Soufisme

Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 14:28

En mars prochain va démarrer en Turquie le tournage produit par la société istanbouliote My Elit yapım d'un film sur Shams de Tebriz, soufi d'origine iranienne qui va transformer la vie de Mevlâna en devenant son maître spirituel.


Ce derviche errant aux cheveux dépassant de son couvre-chef en forme de bateau et enveloppé dans un manteau de feutre noir à large manches, arrive à Konya le 29 novembre 1244.

 

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                                         Tombeau de Mevlâna à Konya
      

Il y rencontre Rumi avec qui il va passer de longs mois, puis part un temps pour Damas avant de le retrouver une dernière fois pour lui enseigner notamment le sema, la danse mystique des derviches. Ils vont s'enfermer dans une cellule pendant le vesal, période de jeûne de 40 jours et 40 nuits consacrée à la connexion avec l'être aimé, pour pratiquer le sema entre autres.

 

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Shams va être immortalisé par Mevlâna à travers le Diwan-i Kabir appelé aussi Diwan-e-Shams-e Tabrîzî, un recueil de poèmes de plus de 40 000 versets figurant parmi les oeuvres majeures du plus grand mystique de tous les temps.

 

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                           Diwan-I Kabir de 1271 exposé au musée Mevlâna à Konya


Un budget de 30 millions de dollars est prévu pour ce film dont le tournage aura lieu à Konya et Nevşehir et qui sera intitulé "Les larmes de l'amour" du nom du roman en 3 volumes de Sinan Yağmur qui fait un tabac en Turquie.

 

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Le rôle de Shams de Tebriz sera confié à l'acteur syrien Ghassan Massoud mais celui de Mevlâna n'est pas encore défini de façon certaine. Les noms de Richard Gere et Nicolas Cage sont chuchotés.


A suivre...

 

 


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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 11:34

Après quatre ans d'importants travaux de restauration, le tekke-musée de Galata à Istanbul vient de réouvrir ses portes au public le 21 novembre dernier.

 

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                                 Sema d'ouverture du 11 décembre 2011


Fondé en 1491, ce couvent destiné à la confrérie des derviches tourneurs et dont le premier sheik fût  Mehmet Semâ-i Çelebi, est le premier tekke de la ville avant celui de Yenikapı construit en 1597.

 

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                               Sema d'ouverture du tekke de Galata

                    

Son édification a lieu durant le règne du sultan Beyazit II sur une ancienne propriété de chasse donnée par le gouverneur İskender Pasha.


Totalement détruit par le tremblement de terre de 1509, le tekke connaît de nombreux travaux de remise en état, en particulier au XIXème siècle.

 

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                   Dans la loge des semazen musiciens lors du sema d'ouverture


Après sa fermeture officielle suite à la loi de 1925 interdisant la tenue des confréries, le bâtiment principal se retrouve transformé durant un temps en maison populaire et la partie librairie-école en poste de police...  Le 27 décembre 1975, il ouvre ses portes en tant que musée de la littérature du Divan.

 

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       Le semahane du tekke de Galata en 1941 - photo mise à disposition par Şamil Küçür


Outre le semahane, lieu destiné à la cérémonie du sema, la danse mystique des derviches tourneurs, les lieux comprennent également des cuisines, une infime partie de la centaine de cellules qui accueillaient autrefois les derviches, une citerne, un haremlik destiné à la famille du sheik, une blanchisserie ainsi qu'une imposante fontaine.

 

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                     L'entrée du semahane du tekke de Galata à Istanbul


Dans ce lieu que de nombreux chats apprécient pour sa tranquillité reposent d'anciens sheiks et derviches. Le cimetière et les mausolées se situent sur le côté gauche en entrant dans la propriété.

 

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                         Une partie du cimetière du tekke de Galata


La partie musée à proprement parler se trouve désormais au sous-sol du semahane et abrite de nombreuses vitrines et panneaux informatifs permettant de découvrir à la fois l'univers des derviches ainsi que les arts traditionnels soufis enseignés là en son temps, tels notamment la musique, la littérature, la calligraphie.

 

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                                       Une des vitrines du musée


Hier a eu lieu le sema d'inauguration dans le cadre de la réouverture du musée.


C'est au sheik Hüseyin Erek que revenait l'honneur de le diriger, accompagné de 14 semazen, dans ce superbe cadre où les derviches ont évolué durant 520 ans.

 

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Parmi les nombreux invités à cette cérémonie se trouvait notamment Faruk Çelebi, 22ème arrière-petit fils de Mevlâna.

