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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 16:34

Ce film dramatique, dont le titre correspond au nom donné aux danseurs de ventre masculins ainsi qu'aux hommes jouant un rôle féminin dans les pièces de théâtre traditionnelles turques ou lors de mariages, est sorti dans 45 salles de cinéma turques le 13 janvier 2012.   

 

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" Zenne" a récolté pas moins de 5 prix au 48ème Festival International de l'Orange d'Or à Antalya le 14 octobre dernier avec les titres de  "Meilleur film national" par la Siyad, association des critiques de films, "Meilleur premier film", "Meilleur second rôle masculin", "Meilleur second rôle féminin" et "Meilleur réalisateur d'images".

 

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               A l'affiche notamment au cinéma Beyoğlu sur İstiklal Caddesi à Istanbul                   

            
L'histoire met en scène Daniel (Giovanni Arvaneh), photographe allemand spécialisé autrefois dans les photos-reportages de guerre, venu travailler à Istanbul depuis 1 an et ignorant les jugements et valeurs morales en Turquie, Can (Kerem Can), danseur oriental gay et excentrique, accepté en tant que tel par sa famille et Ahmet (Erkan Avci), né dans une famille conservatrice et qui, tout jeune déjà, savait qu'il n'était pas comme les autres...

 

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        De gauche à droite Can, Daniel et Ahmet - photo mise à disposition par Zennethemovie

                                          

Kerem Can qui interprète le rôle du zenne, est un acteur turc né et vivant en Allemagne, marié et père de famille. Il s'est investi de manière impressionnante pour le rôle qui lui a été confié. 9 heures de danse quotidienne, travaillant notamment avec un zenne de Berlin. 

 

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            Kerem Can dans le rôle de Can, le zenne - photo mise à disposition par Zennethemovie


"Zenne" met en exergue la destinée de ces trois personnages hors du commun liés par l'amitié, l'amour, la quête de liberté et dépeint également le traitement dégradant infligé aux gays dans les centres de recrutement pour le service militaire.

 
Le scénario est inspiré par l'histoire réelle et la fin tragique d'Ahmet Yıldız, 26 ans, tué par balles dans sa voiture à Istanbul le 15 juillet 2008, meurtre commandité par son père qui refusait d'accepter l'homosexualité de son fils.

 

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Ahmet interprété par Erkan Avcı qui lui a valu le prix du Meilleur second rôle masculin au Festival d'Antalya - photo mise à disposition par Zennethemovie

 

Ce jeune homme refusant de cacher sa différence, représentait une honte pour sa famille dont aucun représentant n'a assisté aux funérailles ; l'auteur du meurtre n'a jamais été identifié à ce jour...                     

 
Les réalisateurs Caner Alper - qui était d'ailleurs un ami d'Ahmet Yıldız - et Mehmet Binay, en couple aussi dans la vie depuis 14 ans, souhaitent à travers leur long-métrage, lancer un débat sur l'homophobie et les droits LGBT en Turquie.

 

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                                       Cem - photo mise à disposition par Zennethemovie

                         
Cette oeuvre sur l'identité sexuelle, sensible tant par le sujet que par la façon dont il est abordé, ne laisse pas indifférent et mérite d'être vu même si certaines séquences ne sont pas facilement compréhensibles, notamment celles de Daniel en Afghanistan...

 

Le sous-titre "Dürüstlük bazen öldürür", autrement dit "L'honnêteté tue parfois" en dit bien long... sur ce film qui a le mérite d'exister.

 



Le site officiel du film : http://zennethemovie.com/

 

Par Nat - Publié dans : A lire ou à regarder - Communauté : Turquie
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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 07:32

Sorti sur les écrans turcs le 4 mars, le film 72. Koğuş - dortoir 72 -  a été réalisé par Murat Saracoğlu selon l'oeuvre de l'écrivain Orhan Kemal publiée en 1954.

 

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                                           L'affiche de 72. Koğuş

 

Il relate la vie des prisonniers du dortoir 72, durant la seconde Guerre Mondiale, pendant l'hiver 1941, en Turquie.


Les rôles principaux sont interprétés notamment par le célèbre chanteur et acteur Yavuz Bingöl - éblouissant Kaptan Ahmet - et la non moins connue Hülya Avşar qui y campe Fatma de façon magistrale.

 

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                               Kaptan interprété par Yavuz Bingöl

 

Tiraillés par la faim, le froid et la misère qui règnent dans leur cellule, les prisonniers se battent les rares os que leur jette dédaigneusement un des responsables des lieux. Kaptan, d'un naturel plus calme que ses compagnons, reçoit un jour 150 livres turques envoyées par sa mère et décide d'en faire profiter tous ses camarades.

