Ce chat grec - et non pas turc - rencontré en juin dernier à Kavala, m'a regardé droit dans les yeux et
c'est là que j'ai découvert ce que les siens avaient d'original !
Ce chat grec - et non pas turc - rencontré en juin dernier à Kavala, m'a regardé droit dans les yeux et
c'est là que j'ai découvert ce que les siens avaient d'original !
L'agréable et dynamique ville grecque de Kavala, ancienne Neapolis, jumelée entre autres avec la proche Tekirdağ en Turquie, est un port de commerce important situé sur l'axeThessalonique - Istanbul.
Cette cité qui a changé plusieurs fois de noms durant son existence mouvementée, conquise par les Turcs en 1387, reste entre les mains de l'empire ottoman jusqu'en 1912... De cette période de son histoire, il reste plusieurs magnifiques vestiges.

Vue générale sur la ville de Kavala, du haut du
château
Le château byzantin de Kavala, construit au courant de la première moitié du XVème siècle, domine la vieille ville au-dessus du port qui occupe à présent le site de l'acropole antique. Il
fait bon arpenter les ruelles ombragées bordées d'anciennes superbes propriétés abondamment fleuries.

Le château de Kavala et, en bas de la vieille ville, l'imaret
Cette citadelle, pourvue d'une citerne, servait de dépôt de munitions et de produits alimentaires.

Dans l'enceinte du château de
Kavala
L'ensemble est particulièrement bien préservé et le point de vue qui se dégage de la tour de garde et des meurtrières est de toute beauté.

La pointe de la vieille ville du haut du château
Un autre monument de Kavala ne passe pas inaperçu. Il s'agit de l'impressionnant aqueduc composé de deux étages.

L'aqueduc de Kavala
au loin
Cet ouvrage, bien que de style romain, et qui a fourni en eau le château, a été réalisé par les Turcs en 1530, sous le règne du Sultan Soliman le Magnifique, au moment où la
ville était en pleine reconstruction.
D'une longueur de 280 m et d'une hauteur de 24,50 m, il ne compte pas moins de 60 arches... L'aqueduc de Kavala est devenu le symbole de la ville.

Dans la partie basse de la vieille ville, donnant sur le port, se trouve un
merveilleux complexe ottoman, l'imaret, la soupe populaire destinée aux pauvres.
D'une surface de 4200 m2, sa construction, pour le compte de Mohamed Ali Pacha, enfant de la ville et fondateur de l'égypte moderne, date de 1817 à 1821.

Cet ensemble aux façades couleur rose pâle est également visible en arrivant par le port. Ce chef-d'oeuvre de l'architecture ottomane a été érigé à des fins religieuses, d’enseignement et
d’activités philantropiques.
L'intérieur, très raffiné, comprend des colonnes de marbre, une coupole en verre doré et des statues de bronze.

Deux medrese (écoles coraniques), deux mezcit (lieux de prière pour les enseignants), une mosquée, un hammam, un imaret (soupe populaire pour les pauvres), une école élémentaire
et des bâtiments administratifs constituent le tout.

Durant la dernière période de l'Empire ottoman, l'imaret de Kavala était un centre d'études réputé
partout dans les Balkans.
Mohamed Ali Pasha a fait don à sa ville natale de cet imaret situé sur les pentes de Panagia, mélange d'Orient avec les influences occidentales de l'époque.

Ce lieu, au subtil parfum ottoman, fait à présent partie de la chaîne "Relais et châteaux" et constitue un endroit de rêve pour un week-end en amoureux.
Le subtil et enivrant mélange de parfums d'Orient et d'Occident de la belle Kavala, découverte il y a tout juste un mois, me donne bien envie d'y retourner un jour...
Lorsque je me rends dans un pays étranger, j'aime établir des comparaisons avec la Turquie, mon pays
d'adoption. Je dois dire que la proche Grèce ne m'a pas laissée indifférente.
Elle cultive également quelques habitudes identiques, telle la chaleur humaine, la communication, même si celle-ci n'est pas toujours aisée en raison de la barrière de la langue.
On y trouve aussi des similitudes, notamment dans le domaine alimentaire.
Quelle surprise, en effet, de découvrir, non pas vendus dans la rue comme c'est surtout le cas en Turquie, mais dans les boulangeries, les koulouria, l'équivalent du simit turc. Cet anneau de pâte,
recouvert de graines de sésame, dont le goût et la consistance me rappellent le simit du sud-est du pays, est délicieux et se consomme aussi au petit déjeuner.

Dans le panier de la boulangère, les koulouria trônent à côté de petits pains briochés
Un peu plus loin, au rayon des boissons qui sont soigneusement rangées dans les armoires réfrigérées, on remarque des petits pots qui
ressemblent à du lait. Il s'agit en fait de l'ayran local.
En Turquie, c'est du yaourt mélangé à de l'eau et du sel tandis qu'ici c'est du lait additionné de ferments de yaourt et le goût diffère. On sent la fermentation du produit, je dois dire que cela
a du mal à passer, l'expérience ne s'est pas avérée concluante.

Une petite bouteille d'ayran grec
Les Grecs raffolent autant du maïs grillé que les Turcs. Sur les quais des ports, dans les rues, les marchands sont nombreux, de jour comme de nuit.
Marchand de maïs
grillé le long des quais à Kavala
Une habitude bien agréable est de mise dans les restaurants grecs. Lorsqu'en Turquie, on offre généralement une assiette de fruits à la fin d'un repas, en
Grèce, c'est une assiette de douceurs composée, qui de halva, l'équivalent du helva, qui de kataîfia, le kadayif grec, ou d'une espèce de börek farci au pudding servi avec de la
glace à la vanille...
Dans un autre registre, on se protège également du mauvais oeil en Grèce avec le nazar, cette petite amulette de verre bleu en forme d'oeil qu'on accroche chez soi
ou dans son commerce, tout comme en Turquie. D'ailleurs, sur la première photo prise dans la boulangerie, on aperçoit deux nazar suspendus au
mur.

Des nazar aimantés ou à pendre sont proposés dans les boutiques de souvenirs en Grèce
Si en Turquie, c'est le portrait d'Atatürk que l'on trouve partout, j'ai constaté avec surprise que dans tous les commerces (retournez donc une fois de
plus sur la photo prise dans la boulangerie grecque), mais également dans les administrations aussi diverses que les services des garde-côtes ou de police, les icônes sont omniprésentes.
Rarement seules, elles ont plutôt tendance à se trouver accrochées en plusieurs exemplaires, représentant majoritairement Saint-Georges ou la Vierge et l'Enfant.
Autres moeurs, autres coutumes...
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