 

Qu'il s'agisse des istanbouliotes ou des visiteurs de passage à Istanbul, ceux pour qui la pensée de Rûmi fait partie de leur vie ou de simples curieux ne manqueront pas d'ajouter ce haut-lieu du soufisme à leur programme de visites.

 




Par Nat - Publié dans : Soufisme - Communauté : Istanbul
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Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 19:02

Article publié dans le journal Zaman France du 1er décembre 2011

Lien direct de l'article en cliquant ici

 

 

L'histoire du tekke de Yenikapı, le plus réputé d'Istanbul, plonge ses racines à la fin du XVIème siècle. Lieu important de diffusion de la pensée soufie de Rûmi successivement transformé en hôpital, en centre d'accueil et en campus universitaire, Yenikapı a conservé l'attrait qui en fit, jadis, l'un des 14 plus grands tekke du monde.

 

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                                                       Sema au tekke de Yenikapı

 

A l'extérieur des murs de la péninsule historique d'Istanbul, dans l'actuel quartier Merkezefendi, est érigé en 1597 au milieu des champs, un monastère pour les derviches, le tekke de Yenikapı. Son nom provient de la plus proche porte des remparts de la ville, l'actuelle "porte Mevlâna", appelée Yenikapı durant l'Empire ottoman.

 

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                                      Le tekke de Yenikapı à Istanbul


Cet emplacement privilégié permet à ceux qui y vivent, notamment durant leur période initiatique, d'y trouver paix et sérénité. Ce secteur est aussi convoité par d'autres congrégations, tel le proche monastère grec orthodoxe Balıklı.


Le mevlevihane de Yenikapı, dont la construction intervient 106 ans après celui de Galata, devient un des 14 âsitâne - expression utilisée durant l'Empire ottoman pour désigner les plus grands tekke - dans le monde.

 

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                                  L'entrée du semahane de Yenikapı


Malkoç Mehmed efendi, calife en chef des janissaires, ouvrit ce monastère et désigna comme sheik Kemal Ahmet dede qui dirigea les lieux durant quatre ans.

 

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                  A l'arrière du selamlık repose le scribe de Malkoç Mehmet efendi


Le complexe comprend alors un semahane - salle réservée aux cérémonies du sema, la danse mystique des derviches -, 18 cellules destinées aux novices ainsi qu'une petite mosquée.

 

Au début du XVIIème siècle sont ajoutées des cuisines et des pièces pour recevoir le public.

 

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                            Dans la cour du selamlık du tekke de Yenikapı

 

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                                A l'intérieur du semahane de Yenikapı


Du monastère d'origine, il ne reste plus rien de nos jours, les bâtiments ayant été détruits et remplacés par de plus grands comportant un selamlik (partie réservée aux hommes), un haremlik (secteur des femmes) destiné à la famille du sheik, une fontaine, un mausolée, une section pour le sultan et des citernes...

 

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                          Dans les salons de l'ancien bâtiment du selamlık

 

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En 1818, Mahmut II finance la restauration du nouveau complexe et fait ajouter une salle à manger. Quant à Abdurrahman Nafiz Paşa, Ministre du Trésor, il crée une bibliothèque portant son nom et fait ériger son propre mausolée à proximité.

 

D'autres sultans, tels Murat IV et Abdulmecit, ainsi que des notables comme Zuwal Paşa, gouverneur d'Egypte, apportent leur soutien financier au tekke dont la superficie s'étend sur 7,5 ha pour 0,5 ha aujourd'hui.


Durant des décennies et surtout aux XVIII et XIXème siècles, Yenikapı devient le centre le plus réputé des arts traditionnels soufis d'Istanbul, en particulier au niveau musical et littéraire. Compositeurs et musiciens réputés y sont formés, poètes illustres y séjournent.

 

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Un incendie ravage la bibliothèque en 1903. Le sultan Mehmet Reşat fait restaurer les lieux en 1910 par l'architecte Kemalettin avant que le tekke ne ferme ses portes en 1925, suite à l'interdiction de tenue des confréries.


Durant les guerres des Balkans et de Çanakkale, le tekke est utilisé comme hôpital puis devient un temps un centre d'accueil pour enfants. Le 9 septembre 1961, le feu détruit totalement le semahane, le şerbethane contigu où l'on produit du sirop ainsi que le secteur du mausolée. En 1997, les flammes abîment le bâtiment central qui résiste car construit en pierre.


En 2005 sont entrepris des travaux colossaux durant près de 5 ans pour reconstruire les bâtiments disparus et redonner vie au haremlik et au selamlık.