 

Un plat de kuru fasulye - des haricots blancs avec de la viande - peut ainsi être préparé, un véritable festin. Des cigarettes sont achetées, le poêle rempli et des vêtements chauds partagés avec ceux qui hier parfois, traitaient Kaptan de lâche ou de menteur.

 

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                                      Les prisonniers du dortoir 72


Un jour, Fatma, au passé noir, vient rejoindre l'équipe des blanchisseuses de la prison. Sa voix croise celle de Kaptan qui tombe amoureux de la nouvelle venue, dont le caractère et la présence ne sont guère acceptés par les autres femmes.


L'argent reçu par Kaptan lui sert également à payer les services d'un employé de la prison pour remettre les lettres qu'il dicte à un de ses compagnons et recevoir en retour des nouvelles d'elle. Mais tout cela n'est que supercherie, l'employé ne faisant que profiter de l'argent facile et donner l'illusion au prisonnier qu'il pourra lui organiser une rencontre avec l'élue de son coeur d'ici quelques temps...

 

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                                 Fatma interprétée par Hülya Avşar


Une partie de l'argent va aussi être misée, parfois on en sort gagnant, parfois perdant...

                             
Meryem, une des seules jeunes femmes qui se lie d'amitié avec Fatma, se retrouve enceinte à la suite d'un abus. Sauvée in extremis du suicide, c'est finalement en couches qu'elle va rendre son dernier souffle. Le bébé vivra peut-être des jours meilleurs lorsque Fatma quittera la prison, le poupon entre ses bras.


La faim, le froid, mais aussi le désespoir, l'humiliation et la mort - qui va avoir raison des membres du dortoir 72 - sont dépeints et traités de manière très forte dans ce film qui ne peut laisser personne indifférent.

 

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                    Douche collective forcée pour les hommes du dortoir 72


Ce long métrage intéresse vivement les festivals. Sa présentation est programmée au 16ème festival turco-allemand de Nuremberg ce mois-ci ainsi qu'en avril prochain dans le cadre de la 30ème édition du Festival International du film à Istanbul.


72. Koğuş a déjà été mis en scène pour le cinéma en 1987 par le réalisateur Erdoğan Tokatlı ainsi que pour le théâtre à deux reprises, en 1967 - où il sera vu au théâtre d'Ankara par 140 000 personnes durant trois saisons - puis en 2009 par Kemal Başar, où Yavuz Bingöl y interprète déjà le rôle de Kaptan et compose la musique.

 

 

Le site du film : http://www.72kogus.com/

 


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Dimanche 6 février 2011 7 06 /02 /Fév /2011 08:05

 Umay - interprétée par Sibel Kekilli -, jeune femme d'origine turque née en Allemagne, décide de quitter Istanbul avec Cem, son fils de 5 ans, après avoir avorté et pour échapper aux violences que lui fait endurer son mari.

 

Elle retourne dans sa famille à Berlin, dans l'espoir d'une vie meilleure. Mais ses propres parents, particulièrement conventionnels, ne l'entendent pas de cette oreille et estiment que la place de leur petit-fils est auprès de son père, que leur fille soit heureuse ou pas.

 

                                               

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Enfermée chez les siens, c'est à la police qu'elle fera appel afin que celle-ci l'emmène dans un foyer d'accueil avec son enfant.


Umay, bien décidée à garder Cem à ses côtés et à démarrer avec lui une nouvelle vie en Allemagne où elle trouve un emploi... et même l'amour, est répudiée par les siens.


Ses tentatives de réconciliation avec eux seront bien malheureuses et le crime d'honneur à l'ordre du jour.

 

C'est un film bouleversant dont on ne sort pas indemne, sur la condition féminine au sein d'un environnement où la femme n'a que le droit d'accepter la vie qu'elle mène. S'y opposer, comme le fait Umay, décidée à échapper aux conventions, va entraîner une situation dramatique.

 

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                                      Umay, interprétée Sibel Kekilli           


Feo Aladag, journaliste autrichienne, a réalisé Ayrılık - die Fremde -, premier long métrage de la société de production Independent Artists Filmproduktion qu'elle a créée avec Züli Aladag en 2005.


Ce film a obtenu le Label Europa Cinemas au Festival de Berlin 2010 et a gagné le Prix du Public du 23eme Festival Premiers Plans Européens qui se déroulait fin janvier 2011 à Angers, titre largement mérité... et qui ne sera peut-être pas la dernière récompense.


