tulipes
Parc d'Emirgan, Istanbul

Parc d'Emirgan, Istanbul

Si 1588 sortes différentes existaient à cette période au vu du plus ancien ouvrage les recensant, elles se déclinent aujourd'hui dans d'innombrables variétés et couleurs, souvent unies, parfois bicolores.

Parc d'Emirgan, Istanbul

Parc d'Emirgan, Istanbul

Parc d'Emirgan

Parc d'Emirgan

Du parc de Gülhane au magnifique parc d'Emirgan en passant par celui de Yıldız, du parc de la 60ème année à Göztepe/Kadıköy, celui de Beykoz et les collines de Büyük et Küçük Çamlıca sur la rive asiatique ainsi quelques autres lieux moins connus et courus du grand public, des millions de bulbes ont encore été plantés et pour la 11ème année consécutive, Istanbul va vivre durant trois semaines à l'heure du Festival de la Tulipe.

Parc de Gülhane, Istanbul

Parc de Gülhane, Istanbul

Parc de Gülhane, Istanbul

Parc de Gülhane, Istanbul

A partir du 9 avril, plusieurs artistes turcs vont montrer au public leurs réalisations de papier marbré, de calligraphie et de soufflage de verre sur le thème de la tulipe. Divers autres événements tels que le traditionnel concours de photos, une exposition de tableaux, un tournoi de tennis de la tulipe au parc de Göztepe et un tournoi de football de plage sur la route côtière de Caddebostan sont prévus tout au long de l'édition 2016 du Festival de la Tulipe.

Oeuvre de Yasemin Aslan Bakiri, artiste-verrière, présentée au parc d'Emirgan

Oeuvre de Yasemin Aslan Bakiri, artiste-verrière, présentée au parc d'Emirgan

Comme déjà en 2015, un tapis floral composé de 563 000 unités et d'une surface totale de 1728 m2 sera présenté devant le musée Sainte-Sophie du 10 au 30 avril.

 

Des animations musicales agrémenteront aussi le Festival et les plus férus de tulipes, pour qui les immortaliser à l'aide de leur appareil photo ou de leur téléphone portable ne suffit pas, pourront acquérir bulbes et plantes diverses dans différents points de vente installés dans les lieux stratégiques pour agrémenter intérieurs, balcons et jardins.

Parc d'Emirgan à Istanbul

Parc d'Emirgan à Istanbul

Parc d'Emirgan

Parc d'Emirgan

Tous les détails concernant le Festival sur le site municipal https://istanbulunlalesi.ibb.gov.tr/

10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 11:31

Article publié dans le Petit Journal d'Istanbul - Edition du 11 mars 2016

 

Dans une petite ruelle tranquille de Kadıköy sur la rive asiatique d'Istanbul, à 600 mètres à peine de l'embarcadère, un café parmi tous ceux que compte ce quartier de la ville sort de l'ordinaire, il s'agit de “Komşu Kafe Collective” !

 

Ouvert depuis plus de 2 ans, on peut y boire un thé ou un café qu'on peut se préparer soi-même si on le souhaite, se servir une assiette de plats végétariens ou vegan ou se les préparer soi-même - si la cuisine est libre -, les déguster, étudier, lire, travailler en toute quiétude durant la journée, se réunir pour échanger, parfois écouter de la musique.

Komşu Kafe, Kadıköy/Istanbul

Komşu Kafe, Kadıköy/Istanbul

Tout commence durant l'été 2013 à l'occasion du camp estival “Akdeniz Dayanışma Kampı (Soli-Camp Mediterraneen) qui oeuvre en faveur des activistes de divers pays méditerranéens. A ce camp participent des membres de “Göçmen Dayanışma Mutfağı” d'Istanbul. Ensemble, ils s'occupent de l'organisation des repas du camp, les préparent, apprennent ainsi l'économie alternative et la gestion d'une cuisine collective...

 

Au retour, Ali la Française, Ali le Syrien, Ufuk, Melike et Ercan, les trois citoyens turcs, s'asseyent autour d'une table pour discuter afin de savoir s'ils peuvent monter ensemble un café et c'est ainsi que naît l'idée de Komşu. Nora, une berlinoise, va se joindre à eux. Le projet s'élargit pour se transformer en un concept unique en Turquie, un café formé par une organisation collective indépendante et ouvert comme une entreprise individuelle sur laquelle veillent un comptable et un avocat.

 

Komşu Kafe à Kadıköy

Komşu Kafe à Kadıköy

Une fois l'idée couchée sur le papier, il faut trouver un local... et de l'argent. Le lieu choisi se trouve à Kadıköy et est juste équipé de toilettes et d'un lavabo. Pour démarrer, 10.300 Euros sont nécessaires entre les 3 premiers mois de loyer et le dépôt de garanti demandés par le propriétaire, les frais pour ouvrir une telle structure,...

 

Un dossier est constitué et publié sur Ulule et Indiegogo, deux sites de financement participatif qui vont permettre de récupérer le montant nécessaire.

 

Il faut aussi repeindre les murs, aménager les locaux et les équiper. Pour cela, les amis participent en donnant des meubles, de l'électro-ménager, des accessoires, du matériel et de l'argent.

Damla, une des membres du collectif de Komşu Kafe

Damla, une des membres du collectif de Komşu Kafe

Petit à petit Komşu – qui signifie en turc “voisin” – prend forme et 2 mois et demi après le démarrage du projet, le café ouvre officiellement le 27 novembre 2013. Aujourd'hui, le collectif compte 10 personnes : 4 de Turquie, 2 de Syrie, 1 du Liban, 1 de Croatie et 2 – de France et d’Allemagne – actuellement à l'étranger.