 

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          L'emplacement de l'ancien haremlik abrite aujourd'hui l'administration des lieux


S'il fut un temps question que ce tekke soit transformé en musée, il abrite depuis 2010 un campus de l'Université Fatih Sultan Mehmet comportant plusieurs instituts, celui des Alliances des Civilisations en tête, l'Institut d'Ingéniérie et des Sciences et celui des Beaux-Arts.

 

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                          L'entrée actuelle du complexe du tekke de Yenikapı

 

Outre les cours d'ingéniérie et d'architecture dispensés parmi d'autres depuis 2010 pour des licenciés et doctorants, un programme dispensé en 4 langues, destiné à des élèves en classe de masters en recherche des civilisations, a débuté à la rentrée pour 10 étudiants turcs et 7 étrangers de diverses nationalités.

 

Comme le rappelle le Pr. Dr Recep Şentürk, directeur de l'Institut des Alliances des Civilisations, le couvent de Yenikapı est de par son  histoire l'endroit le plus approprié pour diffuser la pensée universelle et pacifique de Mevlâna ainsi que l'enseignement des arts traditionnels soufis, comme c'était le cas par le passé.

 

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Des lectures du Mathnawî, l'ouvrage majeur de Rûmi des cours de calligraphie, d'ebru - papier marbré -, de musique et d'initiation au sema ouverts au public ainsi que des lectures de textes de grands penseurs mystiques tel Al-Ghazali, sont mis en place progressivement.

 

Dans le cadre d'Istanbul 2010 Capitale Culturelle Européenne, de nombreux sema ont été proposés à Yenikapı par la Fondation Internationale Mevlâna, permettant ainsi de s'imprégner de l'atmosphère mystique d'antan dans ce cadre exceptionnel . 

 

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                                         Sema au tekke de Yenikapı

 

Ce tekke a perduré 328 ans en tant que tel et continue aujourd'hui de distiller, de façon contemporaine, la pensée du plus grand mystique de tous les temps.

 

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Les âmes des nombreux derviches et sheiks enterrés dans le cimetière du complexe ainsi que dans le mausolée y veillent !

 

 


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Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 06:19

Lors de la sixième édition du Festival des Mains d'Or organisée fin juillet par la mairie de Beyoğlu, Necati Korkmaz, artisan hors du commun, a présenté ses oeuvres pour la première fois à Istanbul.

 

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                          Necati Korkmaz, un artisan hors du commun


Né à Ankara en 1963, il suit d'abord des études d'anthropologie avant de s'intéresser de plus près, depuis une trentaine d'années, aux arts traditionnels turcs oubliés. Il se spécialise dans les arts des tekke, effectuant des recherches longues et complexes à travers les archives et les miniatures anciennes.


Parmi ses découvertes, il retrouve ainsi la trace des teberler, haches de 70 à 100 cm de long, utilisées par les derviches durant leur voyage pour ouvrir la route en cas de besoin, mais aussi les nefirler, sorte de clairon fabriqué avec du cou de boeuf et également usité en route par les derviches ou le keşkül ü fukara, récipient réalisé soit en métal, soit en écorce de noix de coco et destiné aux aliments,... pour n'en citer que quelques-uns.

 

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          Necati Korkmaz durant l'édition 2011 du Festival des Mains d'Or de Beyoğlu


Necati décide de redonner vie en 1990 au mütteka, un bien curieux bâton de méditation jadis utilisé par les derviches.

 

C'est lors de leur formation de 1001 jours où ils accomplissaient les tâches les plus humbles et diverses, et tout particulièrement pendant l'épreuve des 40 jours  - et nuits - de retraite méditative durant lesquels ils priaient et chantaient sans relâche, sans quasiment s'alimenter et dormir, qu'ils utilisaient le mütteka.

 

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                      Deux des mütekka présentés au Festival des Mains d'Or


Lorsque la fatigue se faisait ressentir, le postulant posait ainsi sa tête, son front ou bien un côté du visage sur ce bâton pour se reposer un court instant.

 

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                           Comment se servir d'un mütteka...


Le mütteka, fort usité au XVIIIème siècle, est tombé en désuétude en Turquie à partir de 1925, lorsque les couvents de derviches ont été obligés de fermer leur porte.                                    

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                                                Détail d'un mütekka


Ce support - dont le nom, d'origine arabe, signifie "appui" - est réalisé à partir de bois de châtaignier et la pointe d'appui inférieure parfois en os de chèvre.

 

Il peut-être orné de décorations particulières en argent et d'incrustations en gubari hat yazımı, en l'occurrence la calligraphie sur des supports de taille infime..

 

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                                      Hatt-ı gubari sur des lentilles


Si une journée de travail est nécessaire pour réaliser un mütteka basique, il faut compter trois jours lorsque celui-ci est particulièrement élaboré.