Sibel Kekilli interprète là son rôle de façon magistrale, tout comme le petit Nizam Schiller.

 


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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 16:15

En ce premier jour de bayram, je n'ai pu résister à l'envie de vous proposer la lecture de quelques extraits du magnifique ouvrage de Gérard de Nerval "Voyage en Orient" publié en 1851, notamment le paragraphe consacré à la veille du Grand Baïram.

 

"... Le Baïram des Turcs ressemble à notre jour de l'an. La civilisation européenne, qui pénètre peu à peu dans leurs coutumes, les attire de plus en plus quant aux détails compatibles avec leur religion ; de sorte que les femmes et les enfants raffolent des parures, de bagatelles et de jouets venus de France ou d'Allemagne. En outre, si les femmes turques font admirablement les confitures, le privilège des sucreries, des bonbons et des cartonnages splendides appartient à l'industrie parisienne.

 

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             Choix de loukoums dans la vitrine du plus vieux confiseur d'Istanbul, Haci Bekir (1777)

 

Nous passâmes, en revenant des Eaux-Douces, par la grande rue de Pera qui était devenue ce soir-là pareille à notre rue des Lombards. Il était bon de s'arrêter chez la confiseuse principale, madame Meunier, pour prendre quelques rafraîchissements et pour examiner la foule.

 

On voyait là des personnages éminents, des Turcs riches, qui venaient eux-mêmes faire leurs achats, car il n'est pas prudent, en ce pays, de confier à de simples serviteurs le soin d'acheter ses bonbons. Madame Meunier a spécialement la confiance des effendis (hommes de distinction), et ils savent qu'elles ne leur livrerait pas de sucreries douteuses...

 

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                                       Istiklal Caddesi, la grande avenue de Pera

 

... A un moment donné, tous les Turcs disparurent, emportant leurs emplettes, comme des soldats quand sonne la retraite, parce que l'heure les appelait à l'un des Namaz, prières qui se font la nuit dans les mosquées. Ces braves gens ne se bornent pas, pendant les nuits du Ramadan, à écouter les conteurs et à voir jouer les Caragueuz - spectacle de polichinelles : ils ont des moments de prières, nommés rikats, pendant lesquels on récite chaque fois une dizaine de versets du Coran.

 

Il faut accomplir par nuit vingt rikats, soit dans les mosquées, ce qui vaut mieux, ou chez soi, ou dans la rue, si l'on n'a pas de domicile... Un bon musulman doit, par conséquent, avoir récité pendant chaque nuit deux cents versets, ce qui fait six mille versets pour les trente nuits. Les contes, spectacles et promenades, ne sont que les délassements de ce devoir religieux...

 

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                                                       La basilique Sainte-Sophie

 

Au moment de quitter la boutique, je retrouvai dans une poche, en cherchant mon mouchoir, le flacon que j'avais acheté précédemment sur la place du Sérasquier. Je demandai à Madame Meunier ce que pouvait être cette liqueur qui m'avait été vendue comme rafraîchissement, et dont je n'avais pu supporter la première gorgée : était-ce une limonade aigrie, une bavaroise tournée, ou une liqueur particulière au pays ?

 

La confiseuse et ses demoiselles éclatèrent d'un fou rire en voyant le flacon ; il fut impossible de tirer d'elles aucune explication. Le peintre me dit en me reconduisant que ces sortes de liqueurs ne se vendaient qu'à des Turcs qui avaient acquis un certain âge. En général, dans ce pays, les sens s'amortissent après l'âge de trente ans. Or chaque mari est forcé, lorsque se dessine la dernière échancrure de la lune du Baïram, de remplir ses devoirs les plus graves... Il en est pour qui les ébats de Caragueuz n'ont pas été une suffisante excitation.

 

        Photo 001 - Fontaine ottomane devant l'entrée de Topkapi

                                Fontaine ottomane devant l'entrée du Palais de Topkapı

 

La veille du Baïram était arrivée : l'aimable lune du Ramadan s'en allait où vont les vieilles lunes et les neiges de l'an passé... En réalité, ce n'est qu'alors que les fêtes sérieuses commencent. Le soleil qui se lève pour inaugurer le mois de Schewal doit détrôner la lune altière de cette splendide usurpée, qui en a fait pendant trente jours un véritable soleil nocturne, avec l'aide, il est vrai, des illuminations, des lanternes et des feux d'artifice. Les Persans logés avec moi à Ildiz-Khan m'avertirent du moment où devaient avoir lieu l'enterrement de la lune et l'intronisation de la nouvelle, ce qui donnait lieu à une cérémonie extraordinaire.