 

Situé sur deux niveaux, l'endroit est habillé de meubles et d'accessoires dépareillés formant au final une harmonie agréable et vivante. Ils ont été récupérés à droite et à gauche tout comme une bonne partie du matériel de cuisine. A la belle saison, une petite cour permet de prendre l'air tout comme la petite table située sur le trottoir.

A l'étage de Komşu Kafe à Kadıköy

A l'étage de Komşu Kafe à Kadıköy

Les manifestes en turc et en anglais accrochés tous deux à l'entrée donnent de suite le ton :

anti-hiérarchique, anti-sexiste, anti-autoritaire, anti-exploitation, anti-discriminatoire, plus de communication !

 

Les objectifs du collectif sont de travailler ensemble dans le cadre d'une économie alternative et de faire de cette adresse un lieu de rencontres et d'échanges. Des groupes divers y organisent par exemple des réunions, des débats. Des voisins, des étudiants viennent y passer un moment sympathique tant pour se restaurer que pour travailler, lire, voire jouer ou écouter de la musique.

A Komşu Kafe Collective à Istanbul

A Komşu Kafe Collective à Istanbul

A l'étage de Komşu kafe à Kadıköy, Istanbul

A l'étage de Komşu kafe à Kadıköy, Istanbul

Tous les lundis a lieu la réunion hebdomadaire du collectif qui permet d'organiser le travail de la semaine suivante. Les jours et heures de travail sont flexibles en fonction des activités de chacun. On y fait le point de la situation, on partage les nouvelles expériences et tout le monde y a les mêmes droits. C'est aussi là que se décident les soirées thématiques organisées hebdomadairement.

 

Si une nouvelle personne souhaite intégrer le collectif et si les besoins sont là, une période d'essai de deux mois est proposée afin de voir tant si le groupe existant peut travailler avec elle que l'inverse. Lors des réunions hebdomadaires sont alors abordés en communautés les ressentis de chacun, les problèmes éventuels. A l'issue des deux mois, le collectif décide d'inclure la personne ou non.

Cuisine ouverte à Komşu Kafe à Kadıköy

Cuisine ouverte à Komşu Kafe à Kadıköy

D'où viennent les gens qui s'y trouvent, leur vie, combien de temps ils ont travaillé auparavant, une éventuelle maladie, rien de cela ne pose problème. C'est un système égalitaire qui a été créé là. Chez Komşu, tout le monde fait la cuisine, s'occupe du bar, du service, du ménage.

 

Tous les membres du collectif perçoivent la même somme pour chaque période de travail accomplie, les journées comprenant 2 ou 3 équipes.

 

Les clients connaissent Komşu Kafe à travers le bouche à oreille, sa page FB ainsi que les reportages qui lui sont consacrés. Ce sont des voisins qui habitent ou travaillent à proximité, de nombreux étudiants, des musiciens, mais aussi des curieux, des touristes,... On peut dire que la moitié des clients sont locaux, l'autre moitié constituée de personnes de diverses nationalités, à l'image de ceux de ses fondateurs.

Le bar de Komşu Kafe à Kadıköy

Le bar de Komşu Kafe à Kadıköy

L'an passé, une soirée a été organisée pour aider un café collectif vegan de Géorgie. Mais compte-tenu de la crise ambiante, il n'est pas possible actuellement d'apporter de coup de pouce financier à d'autres projets similiares.

 

Les produits proposés ont un tarif suggéré comme par exemple l'assiette mélangée à 10 TL, mais les consommateurs décident du prix qu'ils veulent donner.

 

Les ingrédients proviennent du marché, d'une coopérative avec qui ils sont connectés ou directement du producteur. Si les produits nécessaires ne peuvent être trouvés d'une de ces façons, ils sont achetés chez des petits détaillants mais pas au supermarché.

Damla et Ali s'affairent dans la cuisine de Komşu Kafe

Damla et Ali s'affairent dans la cuisine de Komşu Kafe

Komşu kafe à Kadıköy

Komşu kafe à Kadıköy

Les idées de plats émanent de tous les membres et sont ainsi proposés ici soupes, pâtes, riz, plats divers de légumes, salades et desserts qui varient selon les personnes et les envies.

 

Vous ne trouverez pas de viande chez Komşu, c'est un choix pris au départ. La plupart des viandes consommées en Turquie sont industrielles tout comme de nombreux plats proposés dans la restauration. Cette idée ne correspondait pas à celles du collectif dont certains membres sont végétariens et d'autres vegan (produits sans origine animale comme le lait, les oeufs, le fromage). Ils auraient voulu proposer des produits bio mais, compte-tenu des prix élevés, y ont renoncé. Aussi, ils ont choisi de proposer uniquement de la nourriture végétarienne. Mais lorsque ce sont les collègues vegan qui sont au fourneau, les repas proposés sont vegan...

Komşu Kafe à Kadıköy, une adresse bien sympathique

Komşu Kafe à Kadıköy, une adresse bien sympathique

Komşu Kafe est le fruit d'une expérience collective osée et réussie qui peut donner des idées pour créer d'autres projets basés sur ce concept d'égalité et de partage.

 

https://www.facebook.com/komsoKafeCollective/?fref=ts

 

Komşu Kafe

Uzun Hafız Sk No 83A - KADIKÖY/İSTANBUL

Tél. (0216) 418 4679

ouvert tous les jours de 10 h 30 à 23 h (sauf le 1er jeudi de chaque mois en raison de la grande réunion mensuelle)

 

En cliquant ici, vous pourrez lire la version turque de l'article.

 

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  • : Du bretzel au simit
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