 

Selon la taille et l'ornementation, le prix de vente se monte à 150 TL pour un petit modèle de base (soit un peu plus de 60 € actuellement), 700 TL pour un grand modèle (env. 290 €) et peut atteindre 2000 TL (env. 830 €) lorsque celui-ci est richement décoré.

   

 

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                              Détail d'un mütekka fort richement décoré


Depuis 1985, Necati perpétue également l'art très particulier du gubari hat yazımı, effectué sur des lentilles, des morceaux de haricots blancs ou de céramique, à l'aide d'un microscope et d'un pinceau bien spécial... à savoir une moustache de renard.

 

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                                   Un travail de minutie et de précision...

 

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Selon la complexité de l'écriture ou du dessin réalisé, un à trois jours de travail sont nécessaires pour exécuter un exemplaire.


Cet artisan exceptionnel, qui a fait renaître des arts traditionnels oubliés, compte parmi sa clientèle tant des derviches - surtout de Konya - que des collectionneurs qui peuvent commander les mütteka, teber, keşkül ü fukara et hatt-ı gubari de leur choix.

 

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          Un derviche peut être dessiné sur un morceau de haricot blanc ou une lentille...

 

Les joueurs de ney, flûte traditionnellement usitée dans le milieu soufi, trouveront également auprès de Necati des étuis en feutre très esthétiques pour y ranger leur instrument ainsi que des modèles pour les mütteka.

 

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                                            Etui à ney



 

 

Necati Korkmaz (anglophone)

Libya Cad. N° 56/1 - Çankaya/Ankara

Mail : necatiankara@yahoo.com - GSM : 0535 771 53 35


 

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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 05:50

 

Organiser un séminaire de danse derviche tourneur au pays même où Mevlâna, le maître de la pensée soufi, s'est installé pour à la fois y enseigner sa pensée mystique et y écrire ses deux oeuvres les plus importantes que sont le Mesnevi et le Divan ı kebir, permet de mieux s'imprégner du mysticisme.

 

Le nom de Konya est immanquablement associé à Celal ed-in Rumi de par le musée qui abrite le tombeau de Mevlâna.

 

Mais celui d'Istanbul n'en est pas moins important dans le milieu du soufisme puisque c'est là qu'existe, depuis 1491, le  tekke mevlevi - couvent - de l'ordre des derviches tourneurs de Galata, dans la lignée de Mevlâna, devenu en 1975 le musée de la littérature du Divan.

 

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Indira Melloul qui pratique la thérapie psycho-corporelle, la gestalt-thérapie et la danse-thérapie depuis 20 ans a mis en place ce projet inédit.

 

Cette femme à l'énergie remarquable, engagée dans la voie soufie, anime ateliers et séminaires  de danse derviche à Paris et à l'étranger depuis six ans.

 

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                                                   Indira Melloul

 

C'est  à Büyükada,  à Naya, dont le cadre est parfaitement approprié pour une telle rencontre, que s'est tenu en mai 2010 le séminaire que j'ai eu le privilège de suivre.

 

Si près de cinq mois ont passé depuis cette semaine bien particulière que je ne suis pas prête d'oublier, en parler plus tôt m'eût été bien difficile, tant il m'a fallu prendre du recul pour "digérer" cette expérience et en tirer les expériences.

 

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                                Naya, à Büyükada, dans un havre de verdure

 

La démarche, durant cette semaine, consiste à réunir les dimensions du corps, du coeur et de l'esprit pour retrouver - voire trouver - le chemin du Soi à travers diverses pratiques.

 

La danse célébrant la vie mais aussi le Divin, quel que soit le nom qu'on lui donne, représente un des éléments principaux utilisés et le sema des derviches tourneurs une des danses parmi celles figurant au programme.

 

Le corps est invité, par le biais de méditations dynamiques alliant le son, la respiration, le mouvement et la danse à se libérer de tout ce qui pèse, gêne, bloque et limite l'épanouissement de chacun. L'éveil des sens ouvre ainsi la porte à des sensations méconnues ou perdues.

 

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                                La danse des femmes, d'origine syriaque

 

La dimension du coeur, quant à elle, avec l'aide de la Gestalt-thérapie et des thérapies  psycho-corporelles, fait l'objet d'une exploration propre, intérieure. Le travail se fait sur l'affectif, l'émotionnel, le ressenti, mais aussi la face cachée de l'iceberg, qui, une fois identifiée, permet d'entreprendre un travail sur soi et de s'ouvrir.