 

Un grand mouvement de troupes avait lieu cette nuit-là. On établissait une haie entre Eski-Sérail, résidence de la sultane-mère, et le grand sérail, situé à la pointe maritime de Stamboul. Depuis le château des Sept-tours et le palais de Bélisaire jusqu'à Sainte-Sophie, tous les gens des divers quartiers affluaient vers ces deux points.

 

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                                          Aux abords de Yedikule, le château des Septs Tours

 

Comment dire toutes les splendeurs de cette nuit privilégiée ? Comment dire surtout le motif singulier qui fait cette nuit-là du sultan le seul homme heureux de son Empire. Tous les fidèles ont dû, pendant un mois, s'abstenir de toute pensée d'amour. Une seule nuit encore, et ils pourront envoyer à une de leurs femmes, s'ils en ont plusieurs, le bouquet qui indique une préférence. S'ils n'en ont qu'une seule, le bouquet lui revient de droit.

 

Mais quant au sultan, en qualité de padischa et de calife, il a le droit de ne pas attendre le premier jour de la lune de Lailet-ul-id, qui est celle du mois suivant, et qui ne paraît qu'au premier jour du grand Baïram. Il a une nuit d'avance sur tous ses sujets pour la procréation d'un héritier, qui ne peut cette fois résulter que d'une femme nouvelle...

 

Gérard de Nerval décide d'entreprendre son voyage en Orient en 1842, après la mort  de l'amour de sa vie, l'actrice Jenny Colon. Il embarque à Marseille le jour de l'an 1843 à destination d'Alexandrie qu'il foule de ses pieds deux semaines après.

 

Les presque quatre mois passés en Egypte avant de se rendre en Syrie, puis à Constantinople, sont l'occasion pour l'écrivain-voyageur de décrire sa vision de ce premier pays visité, notamment les pyramides de Gizeh qu'il va dépeindre d'une façon aussi évocatrice que peut l'être un film en 8 mm.

 

Je vous propose de partir sur ses traces en Egypte grâce aux sept articles publiés ces dernières semaines par mon fidèle ami lecteur, Richard Dede, sur son site EgyptoMusée où tout amateur de la fabuleuse histoire de ce pays si particulier, trouvera une source d'informations particulièrement abondante et riche.

 

 

 

Par Nat - Publié dans : A lire ou à regarder - Communauté : Istanbul
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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /Jan /2010 14:14

Ce film, à l'affiche dans les cinémas turcs depuis le 18 décembre, est dédié aux handicapés dont le nombre se monte à 9 millions en Turquie.

Une histoire d'amour pas comme les autres va naître entre Zeynep (interprétée par la jolie Saadet İşil Aksoy), employée dans un centre d'appels, et Onur (joué par Mert Fırat, également co-scénariste du film), sourd-muet qui travaille dans une bibliothèque et se passionne pour l'aviron.

 

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                                L'affiche du film "Başka bir dilde aşk"

La vie d'Onur va changer lorsque son destin croise dans un bar celui de la jeune femme lors d'une fête organisée pour l'anniversaire d'un ami faisant partie de son équipe d'aviron.

Avec le brouhaha ambiant et le monde, et bien que trinquant ensemble, ce n'est qu'à la fin de la soirée que Zeynep apprendra le handicap dont souffre cet homme ...

 

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                                         Zeynep sur son lieu de travail

Cette situation ne va pas l'éloigner de lui et elle décide de vivre avec lui, après avoir quitté le domicile de ses parents qui n'acceptent pas le choix de leur fille.


Leur relation complexe et précaire va se retrouver confrontée au poids de divers facteurs extérieurs ainsi qu'à l'entourage.


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"Hiç konuşmadan anlaşabilir miyiz ?", à savoir "Pouvons-nous nous accorder sans parler ?", second titre du film, sera bien le leitmotiv de l'histoire...

C'est la toute première fois qu'un tournage est réalisé en partenariat avec la Fédération nationale des malentendants - environ 1000 mots formés dans le langage des signes sont utilisés - et la Fédération turque d'aviron, dont la section de sportifs handicapés a obtenu une première victoire aux championnats du monde.

 

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                    L'aviron permet à Onur d'avoir une activité sportive comme n'importe qui 

Ce très beau film, dans lequel les aspects sociaux et sportifs développés pour les handicapés sont particulièrement mis en avant, peut être visionné par les spectateurs atteints de surdité puisque sous-titré en turc.