 

La spiritualité enfin, à qui est réservée une place de choix, concerne la dimension de l'esprit en établissant une relation avec la nature à travers les minéraux, le monde  végétal et animal, l'être humain et, par le biais du soufisme, l'amour du Bien-Aimé.

 

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Durant cette semaine très intense du point de vue émotionnel, Nail Kesova, sage parmi les sages, nous a servi de guide dans la voie mystique durant une journée riche en enseignement et en partage.

 

Cheik - maître - de la confrérie soufie mevlevi de Galata à Istanbul, dede - derviche - depuis 35 années, il a été nommé maître en 1994. 

 

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                                                 Nail Kesova

 

Lors de sa présence, c'est lui qui organise le programme de la journée à sa guise. Une longue période permet de connaître, dans le menu détail, toute la symbolique du sema, cette cérémonie de danse appelée aussi mukabele qui représente l'itinéraire spirituel des initiés vers l'extase divine.

 

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                                              L'enseignement du maître

 

C'est également Nail Kesova qui dirige le zikr quotidien clôturant habituellement chaque journée de travail. Cette célébration dont le mot signifie souvenir - faisant allusion au souvenir de Dieu -, s'effectue en cercle.

 

Chaque participant, assis en tailleur, concentre son énergie en direction de son coeur afin de se connecter avec lui-même pour ensuite parvenir à une harmonie et une union avec le Divin. Mots ou phrase sacrée de la littérature soufie sont répétés en mélopée, le corps se balançant en mouvement.

 

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                               La pièce préparée pour la tenue du zikr quotidien

 

La tenue de ce séminaire, le premier du genre en Turquie, sera probablement reconduit l'an prochain par Indira.

 

Pour l'heure, c'est en région parisienne qu'une nouvelle session se prépare. Elle aura lieu du 3 au 7 novembre et sera co-animée par Nail Kesova et Indira  Melloul. Le thème proposé sera "Les 4 arts de Mevlâna" et inaugurera l'école de Rumi "Rumi School" à Paris réalisée en collaboration avec le maître.

 

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                                        En compagnie du maître

 

Accomplir un sema complet représente, à mes yeux,  la récompense suprême,  cadeau que je ne suis pas encore prête à recevoir.  

 

Un nouveau séminaire  qui pourrait avoir lieu au printemps 2011 à Istanbul me permettra, je le souhaite, de continuer mon cheminement sur cette voie mystique dont le meilleur guide est l'amour et qui permet d'aboutir à la lumière...

 

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                                 Derrière la porte, la lumière...

                                            

Ce diaporama agrémenté par le magnifique morceau "Ben yürürüm yane yane" extrait du CD Tekke instrumental sufi rythm by Suat Orhan, SiIr & Kaside Ismail Cosar permet de prolonger le temps de spiritualité et de sérénité. 

 

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"La voie de notre prophète est l'amour. Ne soyez pas sans amour afin de ne pas être sans vie. Aimer, c'est être vivant." 

 

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Pour tous renseignements concernant les différents séminaires et stages organisés par Indira Melloul :

http://www.meditationfrance.com/spirituel/derviche.htm

http://www.meditationfrance.com/therapie/gestalt.htm

mail : indiramelloul@gmail.com

 

Naya Istanbul

http://tr.nayaistanbul.com/

mail : info@nayaistanbul.com

 

 

 

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Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 08:56

Jeudi dernier a eu lieu, dans la salle de spectacles de la Faculté des Mines de l'Université Technique d'Istanbul située dans le quartier de Maçka à Istanbul, le premier oratorio mevlâna mondial.

 

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Ce drame musical mystique de très haut niveau reposait sur des textes de Mevlâna, mystique musulman, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs.

 

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Le libretto et la musique de cette oeuvre lyrique, quant à eux, étaient l'oeuvre de Serdar Öztürk, compositeur réputé et soliste.

 

Pour terminer la lecture de l'article en musique, je vous propose un extrait d'un des morceaux.

 

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              Une charmante violoniste, quelques minutes avant le début de la partie musicale

 

 L'orchestre de musique turque du conservatoire de l'Université ainsi que le choeur de l'établissement ont eu le privilège d'interpréter cette composition unique en son genre.

 

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                            Les solistes du choeur de l'Université Technique d'Istanbul

 

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C'est au Prof. Dr Muhammed Şahin, recteur de l'Université, que revient l'honneur  d'annoncer le début  de l'oratorio auquel assistent plusieurs représentants des corps diplomatiques, tel le Consul de Belgique à Istanbul, et Esin Çelebi Bayru, petite-fille de Mevlâna de la 22ème génération.

 

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Serdar Öztürk endosse le rôle de récitant avant que la partie musicale et chorale ne prenne la relève.

 

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           Le compositeur Serdar Öztürk, assis, déclame le texte d'introduction de l'oratorio

 

A plusieurs reprises, l'ensemble de semazen de Galata, mené par  son maître, Nail Dede, va rendre gloire à Dieu en dansant.

 

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                             Nail Dede, maître des derviches de Galata

 

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Il va sans dire que tous ceux et celles qui ont eu le bonheur d'assister à cet oratorio garderont longtemps le souvenir de ces voix, de ces instruments et des sensations procurées par le tournoiement des derviches...

 

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Il est très difficile de mettre des mots sur ce qu'on peut ressentir durant un tel moment, mais incontestablement, un souffle spirituel puissant a inondé les lieux...

 

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Citation de Mevlâna : "Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé."

 


Par Nat - Publié dans : Soufisme - Communauté : Istanbul
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 08:01

Le 17 décembre est sans nul doute la date la plus importante pour l'ordre des mevlevis. C'est en effet le 17 décembre 1273 qu'est mort leur père fondateur, Celaleddin Rumi, autrement dit Mevlâna.

Dans de nombreuses villes de Turquie, des cérémonies commémoratives sont organisées tous les ans pour l'occasion, notamment à Konya, en Anatolie Centrale où a été fondé par Mevlâna l'ordre musulman soufi mondialement connu.

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A Istanbul, avait lieu hier soir, dans la salle de concerts de la faculté des Mines d'ITÜ, l'Université Technique d'Istanbul, à Maçka, une très belle cérémonie commémorative sous forme d'un concert et d'un sema, la danse des derviches tourneurs.

21 élèves du conservatoire de musique turque de l'Université menés par leur chef Engin Baykal ont accompagné 12 derviches du tekke de Galata et leur maître spirituel, Nail dede.
                      

                         
                       
                     

                      17 décembre 2009 - commémoration de la mort de Mevlâna



Dans une atmosphère envoûtante, les chants derviches se sont élevés dans la salle au son du saz (luth), du ney (la flûte des derviches), du kemençe (sorte de violon), du kanun (instrument à cordes pincées), du violon, du violoncelle et des kudum (percussions sous forme de double tambour).

Durant cette soirée, l'ombre de Rumi était bel et bien présente...


Par Nat - Publié dans : Soufisme - Communauté : Turquie
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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /Oct /2009 07:43

La première partie de cet article publiée hier a permis de retracer brièvement les origines et la vie de Mevlâna, bien qu'il soit difficile de résumer un parcours aussi riche en quelques paragraphes.

Aujourd'hui, nous allons passer tout notre temps dans l'enceinte du célèbre musée de la ville de Konya qui porte le nom de cet homme...

 

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                            Dans la cour du musée Mevlâna de Konya, en fin de journée

C'est en musique que je vous invite à me suivre.

 
Après la mort de Mevlâna le 17 décembre 1273, ses compagnons décident d'ériger un monument au-dessus de sa tombe située à côté de celle de son père. Les deux hommes sont enterrés à l'endroit même où le sultan Alaeddin Keykubad 1er est venu accueillir la famille venue à Konya sur son invitation. Ce terrain a ensuite été donné à Baha ed-din Veled, le père de Mevlâna, et à ses descendants.

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                                             Dans la cour du musée Mevlâna

Rumi considérait les monuments funéraires inutiles et avait coutume de dire "Le véritable mausolée doit être le coeur des hommes". Néanmoins, les disciples de Mevlâna sont bien décidés à faire construire un mausolée en son honneur. 

 samedi-7h37-copy.jpg              Ambiance particulière en ce samedi matin à 7 h 30, le silence règne encore

Quelques mois après sa mort, Süleyman Pervâne, un émir seldjoukide, accompagné de son épouse et un autre compagnon intime de Mevlâna, rendent visite au fils de ce dernier, Sultan Veled, pour lui faire connaître leur intention. 

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                 Dervişan kapısı, l'entrée principale qui permet d'accéder au mausolée

La proposition est acceptée et la construction confiée à un architecte turc, Bedr ed-din de Tabriz alors qu'un maître-artisan, du nom de Selimoğlu Abdülvahid, est chargé de la décoration intérieure du catafalque en bois qui couvre la tombe. 

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           De nombreux membres de la famille et d'autres derviches sont enterrés là également

Le türbe de Mevlâna, d'une hauteur de 25 mètres, est achevé en 1274 et coûte la bagatelle de 130 000 pièces d'or seldjoukide... pour un chef-d'oeuvre sans pareil à cette époque.