Par Nat - Publié dans : A lire ou à regarder - Communauté : Turquie
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 11:07

Dans le dernier numéro du magazine "Bonjour Istanbul" fraîchement paru, j'ai consacré un article à Sébastien de Courtois, jeune historien français, devenu par les hasards de la vie, un spécialiste reconnu des chrétiens d'Orient, et avec qui vous avez fait connaissance hier.

La récente lecture d'un de ses ouvrages
« Périple en Turquie Chrétienne » paru début 2009, fut l'occasion de traverser le pays de part en part, sur les traces des chrétiens qui représentaient encore, il y a un siècle, 50 % de la population en Turquie.

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Après une brève chronologie des dates importantes de l'histoire chrétienne en Turquie, les premières pages du livre nous amènent d'abord à Istanbul, début 2007, à l'époque de l'assassinat du journaliste arménien Hrant Dink pour ensuite remonter le fil du temps, à partir de Constantinople. C'est à la fois un voyage dans l'histoire, mais aussi dans différents quartiers de cette ville, où les religions de toutes sortes se sont côtoyées depuis des siècles.

L'étape suivante ne pouvait être que la ville d'Antioche, où "les disciples, avant de prendre Pierre pour évêque, furent pour la première fois appelés chrétiens", puisTarsus, ville natale de l'apôtre Paul. L'itinéraire se poursuit, entre autres, par Konya, l'ancienne Iconium, évangélisée par ce même apôtre, et à Nicée - dont le concile de l'an 325 définissant les fondements de la foi porte d'ailleurs le nom - plus connue sous son nom actuel d'Iznik.

 

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                                         Sébastien de Courtois

Son périple mène également l'auteur à Trabzon, au bord de la Mer Noire où se trouvaient plus d'une centaine d'églises à la fin de l'Empire byzantin, à la région du lac de Van sur lequel l'église d'Akdamar, un des plus riches édifices religieux arméniens, a traversé le temps jusqu'à nos jours, pour se terminer à Tur Abdin, la "montagne des serviteurs de Dieu" à la rencontre des syriaques.

"Périple en Turquie chrétienne" a ainsi contribué à me réconcilier avec l'histoire, alliée là à un récit de voyage de deux mois qui ont mené Sébastien de Courtois dans les lieux-clés du christianisme.

 

Par Nat - Publié dans : A lire ou à regarder - Communauté : Turquie
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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 07:30


Le film-documentaire "İki dil bir bavul" - dont le titre en français se traduit par "Deux langues une valise",  a obtenu le 17 octobre dernier le Prix du Meilleur Premier Film, le Grand Prix de la Critique ainsi que le Grand Prix du Jury Yilmaz Güney au  46ème Festival de l'Orange d'Or à Adana, un des festivals de cinéma les plus importants en Turquie.

Le fim étant sur les écrans depuis la semaine dernière, j'ai souhaité plonger durant 1 h 20 dans l'univers scolaire d'une école primaire turque d'un village reculé de la province d'Urfa, dans cette Anatolie du Sud-Est que je connais de mieux en mieux tous les ans.

                       
                            A l'affiche notamment dans deux cinémas de Beyoğlu

Emre Aydın, originaire de Denizli dans l'Ouest de la Turquie, arrive là pour sa première année d'enseignement après avoir réussi son cursus universitaire.

La première séquence du film montre son arrivée en dolmuş, sa valise citadine tranchant avec les sacs envahissant le véhicule, dans ce village au milieu de nulle part, perdu dans une région où il n'a jamais mis les pieds jusqu'alors. 

          

Les premiers jours sont difficiles, il faut s'approvisionner en eau à la fontaine, trouver ses repères. Emre fait le tour des familles pour que tous les enfants viennent à l'école.

Le désenchantement commence dès la rentrée. La langue maternelle de tous ces élèves n'est pas le turc, mais le kurde. Une bonne partie de ces jeunes ne comprend pas un traître mot de ce que leur dit le professeur, même pas lorsqu'il leur demande leur nom... S'engage alors un dialogue de sourds.

Certains viennent sans cahier ni crayon, n'en ont d'ailleurs jamais tenu un de leur vie.

           

Enseigner dans de telles conditions, lorsqu'aucun ne comprend ce que l'autre dit... Apprendre, lire, écrire, pouvoir donner un nom à des images qui représentent des scènes où les personnages et l'environnement sont en général connu de tous les enfants, est on ne peut plus difficile.

Emre organise une réunion avec les parents, durant laquelle ceux qui maîtrisent le turc vont traduire aux autres.

Comment ne pas être découragé dans de telles circonstances, lorsqu'on se sent vraiment seul. Une année scolaire entière ne suffit pas à certains pour acquérir les bases nécessaires à la poursuite des études dans de bonnes conditions. 
 
           
                   Devant l'école primaire Atatürk de Nüsaybın, sud-est de la Turquie

Il y a bien la petite Rojda, appliquée, travailleuse, qui fait des efforts pour s'en sortir, aidant  son frère pour les devoirs, mais le petit Zülküf, lorsque les vacances d'été arrivent, ne comprend toujours rien à ce que l'instituteur lui dit en lui remettant son bulletin.

Il me semble vraiment intéressant de voir ce film très parlant de la difficulté rencontrée au quotidien, tant pour l'enseignant que pour les enfants...

          
              Dans une classe de l'école primaire Atatürk d'Hasankeyf, sud-est de la Turquie

Cette réalité, je l'ai évoquée à plusieurs reprises avec des enseignants rencontrés lors de mes voyages, dans le sud-est du pays notamment.

Je me souviens plus particulièrement de cette jeune femme assise à côté de moi, en mai dernier, dans le bus qui nous emmenait d'Urfa à Mardin. Comme Emre, elle effectuait sa première année d'enseignement dans un village reculé de la province de Mardin où elle s'est retrouvée confrontée à cette situation difficile. C'est à celle qui j'ai pensé en écrivant cet article... 
        

Par Nat - Publié dans : A lire ou à regarder - Communauté : Turquie
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /Sep /2009 07:27


Aussi bizarre que cela puisse paraître, je ne suis guère une fan d'histoire à la base. Par contre, quand des lieux m'intéressent ou me "parlent", je cherche à en savoir plus, mais de façon dosée, digeste.

Lorsque j'ai fait savoir à Gisèle http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-33464481.html que j'allais dans la région de Beyşehir, c'est elle en premier qui m'a parlé de Kubad Abad que je vous ai présenté hier
http://dubretzelausimit.over-blog.com/article-34707780.html. Une partie de "La Sultane Mahpéri" s'y déroule en effet.

Subjuguée tant par le lac que par ma visite de ces vestiges seldjoukides, j'ai décidé de lire ce roman historique, prolongement naturel pour découvrir cet univers  hors du commun.



              
                           

J'ai retrouvé, en lisant cet ouvrage, des personnages dont le nom ne m'était plus inconnu, je les avais déjà croisés au détour du Palais de Kubad Abad ou à Konya.

Alaeddin Keykubad Ier tout d'abord, sultan seldjoukide qui a régné sur le royaume des Rums, personnage historique réputé, guerrier mais aussi poète, ce bâtisseur qui a marqué son temps.

            

Alaeddin camii à Konya, plus ancienne mosquée de la ville construite sur la colline qui porte le nom du sultan.


La princesse Destina de Candélore, d'origine arménienne, devenue sultane Mahpéri après avoir épousé Alaeddin, est l'héroïne de cette fresque historique qui a nécessité plus de huit années de travail et de recherche.

Cette femme au destin incroyable, jeune fille pure et douce, s'est petit à petit affirmée, devenant presque diablesse, prête à tout pour que son unique enfant prenne le pouvoir.


                  
Représentation de la sultane Mahpéri sur une céramique découverte à Kubad Abad, musée de Karatay - Konya

Un autre personnage joue un rôle primordial dans l'histoire au sens large du terme, Saadeddin Köpek, cet étrange troubadour, émir du sultan, bien plus proche de lui qu'il n'y paraît. Il devient son architecte en chef et réalise entre autres le palais de Kubad Abad, construit avec amour, son chef d'oeuvre !

 
                            
        Céramique de Kubad Abad représentant Alaeddin ou Saadeddin, musée Karatay à Konya
                
Cette tranche d'histoire du règne des seldjoukides n'est pas un long fleuve tranquille, bien loin de là.

Les affrontements pour protéger et agrandir le territoire, aux dépens des Mongols et des Ayyubides, les frasques consécutives aux secondes noces d'Alaeddin avec Gaziyé, princesse ayyubide, tiennent en haleine tout au long de la lecture du roman.  

L'amour et la haine sont omniprésents, de même que la passion, la jalousie, le goût du pouvoir. Cette période de la Turquie médiévale est faite de turbulences dans lesquelles on se laisse emporter au fil de l'histoire.
            