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Quatre piliers sont reliés entre eux par des arcs en briques et une toiture conique à seize côtes coiffe un tambour cylindrique à seize cannelures sur la circonférence duquel un bandeau épigraphique est placé. Des faïences émaillées recouvrent l'ensemble et l'intérieur est décoré de calligraphie.

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                    Un mausolée somptueux pour un homme hors du commun...

Une fois ce mausolée achevé, Sultan Veled et les disciples de Mevlâna se regroupent aux alentours. Au fil du temps, des bâtiments annexes sont construits pour accueillir la confrérie qui ne cesse de grandir. Ce lieu, qui n'est à l'origine qu'un tombeau, devient le couvent des Mevlevi de la ville.

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Autour de la tombe de Mevlâna et de son fils Sultan Veled qui repose à présent à ses côtés, 65 sépultures abritent les membres de sa famille mais également des derviches de Balkh, sa ville natale

La visite se prolonge à l'intérieur de l'ancienne semâhane, salle où les derviches accomplissaient leurs danses mystiques, et de la mosquée, contigus au türbe.

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              L'ancienne semâhane, avant que la foule des visiteurs ne vienne envahir les lieux

Les murs de la semâhane sont décorés de tapis de valeur d'origines diverses ainsi que de seccade, les tapis de prière.

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De nombreuses vitrines abritent des objets d'art offerts au couvent.

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Dans d'autres sont exposés des instruments de musique utilisés par les Mevlévi, tels les ney, ces flûtes au son particulièrement envoûtant.

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Dans l'ancienne salle de prière, de nombreux manuscrits et reliures datant du XII au XIXème siècle sont visibles.

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                                Reliure du "Divan'i kebir" de Mevlâna - 1854

Atatürk visite durant plus de trois heures le couvent et le türbe de Mevlâna en mars 1923 lors d'une visite officielle à Konya. Admiratif du grand mystique, Mustafa Kemal Atatürk, soucieux de préserver les oeuvres d'art, est conscient de la richesse des lieux.  

Bien qu'il soit à l'origine de la loi du 30 novembre 1925 ordonnant la fermeture des tekke et medrese, c'est aussi lui, qui, par une circulaire gouvernementale du 6 avril 1926, fait transformer le site en musée qui ouvrira ses portes au public le 2 mars 1927.

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J'ai eu l'immense bonheur de pouvoir "m'approprier" le musée Mevlâna durant près d'une heure un samedi matin d'août dernier, avant l'ouverture au public, et l'autorisation, difficilement accordée, du directeur des musées de la ville de Konya de faire des photos  durant quelques minutes seulement.

Certaines sont ajoutées dans un album consultable directement à partir de la page d'accueil du site.

Par Nat - Publié dans : Soufisme - Communauté : Turquie
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 07:40

Je vous propose de faire la première partie de cette visite mystique en musique. 

 

                                                       Viens, viens, viens... qui que tu sois, viens !

                                                       Viens aussi, que tu sois infidèle, idolâtre ou païen,

                                                       Notre couvent n’est pas un lieu de désespoir ;

                                                       Même si cent fois tu es revenu sur ton serment, viens !

            
                                                                         Mevlâna

Venir à Konya, c'est avant tout s'imprégner de l'univers et de la pensée de Celal ed-din Rumi, né en 1207 à Balkh, une ville de l'actuelle Afghanistan, plus connu sous le nom de Mevlâna. Rumi était en fait le surnom donné par les Arabes aux anatoliens.     

   
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                                             Le complexe du musée Mevlâna


Son père Baha ed-din Veled Bahaeddin Veled Sultanü’l-Ulema, théologien soufi réputé, est surnommé le "Sultan des Savants". Suite aux invasions mongoles, la famille s'installe en Iran en 1218. 

Quelques années plus tard, après avoir repris la route de Bagdad, ils arrivent en Anatolie et vivent un moment dans la ville de Karaman, où est d'ailleurs enterrée la mère de Mevlâna .

Le sultan seldjoukide Alaeddin Keykubad 1er invite "Le Sultan des Savants" à venir à Konya où il devient professeur de Soufisme.  Mevlâna a suivi cet enseignement durant dix ans aux côtés de son père et lui succède, à la mort de ce dernier en 1231, comme professeur. 


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Rumi s'imprègne aussi du savoir d'un ancien élève de son père, Burhaneddin Muhakkik, puis de Sadreddin Konevi, grand penseur mystique. Mevlâna enseigne dans les medrese et s'adresse aux fidèles dans les mosquées de Konya. C'est un chef de famille, aimé et respecté de tous. 