                
         Une des portes à l'intérieur du "Petit Palais" de Kubad Abad donnant sur la terrasse face au lac


La préparation de "La Sultane Mahpéri" a représenté un travail colossal de recherches. Il a d'abord fallu réunir tous les documents historiques sur le sujet, les traduire. Durant 5 années, entre 1996 et 2001, Gisèle a visité tous les sites évoqués dans son ouvrage. Kubad Abad a été le dernier de la liste.   

Tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin à l'histoire de la Turquie trouveront un grand plaisir, comme je l'ai eu, à plonger dans cet univers médiéval et à côtoyer la vie de ceux qui ont laissé des marques de leur passage.




Par Nat - Publié dans : A lire ou à regarder - Communauté : Istanbul
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 11:22



"... on n'a jamais tout en même temps ; c'est l'une des tristes lois de notre condition humaine, jamais ensemble l'amour, la santé, la famille, la richesse, la joie. On n'a qu'un des fragments du bonheur. Le bonheur, justement, c'est de savoir se contenter d'un de ces morceaux-là, à l'instant où on le tient. Pouvoir vivre sans regret cette imperfection. Ne pas vouloir à tout prix posséder au même moment chaque pièce du puzzle. Le bonheur, c'est fait d'instants, de petits moments fugaces, ça ne peut avoir ni continuité, ni cohérence...."

                                                                                           Extrait de "Fenêtres d'Istanbul"


Après ma rencontre en mars dernier avec Gisèle, auteur de la Trilogie d'Istanbul, j'ai voulu, avant de vous la présenter, lire un de ses ouvrages.

"Fenêtres d'Istanbul" est le premier roman de la Trilogie d'Istanbul écrite par cette femme française qui vit à Istanbul depuis plus de 25 ans et que vous aurez l'occasion de mieux connaître dans un tout prochain article.

L'histoire de ce conte moderne, publié en 2003, se situe en 1999, peu après le terrible tremblement de terre qui a ébranlé la région. On parcourt les rues d'Istanbul, notamment dans les quartiers de Beyoğlu et de Teşvikiye, et l'auteur nous emmène également dans un yalı situé sur la rive asiatique, au son du tambour du Ramadan.

Les personnages sont attachants et reflètent parfaitement cette mosaîque culturelle et cette diversité religieuse qui font la richesse de cette ville.

Leurs noms ne figurent pas en turc, mais sont traduits en français, ce qui peut perturber un peu le début de la lecture : Perle, riche héritière passionnée par l'or, maniaque de la poussière, Brave, l'épicier qui aurait voulu épouser la jeune Lune-de-Tulle âgée de 18 ans, fille du concierge de l'immeuble d'en face.

                    

Il y a aussi On-s'Est arrêté Là, cette paysanne qui vit avec son mari et son enfant dans une cave, le Tambour qui fait battre le coeur de toutes ces dames lorsque sa voix chaude, son visage d'ange qui se dessine derrière une barbe et des cheveux fous, sa musique, apparaissent sous les fenêtres de Teşvikiye qu'il arpente la nuit.

On croise également Tante Hannah et Oncle Moshé, un couple de vieillards juifs qui vivent avec leurs souvenirs, Avédis, vieil Arménien auprès de qui vit Séraphina, une fille-mère, ainsi que la belle étrangère...

D'autres personnages viennent compléter ce tableau très éclectique, créant la vie du quartier, une vie mouvementée, où l'amour côtoie la pauvreté et la richesse, où le destin du tambour du Ramadan va basculer...

J'ai vibré au son du tambour, parfois souri ou ri, parfois eu les larmes aux yeux en poursuivant la lecture de "Fenêtres d'Istanbul" qui donne une image on ne peut plus réelle des paradoxes de cette mégapole hors du commun.

Merci Gisèle pour cette superbe vision d'Istanbul, du bonheur à l'état pur tout au long des 300 pages !


Quel dommage que des problèmes de TVA empêchent la diffusion en librairie de ce livre en France. 

Par contre, si vous habitez en Turquie ou que vous passez à Istanbul, la librairie Efy située au Consulat de France possède dans ses rayons tous les ouvrages de Gisèle.

De même, il est possible de commander les ouvrages de Gisèle sur certains sites internet tels  Ataturquie en français et Tulumba.com en anglais.



Par Nat - Publié dans : A lire ou à regarder - Communauté : Istanbul
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 07:23


                                 
                                                

"Je repense à tous ces Turcs et tous ces Kurdes qui m'ont offert sans compter leur temps, leur soupe et parfois leur lit. Le souvenir de ces gestes fraternels fait battre mon coeur un peu plus vite, et la marche n'y est pour rien. Certes, j'ai vécu des jours sombres depuis mon départ, mais si peu, comparés aux heures belles et claires de cette Turquie que je vais bientôt quitter. Selim, le philosophe ; Mustapha, le bakkal ; Hikmet, l'étudiant ; Shoukrane, l'hôtesse ; Behçet, le vieil intellectuel ; Arif, le paysan et tous les autres, vous êtes mes amis. Des amis rares. Amitiés d'un jour, et pourtant fortes et solides comme si le temps les avait affermies.

Je n'avais jamais éprouvé cela auparavant : que l'amitié, l'amour, ne sont pas affaires de temps mais le résultat d'une secrète alchimie, et que l'éternité, non plus, n'est pas une affaire de durée. Tout homme, dit-on, revient changé d'un pèlerinage. Mes amis Kurdes et Turcs,.. je rentrerai... avec votre sourire et votre accolade de l'adieu au fond de moi."


                                                                                                                    
                                                                                       Extrait de "Longue marche"


"Longue marche" est le premier des trois récits de Bernard Ollivier. Ce sexagénaire, ancien journaliste politique puis économique suit la trajectoire de la Route de la Soie à pied, soit 12000 kilomètres qui le mènent d'Istanbul à Xian en Chine, entre 1999 et 2002. 

Il y raconte sa traversée de l'Anatolie, d'Istanbul jusqu'à l'autre bout de la Turquie, durant deux mois, à compter du 6 mai 1999.


        
                                 Dans un village entre Kars et Ani, dans l'Est du pays
I

Ce livre m'a fait sourire, frémir, m'a "parlé", parlé de certains endroits que je connais, de certaines situations que j'ai vécues, de celles qu'on n'oublie pas... tant elles sont riches humainement parlant, fortes en émotions.

En dehors du tracé de cette route mythique empruntée par les caravanes, en dehors de cette recherche et de cette découverte de soi-même, c'est aussi la découverte d'un pays, de ses habitants, d'une façon différente de la plupart des voyageurs.

C'est également un ouvrage sur l'être humain, sur la communication, l'échange, l'amitié, ces notions si importantes à mes yeux et qu'on trouve en Turquie au hasard de sa route.

                       
                                     S'asseoir à côté du poêle qui ronronne et parler...
 
Cette "Longue marche" n'a pas été des plus faciles, mais c'est une expérience qui mérite d'être connue. Je ne peux que vous conseiller de lire cet ouvrage... qui vous donnera autant qu'à moi, je n'en doute, envie de plonger dans les suivants qui racontent la suite de son périple jusqu'en Chine, "Vers Samarcande" et "Le Vent des steppes".

Parcourir la Turquie à pied, certaines régions en particulier, aller de village en village, j'y ai déjà pensé aussi... à maintes reprises. C'est le meilleur moyen d'aller au plus profond des entrailles d'un pays, de sentir battre son coeur. Je n'ai pas de date sur mon calendrier de projets pour concrétiser cette idée, mais je compte bien en trouver une, sans doute avant l'âge de la retraite.

                   
                                               Village d'Anatolie près de Hoşap


"Cette Turquie que je vais bientôt quitter m'aura appris la signification d'un des plus beaux mots de sa langue : "misafir". En français aussi, j'aime bien ce mot "hôte"... Mais je crois n'avoir jamais, au cours de mes diverses pérégrinations, rencontré une telle chaleur, un si grand naturel dans l'ouverture de sa maison aux autres qu'en Turquie. Dans les villages, j'ai toujours été frappé que l'orgueil de celui qui reçoit soit partagé par le reste des habitants.

Dans nos pays "civilisés", cette notion de l'accueil a été peu a peu oubliée ou pervertie. On reçoit la famille et le cercle étroit des amis. Quant aux autres, il y a des maisons faites pour ça, les hôtels... La porte ouverte, sans espoir de retour ou de bénéfice, sans conditions, n'est plus qu'une survivance rare d'avant la prospérité. La table ouverte pour le plaisir de la découverte, de l'échange et de la conversation est-elle encore possible chez nous ?"

                                                                                                  Extrait de "Longue marche"



Bernard Ollivier a fondé en 2000 l'association Seuil qui prend en charge des adolescents délinquants et leur fait parcourir 2500 kilomètres, sac au dos, dans des pays étrangers d'Europe, afin qu'ils trouvent, dans l'effort quotidien et la rencontre avec l'autre, les repères qui leur manquent.

Par Nat - Publié dans : A lire ou à regarder - Communauté : Turquie
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