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                              Le dôme vert cannelé qui surplombe le musée a été ajouté en 1393

Le soir du 25 novembre 1224, revenant d'un cours à dos de mulet, sa route croise celle d'un  vieillard échevelé, à la barbe blanche et aux vêtements en loques. Ce dernier lui demande "N'es-tu pas Celal ed-din de Balkh ?" La réponse est affirmative et un dialogue passionné s'engage.

Şems'i Tebrizi, derviche iranien, voué à la vie mystique depuis son plus jeune âge, parcourant depuis des années différents pays à la recherche d'une âme soeur...  vient enfin de la trouver ! 


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                                Portrait de Rumi au musée Mevlâna de Konya

Cette rencontre est déterminante dans l'orientation spirituelle de Mevlâna. Şems ed-din et lui ne vont plus se quitter. Ils s'enferment tous deux dans leur monde, chacun trouvant dans l'autre la lumière divine.

Rumi se détache de son univers quotidien, ne donne plus de cours et son absence est de plus en plus mal perçue par son entourage. La jalousie s'installe, Şems ed-din est-il un sorcier, un enchanteur ? La pression monte et un jour de février 1246, le vieillard disparaît.


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                                                Musée Mevlâna - Konya

Mevlâna finit par le faire retrouver et le supplie de revenir à Konya. Şems ed-din Tebriz'i va passer les derniers mois de sa vie avec Mevlâna. Il meurt le 5 décembre 1247, suite à un complot.

Après la disparition de celui qui lui a ouvert les portes du mysticisme le plus profond, Mevlâna est inconsolable. Il se consacre à l'amour divin, au rituel du sema, cette danse envoûtante que tout le monde connaît. Il écrit le premier de ses grands livres Divan ı Kebir (Grand Divan).


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Son oeuvre contient plus de 26 000 distiques, des poèmes en vers. Il s'épanouit dans la voie mystique.

Le mesnevi, comprenant six volumes, va devenir l'ouvrage immortel de Mevlâna achevé peu de temps avant sa mort.

Rumi s'éteint le dimanche 17 décembre 1273 alors que le soleil se couche...  


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                    Le tombeau de Mevlâna au musée de Konya qui porte son nom

Les funérailles sont à la hauteur du personnage, toute la ville va porter le deuil...

Le mausolée qui abrite sa sépulture a été construit en 1274 dans le jardin de roses offert au père de Mevlâna par le sultan Alaeddin Keykubad 1er...

Nous visiterons les lieux ensemble de façon plus approfondie dans le prochain article.


Par Nat - Publié dans : Soufisme - Communauté : Turquie
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 11:26

Au tout début de l'année, j'ai publié un article sur une femme que je n'ai jamais rencontrée, ni même connue auparavant. Cela faisait à peine quelques semaines que j'avais entendu parler d'elle, il s'agit d'Eva de Vitray Meyerovitch.

Or, il s'avère qu'à ce jour, ce billet, le premier en français relatant notamment la réalisation de son voeu le plus cher, est encore et toujours le plus consulté et lu sur mon blog...

Eva de Vitray Meyerovitch repose pour l'éternité tout près de celui qu'elle a aimé, traduit, et à qui elle a consacré une bonne partie de sa vie, Mevlâna. 

                          


Lors de mon séjour à Konya en août dernier, j'ai souhaité rendre visite à Eva... 
  dans le gigantesque cimetière Üçler situé à côté du musée Mevlâna.

 

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En suivant les indications dont je disposais et après avoir traversé une bonne partie des lieux, je finis par apercevoir devant moi sa tombe de dos et que j'ai reconnue au premier coup d'oeil.
                                      
                         

Ma gorge est nouée... 

 

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A deux reprises, je suis allée passer un moment avec Eva que je regrette de n'avoir pas connue de son vivant...

                        
Eva de Vitray Meyerovic, d'origine française, s'est dirigée vers la voie du salut en devenant musulmane - Avec la bienveillance de Mevlâna, elle a rendu beaucoup de services - Je souhaite que l'au-dela soit honoré de beauté - Yakut ayant entendu la nouvelle de son décès a communiqué sa date - Madame Havva la mevlevi est partie avec amour ...

Eva vivra encore bien longtemps à travers tous les ouvrages qui portent sa signature.

                                 
                                     La branche d'un arbre du cimetière Üçler

Il me reste un livre écrit par Eva de Vitray, celui que m'a offert Yıldız Ay "Un autre regard sur l'Islam'. C'est celui que j'aurais aimé pouvoir lire à l'époque où je me suis documentée et intéressée à la vie de cette femme d'exception...


Par Nat - Publié dans : Soufisme - Communauté : Turquie
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